Bienvenue sur Voir
ouvrir session
FAQ
devenez membre
www.voir.ca
Voix publique
Voix publique
Pour voir juste sur ce qu'il se passe dans les têtes de ceux et celles qui occupent les palais et les parlements du Québec, du Canada et du monde, suivez les analyses politiques percutantes de Josée legault sur son blogue.
August 2008 - Messages
29 août 2008, 3:08
Choisissez votre bactérie!

 

Les journaux, les bulletins de nouvelles et les tribunes téléphoniques n'en dérougissent pas.

On entend et on lit ces mots funestes partout: listéria, c-difficile, salmonellose, etc..

Alors, dîtes-moi: on mange quoi? Et on va où pour se faire soigner sans attraper quelque chose?

Et voilà bien le danger dans tout ça.

Oui, ce sont des nouvelles d'Intérêt public. Oui, lorsqu'il y a des décès, il faut avertir la population.

Oui, oui, oui.

Mais ça commence à faire beaucoup.

Heureusement, il y en a qui, à travers le tout, trouve le moyen de faire un peu d'éducation et de nous faire réfléchir. Eh oui. Peut-être qu'on en mange trop de ces viandes préparées. Peut-être qu'on ne cuisine plus assez. Peut-être que les règles les plus élémentaires d'hygiène dans les lieux publics ne sont pas encore respectées suffisamment, par les citoyens ou le personnel des CLSC, des hôpitaux et tutti quanti.

Et peut-être bien que l'inspection des aliments - notre SÉCURITÉ alimentaire, comme on dit -, ça regarde l'État. Et que ça demanderait des règles plus strictes et des ressources humaines bien formées et plus nombreuses.

La dernière fois au Canada qu'un gouvernement a laissé l'«industrie» se policer elle-même - de l'eau, dans ce cas-là - on a eu Walkerton en Ontario. On appelle ça, une «leçon», je crois...


 

Si ça sert à nous prendre conscience de certaines évidences, ce sera au moins ça de pris.










27 août 2008, 2:42
An American Story
En politique, les idées comptent. Bien entendu. Mais dans la chasse au pouvoir, les programmes et les chefs de parti sont aussi des produits qu'on vend aux électeurs, un peu comme des boîtes de savon.

Pas étonnant donc que les machines politiques s'inspirent des dernières techniques de marketing. On en verra sûrement de succulents exemples tout au long de la campagne électorale fédérale qui nous pend au bout du nez. Mais rien n'arrivera ici à la cheville de Barack Obama dans l'art d'appliquer la technique dite du storytelling. À un point tel qu'Obama suscite l'admiration des plus grands gourous du marketing d'Europe et d'Amérique!

L'objectif du storytelling est d'amener l'acheteur potentiel à s'identifier à un produit ou à une compagnie en lui racontant une "histoire" dans laquelle il se reconnaîtra. Par exemple, en parlant des débuts difficiles ou de l'audace d'une compagnie, on crée un lien émotif et une identification entre l'acheteur et le produit. C'est ce que Microsoft et Apple ont fait.

En politique, le storytelling est l'œuvre d'un chef et de ses conseillers. C'est une construction, un savant mélange de faits et de fiction imagée, une histoire prenante, mais facile à comprendre, à retenir et à répéter. Le chef raconte SON histoire à satiété, laquelle est reprise par ses proches, ses candidats et même les journalistes. En bon storyteller, Obama raconte aussi les histoires des électeurs qu'il rencontre - celle d'un chômeur, de la mère d'un soldat envoyé en Irak, d'un enseignant sous-payé, d'un enfant sans assurance-santé. Mais le message demeure le même: les détails de nos vies diffèrent, mais au fond, MON histoire est VOTRE histoire, JE suis comme VOUS, MES valeurs sont VOS valeurs. Bref, votez pour MOI parce que, dans les faits, je suis VOUS et vous êtes MOI.

LA POLITIQUE DE L'EMOTION

Dans le cas d'Obama, le storytelling atteint des sommets inégalés. L'homme se raconte à tous vents. Se préparant de longue date, il se racontait déjà d'ailleurs dans ses livres Dreams of my Father et The Audacity of Hope.

