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March 2008 - Messages
31 mars 2008, 2:21
Il compte les mois

 

Dans le cas de Michael Ignatieff, s'il n'existait pas, il ne faudrait pas nécessairement l'inventer...

Ce dimanche, à l'émission Les coulisses du pouvoir, suite aux attaques lancées contre Stéphane Dion par des membres influents du clan Ignatieff, dont Steve Pinkus et Liza Frulla, Iggy a nié toute tentative de déstabiliser Dion pour mieux le remplacer éventuellement. Tout ça, selon lui, serait inventé par des médias en mal de vendre des copies... Ah oui???

Pourtant, lorsque l'animateur a demandé à Ignatieff si Dion était l'homme de la situation, il a répondu un peu douloureusement : «j'ai travaillé depuis 16 mois pour le faire élire premier ministre.».  Je me suis presque étouffée avec mon café au lait quand j'ai entendu ça...

16 mois? L'homme compte les mois! Sûrement comme il compte ses appuis et l'argent qu'il récolte dans des dîners de levée de fonds AU CAS OÙ... Seulement AU CAS OÙ... Bien sûr.

Et Denis Coderre, un des lieutenants d'Ignatieff, de répéter sa nouvelle ligne : «Brutus n'est jamais devenu César». Ouais. Un peu tard pour s'en rendre compte.

Mais si Ignatieff et son clan étaient plus intelligents et moins ambitieux, tout ce beau monde comprendrait que non seulement Brutus n'est jamais devenu César, mais qu'un nombre croissant de Libéraux commencent à en avoir plein le dos des ambitions trop évidentes d'Iggy. Face à Harper, le PLC a besoin de tout sauf de ça.

Surtout, ce que le clan Ignatieff ne semble pas comprendre, c'est que Bob Rae, même s'il aimerait bien, lui aussi, prendre la place du chef, est en fait un «allié objectif» de Stéphane Dion contre Ignatieff. Et que c'est un allié objectif dangereux.

Bref, si j'étais Ignatieff, j'aurais bien plus peur de Rae que de Dion. Rae siégera dorénavant à la Chambre des Communes. Surtout, ses réseaux influents dans les milieux financiers les plus puissants du pays, dont Power Corp où son frère est vice-président, pose une menace bien plus importante au clan Ignatieff que n'importe quoi d'autre. Tout comme Dion, Rae a tout intérêt à ce que l'étoile d'Iggy pâlisse..

Dernier petit détail : Rae demeure très proche de Chrétien, tandis que le clan Ignatieff est plus ou moins la reconstitution du clan Martin. Et si on avait à parier sur l'habilité stratégique de l'un par rapport à l'autre, ce pauvre Paul Martin ne serait même pas dans le jeu...

DISCIPLINE! (la suite)

Tiens, tiens, tiens. Voilà que Stéphane Dion applique la «discipline» dont il parle. Ce même Denis Coderre perd donc son rôle très visible et audible de critique à la défense nationale pour celui de critique au Patrimoine face à Josée Verner...  

 Stéphane Dion serait-il en train de se réveiller??? C'est à suivre.

 


27 mars 2008, 8:52
Discipline!

Eh non. Je ne parle pas ici du dernier CD de Janet Jackson, mais bien de la dernière sortie de Stéphane Dion.

Aujourd'hui, enfin tanné de se faire tirer dans le dos par le camp de Michael Ignatieff - son éternel rival travaillant toujours, semble-t-il, à le remplacer -, le chef du Parti libéral du Canada a dit qu'il fallait PLUS de discipline dans son parti. Sans blague?

Le Petit Robert donne plusieurs définitions du mot «discipline». Une d'entre elles est «règle de conduite commune aux membres d'un corps». Je crois bien que c'est cette définition dont M. Dion parlait!

Mais parler de discipline est une chose. L'appliquer en est une autre. Bref, si Dion ne sévit pas sérieusement contre les excités du camp Ignatieff, qui tentent de faire passer tous les problèmes du PLC au Québec sur son dos - alors qu'on sait que le problème est beaucoup plus profond et probablement permanent - Dion finira par se retrouver servi en brochette par le même terriblement ambitieux Ignatieff.

Et Stephen Harper en récoltera éventuellement un autre mandat...

 


26 mars 2008, 5:10
Une journée à l'hôpital

 

Je ne sais pas si c'est l'odeur du printemps qui se pointe le bout du nez... mais je viens de passer une journée à l'hôpital, et j'en suis ressortie le sourire aux lèvres!

Bon, j'avoue : aucune mauvaise nouvelle ne me fut communiquée et je n'ai pas entendu un mot sur l'«affaire» Jonathan & Patrick Roy!  Mais ce qui m'émerveille à chaque fois, c'est le professionnalisme, la diligence, la patience et la courtoisie des médecins, infirmières, bénévoles, radiologues, techniciens, etc..

