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September 2007 - Messages
27 septembre 2007, 12:00
La normalisation du PQ
Pauline Marois a la pensée positive contagieuse. On croirait presque qu'elle a lu Le secret... Sa victoire dans Charlevoix, la remontée du PQ dans les sondages et son entrée à l'Assemblée nationale sont autant de bonbons pour un parti malmené depuis des années.

Pauline Marois dit même sentir un "retour au bercail des souverainistes". Belle phrase, quoiqu'un peu vide de sens. Car elle aura beau dire qu'elle ne veut plus parler de "mécanique" référendaire, tout le monde, même Ségolène Royal, a compris: si le PQ prend le pouvoir, il n'y aura pas de référendum. Il est même acquis que la plateforme n'en promettra aucun.

Lorsqu'on lui demande en quoi sa position diffère des "conditions gagnantes" de Lucien Bouchard, Mme Marois répond qu'elle parlera du "pays", fera "avancer le Québec" et attendra que le peuple soit "prêt" pour un référendum. C'est drôle, mais j'ai l'impression que M. Bouchard dirait que c'est exactement ce qu'il croit avoir fait.

UN PQ À L'IMAGE DU QUÉBEC

Une fois la "mécanique" référendaire écartée, que restera-t-il? Probablement un PQ à l'image du Québec actuel: un Québec qui se cherche, en désintox de ses grands rushs d'adrénaline politique qui l'ont galvanisé pendant 40 ans, mais qui sent que quelque chose de lui-même et de son avenir lui échappe.

C'est aussi un PQ qui serait fou de joie d'un retour tranquille aux affaires de l'État. Question de savoir qu'il est toujours dans la game, même s'il doit oublier son Article 1 pour mieux refléter l'opinion.

Pourtant, il n'y a pas si longtemps - je m'excuse pour la nostalgie -, on demandait aux partis politiques de prendre les devants, de risquer, de "créer" l'opinion et le mouvement par leur propre force de persuasion et d'action. Aujourd'hui, on leur demande d'être à l'"écoute", d'être le miroir d'une opinion qu'on laisse à elle-même, mais qu'on ausculte frénétiquement pour y puiser des "opinions" que les partis recyclent en programmes. Les chefs attendent que le peuple leur montre la direction. Et non l'inverse.

Même Stephen Harper, Monsieur Décision, aura séduit bien des Québécois non par ses idées réelles sur la Belle Province, mais avec celles que lui donnaient des focus groups menés ici.

Comment s'étonner que le PQ respire, lui aussi, ce même air du temps?

EN ATTENDANT GODOT

Et puis, il y a la realpolitik. L'élection du 26 mars a fait mal au PQ, l'ADQ lorgne le pouvoir, et le PLQ est en ballottage. Pas surprenant que les péquistes se contenteraient de l'Opposition officielle, espérant AU MIEUX former un gouvernement minoritaire.

Parler de référendum dans de telles circonstances doit leur sembler tenir de la folie furieuse.

Sauf qu'au-delà de la realpolitik, il y a l'"autre" réalité, celle de l'engagement, de l'espoir et du rêve - le vrai carburant de ce parti. Depuis 1996, à coups de "réalisme", à tort ou à raison, les chefs du PQ ont jeté la serviette sur la RÉALISATION de leur projet. Évidemment, sans le dire ouvertement.

Mais à force de vider le PQ de son carburant, ce "réalisme" est devenu, comme disent les Anglais, un self fulfilling prophesy - une chose qui se réalise à force de ne voir qu'elle. Résultat: le jupon référendaire ne dépasse plus. On parle du "pays" pendant qu'on l'attend. C'est ça, la normalisation du PQ.

Mme Marois et ses conseillers, qui ont été de l'école réaliste sous Bouchard, savent comment ça marche. La chef et les députés parleront donc beaucoup du "pays" pour que les troupes ne s'inquiètent pas trop. Seule différence: on reparlera aussi d'"identité" et de "langue", comme pour expier les péchés du PQ qui les avait jetées à la poubelle comme du poisson pourri.