Sa femme Michelle en est maintenant un instrument privilégié. Avocate, elle en est de plus en plus réduite à décliner une histoire d'épouse aimante, de mère parfaite, de fille et de sœur exceptionnelle. Lundi soir, son discours à la convention démocrate tenait plus du Oprah Winfrey Show que d'un événement politique. Peu de contenu, mais de l'émotion pure et des histoires sur sa rencontre avec Obama, de leur amour, de leurs filles, de son père décédé jeune d'une grave maladie, etc. Le sirop coulait à flots.

Ce choix du storytelling n'est pas anodin. Il peut être un outil de vente puissant aux États-Unis, là où la vie privée des politiciens, incluant même leur vie sexuelle, est vue comme étant d'intérêt public.

Surtout, Métis à la peau noire et au nom exotique, fils d'un père africain élevé à Hawaii, beau-fils d'un Indonésien, soupçonné d'être musulman comme si c'était un crime et néanmoins diplômé en droit de Harvard, Obama est tout sauf un Américain ordinaire auquel l'électeur moyen pourrait s'identifier facilement! Il a donc ramé fort pour représenter SON histoire comme étant non seulement celle des électeurs, mais aussi des ÉTATS-UNIS - ce melting pot où tout citoyen, quelle que soit son origine, doit pouvoir réaliser le AMERICAN DREAM! D'où cette phrase-clé répétée par Obama, sa femme et ses supporteurs telle une incantation: "Barack Obama's story is an American story". Message: mon histoire est la vôtre et celle du pays lui-même. Traduction pour les racistes ouverts ou discrets: je suis noir, mais ne craignez rien, je suis de la famille!

Obama a fait du "changement" son thème central, mais une énorme contradiction crève les yeux. Dans sa quête d'identification, il fait aussi reposer SON histoire sur celle de sa FOI, de sa FAMILLE et de son PATRIOTISME, soit le portrait-robot des valeurs américaines les plus conservatrices. Pour vendre le changement, Obama s'est fondu dans la masse évangélico-américaine! S'il demeure pro-choix et pour un système de santé moins sauvage, il a adouci et même renversé certaines de ses positions, s'est beaucoup rapproché des lobbys religieux et peine parfois à exprimer une politique étrangère audacieuse.

Voyant le tout, la plupart des experts décrivent Obama comme un pragmatique cherchant seulement à rassurer les électeurs de droite. Le problème est toutefois qu'à force de modifier ses positions et en mettant autant l'accent sur le storytelling personnel, ses idées paraissent de plus en plus floues.

ET ICI?

Heureusement, au Canada et au Québec, rares sont les politiciens qui recourent à un storytelling aussi personnalisé. Leur vie privée est considérée comme tel, sauf si elle affecte leur travail, comme dans le cas de Maxime Bernier. Franchement, on imagine mal un Stephen Harper nous raconter, les larmes aux yeux, son premier baiser avec sa femme...

Mais, attention. La tentation est toujours là pour les conseillers. L'an dernier, Stéphane Dion et sa femme, vus comme étant tout sauf du monde ordinaire, racontaient à certains magazines leur histoire de couple. Tentant de briser son image bourgeoise avec son propre message de type "JE suis comme VOUS", Pauline Marois publiait récemment un livre sans grand contenu politique où elle racontait SON histoire, celle de sa relation de couple et de sa vie de famille.

Fait à noter: ces deux tentatives ont eu zéro impact sur les intentions de vote. Comme quoi, ici, on préfère encore laisser le storytelling personnel aux "vedettes" plutôt qu'aux politiciens. Un bon signe, tout de même...


27 août 2008, 11:57
La saga du CHUM

 

Ça fait déjà plus d'une décennie que la saga du CHUM se poursuit. On dirait un «soap» américain à la General Hospital... en plus cher!

Mario Dumont menace maintenant d'y retirer son appui. Dès son arrivée à Québec, le nouveau ministre de la Santé, Yves Bolduc, s'est assuré de faire démissionner son directeur général.

Dans la catégorie du «plus on est de fous, plus on rit» jaune, le président de la Fédération des médecins spécialistes pousse pour que le site du CHUM redevienne le cour de triage d'Outremont, et non plus l'hôpital Saint-Luc.

Etc., etc., etc.... Une vraie comédie d'erreurs.

Mais pendant tout ce temps, il se passe des choses dans le système de santé hospitalier universitaire montréalais. La vie continue.

