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Voix publique
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Pour voir juste sur ce qu'il se passe dans les têtes de ceux et celles qui occupent les palais et les parlements du Québec, du Canada et du monde, suivez les analyses politiques percutantes de Josée legault sur son blogue.
July 2008 - Messages
30 juillet 2008, 10:37
Légende urbaine
Il y a de ces légendes urbaines qui ont la couenne dure. Prenez celle-ci: au Canada et au Québec, les entreprises paient trop d'impôts; ça nous rend moins "concurrentiels"; si on ne les baisse pas, des entreprises et des sièges sociaux quitteront le pays pour aller se réfugier dans des paradis fiscaux étrangers. Et patati, et patata...

Eh bien, surprise, surprise! Le paradis fiscal pour les compagnies, c'est ici! Et ce n'est pas la méchante "go-gauche" du Plateau Mont-Royal qui vous le dit. Ça vient directement de KPMG, une firme comptable réputée et tout ce qu'il y a de plus "pro-business". Dans La Presse de mardi, tout un titre: "Le Canada, paradis fiscal des entreprises". Et tout un premier paragraphe: "Contrairement à la croyance populaire, le Canada est l'un des pays du monde industrialisé où les entreprises paient le moins d'impôts."

KPMG a écumé le profil fiscal de corporations dans 10 pays industrialisés et 102 villes. Non seulement Montréal, Vancouver et Toronto sont-elles des paradis fiscaux en "recherche et développement", mais l'ensemble des compagnies canadiennes paient 21 % moins d'impôts que les sociétés américaines!

Alors, d'où peut bien venir cette fameuse "croyance populaire" voulant que les entreprises croulent sous les impôts dont il faudrait évidemment les soulager? Bien, voyons! Si "croyance populaire" il y a, c'est qu'elle fut fort bien formée par les mêmes compagnies et lobbys pro-business qui colportent cette fausseté depuis longtemps, et dont on rapporte souvent les propos sans trop d'analyse critique.

Que ce soit l'Institut économique de Montréal, le Conseil du patronat, les Lucides de Lucien ou quelque autre clone, tout ce beau monde exige depuis des lunes ce qu'ils appellent une "fiscalité plus compétitive" pour les compagnies. Eh bien. Bravo! Courtoisie des gouvernements fédéral et provinciaux, leur cabale incessante auprès de l'opinion publique leur aura valu de remporter le gros lot: le Canada est devenu un paradis fiscal pour les compagnies, tout juste derrière les Pays-Bas et le Mexique.

Pourtant, ces données sont connues depuis longtemps. En d'autres termes, le milieu des affaires exige des baisses d'impôts depuis des années en même temps que les gouvernements lui en donnent de plus en plus! Selon Gaétan Breton, professeur de sciences comptables à l'UQAM et auteur de plusieurs ouvrages sur les finances publiques, "ça fait longtemps que les documents du gouvernement du Québec observent que les compagnies paient moins d'impôts ici et que Montréal est la ville où ça coûte le moins cher au Canada pour lancer une entreprise! En fait, la situation ici est TRÈS favorable aux compagnies. Ce qu'on entend du milieu des affaires, c'est juste des discours pour faire peur au monde, pour leur faire croire que s'ils n'acceptent pas qu'on baisse toujours plus les impôts des entreprises, elles vont aller ailleurs et donc, qu'ils vont perdre leurs jobs"!

On l'entend souvent, celle-là: si on ne "libère" pas le capital, de plus en plus de sièges sociaux quitteront aussi. Mais surprise, surprise! Depuis sept ans, malgré les généreuses baisses d'impôts et de taxes, sans compter les subventions gouvernementales, Montréal a perdu 15 de ses 92 sièges sociaux majeurs (La Presse, 15 juillet). Même Toronto en a perdu 17 sur 190.

LE VRAI DÉSÉQUILIBRE FISCAL

Et là, on touche au nerf de la guerre: depuis que les compagnies se plaignent de payer trop d'impôts, et que nos élus les en soulagent volontiers, la proportion de l'assiette fiscale totale des gouvernements provenant des particuliers n'a cessé d'augmenter. Bref, les particuliers compensent.

Résultat: avec la multiplication des subventions et avantages fiscaux aux entreprises, les particuliers fourniraient maintenant près de 80 % des revenus autonomes* du gouvernement du Québec (*sans compter ce qui vient d'Ottawa). Donc, plus la proportion des revenus provenant des entreprises diminue, plus celle des particuliers augmente. C'est ce qu'on appelle un VRAI déséquilibre fiscal.

Mais on sait que quiconque ose revendiquer un rééquilibrage plus équitable entre les entreprises et les particuliers se fait invariablement traiter d'australopithèque. L'usage même du mot "impôt" est de plus en plus perverti. Prenez son très populaire présumé synonyme: "fardeau fiscal". En entrevue, Gaétan Breton fait aussi remarquer à quel point on le sert à toutes les sauces, sans trop réfléchir aux effets de son usage répété. (Dans l'article et le tableau publiés dans La Presse de ce mardi, on le retrouvait sept fois!)