Sur la question nationale, c'est frappant de voir à quel point le PLQ, le PQ et l'ADQ sont tous en attente de quelque chose qu'ils n'osent pas provoquer. Traumatisés par l'échec de Meech et face à un Canada anglais rendu ailleurs, les libéraux sont réduits à "souhaiter" une reconnaissance constitutionnelle du Québec, "un jour", "lorsque le fruit sera mûr".

L'ADQ, avec son autonomisme au sein du Canada, voudrait faire ceci et cela, mais sans tenir un référendum pour mieux rapatrier les pouvoirs dont il rêve, de peur de créer un nouveau psychodrame national.

Quant au PQ, il attend que le peuple lui commande un référendum sur la souveraineté comme on commande une pizza.

Mais pas de chance. Pour le moment, ce bon peuple, sur qui Jean, Pauline et Mario comptent tant pour leur montrer un chemin qu'ils n'osent plus définir, est occupé à autre chose. Fort bien diverti par la Commission Bouchard-Taylor, il fait dans l'introspection identitaire. C'est vachement "in". On ne sait trop à quelles fins, mais ça occupe.

Eh oui. Le "Nous" québécois est revenu à la mode. Dommage que les partis politiques, pour le moment, ne sachent plus trop quoi en faire ni où l'amener.

20 septembre 2007, 12:00
Les conservateurs sont morts de rire
OK. On respire par le nez. On ferme les yeux, on prend une GRANDE respiration et on compte jusqu'à trois. On se prépare à intérioriser la chose. Allez, dites-le doucement: les conservateurs sont là pour rester.

Bon. Est-ce que ça va comme ça? Est-ce que ça passe? Non? Eh, bien. Que voulez-vous? Faudra s'habituer.

Bien sûr, l'analyse politique ou les projections ne sont aucunement une science exacte. Robert Bourassa aimait dire que six mois, c'est une éternité en politique, que les élections partielles ne sont que cela et que la personnalité des candidats y joue beaucoup plus que dans une élection générale. Soit.

Sauf qu'il existe ce qui commence à ressembler à des tendances lourdes. Les planètes continuent de s'aligner. Stéphane Dion semble incapable de tirer profit des politiques impopulaires de Stephen Harper. Et avec Jean Charest à Québec, c'est la marque de commerce libérale elle-même qui continue d'en prendre pour son rhume.

Avec un PQ sans référendum et le recul actuel de la souveraineté, le Bloc de Gilles Duceppe s'use de plus en plus les fesses et le cerveau sur les banquettes à Ottawa à défendre les "intérêts du Québec" de manière pépère comme le ferait n'importe quel député nationaliste-fédéraliste.

UN MAL DE BLOC

S'il est vrai que Stéphane Dion vit dorénavant sur du temps emprunté, que les poignards libéraux s'aiguisent bruyamment et qu'ils s'enfonceront vite s'il perd la prochaine générale, Gilles Duceppe en aura aussi mangé toute une dans les trois comtés. Même dans Saint-Hyacinthe-Bagot, le Bloc a vu la majorité fracassante d'Yvan Loubier fondre comme neige au soleil.

Dans le passé, je n'ai jamais été des analystes qui voient la disparition du Bloc à la moindre difficulté. Mais force est de constater que le Bloc se trouve aujourd'hui face à un effritement de ses appuis. Saigné à sa droite par les conservateurs et possiblement à sa gauche par le NPD dans certains comtés, avec le Grand Soir qui ne vient pas et ne viendra pas de sitôt, le temps serait-il venu de rapatrier les bloquistes à Québec? Attendez-vous à ce que la question se pose discrètement dans le mouvement souverainiste.

Gilles Duceppe est piégé. Ou il appuie le discours du Trône de Harper en octobre, lui permet de se maintenir, ce qui affaiblira encore plus le chef bloquiste dans son propre caucus fatigué de faire la génuflexion devant les conservateurs. Ou il vote contre, provoque une élection et risque de perdre d'autres comtés.

Harper est mort de rire.

Quant à la victoire de Thomas Mulcair, elle forme certes un micro-climat pour le moment. Mais si le NPD présente quelques candidats d'envergure à la générale dans des comtés bien ciblés, la saignée du vote bloquiste et libéral vers le NPD dans Outremont pourrait s'y reproduire ou du moins, y diviser le vote.