En attendant leurs éléphants blancs respectifs, les hôpitaux francophones et francophones rénovent des départements, achètent de l'équipement. Bref, ils font ce qu'ils ont à faire pour soigner leurs patients. Des centaines de millions en argent public qui se dépensent, certes par nécessité, mais surtout parce que le CUSM ne peut se faire tant que le CHUM ne lève pas de terre. Le Québec doit être pas mal plus riche qu'on nous le dit...

Pendant que la saga du CHUM s'envenime, la fondation canadienne de l'innovation a tout simplement accordé son gros 100$ millions de subventions au CUSM (le futur méga hôpital anglophone). Mais pas un sous noir au futur CHUM francophone.

Et tout récemment, le même CUSM se renforçait d'autant plus en ajoutant l'hôpital St-Mary's à son réseau. Peut-on le blâmer?

Le plus triste dans tout cela, c'est qu'on a perdu de vue, justement, que nous aurions pu rénover et surtout, mieux entretenir nos bâtiments existants. Montréal a de bons hôpitaux universitaires, francophones et anglophones, dans des bâtiments qui, en Europe, seraient considérés comme des constructions récentes...

Mais ici, dans notre monde du jetable-après-usage, pour ne pas avoir entretenu nos bâtiments correctement, voilà qu'on veut jeter tout cela par terre, ou presque, pour s'acheter deux beaux gros éléphants blancs.

Et qui, à eux deux, s'ils venaient à se construire un jour, nous auraient coûté probablement tout près de 5$ milliards. Mais, bon. La décision est prise. Et personne à Québec ne changera d'idée.

Le CHUM en 2013? Ouais. Disons plutôt en 2018, 2020, ou qui sait?....

 


Tags:
24 août 2008, 1:07
Méchante compétition

Grosse semaine pour les amants de la chose politique!

Pendant que Stephen Harper continuera de jouer au chat et à la souris avec Dion, Layton et Duceppe - déclenche ou déclenchera pas une élection générale (?) -, tous les yeux seront tournés vers la convention démocrate. 

Le spectacle sera incontournable : Barack Obama & Joe Biden couronnés le dream ticket of America.

Méchante compétition pour Monsieur Harper !

La rumeur à Ottawa veut d'ailleurs que si la mouche électorale l'a soudainement piqué, c'est que le PM tremblerait de peur à l'idée de se présenter plus tard devant l'électorat canadien alors que les Américains, eux, s'ils choisissent Obama comme président, auraient mis fin à huit années d'un régime tout au moins aussi conservateur que celui de Harper.

Disons que ce serait là, en effet, l'ultime méchante compétition pour le PM. 

Espérons tout de même que certains de nos propres politiciens prendront des notes cette semaine en écoutant les discours donnés à la convention démocrate... 

 


21 août 2008, 7:18
Impossible d'être cynique...

Impossible d'être cynique. Impossible de se moquer.

Céline Dion vient de donner à l'Université Laval un discours des plus touchants et des plus impressionnants de par sa beauté et sa sincérité.

Je ne sais pas qui a tenu une aussi belle plume, mais cela n'a aucune importance. De toute évidence, chaque mot était pesé. Chaque mot était senti et pensé par Céline Dion.

Je ne pourrais même pas vous le résumer. J'en suis encore toute remuée. Juré. Sérieux. Pour vrai.

Ça transpirait le bohneur, la fierté et l'amour. Et beaucoup des trois.

Surtout, on la sentait plus touchée, plus fière encore de recevoir cet honneur, ici, chez-elle, qu'au moment où Nicolas Sarkozy lui a remis la Légion d'honneur.

La «petite fille de Charlemagne», comme elle s'est décrite elle-même, en aura fait bien du chemin à travers ce monde.

Mais c'est dans une université d'ici que son coeur, semble-t-il, a véritablement fondu.  

 

 


21 août 2008, 4:00
Le PQ parle au PQ

Au caucus spécial du PQ, oui, oui, oui, François Legault a encore réussi à attirer l'attention sur lui.

Mais au-delà de ces propos sur c'est-pas-de-notre-faute-si-on-ne-s'occupe-pas-de-notre-option-c'est-la-faute-du-peuple-et-de-son-«cynisme»-envers-la-classe-politique...., Pauline Marois a annoncé que pour marquer le 40e anniversaire du PQ cet automne, il publierait un «manifeste» sur la souveraineté.