Il fut pourtant un temps où payer des impôts, même si ce ne fut jamais une activité "agréable" en soi (!), voulait dire contribuer au bien commun. Aujourd'hui, on ne parle plus que de "fardeau". C'est une chose d'en contester l'utilisation qu'en font parfois les élus, mais c'en est une autre d'en faire un mot plus ou moins sale. À force de diaboliser l'impôt, on se retrouve aujourd'hui avec un méga-problème: les plus "soulagés" de ce supposé fardeau sont les plus riches, dont les corporations. Bien sûr, si on recommençait à voir les taxes et les impôts comme une contribution au bien-être général, on exigerait que les compagnies y participent selon leur véritable capacité... Ce qui, en passant, ferait baisser les impôts des particuliers, pour vrai, et de manière plus responsable.

Vous et moi, si on gagne suffisamment d'argent pour payer de l'impôt, plus on en gagne, plus on paye d'impôts et plus on contribue à notre société, non? Alors, comment se fait-il que la même logique s'applique de moins en moins aux compagnies? Je sais, je sais. Poser la question, c'est y répondre...


29 juillet 2008, 3:57
Un couple bien assorti...

Carla Bruni dit qu'elle «se voit plus en Jackie Kennedy qu'en Yvonne de Gaulle».

Ça tombe drôlement bien!

Nicolas Sarkozy n'a jamais été, n'est pas et ne sera jamais de la trempe de Charles de Gaulle... ni de John F. Kennedy, d'ailleurs.

Mais ça, c'est une autre histoire...

 


26 juillet 2008, 2:21
La cuvée Gagliano

Vendredi, La Presse nous apprenait à la une - c'est l'été, après tout! -, que le fameux Alfonso Gagliano, le puissant ministre fédéral des Travaux publics à l'époque du scandale des commandites, attendrait SA subvention fédérale pour acheter un vignoble à Dunham, dans les Cantons-de-l'Est.

On pourrait toujours en pleurer. De triste mémoire, le seul nom de l'ancien ministre rappelle la facilité avec laquelle certains libéraux, qui avaient pourtant la main jusqu'au coude dans le programme des commandites, n'ont reçu que l'ombre d'un blâme par la commission Gomery.

Comme on pourrait en rire, quoique, très, très jaune...

Alors, allons-y. Si ça vous le chante, envoyez-moi sur ce blogue vos suggestions de nom pour le futur  vin de Gagliano (mais sans vulgarité, s-v-p!, même si la tentation est ce qu'elle est).

Voici donc une première suggestion :

Château des tricheries 

Mais je suis persuadée que vous saurez faire bien mieux que moi!!!

 


23 juillet 2008, 1:31
L'e$prit à la fête
On s'en serait douté. Le passage de Paul McCartney, ou de Sir Paul, comme l'ont répété ad nauseam nos médias médusés, sert bien d'autres intérêts encore que ceux de l'amour de la musique...

Pour la ville de Québec, comme l'aurait dit le maire Drapeau, elle se voit enfin mise "sur la map"! Elle pourra attirer à l'avenir d'autres gros noms qui, sans la venue de l'ex-Beatle, auraient survolé la Capitale pour atterrir presto à Montréal. Son industrie touristique en a pour des années de belles retombées économiques. Bref, Québec, comme toute ville normalement constituée, saute sur une occasion en or pour bonifier sa visibilité et ses revenus.

Pour Régis Labeaume (le maire à qui le mot "histoire" donne de l'urticaire), la récolte politique s'annonce également fort belle. Combien vous pariez que le mégacoup publicitaire de ce concert aidera à sa réélection? Quant à la Société du 400e, on devine qu'elle compte sur le souvenir des beaux yeux de Sir Paul pour faire oublier sa longue enfilade de ratés et nous faire moins remarquer un 400e plus ou moins vidé de sa substance historique.

Car s'il y a une chose que les futurs historiens noteront, c'est à quel point les notables municipaux, provinciaux et fédéraux auront accouché d'une programmation fort jolie, mais trop souvent déconnectée du sens même du 400e. Parions qu'ils se gratteront aussi l'occiput devant ce logo officiel rose magenta...

Ils nous l'auront répété à satiété. Pour le maire et la Société, le but est d'avoir du fun, d'être cool et d'avoir l'esprit FESTIF. Comme si "fête" et "commémoration historique" devaient s'exclure l'une l'autre. Lorsque, en 1976, les États-Uniens ont "fêté" le bicentenaire de leur révolution, ils ont pourtant su marier la fête, les "grosses vedettes" et la pédagogie historique. Mais ici, trop de "sens" dérange. Comme le disait Daniel Gélinas, président de la Société du 400e, l'important est aussi que ce concert permette aux gens de Québec d'avoir un "party de Noël" qui "va être le fun en ti-ti!".