Avec des bloquistes privés du rêve de la souveraineté et des libéraux désespérant de leur chef, combien seront tentés d'encourager une certaine social-démocratie au NPD, absente ou moribonde dans les autres partis?

LA BULLE DE STEPHANE

Mais il y a une seule chose qui pourrait freiner les ardeurs de Harper: si Stéphane Dion réussit dans les prochains jours à sortir de sa fameuse bulle!

C'est tout de même inouï de voir la rapidité avec laquelle il a dilapidé le capital de sympathie qu'il avait au lendemain de son élection comme chef libéral. Même au Québec, le vilain père de la Loi sur la clarté avait réussi pendant sa campagne au leadership à s'établir comme un contrepoids idéologique à l'ultra-conservatisme de Harper en parlant d'environnement et de justice sociale.

Et puis, pouff! Plus rien. Cumulant les erreurs de jugement - dont le fait de s'être entouré de trop de ses anciens adversaires de la course qui ne lui veulent pas vraiment du bien - le chef libéral s'est retiré dans sa bulle. Il semble croire que tout le monde au PLC est gentil, bon, solidaire, de grands Canadiens patriotiques et, surtout, qu'ils n'ont qu'à s'aimer d'amour fraternel pour reprendre le pouvoir. La candeur politique de Stéphane Dion est parfois sidérante.

Mais le PLC est un parti de pouvoir, un parti dur, où l'"amour" prend le bord dès que le chef ne livre pas la marchandise.

Si Dion ne sort pas de sa bulle pour faire un méga-ménage autour de lui, offrir une alternative claire et crédible, tout en se rappelant enfin qu'il vient du Québec, Harper viendra chercher sa majorité au Québec tout en renforçant son axe de collaboration avec Mario Dumont et l'ADQ.

Même Jean Charest a compris que s'il voulait survivre aux prochains mois, il devait au moins passer l'aspirateur autour de lui pour se débarrasser du bois mort qui hérissait ses propres troupes.

Stéphane Dion aura-t-il la lucidité nécessaire pour faire de même?

13 septembre 2007, 12:00
Le pyromane et le pompier
Oui, l'ego de Brian Mulroney est gargantuesque et il a son côté "petit Napoléon". Mais dans les hautes sphères du pouvoir, ça manque rarement de petits Napoléons...

Les 1 339 pages de ses mémoires sont à la hauteur de son ego. À force de tenir la lourde brique, je ne vous mens pas, je m'en suis donné un point dans le dos! Mais si on va au-delà du personnage, le fond de l'histoire vaut le détour.

Avec l'accord du lac Meech, l'homme aura eu le mérite de tenter de réparer le gâchis laissé par Trudeau en 1982 avec le rapatriement de la Constitution sans le Québec. Entre le pyromane et le pompier, on préfère le second.

Sa grande erreur fut de croire que ça pouvait marcher. La mort de l'accord était inscrite dans son ADN. Le modeste statut de "société distincte" pour le Québec ne passerait jamais dans le ROC - le Rest of Canada.

Brian voulait réconcilier francophones et anglophones en officialisant le tout dans la Constitution. Mission impossible. Il n'était pas question de coucher sur papier une telle reconnaissance.

Les paroles, par contre, ne coûtent rien. Stephen Harper parle volontiers de la "nation" québécoise, même à l'étranger, dans la mesure où cela n'a aucune portée concrète.

LA FAUTE A TRUDEAU ET BOUCHARD?

Qu'en est-il de l'obsession de M. Mulroney à blâmer Trudeau et Lucien Bouchard pour l'échec de Meech? Il est vrai que Trudeau s'est acharné contre Meech, mais il n'a fait que légitimer l'opinion dominante au Canada anglais. Pour le ROC, Meech ne constituait tout simplement pas un "accommodement raisonnable" à la différence québécoise!

Cette opinion publique fut déterminante. Trudeau aurait eu beau s'égosiller contre Meech jusqu'à s'en étouffer, sans cet appui, ses vociférations n'auraient eu aucun impact.