Encore de la thérapie occupationnelle pour les militants. Et pas, ou peu, d'action politique pour promouvoir son option auprès des électeurs.

Des péquistes liront le manifeste rédigé par des péquistes. Comme d'habitude, les convaincus liront d'autres convaincus.

Un problème profond au PQ depuis le dernier référendum et donc, depuis qu'il ne veut plus parler du prochain....

 Un «manifeste» après la «saison des idées» et les «chantiers de la souveraineté»?

Ce sera quoi la prochaine fois?

Mettre en chantier la saison des idées manifestes?...

 

 


21 août 2008, 3:14
Philippe Couillard (la suite)

 

Même s'il fut un acteur privilégié de la privatisation accélérée du système de santé québécois - à 30% de dépenses privées, on a le taux le plus élevé au Canada - Philippe Couillard est loin d'en être le seul responsable.

Il a eu l'appui de son gouvernement et une absence à peu près totale d'opposition de la part des partis... d'opposition! 

On assiste aussi depuis quelques années à une offensive au sein du système de santé lui-même:

Il y a certains médecins qui, individuellement, encouragent leurs patients à recourir toujours plus à des tests de toutes sortes en cliniques privées, dont la très lucrative business de l'imagine médicale.

Et puis, il y a l'Association médicale canadienne. Son nouveau président, le docteur Robert Ouellet (un radiologiste, bien sûr!). Comme son prédécesseur, il a déclaré que l'AMC irait encore plus loin dans sa campagne pour les soins de santé privés:  «je vais me concentrer sur cette idée: changer de système de santé»....

Et on va où pour soigner la douleur de cette inéquité croissante???

La Déclaration de Montréal des Médecins québécois pour le régime public est un bon début.

Mais ça prendra beaucoup plus que ça pour contrer même minimalement les lobbys hyper branchés de la business des services de santé.

 


20 août 2008, 1:20
Attachés culturels
Stephen Harper ne le sait pas, mais ne touche pas aux subventions à la culture qui veut. Et avec raison. Le Canada n'est qu'un petit marché dans les faits. Sans l'argent des contribuables, de nombreuses créations ne verraient jamais le jour.

Première prise: son projet de loi décrié visant à ne pas subventionner les films allant à l'encontre de l'"ordre public". Deuxième prise: l'abolition prochaine d'un programme de 4,7 millions de dollars permettant à des artistes de se produire à l'étranger, si Ottawa les juge trop "radicaux" ou "marginaux". Des grenailles pour le budget fédéral, mais des sommes vitales pour les artistes.

Les artistes ne sont toutefois pas les seuls à être pointés dans ce programme par les nouveaux puritains d'Ottawa. Ce qui serait déjà inacceptable. Il y a aussi des intellectuels. Et là, c'est carrément à la liberté de pensée et à son expression publique que les conservateurs s'attaquent. C'est que le gouvernement Harper aurait été traumatisé d'apprendre que de l'argent public soit allé, entre autres "radicaux", à Avi Lewis. Attention: ce "cas" braque les projecteurs sur tout ce qui horripile ces conservateurs.

Pour eux, Lewis, ainsi que tout ce qui grouille et scribouille "à gauche", est une aberration intellectuelle. Marié à l'auteure Naomi Klein et petit-fils d'un ancien chef du NPD, Lewis est surtout un des meilleurs analystes et communicateurs progressistes du Canada anglais. Gros problème. Pour lui.

Disons-le crûment: on ne saurait donner une définition plus précise de la censure que de priver un artiste ou un intellectuel d'argent public pour la seule raison que ce qu'il exprime ne s'inscrit pas dans la pensée du gouvernement du jour, quel qu'il soit. Ce serait attacher la culture et la pensée à une vision, et non à une autre. C'est en cela que ce genre de compressions constitue un puissant signal d'alarme. Et c'est pour cela que leur caractère grossièrement idéologique est dénoncé. Si Harper fait ce qu'il fait en étant minoritaire, dur de l'imaginer avec une majorité...

Mais il n'y a pas que de l'"idéologie" dans cette soupe indigeste. On y voit aussi une nouvelle preuve que Harper, le "stratège brillant", perd de plus en plus son aplomb stratégique. En fait, depuis qu'il a laissé tomber Brian Mulroney comme un sac de patates pourries dès que Karlheinz Schreiber s'est pointé, le PM semble déstabilisé et il accumule les bourdes. Comme Paul Martin l'avait fait pour Jean Chrétien avec ses commandites, en jouant à Ponce Pilate face à un prédécesseur encore très influent, Harper a montré que sa réputation de grand stratège était peut-être surfaite.