Ah oui, j'oubliais. Je parle bel et bien ici d'un hôpital PUBLIC, pas d'une clinique privée-privée, comme on les appelle maintenant. Hier, j'ai aussi passé ma soirée dans un autre hôpital. J'y accompagnais quelqu'un pour un test important. Encore une fois, malgré l'heure avancée, il y avait du professionnalisme, de la diligence, de la patience et de la courtoisie.

C'est sûr que notre système public est certes imparfait et qu'il souffre encore des compressions budgétaires de Saint-Lucien. Mais si vous me lisez régulièrement, vous connaissez déjà mon extrême méfiance face à la place croissante que prend le privé dans notre système de santé.

Vous savez aussi ce que je pense de l'injustice sociale que ce mouvement impose de plus en plus dans ce Québec qui se croit «social-démocrate», mais qui, dans les faits...

Vous aurez aussi peut-être remarqué dans une de mes récentes chroniques que j'observais que le Québec est devenu la province où le privé occupe le plus de place en santé. Pas l'Alberta de droite! Non. Le Québec!

Eh bien, malheureusement, ça se confirme. Et c'est ce dont le numéro courant de l'Actualité fait amplement démonstration. Super épeurant.

Mais un citoyen bien informé est un citoyen mieux équipé pour exprimer son désaccord.

 

 


26 mars 2008, 3:42
La vie, et rien d'autre
À chaque mort médiatisée, la question revient nous hanter. Cette fois-ci, c'est celle de Chantal Sébire - une jeune femme atteinte d'une tumeur causant une douleur extrême qu'aucun médicament n'arrivait à soulager. Morte seule chez elle, la justice française lui avait refusé le droit d'être aidée par un médecin à mourir avec un peu de paix et de dignité.

Avant elle, ce fut la mort des Sue Rodriguez, Marielle Houle, Nancy B. et Manon Brunelle. Le gouvernement canadien s'entêtant à ne rien changer, d'autres noms sont condamnés à s'ajouter à la liste. Un jour, ce sera peut-être le mien, le vôtre ou celui d'un ami ou d'un membre de votre famille.

Le sujet du suicide assisté n'est pas très jojo, mais le balayer sous le tapis n'est pas une option. On a beau vivre plus longtemps et bien botoxés, la mort est aussi inéluctable que les taxes. Dans nos sociétés de fous, on prépare la naissance avec soin, mais on traite souvent l'étape finale comme un tabou.

UNE ACTIVITE A GEOMETRIE VARIABLE

De fait, la mort est une activité à géométrie variable. Certains l'ont rapide, foudroyante ou presque indolore. Mais beaucoup l'ont souffrante et longue. Certains l'ont coussinée par un gros compte en banque. D'autres l'ont dans un corridor d'urgence débordée. Certains ont accès à des soins palliatifs encore trop rares, à l'hôpital, dans un centre spécialisé ou à domicile. Pour ceux-là, on réussit souvent à contrôler la douleur physique et émotive suffisamment pour "vivre" et préparer la mort dans la dignité et bien entouré. On y aide aussi énormément les familles.

En 1995, c'est ce que ma mère a vécu dans une unité exceptionnelle de soins palliatifs d'un grand hôpital public. Bien humblement, j'ai pu observer une chose ou deux pendant cet accompagnement privilégié de ma maman ainsi qu'au long de mes années de bénévolat dans la même unité.

J'y ai constaté que même dans des souffrances non contrôlées, plusieurs veulent vivre jusqu'au dernier moment possible. L'instinct de survie, même dans les pires conditions, est d'une extrême puissance. Mais il y a aussi ceux et celles qui demandent clairement et de manière répétée qu'un médecin les aide à mourir lorsque plus rien ne soulage leurs douleurs. C'est ça, le suicide assisté. Et nul ne peut juger de la nature de cette demande. Ni moi, ni vous, ni un curé, ni un imam, ni un rabbin, parce qu'en bout de piste, chacun est seul face à sa mort. Le problème, c'est qu'au Canada, tout médecin ou autre personne coupable de fournir cette aide est passible de 14 ans d'emprisonnement.

Le suicide assisté, ce n'est sûrement pas la mort idéalisée d'un riche bourgeois dans un chalet cossu comme celle des Invasions barbares! Mais c'est la possibilité, dans des situations intenables, de partir en toute conscience et de s'y préparer. C'est l'exception à la règle, mais ces exceptions méritent respect.

Cette variété d'expériences humaines face à la mort nous oblige à faire trois choses en même temps: augmenter les soins palliatifs de toute nature; offrir un soutien financier réel aux aidants naturels; accorder le droit au suicide assisté par un médecin sous des conditions strictes, supervisées et balisées.

LA MERVEILLEUSE ENTETEE

Sur le plan législatif, c'est ce que la députée bloquiste Francine Lalonde tente de faire depuis des années. Cette merveilleuse entêtée est la marraine d'un projet de loi privé sur le droit de mourir dignement. S'inspirant en partie de la Suisse, de la Belgique ou de l'État de l'Oregon, voici comment Mme Lalonde décrit son projet de loi: "Il vise à préciser les conditions qui permettraient d'aider une personne en fin de vie ou atteinte d'une maladie débilitante à mourir dignement quand elle en a exprimé clairement le désir, de manière libre et éclairée." Qui dit mieux?

