C’est une invitation dans un élan de liberté qu’Isabelle Ayotte nous propose ses derniers travaux dans “Des maisons de solitude”. Pour en saisir la fraîcheur, il faut soustraire plusieurs décades à notre vécu afin de se laisser imprégner par cette imagerie qui va au-delà des apparences. Aussitôt expulsé de notre premier habitat, c'est-à-dire le monde aquatique maternel, nous sommes pour plusieurs cajolés et abrités sous un toit. Après quelques années d’apprentissage, nous développons des habilités et commençons à gribouiller sur du papier. Un des premiers thèmes que nous explorons est sans aucun doute celui de la maison. Accompagnée généralement d’arbres, de nuages et du soleil, celle-ci est présentée sous toutes sortes de formes. Nous pourrions en faire une analyse d’un point de vue symbolique mais nous resterons dans le domaine qui nous intéresse, c’est à dire celui du bâtiment. Une liste exhaustive défile alors dans ma tête et renforce le concept pictural auquel Isabelle Ayotte nous convie. On peut alors y voir soit une bâtisse, un immeuble, un abri, un logement, une résidence, un hôtel, un toit, une cabane, une baraque, un taudis, un chalet, une crèche, une casbah, un château, une chaumière, une hutte, une piaule, un pavillon, un bungalow, un castel, un cottage, une gentilhommière, un manoir, un pied-à-terre, une villa, un immeuble, un domicile, un foyer, un home, un logis ou un bercail. Toutes ces dénominations tendent vers une simplification se résumant à quelques murs et un toit. Ainsi Isabelle Ayotte nous permet d’oublier nos soucis quotidiens et nous ouvre une porte aux souvenirs de cette période d’insouciance. Elle se fait également architecte de notre inconscience et nous invite à retrouver notre coeur et nos yeux d’enfant afin de circuler dans ce monde déjà loin derrière nous.
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