En fait, c'est le recours de Robert Bourassa à la clause dérogatoire qui avait galvanisé l'opposition du ROC. En décembre 1988, M. Bourassa avait pris les grands moyens pour protéger l'affichage en français d'un jugement de la Cour suprême.

C'est à ce moment qu'a fusé du ROC l'accusation ultime: le Québec était intolérant! On y disait: si le Québec "ose" faire cela aux Anglo-Québécois AVANT l'adoption de Meech, quelles horreurs fera-t-il à ses minorités lorsqu'il aura son statut de "société distincte"?

Et plus ça change, plus c'est pareil. Regardez bien aller les médias canadiens-anglais se servir des forums de la Commission Bouchard-Taylor pour dépeindre les Québécois comme de la graine d'intolérance.

L'ENFANT DE CHIENNE

Il faut aussi lire dans ces mémoires les échanges lors de la fameuse semaine de la dernière chance, en juin 1990, lorsque les premiers ministres se sont enfermés à Ottawa pour tenter de sauver l'accord moribond.

On y voit un Robert Bourassa exaspéré qui s'entête à insister sur le fait que la clause de la société distincte "n'a pas vraiment d'impact"... Mais on y voit surtout les blocages de Clyde Wells, premier ministre de Terre-Neuve, indécrottable trudeauiste et un des politiciens les plus détestables de l'histoire récente.

On y comprend mieux la hargne de Mulroney contre Wells et on se surprend qu'il n'ait pas intitulé cette section: "l'enfant de chienne". On voit aussi à quel point certains premiers ministres étaient conscients des conséquences d'un échec, voyant poindre le prochain référendum en réaction.

Quant à la démission de Bouchard avant l'échec de Meech, on comprend le sentiment personnel de trahison chez M. Mulroney, mais son effet fut nul. Meech avait été jugé par le ROC et le blocage de Wells n'était que le dernier clou dans le cercueil. Meech avait rendu l'âme bien avant que Lucien ne claque la porte.

Par contre, s'il existe un ancien premier ministre qui, sans amitié en jeu, aurait de VRAIES raisons d'en vouloir à M. Bouchard, c'est Jacques Parizeau. Et ce n'est pas un hasard si M. Parizeau a déjà avoué que s'il avait su ce qui se passerait après lui, il n'aurait jamais démissionné.

Il parlait surtout de la manière dont M. Bouchard, une fois premier ministre et au summum de sa popularité, avait mis en veilleuse l'option du PQ. À quand les mémoires de Monsieur?

Mais contrairement à la relation Mulroney-Bouchard, le différend Parizeau-Bouchard n'avait rien de personnel. Il était politique et idéologique.

En fait, les choix de Bouchard-le-premier-ministre ont eu un impact nettement plus négatif sur l'option du PQ qu'en avait eu sur le sort de Meech la démission fracassante de Bouchard-le-ministre-conservateur.

M. Mulroney peut toutefois se consoler. Dix-sept ans après l'échec de Meech, personne n'ose parler de référendum. Quant à Lucien, réputé proche de Mario Dumont sur le plan des idées, on sent qu'un gouvernement adéquiste ne lui déplairait pas. Ni à Brian, d'ailleurs.

Comme quoi, Brian et Lucien se rejoignent aujourd'hui au moins là-dessus...


6 septembre 2007, 12:00
Le faux débat sur le "nous" québécois
Pas moyen de prendre une semaine de vacances à Paris sans que la chicane prenne sur la Commission Taylor-Bouchard sur les accommodements raisonnables!

Gérard Bouchard s'est fait varloper pour ses propos sur le "pauvre" peuple qui regarde TQS ou TVA et ne comprend rien. Pauline Marois disait vouloir réhabiliter le "nous" québécois, tandis que Mario Dumont veut une constitution québécoise. Bref, tout ce beau monde ramène le problème à une question d'"identité québécoise". Quelle erreur!

Un petit voyage à Paris leur ferait voir les choses autrement. Dans le métro, sur la rue ou dans les commerces, je n'avais jamais vu autant de femmes voilées ou portant le niqab.

