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Gilles Roberge
Gilles Roberge
April 2007 - Messages
28 avril 2007, 1:22
Bonne fête culture
Il faut absolument souligner cet anniversaire, un demi-siècle pour le Conseils des arts du Canada. D'être un artiste en arts visuels n'est pas toujours chose facile. Ceux qui réussissent à vivre de leur art représentent la pointe du iceberg. Alors tous les autres qui forment l'ensemble de cette vivante et évolutive culture n'ont pas toujours les moyens de leurs ambitions. D'un autre côté, la satisfaction de la créer est absolument incomparable. Je félicite spécialement Paul Mathieu pour l'ensemble de sa carrière de céramiste. Je l'ai connu il y a une vingtaine d'années et ce passionné a toujours réussi à transmettre sa passion et ses connaissances du milieu des arts. Qu'il soit honoré en recevant le prix Saidye-Bronfman est sans aucun doute le juste retour du balancier. Il faut donc regarder briller avec fierté l'éclat scintillant de ces cinquante chandelles culturelles qui illuminent la créativité et le talent de nos artistes.
28 avril 2007, 1:03
La coutelière
C'est certainement l'élégance et la rigueur de cet art millénaire qui a motivé Chantal Gilbert à l'explorer et à le combiner à une forme d'art plus contemporaine. L'orfèvrerie était déjà très représentée à l'époque des Égyptiens, des Grecs et des Romains. Par la suite, c'est en Europe qu'elle a pris son véritable essor. Dans l'exposition Points de rupture, nous sommes en présence d'une installation qui suggère les rituels d'une vie tribale. La pureté des lignes et l'éclairage dramatique figent cette ambiance dans notre esprit. Ces sculptures tranchent le temps et inspirent la vie où l'équilibre est presque atteint. Associant ses différents talents, Chantal Gilbert danse sur des pointes et le mouvement de ses oeuvres dégagent une force invisible. Elle nous invite dans un monde où les objets sont incisifs, perçants et subtils.
27 avril 2007, 1:34
Darwiniste un jour, darwiniste toujours
Je me demande ce que cette invention (la religion) vient encore nous démontrer dans un millénaire où l'homme a acquis des connaissances philosophiques et scientifiques. Retournons dans le passé disons il y a dix millions d'années alors que la planète était en pleine transformation. Il n'y avait pas plus de dieux à cette époque qu'il y en a aujourd'hui et il n'y en aura pas plus dans dix autres millions d'années. Alors c'est quoi ces guerres de convictions religieuses et ces milliers de personnes qui meurent au nom de leur dieu. Et les accommodements raisonnables? L'infiltration est déjà très présente et nous devons établir une régularité le plus tôt possible. Il faut que ces communautés comprennent que nous ne vivons plus au Québec sous l'emprise d'une mascarade religieuse. Elles sont libres de pratiquer leurs rituels dans leurs intimités; pas dans un gym pas plus qu'à la cabane à sucre. Elles doivent s'adapter à notre réalité et la respecter. Nous sommes de passage ici grâce à l'évolution, oui oui celle de Darwin. Je crois que l'espérance est un état d'esprit nécessaire mais pour moi elle se définit par la vie elle-même. Celle qu'on obtient neuf mois avant notre naissance et celle qui nous quitte quand notre corps ne peut plus combattre. Ainsi soit-il.
26 avril 2007, 2:57
Tu me fais tourner la tête
On est bien loin de l'art statique que l'on peut voir accroché à un mur ou sur un socle dans un musée. Marc Fournel nous démontre que l'approche multidisciplinaire peut donner des résultats étonnants. Ces installations dynamiques nous prennent par surprise et nous font réaliser que l'obsession créatrice peut provenir de n'importe quoi. La seule condition, c'est que l'artiste qui l'exploite y trouve une source d'inspiration et de réflexion. L'interactivité devient ici le moteur de ce processus de création. L'élément humain est la clé qui active l'activité de cette exposition. Oméga fait participer le visiteur et celui-ci fait parti intégrante de l'oeuvre. Cette performance tient presque du spectacle et s'inscrit dans notre mémoire. Ainsi les avenues sont presque illimitées en arts visuels et le côté ludique de cette exposition assouplit les théoriciens purs et durs. L'art bouge, son rythme cardiaque est bon et sa forme est excellente.
24 avril 2007, 3:22
Haut les mains
Voici le premier grand coup monté de l'année dans une banque d'Ottawa. Organisé par Marie Fraser et ses treize redoutables et recherchés complices, ces brigands de l'art ont pris d'assaut cette succursale bancaire afin d'y faire une recherche conceptuelle. Ils y ont exploré chacun des espaces afin de frapper fort. Sans faire de retrait ou de dépôt, on s'enrichit gratuitement et les intérêts sont intellectuels. L'exposition Rendre réel nous offre son butin et nous prend en otage le temps que mère nature colore de vert, de jaune, de bleu et de rouge notre environnement. Il est à noter que le bâtiment est présentement sous haute surveillance. Cependant vous serez inconditionnellement libérés après votre visite. Veillez noter que le guichet automatique est temporairement hors de service et que les caisses ne contiennent aucun argent.
