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Élément Terre
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La démonstration que fait Patrick Bérubé avec ses appareils électriques est le fruit d’une réflexion sur la recherche et le développement de concepts en arts visuels. D’emblée, l’homme, depuis qu’il colonise sa planète, évolue et cherche à améliorer son sort. Au-delà de l’expression, la finalité des codifications passe par des associations d’ordre psychométriques et ne manque pas d’intérêt. Dans un monde d’affichages et de repaires visuels, l’être humain se soumet à des directives et intègre inconsciemment des valeurs afin de guider sa destinée. L’exploration de ces propositions n’est certes pas nouvelle mais nous éclaire encore une fois sur cette capacité qu’a notre cerveau à établir de nouvelles connections synaptiques afin d’évaluer et de réévaluer les objets qui font partie de notre quotidien. C’est comme d’écrire le mot noir en jaune et de dire tantôt la couleur du mot puis tantôt de dire le mot coloré. Il y aura toujours une incertitude qui ne manquera pas de nous déstabiliser et de nous surprendre. Ainsi les travaux de Patrick Bérubé cherchent à établir une surexpression de l’objet en complémentarité avec son sens le plus élémentaire.
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Disjonction visuelle
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Ce qui est remarquable dans le travail de Michelle Laforest, c’est cette provocation qu’elle peint et qui pour quelques secondes nous déstabilise. L’artiste marche sur les traverses d’une voie ferrée dont les rails parallèles se rejoignent entre le réel et l’irréel à un point de fuite lointain. Cet effet nous entraîne dans un univers de distorsion bizarroïde digne des attractions des fêtes foraines. L’exposition “Troies” nous fait pénétrer également dans une maison des miroirs où la réalité pour le temps du parcours multiplie le véritable sens de cette recherche picturale. Tels les photons déviés par le champ gravitationnel, notre cerveau essaie de rationnaliser l’image qui se crée dans notre globe oculaire mais la résultante analysée induit une surprise à décoder et à reconstruire. Il faut donc essayer de saisir ce qui se cache derrière les apparences surprenantes de ces tableaux afin d’y déceler une stratégie d’expression contemporaine.
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Vas jouir dehors
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Tel un espace commercial à la suédoise où de petites flèches directionnelles sur le plancher nous guident vers toutes sortes de découvertes, le Musée de la civilisation présente une exposition concept sur le temps libre que l’on consacre à nos loisirs. On y explore l’aspect temporel de la vie qui passe par le fractionnement de séquences ordonnées tel que l’action et la récupération. Pour certains, c’est le dépassement de soi par tout ce qui est dynamique et énergique et pour d’autres, c’est la relaxation et la détente qui comblent cet espace de liberté. Ce parcours proposé par le Musée nous entraîne sur des pentes où la sélection choisie est démontrée par des accessoires qui déterminent l’activité convoitée qui mène là où le désir de chacun se réalise. Plus zen, les reposoirs corporels invitent à l’abandon et au ressourcement du corps et de l’esprit. Il est donc fascinant de prendre conscience que l’art s’infiltre dans toutes les sphères de l’activité humaine même dans ses loisirs. Une exposition oxygénée qui nous fait réaliser que le sablier peut se vider de sa matière mais que le temps lui n’obéit qu’au moment présent de nos décisions.
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C.Q.F.D.
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Depuis la nuit des temps, l’homme a toujours manifesté son désir d’explorer le réel et l’imaginaire par l’intermédiaire de l’art. Rosalie D. Gagné tente par ses installations d’exprimer son désir de compréhension de certain épiphénomène scientifique afin de démontrer le ludisme de leur mécanisme telle la respiration cellulaire. Elle le fait de façon accessible car la compréhension de la bio-ingénierie du cycle de Krebs n’est pas la chose la plus facile à comprendre en ce monde. Elle construit donc des objets qui ont une fonction qui marque le temps ainsi que la vie. Sa mission professionnelle guide l’observateur à percevoir ces phénomènes qui l’entourent et apportent une vision dynamique de l’expression artistique. Ainsi elle satisfait son désir de combiner arts et sciences et comme les mathématiciens, Rosalie D. Gagné atteint son objectif lorsqu’elle peut exprimer C.Q.F.D, c'est-à-dire ce qu’il fallait démontrer.
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La translation des restes
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Les différents volets présentés par Annie Baillargeon dans“ She Just Wants to Be an Actress” passent de l’esthétisme des photographies de David Hamilton à l’horreur des installations de Mark Prent. Où en est la perception de l’image de la femme dans cette ère environnementale? En observant le langage pictural de cette artiste, on se rend compte que chacune des ambiances présentées s’élève à un niveau émotionnel. Ainsi cet état d’esprit peut habiter un jour ou l’autre le corps et l’esprit de ces êtres porteurs de vie. De la délicatesse à la beauté, de la fascination à l’adulation, l’image de la femme peut passer du naturel au surnaturel. Plus tragiquement, quand la matière biologique se répand, on se questionne sur les rapports de force qu’il y a encore sur la planète face aux injustices que celle-ci subit. Un exercice bien ficelé qui donne à réfléchir sur une société qui mise encore trop sur les apparences. Ainsi Annie Baillargeon désamorce ce processus et présente à travers ce récit visuel des images fortes et troublantes qui remettent en question le véritable sens de la féminité.
