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Gilles Roberge
Gilles Roberge
March 2007 - Messages
31 mars 2007, 12:14
Noircissure
Le Pas des âmes nous invite à puiser l'inspiration dans ces matériaux récupérés qui ont vécu en même temps que nous et qui ont vieilli. Ces papiers noirs ont été conçus pour une fonction et sont maintenant témoins d'un passé et réutilisés par Muriel Faille. Un peu comme la symbolique de l'hostie, ces fragments noirs deviennent les papiers buvards d'un cycle de la vie et d'une histoire. Broyer du noir en silence, c'est redonner la vie à la vie et redonner au noir son absorption complète de tous les rayons lumineux qu'ils captent. Ainsi le travail de Muriel Faille nous ouvre la porte sur la création d'une oeuvre réfléchie ayant comme caractéristique les perceptions et la sensibilité de celle-ci. Ces tissus d'habitation n'ayant au départ aucune valeur esthétique deviennent l'enjeu d'un concept idéologique et artistique.
30 mars 2007, 1:44
Quand la littérature coule à flot
L'écriture, c'est comme le diamant brut de la parole. Émettre des sons et les articuler en paroles nécessite des années d'apprentissage. Quand ce processus a atteint un degré de communication, l'écriture devient une parole silencieuse qui fait appel aux expériences de la vie et de l'esprit. Les Suspects de service proposent donc de mettre sur table leurs tripes en racontant ce qui les intéressent. En plus de contenir des mots et des idées, ce pichet littéraire propose d'abreuver une génération qui s'identifie à cette réalité et à ces convictions. Transmettre sa passion à travers un événement à tendance intellectuel mais accessible à tous dans un lieu hors du commun permet non seulement d'aller plus loin dans l'expérience de la création mais favorise également un événement estrien rassembleur.
30 mars 2007, 1:02
Vivre à mort
À travers ces estampes, la cessation de la vie, considérée comme un phénomène inhérent à toute forme biologique prend le dessus. Bill Vincent se questionne sur le fondamental. Que se soit la vie d'une étoile, d'un être humain ou d'une plante, quelle est la force qui s'organise afin de composer ce cocktail moléculaire qui dépend d'une action synergique offrant un droit de passage sur la planète? Dans Crackflowers, le réseau de racines exposées représente l'architecture dendritique s'accrochant aux pierres et à la vie. Force et fragilité se confrontent à chaque seconde de la vie donnant l'impression d'une suite sans fin. Quand la vie meurt, les particules restantes se transforment en matière moléculaire et s'immortalisent dans l'univers. Ainsi Bill Vincent nous propose une réflexion visuelle sur l'organisation de la vie et sur la détermination de la mort.
27 mars 2007, 4:22
Trois fois passera
Cet article est un véritable catalyseur de réflexion sur l'état du monde. Cette trilogie cerne le mouvement qui unit l'enchaînement d'un cycle telle les trois dimensions. Ça pourrait être matin, midi, soir; bleu, blanc, rouge; petit, moyen, grand ou froid, tiède et chaud. On sent une globalité dans ce couloir d'expression artistique. Quand Paula de Vasconcelos fait sa réflexion sur l'ambiance qui règne à l'aube sur la planète, elle crée une symbiose entre le croyant et le non-croyant et encourage l'union qui devrait régner sur terre. L'espoir d'un jour meilleur est renouvelable à chaque matin pour chacun des êtres humains. Ainsi on devient témoin d'une parcelle de lumière qui éclaire l'homme face à son destin.
24 mars 2007, 1:43
Disney givré
La bande dessinée originale ou empruntée donne naissance à des histoires et des personnages que l'ont s'approprient et que l'ont métamorphosent. Dans le monde fantastique de cet Amérique, les événements d'aujourd'hui se gravent et se graffittisent dans notre mémoire. Que le terre et les dieux inventés me protègent et m'éternisent dans un froid de glace se disait Walt Disney à sa mort. Je devrais être immortel et me réveiller dans cent ans continuant mon oeuvre où je l'avais laissée. À plus tard mes amis, vous ne serez plus là quand on reparlera de mes droits d'auteur.