Le niqab, c'est le dernier stop avant la cage de la burqa. Le niqab couvre la tête et le visage d'un voile noir avec une petite fente pour les yeux et est porté avec une robe noire cachant tout le corps.

Des niqabs, j'en ai vus des somptueux sur des épouses de musulmans riches sur les Champs-Élysées et des plus modestes sur des femmes moins fortunées.

Je n'oublierai jamais cette femme en niqab et portant aussi un polar épais en-dessous, dans un RER, un jour où il faisait 30 degrés Celsius, avec son mari et ses deux fils confortables, eux, en chemises d'été. Cette femme était affalée dans son siège, ses yeux trahissant l'épuisement et la chaleur qu'elle endurait dans son accoutrement.

J'étais bouleversée de voir autant de femmes voilées ou en niqab. Ma dernière fois à Paris, dans les années 90, avec une population arabe déjà nombreuse, je n'avais rien vu de tel. La montée du fondamentalisme religieux, musulman ou autre, n'est pas une lubie. Même en France, un pays républicain et laïque...

PAS QU'UNE QUESTION DE FEMMES

Mais si on parle ici du voile, timidement, en termes d'égalité hommes-femmes, leur présence croissante témoigne d'un problème qui transcende cette seule question et cette seule religion.

Ce problème est POLITIQUE et ne concerne pas l'"identité québécoise" en soi non plus. C'est un problème en Occident et ailleurs.

LE problème est l'entrée des fondamentalistes religieux dans l'espace public et la lutte de pouvoir très politique qu'ils mènent. Une lutte menée par des leaders religieux se servant des constitutions et des chartes de droits, de la reconnaissance juridique de la "liberté" de religion, pour imposer des valeurs contraires à celles établies par les sociétés modernes.

Bel outil que ces chartes entre les mains de ceux qui prétendent aussi au monopole de l'interprétation du Coran, de la Torah ou autre texte, qui se réclament d'un "droit divin" d'imposer un code vestimentaire et de contrôler des vies tout en exigeant que les sociétés occidentales "accommodent" le tout.

D'où le frisson lorsque j'ai entendu Gérard Bouchard dire que "plusieurs voient bien que les communautés culturelles entendent maintenir leur culture, l'affirmer, la déployer, notamment leur RELIGION, des choses qui sont normales, qui sont parfaitement légitimes."

DÉPLOYER SA RELIGION?

Pardon? Il serait légitime de déployer une RELIGION dans la sphère publique? Au secours! Lorsque la religion prend une dimension politique, ce qui va pour les fondamentalistes de tout acabit, chrétiens ou non-chrétiens, comment peut-on dire une telle chose?

Je le répète. Derrière un débat qu'on nous présente comme portant sur l'intégration et l'identité québécoise se cache une lutte de pouvoir pour imposer des valeurs antidémocratiques, qui participent aussi du contexte international actuel.

Les voiles ne sont que la pointe visible de règles décidées et imposées par des leaders religieux visant à occuper l'espace public dans des sociétés démocratiques.

Pourtant, PERSONNE ne doit être forcé de suivre des règles qui n'ont pas été décidées par des instances démocratiques. Et qu'on ne dise pas que le niqab ou la burqa est un choix et non un signe de la montée des fondamentalistes, les mêmes qui ont l'audace de culpabiliser ceux qui s'opposent à leur avancée.

Mais il y a un autre problème politique. Au Canada et aux États-Unis, les religions jouissent d'une grande protection. Les textes fondateurs reflètent une idéologie de protection de LA religion et DES religions.

Et en ce moment, ces pays sont gouvernés par deux hommes qui puisent leur modus operandi dans leur propre appartenance à leurs églises. Leur préjugé favorable aux religions est réel.

Sur qui pourra-t-on compter pour expliquer aux citoyens que derrière la prétention d'exercer des "libertés" religieuses se cachent parfois des valeurs antidémocratiques, qui transcendent les frontières et n'ont rien à cirer des "identités" nationales, quelles qu'elles soient?

Le "nous" à protéger n'est pas québécois. Il est universel.