LE BEATLE AUX ŒUFS D'OR

Les futurs historiens se demanderont sûrement d'où pouvait bien venir cette réaction de reconnaissance béate pour les quelques mots de français prononcés par Sir Paul. Comme si l'ex-Beatle avait marché sur les eaux du Saint-Laurent tel un messie des temps modernes! Pourtant, toute vedette internationale qui se respecte dit quelques mots dans la langue de son public. Un peu d'ukrainien à Kiev, un peu d'italien à Rome, etc. On appelle ça le savoir-vivre. Avec ou sans cette fausse "controverse" sur son passage, il est évident que Paul McCartney aurait dit quelques mots en français, comme les Beatles l'ont fait lorsqu'ils ont joué à Paris en 1965. Mais les historiens se diront peut-être que cette réaction démesurée à un simple geste de politesse montrait à quel point les Québécois, contrairement à leurs notables, comprenaient le sens réel du 400e: la naissance d'un peuple et d'une nouvelle culture de langue française en Amérique qui, à force de résistance, déboucherait plus tard sur celle de la nation québécoise. Dommage que les notables n'en aient pas fait leur message principal face au reste du monde.

Mais il restera toujours la business. Le concert parfaitissime, ayant coûté près de 5 millions $ en fonds publics, profitera aussi aux diffuseurs privés auxquels un abonné peut payer 20 $ pour le privilège de le voir dans son salon. Les contribuables auront beau avoir réglé la facture salée de Monsieur McCartney - la chose étant normale dans ce contexte -, ils n'auront même pas droit à une diffusion gratuite! L'insulte est d'autant plus sentie qu'on ne parle pas ici d'un concert de Barbra Streisand au Centre Bell payé par des fonds privés, mais d'un "événement" du 400e payé par les impôts. Faut croire que l'esprit "festif" profite plus à certains qu'à d'autres.

Et puis, dans la catégorie "chicane de perron d'église", il y aura la plus bizarroïde des retombées post-McCartney: celle d'une Céline Dion profondément agacée de se voir maintenant "comparée" à l'ex-Beatle. Il fallait voir les couteaux lui sortir des yeux lorsqu'un journaliste lui a demandé si SON spectacle sur les Plaines serait "plus long" que celui de Sir Paul!

DUR, DUR DE NE PAS ÊTRE UNE BEATLE

La voilà donc, fille prodigue du Québec, SA PLUS GRANDE VEDETTE INTERNATIONALE, brutalement détrônée par un bel "étranger" à qui une seule nuit aura suffi pour séduire le Québec tout entier! Pis encore, voilà que son propre mari en rajoute: "Paul McCartney est dans une classe à part. Il n'y a personne qui touche à Paul McCartney dans mon livre à moi /sic/. Pas les Rolling Stones, pas U2, pas Madonna. Et CERTAINEMENT PAS CÉLINE DION!" La discussion sur l'oreiller n'a pas dû être très douce ce soir-là...

Et pourtant, Céline a bien appris le message officiel du 400e. Lorsqu'on lui a demandé si elle venait ici le 22 août pour "faire l'histoire", sa réponse fut du plus pur style Labeaume: "Écoutez! Moi, je ne parle pas vraiment d'histoire. Je parle de fête!" Évidemment.

Mais j'oubliais. Il n'est plus permis, sans se valoir les pires épithètes, de trouver Paul McCartney bien bon et d'être bien content pour tout le beau succès de Québec tout en voulant néanmoins, et d'autre part, débattre de l'absence de sens historique de ce 400e.

O.K., d'abord! Soyons cool, soyons le fun, soyons festifs! De toute façon, du moment où même le premier ministre du Québec ajoute sa voix à celle d'Ottawa pour dire au monde entier que 1608 marque la fondation du Canada, il est tout à fait normal que le spectacle de Paul McCartney, aussi génial fut-il, soit le moment le plus marquant de notre 400e...


21 juillet 2008, 12:26
Can't buy me love...

En cet été à l'humidité proprement londonienne, même la pluie a cessé hier soir pour Paul McCartney... Comme quoi, même Mère Nature aime les Beatles...

Et, non. Je n'y étais pas. Et, oui. J'aurais bien aimé y être. Présumée controverse ou pas.

Mais ce que je ne comprends pas, c'est que le spectacle «historique» de Paul McCartney pour le 400e - payé, comme il se doit, par des millions de nos impôts -, ne nous a même pas valu qu'il soit diffusé gratuitement sur RadCan, TVA, Télé-Québec ou les trois?

Comment se fait-il qu'il soit disponible seulement aux abonnés d'Illico, ou un truc du genre, pour la somme de 17,99$?

