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Parti pour une semaine
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Quitter la grande ville et suivre le fleuve augmente l’oxygène sanguin et le goût du bonheur. Ce qui est formidable avec la région du Bas-Saint-Laurent, c’est qu’elle est accessible en quelques heures de route avec un paysage s’ouvrant tel un éventail. S’abandonner aux mouvements des marées, observer la faune et la flore et flâner sont des plaisirs insulaires garantis. J’ai découvert l’an dernier l’Île-aux-Grues située en face de Montmagny où j’ai demeuré pendant une semaine. Promenade en vélo, exploration des battures et visite du petit musée où l’on peut comprendre un peu plus la démarche créatrice de Jean- Paul Riopelle m’ont délivré de ma haute pression urbaine. Si jamais cette petite île vous intéresse, je vous propose de louer la Maison aux Églantiers. Elle saura vous charmer et vous apaiser. Voici ce qu’elle m’a inspiré. « Loin de la ville, dans une autre île, nous transitons nos vies par le Grue-des-Îles. Des voeux sont exhaussés à la vue de la maison louée et de son horizon. Quelques heures passent et déjà plusieurs petits bonheurs nous envahissent. Une famille de canards circule en plein centre de la route et nous donne ainsi le rythme de la vie ici. L’inspiration du fleuve vient tantôt chatouiller le cap rocheux puis au fil des heures son expiration découvre les battures fréquentées par la gente ailée. Au loin, le Bateau Ivre a retrouvé ses esprits et semble accosté à tout jamais. Quelques lignes de poésie tatouent son flan et son intérieur mijote le spécial du Capitaine. Quand la nuit s’installe, au-dessus de nos têtes brillent des milliers d’étoiles et la voie lactée coiffe la Maison aux Églantiers. Ainsi nous partons la tête remplie de beaux silences, de douces caresses d’Éos, de parfums insulaires, d’images apaisantes ainsi que le goût d’y revenir.»
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Comment Terre
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Il n’y a pas si longtemps, l’homme croyait que la terre était plate et au centre de l’univers. Les connaissances et l’évolution lui ont démontré qu’il se trompait et que d’aller plus loin le ramènerait à son point de départ. Les installations photographiées de Cyrille C. de Laleu établissent un jeu où le mouvement d’errance fait basculer chacun des points fixes tels que les montagnes, les forêts, les continents ainsi que les rides planétaires. Admirant l’harmonieux rapport entre ce corps étendu et cette carte topographique conçue par cette artiste, un événement assez unique se produit pendant que j’écris ce commentaire. Voyant le paysage se défiler devant moi sur l’autoroute Jean-Lesage, mon regard capte au loin une scène presque identique à cette installation. En effet, j’aperçois dans toute sa splendeur le Mont St-Hilaire avec ses courbes abruptes qui ressemblent à une chute d’épaules dont le point de fuite s’étire vers les biceps. À sa base, se mélange toutes les teintes de chlorophylle que Dame Nature synthétise durant la chaude saison. Soupir, sourire et rêverie font ainsi ma journée après avoir lu et entré un peu dans la vie et la démarche de cette artiste visionnaire et talentueuse.
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Invente Air
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Ces deux artistes inspirés dévoilent chacun à leur façon un courant de pensée où la délicatesse d’expression mérite une observation presque méditative. À travers des épreuves photographiques, Chih Chien Wang uni des matériaux fragiles et bien vitaminés. Bien sûr les compositions sont figées dans le temps et elles poursuivent leurs actions dans une fermentation contemplative. Elles nous plongent dans des ambiances narratives où on peut sentir la fragilité et la douceur de la vie. Poétique à souhait, les associations ainsi crées restent pour le moins étonnantes. Dans « Tissue # 5 », un morceau de tofu repose en paix sur un oreiller aux couleurs de pastèque. Déstabilisant, certes mais nous conduisant vers des chemins lumineux, les oeuvres de cet artiste nous offre une grande liberté d’interprétation. La grande quiétude qui en ressort apporte une pause dans ce monde où le stress et la violence sont omniprésents. Prendre le temps de vivre et observer ce qui nous entoure est peut-être l’énergie qui se dégage de ces installations photographiées. Pour sa part, Isabelle Hayeur présente deux immenses compositions photographiques dans lesquelles des modifications architecturales et environnementales se font en quelque sorte un clin d’oeil. Ainsi ces deux créateurs ont pour mission d'inventer et de documenter leurs émotions dans une production picturale rafraîchissante.