23 mars 2007, 1:09
Tour de sphère
Le discours entourant une démarche artistique peut donner plusieurs sens à celle-ci. Jessica Auer stimule une fonction grâce à laquelle s'opèrent dans l'esprit la conservation et le retour d'une connaissance antérieurement acquise. Son objectif de cibler des lieux touristiques est un prétexte afin de revisiter le savoir et le souvenir. Quand il s'agit d'endroits où la nature démontre sa force et sa puissance, l'homme doit s'en approcher avec prudence et mettre en place des installations afin d'exploiter la beauté de ceux-ci. Chaque individu qui les visitera aura une perception et une émotion unique qui se gravera dans sa mémoire pour des années. L'accumulation dans notre cerveau de millions d'informations viendra ombrager un jour la splendeur de ces lieux. Ce qui est fascinant, c'est qu'une odeur ou une ambiance pourra raviver ces souvenirs enfouis même après des décennies. Ainsi en fixant ces attractions terrestres sur pellicule, Jessica Auer participe à une stratification de notre mémoire collective et met en relief une facette de son imagination rafraîchissante.
17 mars 2007, 1:05
Nuage de neige
La région qui présente cette exposition incarne le Québec sous le blanc manteau d'une tempête hivernale comme aujourd'hui. La symbolique de cette couleur qui les contient toutes est exprimée de différentes façons par ces artistes. Avoir un blanc de mémoire, se regarder dans le blanc des yeux, signer en blanc ou blanc- étoc ne sont que quelques combinaisons possible en littérature, imaginez en art. Se perdre dans dans cette profusion de photons stimule certainement la créativité. Ce thème ouvre donc la porte à toutes sortes de projets. En l'absence de blanc, les radiations éteintes s'allument et c'est le noir. Entre les deux, c'est la couleur.
16 mars 2007, 10:13
Pixel de pulpe
L'approche de Jérôme Fortin est de nature viscérale. Il fait la synthèse de documents qui ont eu une utilité informative et ludique et qui n'ont plus raison d'être. Avec un élan de créativité, Fortin tend à l'obsession afin de contenir tous ces papiers pour en créer un témoignage qui gagne à être déchiffré. Un peu comme la pierre de rosette, l'information du plus petit élément d'une surface de détection, d'une image échantillonnée ou d'une surface de visualisation, auquel on puisse affecter individuellement des caractéristiques visuelles s'organise comme des pixels. En prenant du recul et en faisant l'analyse de cet ouvre, Jérôme Fortin démontre clairement ses préoccupations environnementales et récupère pour donner une deuxième vie à ces matériaux. L'exposition Écrans condense une volonté verte de réutiliser cette pulpe tirée de nos arbres. J'ai de l'admiration pour cette démarche et aime moi-même transformer la matière afin de démonter que le cycle d'un objet peut vivre et revivre.
16 mars 2007, 7:31
Humaniser la matière
Quand on regarde les sculptures de Ron Mueck, plusieurs sentiments nous traversent le corps et l'esprit. Il y a quelque chose de fascinant de voir ces êtres qui sont figés dans un instant de leurs vies. On peut presque sentir battre leurs cours et notre curiosité nous incite à pénétrer leurs intimités et leurs réalités. Ce travail en plus d'être techniquement impeccable nous transporte dans la dimension que l'artiste a choisi d'exploiter. Son oeuvre hypermétrique Mère et enfant démontre la fabuleuse naissance d'un humain au moment où après les quelques 362,880 minutes de gestation, la mère expulse de son temple créateur l'ultime chaînon de la vie. L'être qui naît est pur, noble et égal à ses semblables. Que penser de ce même être humain après une vie entière où la colère, l'envie, la luxure et l'orgueil auront laissé des rides sur son visage? Peut-être que Ron Mueck en créant des sculptures sous-dimensionnées établi un ratio entre l'innocence d'un enfant et l'expérience d'un adulte. Une exposition quasi humaine et pleine de réflexion qui nous oblige presque à se confronter à soi-même.