Une autre erreur du Comité du 400e.

Money can't buy me love, chantaient les Beatles. Ni une diffusion générale du spectacle de McCartney, semble-t-il... 

 

 


16 juillet 2008, 2:10
La boîte à surprises
Ça crève les yeux. Regarder John McCain, c'est voir la continuation de George W. Bush. Et de voir Bush, c'est espérer que McCain se fasse botter les fesses à l'élection présidentielle. Ce qui nous amène à Barack Obama - l'homme du "changement" et se disant "libre" de tout lobby ou groupe d'intérêt.

Pourtant, Obama demeure une énigme. On se demande même de plus en plus quelles seraient ses véritables convictions et ses politiques s'il devenait président de la plus grande puissance de la planète?

Depuis qu'Hillary a mordu la poussière, Obama laisse voir un certain penchant pour ce que les médias américains appellent le pandering to special interest groups - une approche "clientéliste" où un politicien modifie son discours selon le public auquel il s'adresse. On parle aussi beaucoup de son opération de repositionning. Après s'être présenté comme nettement plus à gauche et audacieux qu'Hillary, le voilà qui se rapproche du centre. Et parfois même de la droite américaine. La "vraie".

La journaliste américaine Arianna Huffington n'est d'ailleurs pas la seule à se demander où en sera rendu le fameux "changement" promis par Obama alors que pour avoir leur vote, il multiplie les génuflexions devant les groupes d'intérêts dont il se dit libre. L'opportunisme électoraliste chez les chefs politiques - que je qualifie de "sincérités successives" - a beau être un phénomène passablement universel, nul ne sait vraiment, s'il mettait les pieds à la Maison Blanche, de quoi accoucherait concrètement le slalom idéologique auquel se livre Barack Obama. À tout prendre, ça ressemble de plus en plus à une boîte à surprises! Restera à savoir si les surprises seront bonnes ou mauvaises...

Contrairement à Huffington, le magazine The Economist n'y voit rien d'inquiétant: "La question vitale ne porte pas sur le fait qu'Obama change ses positions, mais à savoir si ces changements sont pour le meilleur ou pour le pire. Ici, le portrait global semble positif." Bref, en adoucissant ses positions et en courtisant la droite, Obama ne ferait que s'"ajuster" à l'électorat. Dans une lutte serrée contre McCain, ce serait le prix à payer pour mettre toutes les chances de son côté et contrer la "politique de la peur" émanant du camp républicain à propos d'Obama.

Remarquez que McCain n'est pas en reste dans le département des "ajustements" opportunistes. Un journaliste de CNN résumait ainsi le malaise croissant que provoquent les valses respectives d'Obama et de McCain: "Ce serait tellement extraordinaire si nous avions deux candidats présidentiels qui disent les mêmes choses devant des publics différents!" Eh oui. On peut toujours rêver en couleur.

Récapitulons. On nous sert deux explications au repositionning intensif d'Obama. Ou l'homme penche toujours à "gauche" et change purement pour gagner des votes et empêcher les méchants républicains de gagner. Ou il cherche vraiment à changer certaines de ses positions.

Il y a pourtant une troisième explication possible. Appelons ça une hypothèse: Obama est peut-être un peu plus à droite qu'on l'avait cru lorsque pour faire campagne contre Hillary et frapper l'imaginaire d'Américains usés par cinq ans de guerre inutile en Irak et une économie vacillante, il s'est présenté comme l'incarnation du changement et de l'audace.

Car, après tout, courtiser la droite aussi ardemment, dont la droite religieuse, ne serait pas sans conséquence si Obama devenait président... Ils seraient alors nombreux à attendre leur retour d'ascenseur dans les politiques sociales et étrangères des États-Unis.

L'AUBERGE AFGHANE

Allant plus loin que les républicains, pour Obama, d'avoir qualifié Jérusalem de capitale éternelle d'Israël alors que le conflit israélo-palestinien est loin d'être résolu, ne serait pas non plus sans conséquence. Ni sa promesse de financer les lobbys religieux plus que tout autre président ne l'a fait et d'aller jusqu'à en faire le "centre moral" de son administration. Ni son retournement de veste lorsqu'il approuve maintenant l'immunité rétroactive des compagnies ayant aidé Washington depuis le 11 septembre 2001 à mettre des citoyens sur écoute électronique sans mandat.

Heureusement, son discours sur l'Irak ne change pas trop. Mardi, à Washington, Obama a répété que cette guerre est inutile; qu'elle n'a rien à voir avec le 11 septembre; qu'elle coûte des milliers de vie et plus de 10 $ milliards d'argent public par mois (!); que la sécurité des USA en a été réduite, etc.