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Sphère atmosphérique
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Le thème donné à une exposition oriente objectivement les créateurs vers différentes interventions. Souvent prévisible, à l’occasion énigmatique et parfois invraisemblable, les oeuvres ainsi exposées à la biennale émettent une certaine énergie climatique et offrent des rencontres fusionnelles particulières. « Dompteurs d’orages / Matériaux insoupçonnés » ouvre ainsi la porte à une expérimentation où, dans la proposition de Guy Laramée, le ciel et la terre fusionnent ensemble dans une atmosphère presque primitive. Cette installation nous annonce du brouillard et des possibilités d’orages pour tout le mois d’août à la BNSC de Trois-Rivières. Une autre installation, fictive celle-là, présentée par un artiste non-participant nous plonge à l’intérieur d’une cellule orageuse. La pièce « Sublimation » démontre une sobriété dans l’utilisation des matériaux utilisés. Des pépites de glace sèche sont disposées sur une plaque en acier inoxydable munie d’un rebord. Le son émit par cette réaction démontre un changement brutal. Nous sommes en présence de corps solides qui se transforment directement en gaz. Ce phénomène de sublimation participe avec la condensation et l’évaporation à des actions qui façonnent l'équilibre planétaire et cosmique. Ainsi un événement culturel peut nous envahir même à distance et provoquer une participation imaginaire à un événement artistique. Voici donc l’effet des quelques semaines de vacances qui ont été bien appréciées mais qui se terminent très bientôt. On retourne au cycle du dodo, métro et boulot…Youpi.
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Spermatozovule
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Le passage de la vie aquatique à un état où la force de gravitation exerce une pression sur la matière amorce déjà le vieillissement du nouveau-né. Ron Mueck nous remet au monde et exagère le présent de la race humaine. Sa fascination pour les corps se traduit par des représentations qui nous étonnent et qui nous rappellent en même temps notre passage éphémère. Il fait le tour de l’horloge biologique et capte les différents moments de notre évolution. Entre la jeunesse et la vieillesse, l’homme acquiert son plein potentiel. Neuf mois sont nécessaires afin de créer un être buvard qui va s’harmoniser ou qui va fuir le modèle qu’on lui proposera. Qu’arrive-t-il donc après notre mort? Quelque fois soudaine ou étirée pendant des mois et des années, celle-ci s’empare de notre corps jusqu’à notre dernier souffle. Le poids de nos poussières s’additionne alors à la matière terrestre et les quelques quatre-vingt milliards d’êtres humains qui ont vécu sur la planète fusionnent avec le règne végétal et minéral. Ainsi Ron Mueck jongle avec les corps et les amène à des échelles où la relativité ressemble à celle vécue par chacun de nous issu de la rencontre de deux cellules programmées afin de produire la plus fabuleuse des créations provenant de l’évolution.
