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S’envoyer en l’air
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C’est toujours fascinant de voir comment la réalité aérienne d’un territoire peut ressembler à certaines structures cellulaires composants les végétaux et les animaux. C’est donc presque dans une sérénité suprême que l’on peut admirer ces bordures crevassées, ces îles aux dendrites effilochées et ces champs infiltrés par un réseau aquatique que les travaux de Guy Lavigueur nous transportent dans une réflexion contemplative. Chaque être humain sur terre a ses croyances ou ses non-croyances et l’exposition “Laisser sa trace” nous incite à croire que l’infiniment grand et l’infiniment petit se croisent à quelque part. Le noyau de l’atome et ses électrons ressemblent quand on y pense à notre soleil et ses planètes mais avec des vitesses de révolution différente. Puis notre grandiose galaxie tapissant le cosmos ne représente qu’un petit grain de sable dans tout cet univers. C’est comme si la matière s’imbriquait afin de créer une structure que l’on n’est pas encore parvenu à déterminer. Que représente donc cette immensité de matière en continuelle évolution? De bien grandes questions auxquelles l’homme tente de répondre afin de donner un sens à sa vie. Ainsi les photographies de Guy Lavigueur nous transportent aux confins de la rêverie et de la beauté. Un voyage aux couleurs de la réalité et aux comparaisons surprenantes.
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Queue de tornade
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Le mouvement des sculptures de Melvyn Flórez est sous l’emprise d’une force tantôt visible, tantôt invisible. Quelles soient d’apparences terrestres ou marines, elles obéissent au hasard de l’incontrôlable et le métal devient par la force des choses, docile. Provenant d’un pays où la générosité de la flore et de la faune est spectaculaire, cet artiste explore à sa façon une revisite contemporaine de l’art nouveau avec ces mouvements fluides et prévisibles. L’amalgame du fer avec différents métaux et non-métaux a contribué à créer cet alliage fort utile et recherché par les ingénieurs, les architectes et les artistes afin d’offrir de nouvelles propositions aux propriétés étonnantes. D’apparences fragiles, ces oeuvres portent pourtant en elles la solidité et rencontrent les variations climatiques. Melvyn Flórez nous invite donc à flirter avec des objets qui auraient pu être engendrés par la rencontre d’éléments tels que l’air, l’eau et le feu. Ainsi une touche d’élégance brille sous les projecteurs et réchauffe le regard de ceux qui rêvent d’exotisme.
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H2ART
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Quitter la partie la plus intime de notre mère afin de prendre notre premier souffle est inconsciemment naturelle. Après, c’est le coeur qu’il faut observer. C’est lui qui nous propulsera notre vie durant vers des terrains qui nous sont destinés. L’exposition “Quitter les eaux profondes” nous aspire tantôt dans un silence aquatique où l’imagination flotte au gré des talents qui s’y trempent, tantôt vers un questionnement sur cette ressource que l’on noie de jours en jours. Jadis les stromatolithes ont participé à l’évolution de la vie sur terre et ont contribué comme maillon à l’apparition de formes de vies plus évoluées. L’eau est apparue il y a environ quatre milliards d’années et a permis à la vie de se développer. Du plus profond des mers jusqu’à sa surface, la vie a foisonné sous toutes les formes jusqu’à une spécialisation du magma nucléique afin d’en arriver à l’homo sapiens. Ainsi chacun des artistes participants nous invite à plonger dans une hydratation visuelle afin d’établir un discours personnel sur cet or liquide qui un jour va finir par s’évaporer de la surface de notre globe.
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Home Depot a bien compris ça
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Qu’ils sont doux ces jours du mois d’Avril qui nous donnent l’espoir d’une belle et agréable saison verdoyante. En regardant à l’extérieur, on peut voir l'influence de l’hiver sur notre environnement immédiat. Ceci est un bel exemple de l’évolution que l’homme peut saisir et comprendre sur le vieillissement des accessoires que l’on abandonne ça et là avant l’hibernation. La détérioration d’un objet aussi banal qu’une tondeuse révèle également le même processus sur tout autour de nous y compris notre propre vie. Dans “Arrière-cour” Martin Grant donne la parole à des objets inanimés et les personnalise afin que l’on puisse presque les confronter. Cette forme d’expression aiguise les couteaux symboliques un peu abîmés et nous redonne l’énergie nécessaire que l’on a presque épuisée durant la saison froide. Ainsi tondeuse et cabanon sont comme Thérèse et Jean-Guy après l’hiver... un peu changés. Bonne saison et bon jardinage.