Malheureusement, il ne change PAS quant à sa vraie cible: l'Afghanistan et le Pakistan, où il s'engage clairement à augmenter l'effort de guerre. Traduction: ceux qui rêvent de voir bientôt les troupes canadiennes quitter l'Afghanistan devront prendre leur mal en patience. On n'est vraiment pas sorti de l'auberge afghane...

Et pourtant, rien de cela ne lui enlève sa qualité principale: Obama n'est ni un républicain, ni de la famille Bush! C'est déjà ça de pris...

UNE IMAGE VAUT MILLE MAUX

Croupissant depuis six ans sans procès à Guantanamo - la base américaine de la honte - Omar Khadr fait aussi partie des dommages collatéraux du 11 septembre. Toujours sans preuve de ses activités "terroristes" ou de ce meurtre dont l'accusent les Américains, la torture et maintenant les extraits de vidéos de ses interrogatoires par le Service canadien du renseignement de sécurité donnent froid dans le dos.

Pendant ce temps, Stephen Harper continue à refuser de demander son rapatriement. Sa docilité face à Bush et son aveuglement idéologique n'ont donc aucune limite?


14 juillet 2008, 12:42
La télévision poubelle

Ce n'est pas très compliqué. Si, selon la rumeur, Remstar ouvrait les ondes de TQS à Jeff Fillion, le roi déchu de la radio poubelle de Québec, la compagnie risque d'avoir le réveil plutôt douloureux...

Ou Fillion reprend son style diffamatoire et les frères Rémillard crouleraient rapidement sous les poursuites jusqu'à ce qu'ils soient forcés, eux aussi, de s'en débarasser.

Ou Fillion, pour éviter les poursuites, serait obligé d'offrir une version castrée de son style fond de poubelle.

D'une manière ou d'une autre, l'échec serait inévitable. Les frères Rémillard découvrirait aussi assez rapidement que le «style» Fillion ou André Arthur, ça ne passe tout simplement pas à Montréal.

Cela étant dit, bravo au CRTC pour avoir fait la démonstration, une fois de plus, de sa propre pleutrerie en imposant que des conditions purement cosmétiques à Remstar! Depuis le retour des Doc Mailloux et du maire Gendron, on voit ce que ça donne. À quand un show de lutteuses dans la boue?


13 juillet 2008, 1:21
Vive le Guy Nantel libre!

Je n'y peux rien. Je suis une fan de Guy Nantel.

Dès que je l'ai vu et, surtout, entendu au désormais défunt Il va y avoir du sport, j'ai aimé son humour. Beaucoup aimé. Dans cette mer d'humoristes québécois aux histoires de blondes et de belles-mères, Guy Nantel faisait dans l'humour, disons, plus «social», plus politique. Un humour drôle, comme il se doit, et INTELLIGENT. Comme quoi les deux n'ont pas à s'exclure mutuellement.

Ce soir, le 13, Guy Nantel animera son premier Gala Juste pour rire - un GROS moment dans sa carrière. Et un GROS moment bien mérité. Des raisons familiales m'empêchent d'y être, mais le mot «merde!» est le seul que je lui souhaite.

Le thème du Gala sera, évidemment, les «accommodements raisonnables». Comme j'aurais voulu y être....

Voilà tout de même ma petite et humble contribution au thème:

Un soir, un rabbin, un curé et un imam se croisent à un meeting de Weight Watchers. C'était d'ailleurs leur premier.

Le rabbin explique que ne pouvant pas manger de porc, il sauvera des calories, c'est sûr!

L'imam, tout joyeux et tout aussi incapable d'en manger, s'exclame «moi aussi»! Et l'imam d'ajouter: «et moi, mes honorables confrères, j'ai aussi l'avantage de ne pas toucher aux calories alcoolisées!».

Les deux se tournent alors vers le curé, jusque là demeuré anormalement silencieux. Pauvre lui, se disent le rabbin et l'imam, comment fera-t-il pour maigrir avec tout le porc et le vin de messe qu'il ingurgite?  

Esquissant un large sourire, le curé répond: «Oh, moi? Tout juste avant de venir ici, j'ai croisé soeur Angèle. Elle m'a donné la recette parfaite pour me couper l'appétit: lire le rapport Bouchard-Taylor!!! Avec ses 300 pages de rapport, son «résumé» de cent pages, ses communiqués de presse et toutes les réactions à lire sur l'internet, je compte bien fondre d'un bon 50 livres!». 

 

  

  


9 juillet 2008, 5:04
Qui va à la chasse...

En cette année du 400e, les chicanes de «protocole» se multiplient entre Québec et Ottawa.

À la cérémonie marquant le jour même du 400e, le 3 juillet, la chicane avait pris parce que MADAME l'incontournable Gouverneure générale voulait absolument parler AVANT le premier ministre du Québec (ce que le «protocole» commande, sauf, si on s'entend autrement). Mais il n'y a pas eu d'entente...