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Le gène exprimé
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Le travail de Pascal Grandmaison fusionne avec la nature même de sa passion. Il cherche à infiltrer les détails les plus intimes de son médium de prédilection. En réalisant son intérêt sur le fractionnement du détail, il devient biologiste moléculaire et cherche l’ultime vision fondamentale. C’est ainsi que des bandes se juxtaposent tel l’expression d’un gène et de ses bases exprimées. Serait-ce la recherche de la structure la plus élémentaire qui incite Pascal Grandmaison à photographier l’intimité de ces objets. Ainsi pour l’oeil du profane qui observe ces oeuvres, il y a certainement un pas de géant à faire afin de comprendre le sens de cette recherche sur l’identité de la matière et de son impact sur l’art.
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Poing à la Ligne
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L’univers du film “La Ligne brisée” se passe de façon récurrente entre les câbles d’un ring et une amitié qui en prend un coup puis un autre. L’histoire, habilement montée autour de ces boxeurs, nous amène à une intrigue savamment présentée. La présence de la pièce musicale ”No Heaven“ de DJ Champion est totalement grisante et donne la direction émotive du film. Cette insertion dans le monde de la testostérone nous démontre une volonté de dépassement et de détermination. La gente féminine de “La Ligne brisée” n’est pas en reste puisqu’on se rend compte que leur jeu plus psychologique domine sur ces durs à cuire au cœur tendre. Un bel équilibre s’installe et nous incite à prévoir un dénouement qui laisse songeur sur une fin un peu trop subite. Chaos.
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La vie, la vie
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L’approche de François Chevalier peut en surprendre plus d’un. En effet, celui-ci exprime sa passion et son amour des insectes et établi un parallèle avec une espèce sans aile doté d’un cerveau et qui sommes toute est aussi fragile. Son obsession créatrice utilise ces entités aux propriétés aériennes afin d’établir un dialogue pictural sur ces êtres délicats provenant d'une très grande et diversifiée famille entomologique. L’art est dans tout, il s’agit seulement de le désirer et de l’exprimer. François Chevalier observe ce monde nous entourant et crée de cette matière vivante un hommage à l’évolution. L’adage qui dit qu’on a toujours besoin d’un plus petit que soi nous ouvre les yeux afin de réfléchir sur notre passage terrestre qui à l’échelle cosmique est égal à celui des insectes. Dans la “Friabilité de l’éphémère”, on peut ouvrir ou fermer les yeux sur ces oeuvres pleines de sens mais au bout du compte, dans des millions d’années, quand l’homme ne sera plus l’espèce dominante, ce sont les rongeurs et les insectes qui continueront à vivre sur notre planète en mutation sans aucun souvenir de notre passage. C’est ce qu’on appelle le juste retour du balancier….
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Cézanne, ouvre-toi
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Redonner une vie à de petits cercueils afin d’y faire renaître de jolis cadavres exquis exprime bien une conscientisation à récupérer des éléments qui nous entourent afin de leurs apporter une deuxième vie. Julie Liger-Belair crée et scénarise des scènes qui attirent et fascinent. L’observateur plonge tête première dans ces univers afin d’y découvrir et décoder les habiles associations que l’artiste concocte. À travers ces espaces restreins s’établie un équilibre qui tient la route et qui nous invite à trouver la destination proposée. Ainsi de cette imagerie associative naît de véritables petits bijoux aux propriétés magiques et uniques. Un véritable survol d’une époque où les artistes essaient de trouver des solutions imaginatives afin de prouver que la créativité se trouve dans tout.
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Quand le ciel nous tombe sur la tête
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À l’époque où les artistes de la Renaissance ont commencé à travailler en tenant compte de certains principes tel que la perspective, les espaces les plus démesurés ont pu ainsi donner cette impression de grandeur et de surprise. Les travaux de Jérôme Bourque réussissent en quelque sorte le même tour de force. Celui-ci déconstruit certaines parties d’une réalité des plus ordinaires et les reconstruit afin de faire apparaître l’extraordinaire. Ses travaux sont le fruit d’une réflexion contemporaine et donnent à ses images un pouvoir de transcendance sur la réalité. En s’appropriant de parcelles environnementales, il les associe au sujet principal permettant ainsi l’état fusionnel de différents plans. Cette stratégie créatrice étonne et a un grand pouvoir de séduction.
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