Ce qui nous ramène à la censure et aux compressions. Vue froidement et de manière strictement analytique, l'erreur fut d'y procéder alors que les sondages ne donnent toujours pas aux conservateurs l'espoir de former une majorité. L'impatience est une faiblesse. À l'aube d'une campagne électorale, Harper offre ainsi un cadeau en or aux libéraux de Stéphane Dion. Il confirme une fois de plus que le PC est dominé par son aile "réformiste" de l'Ouest canadien, qu'il souffre par conséquent d'un important biais idéologique néo-conservateur et que ce biais serait impossible à contenir s'il obtenait une majorité.

Harper risque gros en méprisant également son adversaire principal. Car s'il veut en découdre au plus vite, c'est qu'il croit Dion incapable de gagner des élections générales. Le PM exprime aussi ouvertement son mépris pour le Parlement. Traitant les comités parlementaires de "cirques", alors que son bureau a tout fait pour en déstabiliser le fonctionnement, le PM en vient à faire passer les députés, dont les siens, pour des clowns. Et la démocratie, pour une farce. Autre bourde: cette histoire de "in and out", où le PC aurait fait transférer des fonds électoraux locaux dans sa caisse nationale, fait perdre à Harper son air de Monsieur Net face aux libéraux autrefois pris dans la jarre à biscuits des commandites. Avec un bilan faiblard en environnement et une politique étrangère hautement critiquée, c'est à se demander où peut bien se cacher le grand stratège du 24 Sussex Drive?

SECRETS DE POLICHINELLE

Le 21 juin, sur mon blogue, j'écrivais que Philippe Couillard serait sûrement récompensé pour avoir accéléré l'ouverture au privé du système de santé. C'est chose faite. Il se joint à Persistence Capital Partners (PCP), le premier fonds d'investissement privé en santé au Canada.

Deux petits mois après être sorti de cinq années d'accès à des informations privilégiées comme ministre de la Santé, le tout dégage un parfum de conflit d'intérêts. Et comme PCP est une société en commandites, Le Devoir rapporte qu'on ne peut savoir qui sont ses investisseurs, ni si le Dr Couillard y est salarié, actionnaire ou contractuel.

Notons tout de même qu'il se joint à PCP aux côtés du Dr Sheldon Elman et de son fils Stuart, fondateurs de Medisys. Medisys est une méga entreprise privée de soins de santé fondée en 1987, dont les services sont achetés à travers le Canada autant par des corporations, que par des particuliers, des gouvernements et des compagnies privées d'assurance. Philippe Couillard atterrit donc confortablement dans d'épais coussins de velours. Et il le fait en demeurant dans la filière libérale. L'ancien sénateur Leo Kolber - collecteur de fonds émérite pour le PLC - était du conseil d'administration de Medisys. En 2004, on rapportait même que Sheldon Elman était le médecin personnel de Paul Martin.

Membre du prestigieux C.D. Howe Institute, le réputé Dr Elman siège aussi au C.A. du Centre d'entreprises et d'innovation de Montréal (CEIM) aux côtés d'Hélène Desmarais de la famille Desmarais. Laurent Beaudoin, de Bombardier, André Caillé et Paul Desmarais Jr y siègent au conseil des gouverneurs. (CEIM favorise la création de compagnies, entre autres, dans le secteur des "sciences de la vie".)

Bref, même si le destin l'aura empêché de remplacer Jean Charest, Philippe Couillard part maintenant fort bien équipé pour se tailler une fort jolie place au sein du pouvoir politico-financier canadien.


13 août 2008, 1:13
Baguettes chinoises
Je vous le dis franchement et je vous le dis tout de suite: les Jeux olympiques, ça ne m'a JAMAIS intéressée. Que ce soit la Moscou boycottée ou même la Montréal surendettée de 1976, je préfère laver mes planchers plutôt que de me taper la compétition de ceci ou de cela en différé à 4 h 10 du matin.

Pourtant, Pékin, c'est une autre histoire. Pas tant pour le lancer du Tibétain, le triathlon du dissident, le judo du journaliste sur Internet ou le plongeon du Darfour dans l'indifférence généralisée.