Ce que Mme Lalonde et tant d'autres tentent de faire, c'est aussi de mettre fin à l'hypocrisie régnant dans les hôpitaux canadiens où ce qu'on appelle l'"euthanasie passive" se pratique de plus en plus. Parfois par compassion, parfois pour sauver de l'argent, pour ne pas violer la loi ou face à des familles épuisées, des médecins administrent un puissant cocktail de médicaments ayant comme effet que la personne mourante glisse dans un coma dont elle ne se réveillera jamais.

À première vue, ça semble correct, même humain. Mais dans les faits, le patient est rarement informé d'un coma qui le privera justement de son droit de décider de sa mort. Ceux dont le choix aurait été de vivre jusqu'à la dernière minute se font ainsi "voler" leur fin de vie. Ceux, par contre, qui auraient désiré un suicide assisté se font "voler" une mort pleinement consciente. La loi canadienne est une belle hypocrite.

Certains diront que le suicide assisté est immoral. Les principales religions diront que la douleur est "rédemptrice" et que seul Dieu peut décider de la vie et de la mort. Au moment où les fondamentalismes montent et les lobbys religieux sont plus présents que jamais dans les coulisses du gouvernement fédéral, on nous dira aussi que la vie est trop "sacrée" pour qu'on y mette fin consciemment.

Je sais que le sujet est complexe et ne saurait être résumé dans une chronique - ce que je ne prétends pas faire ici. Mais n'y a-t-il rien de moins respectueux pour la "vie" que de continuer à nier l'importance d'une mort plus digne, quelle que soit la nature du choix qu'on en fait?


25 mars 2008, 9:53
Histoires d'adrénaline

 

Bon. Tout le monde a sûrement vu la scène. Jonathan Roy, le fils de Patrick Roy, tabassant Bobby Nadeau dans une partie de hockey mineur entre les Remparts et les Saguenéens.

Le jeune Roy s'est justifié ainsi : «J'ai agi sous l'effet de l'adrénaline et de la frustration». Ouais. Elle a le dos pas mal large, cette adrénaline! Mieux connue sous le vocable d'«hormone d'urgence», elle sert souvent d'excuse à certains hommes incapables de reconnaître que c'est le cerveau qui contrôle les poings, et non l'inverse...

Et parlons-en de l'adrénaline. Le même week-end, il y avait une autre histoire, bien plus édifiante celle-là, sur ses effets. En plein incendie, un pompier de Montréal, André Chartrand, n'a pas hésité une seconde avant de pénétrer par une petite fenêtre pour sortir une jeune fille handicapée endormie de sa chambre.

Une autre histoire d'«adrénaline». Une belle, celle-là. Vraiment belle. 

 


22 mars 2008, 12:34
La guerre aux pauvres

Ça crève les yeux. La «guerre aux pauvres» prend de plus en plus le dessus sur la guerre à la pauvreté». Dernier exemple : le gouvernement Charest garde dans ses coffrets et prive les mères monoparentales sur l'aide sociale et les étudiantes recevant des prêts et bourses de toute pension alimentaire dépassant 100$ par mois. Et non, il ne le fait pas pour d'autres catégories de femmes.

Cette semaine, une pétition de 9 000 noms a été déposée à l'Assemblée nationale demandant que cesse ce régime discriminatoire contre les femmes les plus pauvres et leurs enfants.

Impassible,  le ministre de la Solidarité sociale (sic), Sam Hamad, refuse toujours de corriger cette grave injustice et répond, comme une machine déshumanisée, que le gouvernement consacre 3,2 milliards de dollars par année à ce qu'il appelle le «plan de lutte contre la pauvreté»!!!

Il y a pourtant quelque chose de dégoûtant dans une telle politique. Mais il y a aussi cette arrogance, ce mépris des «confortables», qui n'ont AUCUNE idée de ce que c'est que de tirer continuellement le diable par la queue, surtout quand on a des enfants!

Ces «confortables» doivent se dire que s'ils accordaient leurs pensions alimentaires entières à ces femmes, elles resteraient probablement sur l'aide sociale toute leur vie! Quelle ignorance crasse de ce que c'est que d'être dans le besoin et de vouloir s'en sortir.

Honte à ce gouvernement pour une politique aussi mesquine et aussi éloignée de ce que le PLQ appelle pourtant ses «valeurs libérales».

 

 

 

 


19 mars 2008, 4:42
S.O.S UQAM

 

Pendant qu'on discute de la situation du français et que la chicane est prise entre les organismes responsables de l'application de la Loi 101, on passe à côté d'un gros morceau.

Depuis la débâcle financière de l'Îlot Voyageur, l'UQAM, une des deux universités francophones de Montréal, est de plus en plus fragilisée. Il y a grève depuis un mois, le déficit s'accumule, l'atmosphère est malsaine, l'administration a obtenu une injonction de la Cour supérieure pour contenir les manifs, etc...