24 avril 2007, 1:08
Tous les chemins ne mènent pas à Rome
C'est ce que chantait l'excellent et énergique Xavier Caféïne avec sa composition Babylone samedi soir dernier au Cabaret du Musée Juste pour rire. On devrait plutôt dire que tous les chemins devraient mener à Souris afin d'y prendre le traversier pour les Île de la Madeleine. Une fois rendu au large, des vagues, du vent beaucoup de vent qui nous basane la peau. Quand on les aperçoit, elles nous ouvrent les bras, nous charment et nous enivrent. Une brise marine s'empare de notre corps et notre regard béant enregistre la beauté des lieux. La Dune du Sud représente un des endroits par excellence pour se positionner aux îles. À proximité, les falaises rougeâtres sont tatouées par ceux qui y passent. Elles sont également sculptées par la mer et le vent depuis des millénaires. Au lever du jour, le temps se réinvente. À l'une de ses extrémités, la Grande Échouerie nous séduit par ses plages à perte de vue et à l'autre extrémité, le sable de la Dune Sandy Hock chante sous nos pieds. Au fil des jours et des routes, les îles nous dévoilent la beauté de ses paysages. Quand la nuit s'installe, on peut voir très clairement au-dessus de nos têtes un des bras de notre galaxie, c'est la voie lactée. Grandiose. Ainsi le souvenir des Îles de la Madeleine est gravé à tout jamais dans mon coeur et dans mon âme. Et dire que ce territoire acadien appartient au Québec, raison de plus pour en être fiers.
21 avril 2007, 1:30
Simplicité volontaire
En utilisant des couleurs primaires et secondaires dans cette nouvelle production, Lise Barbeau met de coté le fascinant monde des nuances pour aller vers l'essentiel. C'est comme si les longueurs d'onde obtenues à l'aide d'un prisme faisant marche arrière afin de revenir en un seul faisceau de lumière blanche, celui qui représentante l'âme. Cette simplification s'inscrit dans une démarche où cette artiste taille une pierre précieuse afin d'en faire ressortir tout l'éclat. Dans ce monde de performance, nous n'avons quasiment pas le choix de se mettre une carapace protectrice afin de résister aux sollicitations extérieures omniprésentes. Ainsi cette réflexion exploitée par Lise Barbeau prend tout son sens lorsqu'on réalise que tout vient de l'intérieur. Cette peinture à tendance philosophique est une sorte de miroir qui permet de mieux voir son propre moi.
20 avril 2007, 1:04
Falaise de cheveux
À la fois mystérieuses et attrayantes, ces masses foncées attirent indiscutablement notre attention. On pourrait y voir des taches noires sur une peau blanche, des enfants jouant dans la neige, une toile de Borduas, des êtres figés dans leurs âmes ou même un phoque cruellement abattu. Les narrations se multiplient lorsqu'on découvre que les images imprimées de Michele Peress sont inspirées par une obsession capillaire. Les poils qui nous recouvrent le crâne sont généralement fins, secs, ternes ou brillants. Ils sont également raides, souples, bouclés, crépus ou ondulés. Tel un amas de branchages assemblés en fagots, ces cheveux d'ébène sont comme des ilots volcaniques isolés dans le temps. Ainsi notre réflexion nous oblige à évoluer dans notre compréhension de l'expression artistique. Ces collages démontrent que l'obsession créatrice n'a pas fini de nous étonner.
19 avril 2007, 1:10
L'être planète
L'approche de ces deux artistes est à la fois complémentaire et parallèle. Boja Vasic tourne des images dans une fourmilière humaine qui semble avoir été programmée par ses habitudes et ses rituels. Il met hors focus tout le mouvement de cette foule en l'embrouillant. Tel un fluide en écoulement, il aspire vers lui l'énergie et sa conscience en est ébranlée. L'individualité se dilue et représente une simple goutte d'eau dans cet océan agité. Pour sa part Vessna Perunovich tient dans ses mains tout le bagage dont l'homme a besoin afin d'évoluer. La recherche de l'être complémentaire doit avoir un effet multiplicateur pour chacun des individus. Ainsi l'homme et la société doivent être intimement liés à travers les races et les religions. Nous évoluons tous dans un monde de plus en plus complexe et nous en sommes en grande partie la cause.