Non. Ce qui me fascine, mais ne surprend guère, c'est l'hypocrisie quasiment érigée en discipline olympique. À commencer par celle de Stephen Harper.

Voilà que le premier ministre refuse d'assister aux cérémonies d'ouverture des Jeux tout en jurant dur comme fer sur ses projets de loi visant à restreindre la liberté d'expression au Canada que cela ne constituait toutefois pas un "boycottage politique". Faisant du boudin ou jouant à cache-cache, Harper a même poussé le ridicule jusqu'à se déclarer "introuvable" à Ottawa pendant les premiers jours des Jeux.

On savait que le gouvernement conservateur était un repaire d'amateurs dans le domaine des relations internationales - allô Maxime Bernier! -, mais là, la preuve est finale.

Pas que la critique du régime chinois ne soit pas de mise. Car elle l'est. Mais de voir le PM du Canada bouder Pékin, et donc la Chine, alors que même W. Bush s'y est rendu, laisse croire que Harper comprend peu ou fort mal la réalité économique et politique mondiale de ce début de 21e siècle où la Chine est appelée à jouer un rôle majeur. Lorsque le fils Bush comprend quelque chose, imaginez à quel point la chose peut être évidente.

RETOURS D'ASCENSEUR

Même Jean Charest y était en mission et y retournera plus tard cet automne. Ce n'est toutefois pas seulement pour l'amour des relations Québec-Chine que M. Charest courtise maintenant l'Empire chinois. Tout ça fait évidemment partie de sa stratégie préélectorale et du nouveau personnage plus "international" qu'il tente de se forger. Si le premier ministre québécois évite toute vague ici, il aime bien s'activer, semble-t-il, à l'étranger...

Disons que ce nouvel intérêt pour la Chine répond également aux demandes faites auprès de lui par certains gros joueurs parmi les entreprises québécoises pressées d'y brasser de grosses affaires et de gros profits. Et comme le milieu des affaires est un allié naturel du PLQ et que les libéraux vont plutôt bien dans les sondages, on se retourne l'ascenseur jusqu'en Chine.

À Ottawa, par contre, on ne sait plus vraiment qui gère la boutique des relations extérieures, ni comment. Boycotter la cérémonie d'ouverture des Jeux à Pékin tout en niant que c'est un boycottage, bravo.

L'hypocrisie, elle est aussi dans le double discours: celui de l'absence de Harper à Pékin et celui de la business que le Canada et les Canadiens font pendant ce temps avec la Chine. Et feront de plus en plus. Ce n'est pas demain la veille qu'Ottawa ordonnera la fermeture des Dollarama a mari usque ad mare!

Il faut aussi voir la popularité croissante, dans de multiples compagnies canadiennes et québécoises, des consultants spécialisés en relations avec la Chine. Sans compter la multiplication des cours de mandarin dans les collèges et les universités. Le ou la sinologue est également en voie de devenir une espèce particulièrement prisée par les décideurs politiques et économiques.

La Chine est là. Et Harper ne la fera pas disparaître d'un coup de baguette magique... ou chinoise.

SOUPE TOXIQUE

L'hypocrisie, elle est également dans cette "surprise" généralisée face au niveau de pollution à Pékin et dans d'autres régions de la Chine. S'il y a des athlètes étrangers forcés de porter des masques lorsque le smog se fait trop étouffant, c'est que des Chinois y sont soumis à longueur d'année. Vous épelez ça comment, C-A-N-C-É-R-I-G-È-N-E?

Et s'ils y sont soumis, c'est non seulement pour assurer la puissance économique montante de la Chine, mais aussi pour fournir le reste de la planète en produits à des prix auxquels les consommateurs ne peuvent résister, ou n'ont pas les moyens de le faire. Pendant que Stéphane Dion et Stephen Harper s'obstinent sur une taxe sur le carbone pour le Canada, on macère ailleurs, et pas seulement en Chine, dans une bien drôle de soupe toxique.

Chaque fois qu'on achète un produit Made in China - et j'en suis, comme tout le monde, la chose étant incontournable -, qu'on le veuille ou non, quelques gouttes de ce smog nous collent symboliquement aux doigts.


11 août 2008, 3:20
Pas de solution magique

 

Sur le contexte social entourant l'émeute ayant suivi la mort du jeune Fredy Villanueva, tiré par un policier du SPVM, pas de solution magique.