Même si une entente de principe est dans l'air pour un retour en classe, il reste que les étudiants grévistes ont raison de s'inquiéter. Le fameux plan de «redressement» supposé «redresser» la situation de l'UQAM ouvre surtout la porte à son affaiblissement à terme.

On parle ici d'éliminer des programmes, geler l'embauche de profs, etc.. Pas compliqué de prévoir le cercle vicieux dans lequel l'UQAM risque d'être enfermé si Québec laisse aller : moins il y aura de programmes et de profs, moins d'étudiants s'y inscriront. Et moins d'étudiants s'y inscriront, moins il y aura de programmes et de profs. Le principe Hygrade, mais à l'envers!

Pendant ce tems, les deux universités anglophones de Montréal - Concordia et McGill - vont plus que bien et continuent d'attirer plus de 40% des allophones, qui ont pourtant fréquenté une école secondaire francophone.En laissant l'UQAM s'affaiblir ainsi de l'intérieur, comment penser renverser un tel mouvement? Sans oublier qu'on affaiblit aussi une université où le niveau de politisation des étudiants dérange encore et toujours...

Je reviendrai de manière plus détaillée sur le sujet dans une future chronique.    


19 mars 2008, 3:57
Raconte-moi une histoire
Quelque part en 2022, une grand-mère discute avec son petit-fils de 17 ans, tout juste entré au cégep "Pauline-Marois" - un collège privé bilingue de renommée internationale.

François: Grand-maman, c'était quoi, ça, le PQ?

Grand-mère: Pourquoi tu me demandes ça?

François: L'autre jour, j'ai entendu un prof dire à un autre: "Te souviens-tu du porte-à-porte qu'on faisait pour le PQ?" Mais comme le cours d'histoire du Québec a été remplacé par le cours commandité par Bombardier, "Une province mondialisée 101", on ne sait plus ce qui s'est passé avant.

Grand-mère: Bon. Comment te dire? Le PQ, c'était le Parti québécois. Fondé en 1968 par René Lévesque, il a pris le pouvoir en 1976 en promettant de tenir un référendum pour un Québec souverain, mais associé au Canada.

François: Voyons donc! On peut pas se divorcer et rester mariés! Tout le monde sait ça.

Grand-mère: Je sais, mon amour. Mais c'était comme ça dans ce temps-là. On voulait faire ça par "étapes". Mais le PQ a quand même perdu son référendum. Puis, Lévesque est allé à Ottawa pour négocier la nouvelle constitution de Pierre Trudeau. Le problème était que le principal conseiller de Lévesque était un informateur payé par la GRC, la police du fédéral, un dénommé Claude Morin. On s'est fait avoir, mon chou!

François: Holy shit! Excuse-moi, il faut que je pratique mon anglais. Et ensuite?

Grand-maman: Le PQ en a mangé toute une. Un certain Johnson est devenu chef. Comme il ne voulait plus parler de souveraineté, les péquistes l'ont "putsché". Jacques Parizeau l'a remplacé en 1988.

François: Ça me dit rien, ce nom-là.

Grand-mère: C'est sûr, mon chéri. On a effacé son nom du manuel obligatoire de science politique commandité par la Bourse de Toronto. Cet homme-là, imagine, il se disait carrément indépendantiste. Un homme brillant. Et comme il venait du milieu des affaires, quand des grosses compagnies faisaient peur au monde en disant que le Québec n'avait pas les moyens de se séparer, lui, ça ne l'intimidait pas. Une espèce rare... Mais il a quand même perdu son référendum en 1995. On l'a remplacé par un charismatique passé ensuite à la secte des Lucides.

François: OK. Mais c'est long, ton histoire. Dans notre cours "Les secondes du patrimoine", financé par Travaux Publics Canada, faut pas qu'une histoire dure plus que 12 secondes! Get a move on!

Grand-mère: On saute à 2008, d'abord. Le PQ avait la première femme chef de parti au Québec. Un bel exploit en soi! Mais elle a dit aux péquistes que s'ils voulaient d'elle, ils devaient la prendre avec sa fameuse "corbeille de la mariée". Ça voulait dire de ne plus parler de référendum ni d'idées trop à gauche. À leur conseil national, on a même félicité les péquistes de ne plus débattre!

François: Drôle de concept! Tu m'as pourtant toujours dit que le mariage, c'est une union entre égaux, qu'il faut échanger sans être toujours d'accord...

Grand-mère: Je sais. Mais la chef le disait surtout pour les deux ou trois "purs et durs" qui restaient encore au PQ.

François: C'est quoi un "pur et dur"?

Grand-mère: Ça, mon chaton, c'était des gens "purs" de cœur, mais "durs" d'oreille. Ils voulaient l'indépendance, mais n'entendaient rien quand leur chef passait à autre chose. Et c'est ce qui est arrivé, encore une fois, avec Pauline Marois.