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Veillez-vous étendre
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Dans cette ère où l’on met beaucoup d’emphase sur les apparences, on oublie quelque fois que la véritable beauté vient avant tout de l’intérieur et ça ne se voit pas nécessairement du premier coup d’oeil. Sorel Cohen, dans ses travaux antérieurs, a exploré une photographie où le symbolisme et l’intelligence s’associent afin d’apporter une vision unique à ses recherches picturales. Dans “Divans Dolorosa”, on doit faire un exercice d’observation afin de saisir l’ambiance de ces lieux où l'on soigne l’inconscient des gens souvent refoulé par une foule de facteurs personnels et sociétals. Est-ce que chacun des objets présents dans ces différents sites est vraiment significatif de l’empreinte du professionnel qui y travaille? On peut certainement faire un lien entre l’identité de ces spécialistes des maux aux phrases réfléchies et ce qu’ils veulent véhiculer de leur milieu de travail. Toutefois, cette réflexion demeure dans le domaine de la perception, des profondeurs de l’abstraction et de la pure spéculation. Ainsi ces photographies sont une sorte de radiographie analytique de la personnalité de ceux qui y travaillent et qui vous invitent à vous asseoir ou à vous étendre. Réflexion sur soi-même ou sur un retour au chemin de croix pour les croyants qui investissent encore là où le seul Dieu existant se situe entre les deux oreilles.
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Funérarium
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Certaine artiste telle qu’Ivana Adaime Makac utilise de la matière vivante afin d’en faire leur leitmotiv créatif. Si on admet que l’art est dans tout, il faut toutefois trouver un sens à une démarche afin d’en proposer un spectacle. Cette installation offre donc aux visiteurs une esthétique qui favorise la réflexion sur la vie et sur son évolution. Les insectes deviennent alors les acteurs d’une production dont l’issue est une mort presque programmée. On peut y voir la notion de paradis terrestre avec tous ces éléments nutritifs qui comblent cette cohorte de bestioles. Avec le temps et on peut faire un parallèle avec notre planète, les richesses s’appauvrissent et la lutte pour la survie se développe dans ce laboratoire artificiel jusqu’à une dégradation de la vie végétale et animale du projet. Cette intervention ne manque pas d’audace et amène un questionnement sur l’essence même d’une recherche provocatrice sur la vie et de son expression artistique. Ainsi la terre promise se métamorphose en jardin des délices où la loi du plus fort l’emporte jusqu’à sa propre destruction. Un concept véridique qui va de l’avant et qui nous prend en otage afin d’assister à une vision métaphorique de l’oeuvre. Observations, analyses et réactions assurées.
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Cidanstyphier
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Donner à des citoyens une identité vestimentaire ne se fait certainement pas sur un coup de tête. Anne-Marie Ouellet s’est inspirée des traditions de nos cousins européens afin de développer un projet artistique basé sur certain code et symbole qui définissent l’apparence et l’histoire des habitants d’une région déterminée. On peut se demander quels critères l’artiste a retenu afin de justifier la confection des ensembles et surtout la capacité des tissus à répondre aux exigences de notre climat. Ainsi l’exposition ”Unicité et autres prototypes“ sort des sentiers de l’art et présente en ce début de millénaire des propositions qui ne s’identifient pas au prêt-à-porter que l’on peut voir dans les vitrines. Voici donc une vision créative qui habille non pas des canevas de couleurs et de textures mais bien le corps humain avec des matériaux intelligents qui concilient des facteurs climatico-historiques afin de personnaliser un moment précis de la fierté d’un peuple.
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