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Gilles Roberge
Gilles Roberge
May 2008 - Messages
30 mai 2008, 1:28
Déchaînement vaginal
Je ne verrai plus jamais un gâteau Forêt Noire de la même manière maintenant. Véritable cadeau de la vie, le spectacle de danse “Un peu de tendresse bordel de merde!”de Dave St-Pierre nous transporte tantôt aux portes du paradis, tantôt aux confins de l’enfer. C’est un véritable arc-en-ciel de couleur peau où les sentiments passent de la luminosité de la vie jusqu’à la perte de contrôle de celle-ci. Ce happening viscéral fait tomber bien des tabous et nous tient presqu'en otage dans cette salle qui devient également le théâtre d’une performance très naturiste. Cette deuxième partie du triptyque “Sociologie et autres utopies contemporaines” est un véritable délire éveillé et les tableaux présentés sont le fruit d’une analyse du comportement humain avec ses forces, ses peurs, ses faiblesses et ses solitudes. La prouesse exceptionnelle de ces danseuses et de ces danseurs est sous l'influence d’un spectre qui les guide vers une source d'énergie douce et renouvelable appelée “Tendresse”. Ainsi le voyage proposé par Dave St-Pierre tient la route pendant près de deux heures et nous propulse dans un univers où les corps finissent par se noyer et les âmes flotter telles des bouteilles jetées à la mer dans une promiscuité tendrement chorégraphiée.    

 


24 mai 2008, 1:23
Avec ou sans toit
C’est une invitation dans un élan de liberté qu’Isabelle Ayotte nous propose ses derniers travaux dans “Des maisons de solitude”. Pour en saisir la fraîcheur, il faut soustraire plusieurs décades à notre vécu afin de se laisser imprégner par cette imagerie qui va au-delà des apparences. Aussitôt expulsé de notre premier habitat, c'est-à-dire le monde aquatique maternel, nous sommes pour plusieurs cajolés et abrités sous un toit. Après quelques années d’apprentissage, nous développons des habilités et commençons à gribouiller sur du papier. Un des premiers thèmes que nous explorons est sans aucun doute celui de la maison. Accompagnée généralement d’arbres, de nuages et du soleil, celle-ci est présentée sous toutes sortes de formes. Nous pourrions en faire une analyse d’un point de vue symbolique mais nous resterons dans le domaine qui nous intéresse, c’est à dire celui du bâtiment. Une liste exhaustive défile alors dans ma tête et renforce le concept pictural auquel Isabelle Ayotte nous convie. On peut alors y voir soit une bâtisse, un immeuble, un abri, un logement, une résidence, un hôtel, un toit, une cabane, une baraque, un taudis, un chalet, une crèche, une casbah, un château, une chaumière, une hutte, une piaule, un pavillon, un bungalow, un castel, un cottage, une gentilhommière, un manoir, un pied-à-terre, une villa, un immeuble, un domicile, un foyer, un home, un logis ou un bercail. Toutes ces dénominations tendent vers une simplification se résumant à quelques murs et un toit. Ainsi Isabelle Ayotte nous permet d’oublier nos soucis quotidiens et nous ouvre une porte aux souvenirs de cette période d’insouciance. Elle se fait également architecte de notre inconscience et nous invite à retrouver notre coeur et nos yeux d’enfant afin de circuler dans ce monde déjà loin derrière nous. 

 


20 mai 2008, 11:54
Corps astral

Louise Lecavalier a définitivement marqué le milieu de la danse et l’imaginaire d’une bonne partie de la planète avec son style unique. Cette tornade blonde a ébranlé tous les spectateurs et a révolutionné l’art du mouvement. Quelques décades plus tard, cette artiste de haut niveau peaufine sa démarche dans une recherche plus terrestre. Ainsi ce fabuleux corps astral poursuit sa quête d’identité et s’associe à de nouveaux défis professionnels. “Is You Me” représente certainement pour la danseuse le chaînon manquant entre le mouvement dynamique qu’elle nous a si bien livré et la valorisation d’un état plus cérébral. Telle une planète fertile, Benoît Lachambre accueille cette comète venue de l’espace et l’initie à son univers plus cartésien. Louise Lecavalier, tatouée par ses blessures, bougera pour nous au diapason de sa passion, la danse.