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Bleu, rouge, jaune et vert ailleurs
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Ce parcours d’artiste m’attire et m’invite à franchir les portes de ce magnifique édifice du 19e siècle abritant, avant de devenir le Musée des beaux-arts de Sherbrooke, le siège social de la Eastern Township Bank. Cette température de vacances me transfert dans ce lieux de découvertes afin d’absorber ces ambiances d’ailleurs et d’ici en même temps. Tom Hopkins ouvre donc les écluses de son imaginaire afin de nous initier à son univers où la dérive des perceptions peut avoir un effet aléatoire. À priori, on entre dans le monde des grands tel un rituel où l’on doit franchir un passage initiatique. On retrouve dans plusieurs de ses toiles une barque qui assure le fil conducteur d’une ligne de pensée et de vie conduisant sur des eaux inconnues mais assurant presque un retour. « Love & Fear No.1 » représente peut-être l’oeuvre qui nous situe le plus entre cette dualité de l’existence. Sortant de la matière aqueuse ou terrestre, un homme tient tendrement un être dont l’âme semble avoir quittée le corps. Troublante et énigmatique, cette toile nous met en équilibre entre le monde du réel et sa finalité. L’exposition « Traverser le visible » nous présente également d’autres magnifiques toiles telles que « Balance, Embarkation, Réflexion et dans la série Lifetime : El Sol, La Luna, et Traversia. Ainsi l’évolution de Tom Hopkins nous transporte à l’intérieur de nous même vers des sentiers où le réel prend forme et se matérialise.
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Posologie urbaine
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L’Avenue du Mont-Royal est sans contredit vivante et pleine de surprise. On peut constater que l’aorte du plateau est le théâtre depuis quatre ans de plusieurs interventions où des corps étrangers se fixent aux tissus architecturaux du paysage. Ces suppléments vitaminiques visuels sont prescrits telle une médication qui favorise l’émerveillement des passants. Ces installations ciblent un ensemble de références qui mettent en évidence une relecture des lieux fréquentés et pour l’occasion métamorphosés. Nous avons eu droit dans le passé à des propositions étonnantes et rassembleuses. Je pense aux méga-chaises de parterre qui nous invitaient à les escalader et par le fait même à nous procurer quelques moments de repos et de visibilité.
« Paysages Éphémères 2008 » soulignera également la belle saison avec des événements choisis et offrent déjà six nouvelles propositions dont une sera retenue pour l’édition 2009. Celle de Benoit Deseille avec « Entre les voitures, la plage » et celle de Francis Montillaud avec « Propriété publique» sont très prometteuses. Nous avons jusqu’au 3 septembre prochain afin de voter pour notre coup de coeur. Située entre un immense bouquet végétal et la plus haute tour inclinée au monde, l’Avenue du Mont-Royal nous invite donc à boire de ce bouillon de culture à la fois rafraichissant, ludique et cosmopolite.
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Roches, pas, pieds, scies, eaux
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Cycles planétaires, cycles climatiques et cycles de vie sont des étapes de l’évolution qui orchestrent nos existences. Avec une rivière qui flirte près de la Maison des arts et de la culture de Brompton, il n’en fallait pas plus à Josianne Bolduc afin d’organiser un événement estival qui conjugue la créativité et le plein air. De saison en saison, la rivière St-François se gorge et développe une érection printanière. Aspergeant les terres de sa semence aqueuse, elle se retire doucement telle une amante comblée par l’étreinte avec ses berges. Fertile à la création, cet espace se transforme en forêt de découvertes et nous propose des installations où les surprises nous attendent au fil de l’exploration. Cette formule de jardins-concepts attire les vacanciers et leurs proposent une vision actuelle d’une volonté de conservation et de recyclage. À travers différents matériaux, l’événement se crée et l’étonnement des propositions peut provoquer des effets secondaires désirables.
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Maïs dorloté
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Il m’est souvent venu à l’esprit de penser que tout le monde avait du talent. Il suffit d’avoir assez de conviction afin d’y croire et d’aller au-delà de tous, c'est-à-dire intervenir sur la matière. Depuis longtemps, les artistes ont fait preuve d’une évolution remarquable dans différents concepts qu’ils ont explorés. Les recherches de Ron Benner sont l’expression de plusieurs convictions. Entre les sciences de la terre et les sciences politiques, il cultive avant tout dans ses jardins documentaires une volonté qui passe par l’information de nous rappeler ou de nous apprendre des faits quelques fois oubliés. Quand on y pense, le maïs fut et est un aliment de base depuis la nuit des temps. Ainsi « Transvector : blé d’Inde » a besoin de terre, d’eau, d’air et de soleil afin d’exister et surtout d’ouvrir notre pensée aux travaux de cet artiste gentlemen-cultivateur.