15 mars 2007, 4:50
Sceller la mort
Claude Simard se fait archéologue et capte des souvenirs qu'il fige dans le temps. Un peu comme un bloc de béton qui reste stable pour des années, les environnements créés dans ces volumes de plexiglass sont la mémoire de son véçu à ce moment-ci de sa vie. Le rôle de l'artiste c'est de percevoir, véhiculer, traduire et exprimer ses pulsions intérieures. Il a scellé certains de ses souvenirs précieux afin de le protéger des influences extérieures. Comme un gâteau au chocolat sous sa cloche de verre, les oeuvres de Simard nous invitent et nous stimulent les sens afin d'établir un lien avec nos perceptions. Figer la vie qui est disparue est un geste et un rituel noble. Les Égyptiens embaumaient leurs pharaons et les disposaient dans des vallées secrètes afin que ceux-ci accédent à la vie éternelle. Serait-ce encore une préoccupation que de croire en cette vie peut-être pas si éternelle que ça?
13 mars 2007, 1:51
Quand l'irréel devient réel
Il y a longtemps que je n'avais pas vu de tableaux surréalistes. On sent qu'Helen Collin a eu un véritable appel pour ce style pictural et elle le rend très bien. Ses préoccupations territoriales sont bien démontrées dans la Mort d'un géant. En plus de décrier des actions politiques contestables, elle s'évade dans cette fantaisie et cette liberté de recréer à sa façon un monde imaginaire. Bien que provenant d'une autre époque, cette approche en art permet également d'être réaliste en proposant des sujets qui font la une de l'actualité. Ainsi traités, les tableaux d'Helen Collin participent à une allégorie de formes et de couleurs nous permettant de réfléchir sur certains enjeux tout en y découvrant une dose de magie et de pur plaisir pour les yeux.
13 mars 2007, 1:13
Vie suspendue
Tous ces ceintres suspendus dans le temps sont esclaves et porteurs d'enveloppes corporelles qu'on y suspend. Porter la vie pendant qu'elle passe, c'est obtenir l'oscar du meilleur rôle de soutient qu'un ceintre peut espérer. Éclairés, ils raccontent l'histoire de chaque être humain qui y dépose une tranche de vie. Memory of F.W. Bruce transmet le message d'un spectre qui revit. Tel la musique qui peut nous envahir et nous éblouir, l'installation de ce vêtement en berne appelle à la réflexion et aux interrogations de nos vies qui passent. Michael Bishop nous éclaire sur ses préoccupations esthétiques et nous touche par son témoignage visuel.
10 mars 2007, 1:14
Allons nous promener dans le bois pendant que le loup y est
Maurice Denis représente pour moi un artiste inconnu. J'apprends encore de cette époque où de grands peintres ont laissé leurs héritages culturels. Lutte de Jacob avec l'ange offre une valse en soutane avec un contact plutôt sympathique. Les deux sentiers tels deux serpents réunissent les personnages apparaissant sur la toile. Un désir de contact entre l'humain et le sacré se produit. La sensation de plaisir s'accentue avec ces quelques pas gréco-romano-érotiques. Ainsi l'emprise du sur-moi triomphe sur le moi dans cette figuration où le mouvement de la couleur vibre avec l'instinct de la vengeance. À cette époque, le carcan religieux était ministère et contrôlait le peuple pécheur. Une exposition à découvrir afin d'y interpréter le symbolisme qui s'y cache.
7 mars 2007, 12:19
Récréation dans la voie lactée
L'image figée de la vidéo Poussières d'étoiles de Patrick Beaulieu est assurément galactique. En faisant abstraction des arbres et des bâtiments, on découvre une des cents milliards de galaxies observables. Le big bang se produit quand on appuie sur Play. Une comète boulverse les trajectoires établies. À une dimension plus humaine, l'organisation ludique nous attire vers cette source lumineuse qui zigzague dans la nuit. L'art dans la nature s'éclate. En transférant ces images sur pellicule, Patrick Beaulieu éternise son univers créatif et nous fait voir des étoiles.
7 mars 2007, 12:49
Twilight 101
Imaginons pour un instant certains insectes plus grand que nature. Cette société grouillante risquerait de nous étourdir. On perçoit dans Fourmis un état qui met en péril et en déséquilibre le genre humain. Agrandir ce qui est petit ou rétrécir ce qui est grand vient boulverser notre vision du monde réel. Nathalie Grimard explore et fige ces états humains. Ainsi les mécanismes qui en résultent tel que la peur et l'insécurité sont orchestrées par notre apprentissage et la complexité des réactions biochimiques qui nous transforment. Dans Vertige, Nathalie Grimard devient psychartiste et met en relief ces zones grises qui sont invisibles et qui peuvent favoriser le développement des obsessions.
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