12 mai 2008, 3:04
Voyage dans la lumière
Assisté à la dernière représentation de “FEED” à Montréal dans le cadre du festival international d’arts numériques Elektra 2008 fut une expérience mémorable. Intrigué par les nombreuses mises en garde de ce spectacle, il ne m’en fallait pas plus afin d'être attiré par cet événement tel un colibri vers un abreuvoir rempli d’eau sucrée. Quelques bâillements avant le début de la performance à 0h45 m’ont aidé à demeurer éveillé afin de vivre cette expérience unique. Une entrée en matière tout en douceur sur un grand écran a permis à chacun des cents initiés d’admirer une régénérescence d’humanoïdes se répliquants tel un processus cellulaire. Les vibrations de la trame sonore agissaient d’organe cardiaque et heurtaient ces corps en lévitation intemporelle dans un ballet numérisé. Cette gymnastique virtuelle m’a semblé interminable mais nos attentes furent finalement récompensées par l’ultime expérience d’être projeté dans un monde inexistant. Des canons à fumée blanche et dense nous ont bombardés à un tel point qu’on perdit tout point de repaire possible. Personne autour de nous et même notre propre corps ne semblait plus exister. Il ne restait que nos yeux afin de vivre un voyage visuel composé d’hallucinations. Ainsi un délire stroboscopique nous entraîna dans un univers de formes et de couleurs aux mille et une textures. Imaginez un voyage à l’intérieur d’un kaléidoscope où vous êtes totalement entourés par ce que vous voyez. C’est à couper le souffle. Aussi fabuleux qu’une expérience sous l’effet du LSD 25, Timothy Leary aurait certainement apprécié ce voyage dans la lumière. 

 


8 mai 2008, 1:11
di E u = MC2
C’est une occasion en h2or que d’aller voir ces créatures qui semblent sortir directement de l’imagination. On ne parle pas ici de science-fiction mais bien de la réalité. Il semble moins compliqué quoique complexe que d’explorer l’espace plutôt que les profonds abysses où il est presque impossible à l’homme d’y accéder. La pression y est tellement élevée que les organismes y vivants sont d’une autre nature. Il y a encore beaucoup de mystères entourant les océans qui restent à découvrir. Nous sommes privilégiés d’être témoins de cette merveilleuse aventure qu’est la vie. Oublions les dieux et concentrons-nous sur la réalité de la diversité et conjuguons chacun des instants de nos questionnements afin de se rapprocher de la vérité. Ainsi la cathédrale du Centre des sciences de Montréal nous propose une foule d’activités afin d’ouvrir notre esprit aux découvertes dans un contexe ludique et enrichissant. On réalise alors que l’homme provient vraiment de l’évolution et que les religions sont le fruit de sa créativité et de son imagination. Y-aura-t-il un jour une rencontre du troisième type qui viendra enfin faire comprendre à l’espèce humaine que dieu est tout simplement égal à énergie.
7 mai 2008, 12:51
Quand les crinolines tombent
La mécanique des mouvements de ce spectacle nous entraîne au-delà du geste et raconte différentes histoires que chacun peut percevoir à sa façon. Les tableaux présentés dans “La nuit des Interprètes ” proviennent de plusieurs réflexions et prennent vie avec l’énergie des danseurs qui s’en inspirent. Plus d’un demi-siècle de chorégraphies revivent avec âme et passion. De la performance solo à celle faite en groupe, les différents enchaînements nous amènent à revisiter le sens des déplacements engendrés par la dynamique corporelle. Aussitôt exécutés, les gestes disparaissent à jamais tandis que certains d’entres eux se gravent dans la mémoire. Ce spectacle de danse mise sur très peu d’artifices à l’exception de la première scène où deux structures peintes en blancs tranchent dans le noir scénique et servent de repaire au danseur. Celui-ci explore cet espace et finit par disparaître derrière l’une d’elle. Quand il réapparaît, une seule partie de son corps nous est dévoilée et tel un ballon qui flotte, sa tête subit l’effet de la gravité et est attirée vers le sol. Sourire garanti. Ainsi l’échantillonnage des décades demeure actuel et nous amène à réfléchir sur le sens de nos propres mouvements qui sont à quelque part dignes qu’on s’y attarde.