François: Hey! C'est le nom de mon collège. All right!

Grand-mère: Quand elle est devenue première ministre en 2009, elle a tenu parole. Pas de référendum, juste de la conversation nationale. Elle voulait une nouvelle constitution, mais la chicane a pris sur le contenu. Elle avait promis de renforcer la loi 101 - je t'expliquerai plus tard ce que c'était -, mais la chicane a encore pris. Et comme on ne voulait plus se chicaner, elle s'est alliée à Mario Dumont, notre premier ministre actuel. Ensemble, ils ont rapatrié des pouvoirs d'Ottawa. Stephen Harper, qui entamait alors le deuxième de ses quatre mandats, leur a dit oui et les a remerciés de faire du Canada un pays uni dans la diversité.

François: Et ensuite?

Grand-mère: Les appuis à l'indépendance ont fondu. Le PQ parlait toujours du "projet de pays", mais on ne savait plus de quel pays il parlait! Les trois purs et durs restants sont devenus chroniqueurs au Journal de Montréal. Au bout de quelques années, Mme Marois a pris sa retraite. Elle écrit des romans historiques. On la voit souvent sur les ondes de France28. Comme ils te disent au collège: the rest is history ! Jean Charest vient d'être élu premier ministre du Canada. Mario trône à Québec. Henri-Paul Rousseau préside la Bourse de Toronto. Stéphane Dion dirige la centrale de Rabaska et le chef du NPD, Thomas Mulcair, mène l'opposition officielle à Ottawa.

François: Good heavens ! Je commence à comprendre pourquoi le cours d'histoire a été annulé. Heureusement qu'il y a la Chine. Ça, c'est intéressant...


16 mars 2008, 11:32
Déjà un «vieux» parti?

Au Congrès de l'ADQ, la poussière retombe douloureusement sur la nouvelle du «salaire» de 50 000$ de Mario Dumont versé depuis un an par son parti.

Après avoir appris que Jean Charest en reçoit un du PLQ de 75 000$ par année depuis 1998, les adéquistes digèrent mal d'apprendre que leur chef, à l'instar de M. Charest, avait tout autant gardé la chose cachée jusqu'à ce qu'un journaliste ose lui poser la question...

La déception des adéquistes s'explique, je crois, assez facilement. Ayant joint ce parti parce que M. Dumont affirmait qu'il incarnait le CHANGEMENT face au PLQ et au PQ, toujours qualifiés par leur chef de VIEUX partis, ils viennent de tomber de haut.

Voilà qu'ils voient chez leur chef un comportement qui ressemble étrangement à celui du chef libéral. L'ADQ serait-elle déjà devenue, à son tour, un VIEUX parti?....

 

 


12 mars 2008, 5:21
Un acte de foi
Ce week-end, c'est un peu le Super Bowl de la politique québécoise. L'ADQ sera en congrès pendant que le PQ tiendra son Conseil national.

Le PQ jasera de "conversation" nationale et de "gouvernance" nationale. Faut dire que les péquistes sont plutôt coincés. Le PQ menant chez les francophones, la chicane serait mal vue. Et Pauline Marois les a bien avertis: viennent avec elle la mise au rancart du référendum et cette mystérieuse "modernisation" de la social-démocratie.

En d'autres termes, ce que Mme Marois demande, c'est un acte de foi. Elle veut qu'on la croit lorsqu'elle jure vouloir mobiliser les Québécois à coups de colloques, de conférences et de cette gouvernance nationale, incluant une constitution et une citoyenneté internes et le rapatriement des pouvoirs en culture et communications. Elle jure qu'avec elle, contrairement à Bouchard et Landry, si le moment est "mûr", référendum il y aura. Appelons ça la force de la foi...

Depuis un an, le lexique péquiste a d'ailleurs glissé de gestes de "rupture" à gestes de "souveraineté", pour terminer sur des gestes de "gouvernance". Un beau sujet pour sémiologues, mais qui soulève peu de passion dans les chaumières...

Certains y voient une approche pragmatique. Peut-être. Mais sans objectif, le risque est que la "conversation nationale" finira par s'étioler. Plus le temps passera, plus on se lassera d'une parlotte sans but défini. À l'opposé, le concept de "conversation nationale" que Mme Marois a emprunté au Scottish National Party comporte un projet de référendum, donc une finalité.

La proposition de Mme Marois est en fait un alliage de l'affirmation nationale de Pierre-Marc Johnson, des conditions gagnantes de Saint-Lucien, de l'autonomisme de Dumont et de la souveraineté culturelle de Robert Bourassa. Une sorte de thérapie occupationnelle. Même Stéphane Dion l'a compris: parler est une chose; l'important est d'écarter l'engagement de tenir un référendum. Il peut dormir tranquille.

Et puis, il y a la manière. Seul un congrès peut changer le programme du PQ, pas un Conseil national comme ce week-end. Les dirigeants ont donc trouvé une astuce: on "suspendra" le référendum - une façon d'engager les militants sans passer par un congrès. Pas très élégant, mais efficace.

