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Gilles Roberge
Gilles Roberge
July 2007 - Messages
28 juillet 2007, 1:59
L'homme orchestre
Perçu il y a une dizaine d'années comme un excentrique dont l'unicité nous déconcertait, Michel Lauzière en a fait du chemin depuis ce temps. Il fait preuve d'une grande originalité et sa créativité a dépassé nos frontières. Les américains le connaissent car à plusieurs reprises il fut l'invité d'un talk show très populaire aux États-Unis. Sa scène, c'était la rue où il se produisit avec des patins à roues alignées et des bouteilles accordées avec le bon volume d'eau afin de produire une mélodie cristalline. Quand on frappe l'imaginaire comme il le fait, on se fait remarquer. Il y a même une compagnie de voitures qui a basé sa publicité sur le même principe que sa performance avec les bouteilles d'eau. Flatteur peut-être mais il est à négocier avec celle-ci afin d'obtenir certains crédits pour son idée originale. Quand le génie créateur vous sort par les oreilles et que vous pouvez le concrétiser comme le fait Michel Lauzière, on se demande à quoi ressemblera ses prochaines interventions artistiques. Une chose est certaine, son talent et son ambition continueront à nous surprendre et à nous étonner.
25 juillet 2007, 2:35
Lux en fête
Cette proposition visuelle hautement photonique fait appel à la métamorphose des espaces urbains et redéfinit les lieux. Alain Fleurent allume avant tout l'esprit des autorités et des participants afin d'obtenir une collaboration de premier plan de ceux-ci. Son mandat créatif prend forme sur le mobilier urbain et sur les commerces zonés potentiels. Il veut créer une fête de la lumière en intervenant de façon à sculpter ces espaces et les distinguer avec une nouvelle vision. Un jeu de lumière à observer en ces douces soirées d'été où la noirceur ne nous atteint que tardivement. Un projet de participation qui semble stimuler les citoyens de Shawinigan et qui démontre que l'art peut prendre toute sorte de tangente.
25 juillet 2007, 11:27
Quand la vie s'expose
En comparant deux festivals qui fêtent leur 25e anniversaire d'existence, on peut plus facilement saisir l'importance et l'impact de ceux-ci. Le Festival Juste pour rire célèbre la fête du rire, les sorties de groupes, les soupers-terrasses et plusieurs bains de foule. Pour sa part, le Symposium international d'art contemporain de Baie-Saint-Paul célèbre la matérialisation des pulsions émotives, la découverte des visions personnelles et la recherche des valeurs esthétiques et leurs significations. L'un détend les muscles de visage tandis que l'autre éveille la réflexion. Dans les deux cas, ces réussites Québécoise sont admirables et confirment notre degré d'évolution culturelle. Ainsi ces artistes en arts visuels s'installent dans cette magnifique région du Québec et démontrent leurs talents afin de nous proposer des avenues exploratoires quelques fois fascinantes. Un baume estival stimulant pour l'esprit et un rendez-vous avec les architectes de l'image et de la forme.
25 juillet 2007, 9:41
La passion selon Mc Leod
Il peint le meilleur de lui-même en exprimant les forces issues de ses émotions. Sa sensibilité lui dicte les courbes à suivre et elles sont féminines. Il est fasciné par cette créature bipède provenant de l'évolution humaine. Son passage sur terre est éphémère à l'échelle cosmique et il le fixe sur ses toiles. Sa passion est telle que les corps se transforment selon ses enjeux intérieurs. Cette radiographie des états psychologiques se matérialise à travers les coups de pinceau. Nos mains, ces travailleuses irréprochables, sont ainsi traitées de façon à les remarquer. Elles sont en mode vibratoire saisissant l'ensemble d'un souci. C'est comme le moment précédant une éclaircie dans laquelle le soleil nous bombarde de ses rayons pénétrants à travers les nuages. Ce rappel de notre position dans cette partie connue de l'univers est essentiel et vital pour l'espèce. Ainsi les années passent et le souvenir de ces moments finit par fusionner avec nos cendres devenues partie intégrante de la planète bleue.