Le Devoir de ce matin rapportait que même la ministre fédérale Josée Verner aurait carrément refusé de parler à l'Assemblée parlementaire de la Francophonie parce que la ministre québécoise Nathalie Normandeau devait parler avant elle. La rumeur veut aussi qu'à Québec, on commence à en avoir plus qu'assez de la GG omniprésente.

Vraiment? Pourtant, le gouvernement québécois ne fait que récolter ce qu'il a semé du moment où le PM lui-même était absent du lancement français du 400e à La Rochelle. C'est ce qui a permis à la GG de prendre toute la place et de faire sa grande vedette devant les kodaks français tombés soudainement amoureux de la «presque reine» du Canada...

Qui va à la chasse, perd sa place! 

 


9 juillet 2008, 2:40
La vie n'est pas simple
S'il y a une chose que certaines réactions exacerbées à la remise de l'Ordre du Canada au Dr Henry Morgentaler ont fait ressortir, c'est la raison pour laquelle, depuis sa décriminalisation en 1988, il est impossible au Canada de débattre raisonnablement l'exercice du droit à l'avortement.

À première vue, on croirait que cette raison est la nuisance exercée par le choc de deux visions manichéennes et idéologiques. La première est la soi-disant "pro-vie". Opposée au principe même de l'égalité des femmes, elle s'inspire en partie de doctrines religieuses ultraconservatrices. Pour ces fondamentalistes, de foi chrétienne ou autre, tout arrêt de grossesse est immoral et un crime contre l'humanité. La seconde vision, héritée de la frange plus radicale du féminisme, prône l'accès inconditionnel à l'avortement sous prétexte que tout encadrement porterait atteinte au droit des femmes à disposer de leur corps.

Mais lorsqu'on y regarde de plus près - l'épisode de l'Ordre du Canada en est une puissante démonstration -, on voit à quel point la première vision, parce que nettement plus vocale et organisée, demeure l'empêcheur numéro un de toute tentative de combler le vide juridique laissé par la décriminalisation de l'avortement à l'aide de balises fondées sur la raison et la science, mais également sur l'empathie et le respect des droits des femmes. L'ironie ultime est que ce vide juridique continu, et auquel les "pro-vie" s'opposent pourtant, est dû en bonne partie à leur propre levée pavlovienne de boucliers ou de crucifix au moindre murmure du mot "avortement".

Car que dire devant un Jim Hughes, président canadien de la Campaign Life Coalition, lorsqu'il traite Henry Morgentaler de "tueur professionnel de bébés"? Ou lorsque l'archidiocèse catholique de Toronto demande aux Canadiens de prier "pour la fin de la malédiction de l'avortement"?

Bien sûr, tout individu, Église ou lobby a le droit d'exprimer son opposition au droit à l'avortement. Il en va de la liberté d'expression. Là où le bât blesse dans le cas Morgentaler, c'est lorsqu'ils réclament qu'on lui retire son prix. (Nous en sommes aussi à deux anciens récipiendaires catholiques à avoir rendu leur Ordre du Canada en protestation.) Et ce, sans compter la propension générale de ces lobbys à exciter des esprits plus fragiles en traitant de "meurtriers" les médecins faisant des avortements. Ces lobbys ont pourtant leurs entrées privilégiées dans les coulisses du pouvoir. Pas surprenant qu'ils aient félicité le député conservateur ayant présenté le projet de loi C-484, dont même les médecins disent qu'il cherche à recriminaliser l'avortement en accordant un statut juridique au fœtus.

De ces jours, l'influence des lobbys se disant "pro-vie" est décuplée par la présence à Ottawa d'un gouvernement ultraconservateur, mais aussi par celle, grandissante, des groupes religieux aux États-Unis. Même Barack Obama les courtise par opportunisme en s'engageant à construire un "partenariat privilégié" entre la Maison-Blanche et ce que les Américains appellent les faith-based groups. Promettant de créer un Council for Faith-Based and Neighbourhood Partnerships qui recevrait un financement et des avantages fiscaux supérieurs à ceux accordés par les présidents précédents et même l'actuel, Obama n'est pourtant pas sans savoir que cela ne ferait que les renforcer.

ENTRE LES EXTRÊMES

Et puis, entre les extrêmes, il y a la vraie vie avec toute sa complexité, ses imperfections. Il y a des femmes dont les niveaux d'éducation et contextes socioéconomiques sont à géométrie variable. Il y a tous ces gens, croyants ou non, qui sont raisonnables, empathiques et raisonnés.