Des expériences vécues dans d'autres quartiers, ici comme à l'étranger, démontrent par contre que si la société doit fournir des ressources et des outils pour mieux éduquer ces jeunes et leur offrir un avenir plus intéressant, il reste qu'une partie de la solution devra aussi venir de plus en plus des communautés concernées elles-mêmes.

Faire des policiers LE bouc-émissaire ne mène nulle part.

Ce qui se passe à Montréal-Nord n'est pas ce qui se passe dans les banlieues de Paris, mais quelque chose ne tourne pas rond dans ce quartier.

Il est plus que temps d'y voir.




6 août 2008, 3:39
Petit lexique québécois
Un peu partout en Occident, la combinaison d'une actualité changeante et de l'omniprésence de la rectitude politique oblige à des modifications constantes du vocabulaire dominant. Évidemment, la femme et l'homme québécois n'échappent aucunement à ce drôle de phénomène.

Au contraire! On dirait même plutôt qu'il est particulièrement marqué ici. Il faut dire qu'on aime ça, nous, les mots. Et on aime surtout leur faire changer de signification au gré du vent, de l'air du temps ou d'une mode passagère.

Voici donc quelques ajouts récents à notre lexique collectif. Mais sentez-vous parfaitement libres d'y ajouter les vôtres...

PPP: Partenariat public-privé. Dans la foulée du CHUM éternellement non construit, des routes accidentées, du métro de Laval, des viaducs écroulés et de la débâcle financière de l'UQAM, l'expression est par contre en voie d'être remplacée par PPPP (Profits Privés & Pertes Publiques).

Couillardiser: (a) L'art de faire démissionner un ministre dont l'ambition de leadership s'entête à ne pas se réaliser. Voir "Philippe".

(b) L'art de faire démissionner un ministre pour cause de décolletés trop plongeants et de manque de jugement incurable. Voir "Julie & Maxime".

Laïcité ouverte: Refus d'agir pour baliser la place du religieux; ouverture à la multiplication des pratiques et signes religieux dans les institutions publiques.

Séparation de l'État et de la religion: Être le seul État en Amérique du Nord à subventionner à même les impôts des écoles privées confessionnelles, et ce, à hauteur de 60 %.

Écoles publiques: Là où les moins nantis envoient leurs enfants pendant que l'État prend une partie de leurs impôts pour subventionner les écoles dites privées où les mieux nantis envoient les leurs.

Système de santé à une vitesse: Faire semblant d'être pour, mais fermer les yeux devant la prolifération des services privés. Aussi, modifier les lois de manière à faciliter l'ouverture de cliniques privées plutôt que de créer des cliniques publiques spécialisées comme on le fait dans d'autres provinces supposément moins "social-démocrates" que le Québec.

Fardeau fiscal: Impôts et taxes. Là où contribuer au bien commun est qualifié de "fardeau".

Référendum: Geste de démocratie participative pouvant dorénavant être posé n'importe où dans le monde, sauf au Québec. Voir "Pauline Marois".

Prix du marché: Le prix décidé par les compagnies.

Primauté du français: Seul État incapable de définir sa langue commune comme celle de toute sa société. Voir "langue prédominante" ou "langue majoritaire".

Valeurs: Mot apposé aux derniers indicateurs fournis aux partis politiques par les focus groups des sondeurs.

Interculturalisme: Voir "multiculturalisme".

Reine- ou roi-nègre: Au Québec, expression historico-politique pouvant être prêtée à toute personne dont la peau est blanche, mais à aucune dont la peau est noire.

Eau: Selon la nouvelle politique du gouvernement refusant sa nationalisation, l'eau, "c'est comme l'oxygène" - ça appartient à tout le monde et à personne en même temps. Le gouvernement devient le "gardien de l'eau au nom de la collectivité et du patrimoine", mais pas son "propriétaire"... (Citation de la ministre Line Beauchamp. Ça ne s'invente pas.)

Nation: Mot très pratique pour désigner une province dont aucun parti majeur n'entend réaliser l'indépendance dans un futur envisageable.

Autonomie: Se dit des personnes pratiquant leur indépendance et des nations refusant la leur.

Québécois d'ascendance canadienne-française: Expression menant au retour à un Québec-saucisson, découpé en fines tranches ethnoculturelles.