24 juillet 2007, 2:09
Véhicule air
L'intervention du passé prend une place importante dans le questionnement et les réalisations de Daniel Corbeil. À travers ses yeux d'enfant, le mystère de la voûte céleste resta gravé dans sa mémoire et aujourd'hui il l'exprime avec ses sculptures-installations de l'ère spatiale. L'exploration du cosmos nous ramène souvent à notre propre dimension terrestre et à son évolution. Sa préoccupation de recycler des matériaux et de les transformer en habits dignes de la série "Perdus dans l'espace" est rafraîchissante et accessible. Celui-ci semble en équilibre dans cette recherche plastique et son intérêt pour les hautes sphères nous entraîne dans un courant de pensée verticale. Après tout, nous avons surtout développé aux cours des siècles une notion de distance axée sur l'horizontalité. En regardant le ciel, on a donc peu de repaires afin d'évaluer les distances. L'atmosphère est composée de trois couches totalisant à peine une cinquantaine de kilomètres et au-delà de ça, on se dirige vers la thermosphère. Ainsi la distance entre Montréal et Toronto nous propulserait directement dans l'exosphère. On pourrait alors certainement dire "Bye Bye planète". Daniel Corbeil nous invite donc à léviter à travers ses fantaisies créatrices et nous permet d'explorer son univers où l'apesenteur nous fait lever la tête vers le ciel.
17 juillet 2007, 2:16
Second début
Les références temporelles d'un artiste sont le fruit d'une rencontre avec son évolution personnelle et l'espace-temps de son passage terrestre. Les Rodin, Rubens et Rembrandt pour ne nommer que ceux-là n'avaient pas les mêmes préoccupations que les hommes des cavernes ou que les artistes d'aujourd'hui. Pour sa part Dominique Laurent collectionne des éléments ayant eu une vie ou une fonction et invente une imagerie en caractérisant son moment présent par une intervention créatrice. L'évolution métabolique de concert avec l'esprit inventif fixe ces propositions et sont appuyées par la collaboration d'autres créateurs afin de diversifier l'équation plastique. Ainsi la résultante de cet amalgame d'idées favorise cette vision du partage et redéfinie le travail d'équipe.
17 juillet 2007, 12:52
Il nous montre de quel bois il se chauffe
Le travail de Ronald Thibert s'impose tel un chemin de croix qui raconte l'épopée d'un temps résolument passé. Il capte l'essence significative d'un moment historique et l'imprime sur ces tranches d'arbres ayant déjà eu des racines à quelque part dans une forêt. Ces totems nous font revisiter l'histoire de l'art de façon originale et nous situent face à nos références culturelles. Ronald Thibert fait flèche de tout bois et utilise ce matériau avec lequel on construit, on chauffe et on transforme afin d'extraire un instant photographique et ainsi satisfaire ses visions spatiales. Un parcours dans le temps et dans l'histoire à travers un ensemble d'éléments à fonction conductrice, les vaisseaux, et d'éléments de soutien, les fibres. Un clin d'oeil qui ne manque pas de veine et qui séduit par son alignement solennel.
14 juillet 2007, 9:52
Xavier l'alcaloïde
Si la caféïne nous stimule et nous tient éveillés, les compositions de Xavier, du même stimulant, ont l'effet d'un expresso bien tassé. Sa gestuelle saccadée rappelle le mouvement des acteurs que l'ont pouvaient voir dans les premiers films muets. Électrisant et énergique, il ne mâche pas ses mots et sa poésie décoiffe au maximum les chevelures figées au fixatif. Sur scène, il bouge bien et explore un créneau qu'on a rarement vu. On a l'impression quelques fois qu'il entre en transe et qu'il est possédé par une force mystérieuse. Provenant de la nouvelle génération d'artistes, ce talentueux compositeur s'impose de plus en plus avec sa vision tranchante du capitalisme, de la politique et de l'amour. Les textes percutants et les musiques endiablées accompagnent bien les états d'âme du chanteur. Passant par nos oreilles, l'effet stimulant de la prose urbaine de Xavier Caféïne se diffuse rapidement à travers nos organes vitaux. Un poète rebelle qui bûche depuis des années et dont la reconnaissance s'accomplie tel l'éclosion des bourgeons au printemps. On vous réchauffe votre café monsieur? Certainement.