CONSERVATEUR UN JOUR...

De son côté, l'ADQ tient son congrès intitulé "Façonner la modernité". C'est beau, non? Presque poétique. Bon. Il reste que l'ADQ est dans le trouble. Mario Dumont n'est pas fort, mais il n'est pas mort. Avec Marois, il fera ses choux gras de la question linguistique, dont les libéraux veulent autant que d'une récession. Mais il compte aussi sur son ami Stephen Harper et les nombreux réseaux de la droite.

Vous souvenez-vous de Preston Manning, ancien chef du Reform Party, le géniteur de l'Alliance canadienne de Harper? Son "Manning Centre For Building Democracy" tenait récemment un colloque, à Ottawa, sur le réseautage entre partis, politiciens et stratèges de droite. Harper y était. Parmi les conférenciers annoncés: Mike Harris et Ralph Klein, les Batman & Robin de la droite canadienne; Tony Clement, ministre fédéral de la santé; Brian Day, président de l'Association médicale du Canada et TRÈS favorable au privé; Joanne Marcotte de l'ADQ et membre du comité Castonguay tout aussi éprise du privé en santé. Surtout, il y avait Mark Textor, LE sondeur et stratège de John Howard, l'ancien PM australien dont Harper a copié le plan de campagne pour son élection de 2006.

On y a louangé Mario comme l'étoile montante de la droite canadienne. La journaliste Elizabeth Thompson, de The Gazette, rapportait aussi que l'ADQ a embauché la firme torontoise Responsive Marketing Group (RMG), une des clés de la victoire de Harper. RMG se décrit comme "la plus grosse firme canadienne de marketing et de réseautage servant les organisations à la droite du centre". Leur stratégie est d'utiliser les technologies les plus sophistiquées pour lever des fonds, identifier les électeurs et leurs priorités, le tout servant ensuite de base à une plateforme électorale.

Bref, Dumont se prépare. Son problème est que RMG ne peut pas lui fournir un nouveau caucus...

LE DOUBLE SALAIRE DE JEAN CHAREST

Depuis 1998, Jean Charest reçoit un "salaire" annuel de 75 000 $ du Parti libéral. On ne sait trop si cela aura aidé à le persuader de faire le saut à Québec - cette rumeur de ce qu'on appelait à l'époque un "pont d'or". Mais voici ce qu'on sait: 1) Ces argents proviennent en partie de fonds publics puisqu'ils sont puisés à même les contributions déductibles d'impôts faites au PLQ; 2) Ce "salaire" était inconnu des donateurs et des députés du PLQ; 3) Dans trois ans, ça fera un million de dollars que M. Charest aura reçu du PLQ. C'est beaucoup d'argent; 4) Si le salaire des élus est insuffisant pour la tâche accomplie - et c'est ce que je crois -, qu'on l'augmente, qu'on diminue par contre leurs pensions et que les partis cessent de financer leur chef dès qu'il est élu et rémunéré par les contribuables. Quant aux premiers ministres, ils bossent très fort, mais leur train de vie, en grande partie couvert par les fonds publics comme il se doit, est tout sauf indigent. Lorsqu'ils sortent, leur plus-value d'ex-PM leur vaut aussi une augmentation substantielle de leurs revenus dans le secteur privé. On n'a jamais vu un ancien premier ministre se pointer à l'Accueil Bonneau pour y passer la nuit...


10 mars 2008, 11:37
Le résilient et le poète

Jean Charest est sorti de son conseil général avec un mirobolant vote de confiance de 97,2% ! De quoi donner de l'urticaire à Bernard Landry...

À entendre tous ces Libéraux vanter tout à coup le «courage», la «force», la «détermination» et même le retour du sens de l'humour légendaire de leur chef, c'est à se demander qui peuvent bien être ces 2,8% de Libéraux dissidents, qui n'ont pas vu en M. Charest la même réincarnation de Churchill ou du général de Gaulle... Allez, on veut des noms!

Bon. Blague à part, le premier ministre est ce qu'on appelle aujourd'hui un «résilient». Il s'est remis de chacune des épreuves de sa longue carrière politique à Ottawa. Mais de se remettre avec autant d'aplomb d'avoir mérité le premier gouvernement minoritaire au Québec depuis 1878, c'est quelque chose.

Le PLQ demeure tout de même en territoire minoritaire, mais s'est glissé au deuxième rang chez les francophones en devançant l'ADQ de Mario Dumont. Pour Charest, petit train libéral ira loin.

Les votes de confiance ont beau vouloir dire peu de choses dans les faits - Lucien Bouchard et Daniel Johnson ont démissionné quelques mois après en avoir récolté de très élevés -, Charest n'est plus le mort vivant qu'il était l'été dernier.

Face à Pauline Marois, qui stagne depuis des mois, et face à un Mario Dumont dans le trouble, mais tout aussi résilient que Charest, la possibilité d'un troisième mandat libéral (!) n'est plus farfelue. Mais attendons de voir la suite.