18 avril 2007, 12:27
Le jardin secret
L'exploration d'un espace peut prendre l'empreinte de celui qui expose. Pour Serge Gagné, les années de travail et d'expérience ont convergé vers une production qui anime ses préoccupations. Sa recherche picturale nous amène à percevoir une thématique où nous sommes invités à pénétrer le sujet afin d'y découvrir sa provenance. Notre regard caresse ces couleurs et ses formes gracieuses et charnelles. Recherchant ce que l'oil ne prend souvent pas le temps d'observer, Serge Gagné nous propose un effet de rapprochements successifs obtenu par la variété des plans. Ces textures organiques ne dévoilent pas immédiatement leurs provenances et conservent leurs mystères. Ainsi, volupté et ravissement enveloppent ces compositions végétales et humaines et nous invitent à l'interprétation et au sensualisme.
17 avril 2007, 1:11
Être ou ne pas être
Rafael Sottolichio transpose et transcende l'homme vers son esprit. Dans Engloutie # 19, le corps physique et l'immatérielle pensée coexistent l'instant d'un moment présent. La rencontre de ces deux forces se concrétise par la séparation de l'image et de son pouvoir. Cette peinture en mouvement nous amène tel un prisme vers la décomposition des éléments fondamentaux de la pensée. Rafael Sottolichio peint jusqu'à la limite du réel et capte notre attention par sa thématique. Sa recherche picturale passe de l'aube vers le jour et du crépuscule vers la nuit. Tel le débit d'une chute d'eau, les propositions de ce peintre se concrétisent et remontent à la surface formant l'écume de la conscience.
17 avril 2007, 12:50
Poussière sur la ville
Ce lieu semble avoir été habité par une civilisation disparue. L'installation de Jennifer Stillwell nous amène à planer sur cette cité où l'organisation architecturale prend une mystérieuse proportion. Les matières de base comme le béton, le plastique ainsi que le métal y sont représentées. Le filet tel un cadran solaire projette sur cet environnement des mailles d'ombre et de lumière s'étirant tout au long des jours. Le Yin, le Yang, le pour et le contre ainsi que la vie et la mort convergent vers ce lieu. Ainsi notre réflexion est stimulée par cette vision urbaine qui conserve son énigme. Elle nous invite à creuser dans notre imaginaire afin d'y trouver des réponses sur l'avenir de notre présent.
13 avril 2007, 7:52
Porte-bonheur ou porte-malheur
Qu'y a t-il de plus anodin que des portes, qu'elles soient conçues pour séparer deux espaces distincts ou qu'elles servent à protéger nos objets quotidiens. Elles nous apparaissent dès nos premières années d'existence et un certain mystère peut y être attribué. Elles sont témoins de nos goûts vestimentaires, des objets que l'on veut dissimuler et même de nos ébats sexuels. Tous les jours nous avons un rapport intime avec celles-ci. Du lever au coucher du soleil, nous les utilisons afin de les ouvrir et de les fermer. Les impressions photographiques sur toile de Kinga Araya nous font basculer instantanément vers un questionnement où les références sont presque nulles. Est-ce un nouveau type de méditation ou est-ce le résultat d'une action où la violence éclate au grand jour. Le fait de présenter les toiles en diptyques donne encore plus d'éclat à ces états humains inquiétants. Nous sommes ici témoins d'une recherche picturale troublante et pleine de sens. Dans Paroxysme, Kinga Araya explore une sorte de ballet aérien où le corps est figé dans un espace qui ne lui ait pas destiné. Elle nous invite donc à une porte ouverte sur l'analyse d'une nouvelle vision esthétique qui a du panache et qui dérange.
10 avril 2007, 12:55
Doux printemps, tu es revenu
L'axe terrestre pivote enfin et nous permet de sentir la chaleur de notre étoile solaire. Le renouveau printanier a incité Suzanne Pressé à parcourir les Cantons afin de rassembler une multitude de créations riches en couleurs et en découvertes. Elle permet donc un rayonnement de première classe pour ces artistes. En plus de séduire l'oeil, le Salon du printemps des artistes propose des performances où la musique, le mouvement et les mots s'envolent telle une volée d'oies sauvages. Le musée des beaux-arts de Sherbrooke ensemence ainsi le talent de ces chercheurs de formes et d'images. Il favorise par la même occasion la croissance et l'évolution du paysage culturel de la région.
10 avril 2007, 12:38
Le saut de l'ange
Si une image vaut mille mots, les travaux d'Alejandra Basañes valent trente mille maux. Ce texte et les images qui se crées dans notre imaginaire sont en chute libre. Ces estampes véhiculent un courant d'informations et dénoncent cette force vive du régime de la mort. Espérons que ce rituel ne représente pas la pointe du iceberg mais plutôt l'abysse de la médiocrité humaine. Les artistes sont des êtres sensibles et matérialisent la gamme des émotions dans leurs ouvres. Alejandra Basañes nous remémore ces atrocités en les libérant de sa conscience et nous invite à revivre ces vols de la mort.
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