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Quand l’instantanéité est déphasée
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Tels les chromosomes qui composent notre patrimoine génétique, certaines installations d’Adad Hannah se dédoublent afin de provoquer un questionnement entre la notion du presque statique et du presque dynamique. Il est fasciné par l’effet de l’image qu’une surface réfléchissante peut produire. Cela éveille un questionnement sur notre perception entre la réalité et son reflet. Il met en action des mécanismes qui déclenchent un processus interrogatoire sur le mode comportemental des sujets qui observent ses réalisations. Cette finesse d’exécution prouve à quel point l’être humain est malléable et influençable. Adah Hannah s’amuse à mettre en scène des symboliques afin de nous éveiller à autre chose que le premier degré d’une perception démontrée. Ainsi à travers les images animées ou pas qu’il nous présente, l’énigme prend le dessus et nous achemine vers une réflexion dans laquelle l’analyse du moment présent évolue avec le temps et le mouvement.
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Éjaculation fluviale
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L’idée derrière l’installation du groupe BGL « Le Club » n’est loin d’être que visuelle. Elle est le fruit d’une réflexion qui cadre avec plusieurs propositions qui coïncident avec un événement historique. Imaginez l’évolution de Québec depuis quatre cents ans. Fondée en 1608 par Champlain au fond de l’estuaire du Saint-Laurent sur un promontoire que forme le Cap Diamant, la ville est un site pittoresque abreuvée par notre majestueux fleuve. C’est d’ailleurs l’eau de celui-ci qui apporte la magie à l’oeuvre du groupe. Exigeant un léger effort physique des participants afin d’activer le mécanisme qui mène à l’apothéose visuelle, l’installation prend tout son sens et procure un sourire assuré à tous les badauds venus arpenter la célébrée à l’Espace 400e. Ainsi l’esprit festif jaillit au somment de cette pyramide de coupes et nous rappelle que c’est l’eau de ce fleuve qui a des marées et contribuée largement à l’histoire et l’évolution de notre nation Québécoise.
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Kamikaze aux épaules de feu
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Il y a de ces événements qui nous présentent des artistes aux talents indéniables et dans le cadre du 18e Festival Fringe, Carlito et ses boys de NTL sont de ceux-là. On sait qu’un kamikaze donne sa vie pour ses croyances et ses convictions. En japonais le mot qui est composé de Kami « dieu » et Kaze « vent » signifie « vent divin ». Carlito a décidé lui de donner son amour et sa passion à son art à travers des rythmes accrocheurs et des paroles significatives. C’est au Cabaret Juste pour rire qu’on peut le voir sur scène accompagné par son acolyte qui fusionne des mélodies savamment orchestrées au langage articulé du rappeur. Tous les spectateurs présents ont reçu une dose massive d’énergie et les flammes intenses du feu sacré de l’artiste. Travailleur chevronné, il respire et vit pour la musique. Son expérience de vie au Burkina Faso lui a certainement permis de saisir des mélodies et des tempos de cette partie de l'Afrique qui l'on influencé aux cours de ces années. Quelques minutes après sa prestation, Carlito est venu saluer et remercier ses fans sur la Main, là où l’esprit et la confrérie de rue prend tout son sens. Un gars pour qui le respect représente sa ligne directrice de vie et sa musique, son âme.