Une mention spéciale va tout de même à ses deux conseillers revenus de l'ère Bourassa : Michel Bissonnette et John Parisella. Voilà bien deux conseillers comme tous les chefs rêvent d'en avoir - intelligents, expérimentés, discrets et humbles. Contrairement à ce qu'on voit au PQ ces jours-ci, Bissonnette et Parisella ne se comportent pas comme des petits kids kodaks cherchant l'attention et surtout, le «crédit» pour ce que fait ou dit leur chef...

Charest a un autre avantage : le temps. Le budget de jeudi ne provoquera pas d'élections. D'autant plus que ni l'ADQ, ni le PQ n'en veulent. Charest utilisera ce temps pour parler beaucoup d'économie.Hormis le rapport de la commission Bouchard-Taylor, sa seule réponse au recul du français sera un petit plan d'action promis pour la fin mars...

Ce plan sera sûrement aussi inoffensif que celui présenté par Louise Beaudoin au printemps 1996. Alors ministre responsable de la Loi 101, face aux signes de recul déjà visibles à l'époque, elle avait présenté un «bouquet de mesures» sur la langue. Mais son objectif était surtout de faire taire la controverse autour de ce même recul pour mieux pelleter le débat au congrès du PQ de novembre 1996 où Lucien Bouchard allait réussir à enterrer toute tentative de renforcer la Loi 101. Pas de doute que M. Charest suivra en 2008 exactement la même stratégie. Avec les mêmes résultats.

***

LE POÈTE

Sur une autre note, ce 10 mars, Leonard Cohen sera intronisé dans le Rock & Roll Hall of Fame à New York. Cohen est un des plus grands poètes et auteurs-compositeurs du Québec moderne. Connu et admiré à travers le monde, je n'ai jamais compris le si peu d'attention qu'on lui prête ici. Sûrement, encore, une question de «langue». L'homme est pourtant un artiste, un vrai. Son oeuvre est gigantesque.

Ce printemps, à 72 ans, toujours aussi bouddhiste et moine, il partira en tournée. En bonne partie parce que cet artiste exceptionnel s'est fait voler des sommes importantes par un agent il y a quelques années. Mais pour nous, ses fans, c'est un retour inattendu et inespéré.  

Il y a des lunes et des lunes, je l'avais vu en concert au Forum de Montréal, tout juste avant qu'on le transforme en l'horreur qu'il est devenu. Il avait présenté chacune de ses chansons en français seulement et en traduisait aussi le premier couplet. C'était, j'imagine, comme une déclaration d'amour à Montréal et au Québec où il est né. Il serait grand temps, me semble-t-il, qu'on lui fasse la nôtre...

Je n'ai pas vraiment de chanson ou de poème préféré de Cohen. J'en aime tellement. Pas une fois non plus où je ne vais sur le boulevard Saint-Laurent sans espérer le voir sortir de sa maison...

Mais il y a cette petite phrase magique de lui, comme portée par la complexité, la dureté mais aussi la beauté de la vie : «There is a crack in everything. That's how the light gets in.».

 

 

 

 

 


5 mars 2008, 1:51
La ministre, elle est contente!
Christine St-Pierre se dit "très encouragée" par la situation du français au travail. On connaît son optimisme débordant. Mais encore une fois, elle manque le bateau.

On nous dit que les dernières données du recensement de 2006 sur l'utilisation des langues au travail montrent de bien beaux progrès pour le français au Québec. On nous dit que 65 % des immigrants utilisent le français au travail, soit 2 % de plus qu'au recensement de 2001. Méchant gain!

La ministre responsable de la loi 101, Christine St-Pierre, s'en est réjouie: "C'est un gain, pas un recul!" Bravo pour ses talents mathématiques. À moins qu'ils ne viennent de ses nouvelles chef de cabinet et attachée de presse - les précédentes ayant été "mutées" à la suite des cafouillages de St-Pierre dans l'affaire des études cachées de l'Office de la langue française.

Le problème est que le diable se cache toujours dans les détails. Dans les faits, seulement 55 % des immigrants récents parlent surtout le français au travail. Le fameux "65 %" est en fait l'addition de ce 55 % aux 10 % y parlant autant l'anglais que le français. Trente ans après la loi 101, ce n'est tout de même pas le pactole.

Si on obtient ce 55 %, c'est surtout grâce à la proportion accrue d'immigrants récents connaissant déjà le français ou venant de pays où on le parle, comme le Maroc, Haïti ou la Roumanie, ce qu'on appelle des immigrants francophones, francophiles ou francotropes. Bref, la force d'attraction du français demeure insuffisante auprès des immigrants allophones ou anglophones. Quant à la loi 101, son impact reste mitigé dans les lieux de travail.