6 juillet 2007, 2:31
Le cheval laid et la toile
C'est un peu comme une saison que l'on désire et qui arrive finalement. En ouvrant leur porte au public, ces artistes font éclater les bourgeons qui colorent de vert, de jaune, de rouge et de bleu l'oeil de ceux qui s'aventurent dans ces laboratoires de lignes, de formes et de couleurs. Bien sûr le fait de voir des oeuvres terminées, encadrées et exposées dans une galerie est certes le but ultime de la plupart de ces travailleurs culturels mais quant est-il au niveau de l'évolution d'une oeuvre? Il est toujours fascinant de voir comment un artiste travaille et ce qu'il doit résoudre afin d'arriver aux résultats qu'il désire. Cette neuveine est donc l'occasion d'établir une synergie qui stimule autant les visiteurs que les créateurs. Au même titre que les producteurs locaux de vins et de produits du terroir qui étalent leurs victuailles dans les marchés publics, on a ici l'occasion de consommer cette nourriture psychique qui alimente notre connaissance sur les artistes de la région. Ainsi la Grande Virée artistique trace un itinéraire parmi ces gens de talent qui exposent leur âme et qui démontrent les exigences de ce beau métier.
4 juillet 2007, 12:57
Ces mots de tête
S'investir dans un projet dans lequel on croit est synonyme de répondre à nos aspirations personnelles et enclenche généralement un processus qui laisse sa trace. Le projet proposé par Jonathan Boies et Pierre-Luc Maltais offre à qui veut bien l'entendre un palmarès de poésie qui s'inscrit dans un mouvement de création et d'interaction. C'est un peu comme un jardin de fleurs abandonné où la musicalité des mots est encombrée par l'envahissement des mauvaises herbes représentées par la jungle des publications. Ainsi la beauté et la simplicité de la pensée peut en être affectée. Faire revivre la poésie du passé et faire découvrir celle que l'on écrit aujourd'hui prouve que la langue française étend ses racines et embellit le paysage littéraire. Ces joyeux troubadours de la langue partent donc à la conquête d'une population certainement ouverte à vivre une expérience poétique rafraîchissante dans une forme ludique de participation.
4 juillet 2007, 9:46
L'avenue de l'Oréade
Lieu de convergence et véritable fourmilière des hiérarchies sociales et artistiques, l'avenue Mont-Royal est définitivement un lieu de passage et de rencontre. Cette 3e édition de Paysages éphémères explore autant notre sens historique, scientifique, écologique et artistique. Encore cette année le choix des projets est consistant et offre une variété éclectique d'ambiances. Du souvenir de nos ancêtres en passant par l'exploration céleste ainsi que par la quotidienneté de la vie, ces installations sont des centres d'attraction et de rassemblement. Certaines étonnent tandis que d'autres nous rapprochent de la nature. L'avenue Mont-Royal est impressionnante à descendre d'ouest en est avec en son point de fuite la plus haute tour inclinée au monde. Que ce soit pour déjeuner, flâner ou draguer, cette artère du plateau alimente le coeur d'un quartier où plusieurs cultures se rencontrent. Le projet Paysages éphémères cultive d'années en années des propositions visuelles qui charment l'oeil et qui stimulent l'esprit. Prochaine station, Mont-Royal direction soleil levant.