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Ma neige d’eau
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Ces pelleteuses de nuages sont en quelque sorte des catalyseurs d’imaginaire et de rassemblement. La symbolique de ses éléments ramène l’homme à des valeurs presqu’oubliées de son passé. Elle en aura fait du chemin depuis sa découverte. Aujourd’hui, loin d’impressionner, la roue est présentée ici de façon à redécouvrir ces objets composés d’éléments quotidiens qui ont fait évoluer l’homme au courant des siècles. Ce joyeux trio dynamique ressemble à des ballerines qui s’appliquent à exécuter des mouvements répétitifs engendrant une oxygénation visuelle et auditive. Chacune des roues composées de douze pelles capte l'eau provenant du bassin de couleur écarlate et engendre un mouvement telle une trotteuse qui marque le temps qui passe et qui nous projette dans un espace-temps hypnotique. Ainsi au gré de la belle saison qui ne nous épargne jamais durant la canicule, il y aura un endroit où l’on pourra s’émerveiller devant ce spectacle aquatique qui conjuguera tout l’été une poésie de la simplicité à une aventure ludique.
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Déchaînement vaginal
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Je ne verrai plus jamais un gâteau Forêt Noire de la même manière maintenant. Véritable cadeau de la vie, le spectacle de danse “Un peu de tendresse bordel de merde!”de Dave St-Pierre nous transporte tantôt aux portes du paradis, tantôt aux confins de l’enfer. C’est un véritable arc-en-ciel de couleur peau où les sentiments passent de la luminosité de la vie jusqu’à la perte de contrôle de celle-ci. Ce happening viscéral fait tomber bien des tabous et nous tient presqu'en otage dans cette salle qui devient également le théâtre d’une performance très naturiste. Cette deuxième partie du triptyque “Sociologie et autres utopies contemporaines” est un véritable délire éveillé et les tableaux présentés sont le fruit d’une analyse du comportement humain avec ses forces, ses peurs, ses faiblesses et ses solitudes. La prouesse exceptionnelle de ces danseuses et de ces danseurs est sous l'influence d’un spectre qui les guide vers une source d'énergie douce et renouvelable appelée “Tendresse”. Ainsi le voyage proposé par Dave St-Pierre tient la route pendant près de deux heures et nous propulse dans un univers où les corps finissent par se noyer et les âmes flotter telles des bouteilles jetées à la mer dans une promiscuité tendrement chorégraphiée.
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Avec ou sans toit
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C’est une invitation dans un élan de liberté qu’Isabelle Ayotte nous propose ses derniers travaux dans “Des maisons de solitude”. Pour en saisir la fraîcheur, il faut soustraire plusieurs décades à notre vécu afin de se laisser imprégner par cette imagerie qui va au-delà des apparences. Aussitôt expulsé de notre premier habitat, c'est-à-dire le monde aquatique maternel, nous sommes pour plusieurs cajolés et abrités sous un toit. Après quelques années d’apprentissage, nous développons des habilités et commençons à gribouiller sur du papier. Un des premiers thèmes que nous explorons est sans aucun doute celui de la maison. Accompagnée généralement d’arbres, de nuages et du soleil, celle-ci est présentée sous toutes sortes de formes. Nous pourrions en faire une analyse d’un point de vue symbolique mais nous resterons dans le domaine qui nous intéresse, c’est à dire celui du bâtiment. Une liste exhaustive défile alors dans ma tête et renforce le concept pictural auquel Isabelle Ayotte nous convie. On peut alors y voir soit une bâtisse, un immeuble, un abri, un logement, une résidence, un hôtel, un toit, une cabane, une baraque, un taudis, un chalet, une crèche, une casbah, un château, une chaumière, une hutte, une piaule, un pavillon, un bungalow, un castel, un cottage, une gentilhommière, un manoir, un pied-à-terre, une villa, un immeuble, un domicile, un foyer, un home, un logis ou un bercail. Toutes ces dénominations tendent vers une simplification se résumant à quelques murs et un toit. Ainsi Isabelle Ayotte nous permet d’oublier nos soucis quotidiens et nous ouvre une porte aux souvenirs de cette période d’insouciance. Elle se fait également architecte de notre inconscience et nous invite à retrouver notre coeur et nos yeux d’enfant afin de circuler dans ce monde déjà loin derrière nous.
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