Un autre diablotin caché dans les détails du recensement: chez les immigrants arrivés ici avant 1961, 47 % utilisent surtout l'anglais au travail. C'est vraiment, vraiment beaucoup! Chez ceux qui ont immigré entre 1976 et 1980, 27 % parlent surtout anglais au travail. Ce chiffre passe à 32 % pour ceux arrivés entre 1996 et 2000 et descend à 29 % chez ceux arrivés entre 2001 et 2005. Regardez bien ces dates et vous comprendrez à quel point le contexte politique joue un rôle déterminant, soit en faveur du français, soit contre lui!

Le français au travail se renforce entre 1976 et 1980, entre l'élection du PQ, l'adoption de la loi 101 et le référendum. Il perd ensuite du terrain entre 1996 et 2001, soit après la défaite référendaire et l'arrivée de Lucien Bouchard. En affirmant que tout renforcement de la loi 101 l'empêcherait de se "regarder dans le miroir", Bouchard avait envoyé aux nouveaux arrivants un message dévastateur pour le français : si même le PQ avait maintenant peur de la loi 101, pourquoi s'évertuer à la respecter?

Autres petits détails: seulement 24 % des anglophones parlent surtout le français au travail - une baisse de 4 % depuis 2001. Chez les allophones (de langue maternelle autre que le français ou l'anglais), 45 % parlent anglais au travail, seul ou avec une autre langue. Un autre 12 % y parle autant l'anglais que le français. Même chez les immigrants les plus récents - donc avec plus de francophones ou francophiles -, 32 % des allophones parlent surtout l'anglais au travail. Alors, si vous avez la perception que le français occupe un terrain insuffisant au travail pour une langue majoritaire, vous ne vous trompez pas.

Respirez par le nez pour la donnée suivante: seulement 38 % des résidents de l'Ouest de l'île de Montréal utilisent le français au travail, seul ou même avec une autre langue! Oui, oui, au Québec...

TOUT ÇA POUR ÇA

Après ces chiffres et la confirmation récente que le français recule à Montréal comme langue maternelle ou d'usage, Statistique Canada conclut finalement que la place du français au travail à Montréal est DEMEURÉE STABLE! Mais la ministre, elle est contente.

Au moment de mettre sous presse, on attendait le rapport quinquennal de l'OQLF, prévu pour le 5 mars. Ce sera aussi à décortiquer. Tout comme le sera le mystérieux plan d'action promis par Christine St-Pierre pour la fin mars.

En attendant, résumons. 1) La force d'attraction du français ici est encore à des lunes de celle de l'anglais dans le reste du Canada. 2) Ses progrès relatifs sont surtout dus à l'arrivée récente d'un plus grand nombre d'immigrants parlant le français ou venant de pays où il est présent, ainsi qu'à l'usage accru du français au travail comme langue SECONDAIRE ou circonstancielle avec l'anglais. 3) Comme langue principale au travail à Montréal, là où il concurrence l'anglais, le français avance lentement, trop lentement.

Bref, Pauline Marois s'est égarée en s'attardant autant au "bilinguisme" alors que le français peine encore à dominer nettement là où il se mesure à l'anglais.

VOUS AVEZ DIT "MAJORITAIRE"?

Une belle illustration en est ce qui se passe à l'hôpital Lachine de Montréal. Le gouvernement Charest veut le fusionner avec le réseau anglophone de McGill. Comme quoi les "fusions forcées" ne sont pas le monopole du PQ! Craignant que l'hôpital ne perde son autonomie, plusieurs médecins, infirmières et citoyens s'y opposent. Ils craignent aussi qu'avec le temps, au gré des échanges de personnel, l'anglais ne s'y installe comme langue de travail au même titre que le français.

Dites-le-moi si j'ai tort, mais n'est-ce pas là le genre de danger qui guette normalement une langue minoritaire, et non celle de la majorité?


4 mars 2008, 4:12
Une nouvelle mode?

Faut croire que c'est une nouvelle mode. Voilà qu'après le livre «Amitié interdite» de la fédéraliste Liza Frulla et de la péquiste Louise Beaudoin, nous arrive «Qui a raison?» du fédéraliste André Pratte et du souverainiste Joseph Facal.

Je me suis dit que le concept valait le détour. Voici donc quelques suggestions de titres et d'auteurs pour des duos politiques d'écoles adverses ou jouant dans la même cour partisane.

Gérald Larose et Jean-François Lisée : «Mon ego est plus gros que le tien».

Stephen Harper et Stéphane Dion : «Pour en finir avec le charisme».

Pauline Marois et Mario Dumont : «Les girouettes bilingues».

Jean Charest et Pierre Paradis : «Je t'aime, moi non plus».

Thomas Mulcair et Jack Layton : «Cuisiner avec deux chefs».

Josée Verner et Christine St-Pierre : «Les incomprises».

Gilles Duceppe et Maka Kotto : «Ne me quitte pas».

Monique Jérôme-Forget et Gilles Taillon : «À bas la go-gauche du Plateau!».

Jean Chrétien et Brian Mulroney : «C'est pas nous, c'est les autres!».

Paul Desmarais sr. et Lucien Bouchard : «Le pouvoir lucide de l'argent».

Et vous, quelle serait votre liste?