Ils savent que la plupart des femmes ne se font pas avorter pour des raisons frivoles; que les circonstances dictent souvent cette décision douloureuse; que l'aide manque gravement à certaines femmes qui, mieux appuyées, prendraient une autre décision; qu'il arrive que l'éducation sexuelle et la contraception, auxquelles les lobbys religieux s'opposent d'ailleurs, soient déficientes ou inaccessibles; qu'il existe aussi des conjoints irresponsables ou qui déguerpissent dès que le test de grossesse est positif, etc. Eh non. La vie n'est pas simple. En témoignerait sûrement ce bébé naissant abandonné cette semaine dans un hôpital montréalais par sa jeune mère. Peut-être que cette femme est une jeune écervelée, mais peut-être qu'elle est tout simplement en détresse et a grandement besoin d'aide.

C'est pourtant à cette imperfection des circonstances de vie qu'a cherché à répondre Henry Morgentaler, lui-même un survivant de l'Holocauste. Une chance qu'il a fait ce qu'il a fait.

La vérité est que personne n'est "pour" l'avortement. C'est un geste grave. L'important est que les femmes y aient droit et puissent se faire avorter de manière légale et sécuritaire lorsqu'elles doivent le faire, et de voir aussi à augmenter les ressources pouvant mener parfois à considérer une autre option.


4 juillet 2008, 1:06
Ce bon vieux de Gaulle...

 

Il y a un principe de base en communication politique : pour dédramatiser une situation problématique qui traîne dans les paysage depuis longtemps, vaut mieux se la réapproprier carrément, la normaliser et tenter ainsi d'en neutraliser les effets les plus néfastes.

C'est précisément l'exercice auquel se sont livrés ce matin Jean Charest et le premier ministre français, François Fillon.

Et l'objet de cette neutralisation fut nul autre que Charles de Gaulle lui-même. Ou, plus précisément, le traumatisme que son «Vive le Québec libre» de 1967 cause depuis aux leaders fédéralistes.

Pour «réparer» la référence que M. Fillon a faite hier à la mémoire du général, il fallait le voir ce matin, avec M. Charest, dédramatiser le tout de la manière la plus calme, mais combien préparée d'avance conjointement!

Il faut se remettre de ce «traumatisme», a dit M. Charest, et se souvenir PLUTÔT de toutes ses belles initiatives moins politiques de rapprochement entre la France et le Québec. Voilà ce en quoi constitue vraiment ce «marqueur» important de l'histoire récente.

Poussant l'opération de communication à son extrême limite, M. Charest s'est même permis de dire que dorénavant, on entendrait parler de Charles de Gaulle encore plus!

Et voilà comment M. Charest a transformé le général de Bonhomme sept heures officiel des leaders fédéralistes en bon ami gentil et dorénavant politiquement inoffensif du Québec.

L'art de dépolitiser le fameux «Vive le Québec libre» en le noyant dans un tout nettement plus neutre!

Au milieu de l'opération, M. Fillon a tout de même confirmé clairement que la France - ou Sarko, pour être plus précis -, «veut sortir du «ni-ni»» (politique de non-ingérence et de non-indifférence visant l'«accompagnement» du Québec, même s'il devenait souverain).

Nous voulons «entrer dans une nouvelle ère», Fillon disait ce matin - l'ère du «le Québec est notre frère et le Canada est notre ami»...

D'où le sourire radieux de Jean Charest...

Quant à Pauline Marois, dont la réaction ce matin fut doucereuse, elle ne semble pas vraiment comprendre ce qui est en train de se passer.


2 juillet 2008, 5:31
Rien n'est jamais acquis...

Pendant que l'Église catholique, groupes et groupuscules dits «pro-vie» à la religiosité exacerbée réclament qu'on retire l'Ordre du Canada au docteur Henry Morgentaler, le gouvernement Harper reste muet.

Pendant que Stéphane Dion, Gilles Duceppe et Jack Layton ont salué le courage et la détermination d'un homme ayant beaucoup fait pour décriminaliser l'avortement au Canada, les députés conservateurs ont reçu la consigne de ne rien dire. Honte à eux.

Et après, on dira que les partis d'opposition exagèrent lorsqu'ils dénoncent le biais idéologique fondamentaliste de ce gouvernement et le pouvoir d'influence qu'exercent sur lui certains groupes religieux.

Et après, on dira que le projet de loi privé C-484 présenté par un député conservateur n'est pas une manière insidueuse de tenter de recriminaliser l'avortement en accordant un statut juridique au foetus.

2008. Et après, on dira que l'égalité des femmes est chose acquise...


2 juillet 2008, 11:05
La voix du maître
Lorsque j'étais au cégep, un politologue canadien-anglais de passage est venu me faire un brin de jasette après sa conférence. Il m'a demandé qui était le premier ministre du Canada. Croyant qu'il se moquait de moi, j'ai répondu n'importe quoi à la blague: "John Turner".

"Parfait, m'a-t-il lancé, vous avez bien compris que celui qui détient officiellement le poste a plus ou moins d'importance. Et savez-vous pourquoi? Parce que le VRAI premier ministre du Canada, c'est Paul Desmarais! Les premiers ministres passent, mais Power Corp. demeure!"