OQLF: Office québécois de la langue fourchue.

Loi 101: Morceau de gruyère aux 200 trous percés par les tribunaux depuis 30 ans. (*Plus de 200 modifications affaiblissant la loi 101 ont été apportées depuis 1977.)

Accommodements raisonnables: Coupables du gaspillage de 4 millions $ en fonds publics. Voir ci-dessous.

Commission Bouchard-Taylor: Voir ci-dessus.

CRTC: Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications convergées.

400e de Québec: 400e du Canada.

Gouverneure générale: La Carla Bruni du Canada.

Malbouffe: Ce qu'on ne pourra plus servir dans les cafétérias des hôpitaux, mais seulement aux patients...

Bonsoir toute la gang!: Expression colorée et amicale dorénavant de mise dans les partys de Noël de la région de Québec.

ADQ: Action de Dégringoler au Québec.

Vie privée: Ce que les ministres font lorsqu'ils perdent des documents confidentiels.


3 août 2008, 1:10
L'incultocratie

Cette année du 400e n'aura pas manqué d'exemples d'absence de culture intellectuelle, historique, politique et sociale.

Côté inculture, impossible de passer à côté de la Société du 400e. Les membres en connaissent amplement mon analyse... Dernière manifestation en date: il y en a eu une à Montréal, mais il n'y a eu AUCUNE commémoration à Québec du 20e anniversaire du décès de Félix Leclerc.

Si c'est drolement chouette d'avoir «de la vedette internationale», pour reprendre le leitmotiv de Daniel Gélinas, patron de la Société du 400e, comment a-t-on pu passer à côté d'un des principaux piliers de la poésie et de la chanson québécoise? Un manque flagrant de culture. Point à la ligne.

Autre démonstration d'inculture: la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec. L'«élite de demain» (maman, j'ai peur!), a voté pour TRIPLER les frais de scolarité à l'université. On a beau dire que Jean Charest ne les suivra pas là-dessus, quelle pitié de voir ces enfants gâtés ne comprendre rien aux réalités qui ne sont pas les leurs. Son président, François Beaudry, va même jusqu'à dire que ce serait pour élargir l'accès aux études supérieures!!! Y a-t-il quelqu'un à la maison???

Pis encore, les vieux jeunes Libéraux voudraient que des études en médecine, par exemple, aient des frais de scolarité encore plus élevés. Bien oui, les enfants gâtés! Comme ça, on sera sûr que seulement les enfants de médecins, d'avocats et de professionnels y auront accès. Comme dans le «bon vieux temps», quoi?

 Et que dire de leur résolution voulant que «tous les élèves de la PROVINCE» (ils veulent dire évidemment les francophones) aient un «programme intensif en anglais d'une demi-année scolaire» en sixième année de primaire?

Évidemment, lorsque le même Beaudry déclarait candidement en 2007 qu'on «est une PROVINCE BILINGUE»..... Bref, au diable le renforcement de l'apprentissage du français auprès des anglophones, des allophones et même des francophones. Et au diable toutes les études qui démontrent un recul du français... Et vive l'incultocratie, n'est-ce pas?

 

  


1 août 2008, 5:15
«Le meilleur des gars»

C'est presque toujours comme ça. Un salaud tue, et la blonde du salaud et les voisins disent à quel point c'était pourtant un bien bon gars, un bon père de famille, le meilleur mari du monde, etc...

C'est ce que les voisins ont dit de Richard Bérard, accusé du meurtre et de l'enlèvement de Mélissa Beaudin, 17 ans, la blonde de son fils. Pourtant, les mêmes voisins racontent que deux de ses enfants ne mangeaient pas à leur faim, qu'il a uriné dans le coffret à jouets de son fils lors de la fête de sa fille, qu'il a un lourd passé criminel, etc...

Il semble donc plutôt que la jeune fille assassinée se soit retrouvée prise dans un milieu qu'on ne souhaiterait pas à son pire ennemi. Et que personne n'y a vu.

Et de nous rabattre aussi les oreilles que le salaud, il a fait ça «à cause de l'alcool et de la coke». Comme si d'être alcoolique ou cocaïnomane transformait un «bon gars» en tueur et/ou en violeur. Bullshit. Belle excuse pour un meurtier. Tout présumé qu'il soit. Belle façon de se décharger de sa responsabilité.