Il faut croire que le magazine français Le Point l'a compris. Sous le sourire radieux de M. Desmarais, le titre de la page couverture de son édition du 26 juin en dit long: "L'avenir selon Paul Desmarais". Le politologue canadien-anglais s'exclamerait sûrement "pourquoi pas"? Une manière comme une autre de souhaiter une bonne fête nationale... au Canada.

Pour Le Point, la prise est de taille. Bien qu'il soit un magnat des médias, que ses enfants perpétuent la dynastie et que son empire possède un organigramme tentaculaire couvrant tout un éventail d'activités économiques, M. Desmarais ne cherche pas les projecteurs. Les plus puissants sont souvent les plus discrets. D'où l'intérêt de cette rare sortie du Canadien le plus influent de son temps.

(Le détour vaut aussi pour cette magnifique photo aérienne de son domaine de Sagard où vedettes et chefs d'État arrivent justement en hélicoptère et dont les bâtiments sont inspirés de la villa italienne La Malcontenta, alors que les jardins font plutôt Versailles. Robert Charlebois, nous dit M. Desmarais, y est même "un habitué"...)

Que M. Desmarais se soit ouvert à un magazine français est tout de même un beau geste de reconnaissance envers son grand ami Sarko. Primo, pour lui avoir décerné la grand-croix de la Légion d'honneur en présence, d'ailleurs, de Jean Charest. Secundo, pour le virage majeur entrepris par Nicolas Sarkozy dans la politique étrangère française. Car c'est bien en cette année du 400e de Québec que Sarko a choisi de se rapprocher d'Ottawa comme aucun de ses prédécesseurs n'avait osé le faire aussi ouvertement.

Ce virage, M. Desmarais le voudrait également dans la création d'un marché commun entre l'Europe et le Canada: "La France, le Québec et le Canada doivent travailler ensemble pour créer des emplois et pour bâtir des relations étroites." Par hasard, Jean Charest se fait le défenseur de cette même idée depuis quelques mois.

POUVOIR OBLIGE

En entrevue, Paul Desmarais, dont un fils a épousé la fille de Jean Chrétien, se décrit néanmoins comme un "conservateur". D'où sa filiation instantanée avec les chefs d'État s'identifiant plus à droite. Mais Desmarais est un homme de pouvoir. Point à la ligne.

Sachant que la préservation du pouvoir économique passe souvent par la préservation du pouvoir politique, il exerce son influence depuis des lunes auprès de la classe politique d'ici et d'ailleurs. Au fil du temps, à Ottawa comme à Québec, il a pris plusieurs futurs leaders sous son aile. Sa dernière recrue ne passe d'ailleurs pas inaperçue. Il restera à voir si le passage d'Henri-Paul Rousseau de la Caisse de dépôt et placement à la vice-présidence de Power Corporation prépare aussi un avenir politique radieux à cette grosse pointure de l'élite financière québécoise!

Franco-Ontarien de naissance, Desmarais est surtout un fédéraliste inconditionnel: "Je suis Canadien. Le Canada, c'est mon pays. Le Québec, c'est ma province." L'homme est clair. Pas question de parler d'une "nation" québécoise. Pouvoir oblige: la nation est forcément canadienne.

En fait, son pouvoir est tel que même la plupart des chefs du PQ l'ont soit craint, soit admiré, soit fréquenté. Seul Jacques Parizeau, lui-même issu d'une famille d'affaires nantie, a toujours vu Desmarais pour ce qu'il est objectivement face aux souverainistes: un adversaire brillant qu'il ne faut jamais sous-estimer. On pourrait même dire que Paul Desmarais a tendance à se comporter comme un pays. Il n'a pas d'états d'âme, seulement des intérêts.

Dans Le Point, Desmarais retrouve même ses vieux réflexes de période référendaire. Il semble y laisser entendre qu'un Québec indépendant ne serait pas démocratique: "Si le Québec se sépare, ce sera sa fin. Moi, je suis attaché à la liberté et à la démocratie." Ah bon?

À moins que ce ne soit son journal La Presse dont il annoncerait la «fin» après un Oui?  On conviendra que ce serait aussi là une conception fort particulière de l'information.

Tenez, une autre qui a souvent ces deux mots à la bouche est l'omniprésente Michaëlle Jean. L'entrevue qu'elle et son mari ont donnée à la revue La Scena devrait sûrement valoir bientôt au couple vice-royal une belle invitation à Sagard!

Le 30 juin, Le Devoir rapportait que la GG, toujours prête à en donner plus que le client fédéral en demande, en appellerait maintenant à la création d'une politique culturelle canadienne commune. Ce n'est sûrement pas Paul Desmarais qui la contredirait là-dessus...

Sur ce, et au-delà des GG de ce monde, je vous souhaite un magnifique 400e! La Capitale nous attend. On arrive!