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L'école des métiers
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C'est intéressant de voir les endroits du culte se transformer soit en loft, en restaurant ou en galerie d'art. Il faut bien attirer les gens là où la parole de Dieu ne semble plus faire la loi.
Ayant à son actif plus de 900 sculptures, Alfred Laliberté aura immortalisé dans le bronze quelques-unes des plus grandes figures de notre histoire tel que Wilfrid Laurier, le curé Labelle et Dollard des Ormeaux. Ses oeuvres datant du début du XX siècle auront subi l'influence du grand maître français Auguste Rodin.
L'église Notre-Dame-de-la-Présentation devient donc le théâtre d'un événement où les oeuvres de Laliberté s'enlignent tel un chemin de la croix. On peut y sentir l'activité des travailleurs exécutant des tâches professionnelles.
Ainsi on découvre les métiers qui ont permi au peuple Québécois de construire et de transmettre de pères en fils l'excellence de notre savoir-faire.
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Affranchi
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À l'époque où la poste n'existait pas, il y avait les signaux visuels produits par la fumée, les pigeons voyageurs et les messagers.
De nos jours, la poste traditionnelle fait un lien plus régulier sur les communications écrites. Tant qu'aux enveloppes, elles sont cachetées par le fluide buccal qui scelle un message propre à chacun. Steven Renald en salive encore. Il est peut-être un des rares à explorer l'impact de la poste sur la création d'oeuvres d'art.
Dans son projet " Ceci est mon corps posté pour vous ", on aperçoit sur chacune des enveloppes qu'il utilise une partie de son corps enjolivée par différent médium tel que le pastel et l'encre. Expédiées aux quatre coins du monde à des adresses inexistantes, les enveloppes sont pour la plupart retournées à l'adresse de l'artiste.
Ainsi il explore une logistique établie, observe et réorganise le retour espéré. Le système fonctionne, la communication est validée par les différents sceaux postaux. Une réflexion qui est cachetée et oblitérée.
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Meurtre au lac
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La société Québécoise et le reste du Canada auront été de ceux qui ont statué sur la peine de mort. En effet, depuis trente ans, cet acte barbare ne se pratique plus ici. Il faut se remémorer qu'entre 1867 et 1976, seize femmes ont été condamnées à mort au Québec.
Émily Sprague, d'Isle-Maligne au Lac-Saint-Jean est l'une d'elles. Elle sera par contre acquittée après avoir été reconnue coupable. En écrivant le procès d'Émily, Line Gaudreault nous entraîne en 1925 dans ce qui aura été une véritable saga judiciaire où on sent un profond changement de la société Québécoise face à la justice, la place de la femme et l'émancipation d'un peuple subalterne face à un Canada usant de sa suprénatie.
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Le prince noir des bibliothèques
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Dans ce livre, Elizabeth Kostova déterre le comte Vlad de Valachie mort depuis plus de cinq siècles. Celle-ci aura passé près d'une dizaines d'années à lire et à se documenter afin de discerner le vrai du fictif.
Son objectif l'a conduit à voyager à travers les villages les plus à l'ouest de la Russie dont elle s'inspira afin d'écrire " L'Historienne et Drakula". Le défi était de taille. Revisiter une histoire aussi connue se devait d'être habillement construite.
L'ambiance créé nous transporte autant dans une aventure exaltante à travers toute la vieille Europe que dans un récit initiatique. D'une écriture aux accents gothiques, la construction est habillement menée et nous entraîne autant dans les bibliothèques que dans les monastères retirés et les cryptes mystérieuses.
Ainsi le vampire de Carpates salive à l'idée de s'offrir une pinte de bon sens sur une clientèle définitivement attirée par la culture et la connaissance. Transfusion garantie.
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Grande pointure cette Stéphanie Lapointe
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Cette douce jeune fille aux multiples talents a par sa simplicité conquit la coeur de bien des Québécois. Comme bien des gens, je l'ai vu l'hiver dernier à l'émission " Tout le monde en parle" et je l'ai trouvé pas bien dans sa peau.
Elle représente une belle image de la jeune génération et semble très mature et disciplinée. Dernièrement, elle a participé à l'hommage qu'on a fait à Serge Fiori et je dois avouer qu'elle m'a totalement envoûté.
Douce Stéphanie, tes mélodies sont comme un vent chaud et sensuel. Ta voix tel un filet d'eau hydrate notre âme et anime notre joie de vivre. Ton regard quelques fois mélancolique traduit bien tes préoccupations sociales. Comme l'infini, la lueur des beaux matins et ta fraîcheur amènent le soleil à briller dans nos coeurs.
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Timbré par un Clarence Gagnon
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Il y a 125 ans naissait Clarence Gagnon dont le destin fut de capter et de transposer ces paysages aux accents visuels uniques.
Olympien graveur, il remporte en 1904 une médaille d'or pour la qualité de ses oeuvres à l'exposition de Saint-Louis. Une série de récompenses et de prix s'additionneront tout au long de sa carrière. Il s'efforcera d'exprimer dans sa peinture les impressions fugitives telles que les perçoivent les sens en tenant compte d'un grand souci de la composition et de l'architecture générale.
Ainsi la magie que suscite la lumière dans ses toiles argumente la narration en décrivant ces paysages aux couleurs empreintes d'atmosphère. En 1974, les postes canadiennes reproduisent sur un timbre une oeuvre de l'artiste.
Amant de la nature, il fera l'amour avec nos plus beaux paysages et le fruit de cette conjugaison donnera vie aux murs du Musée national des beaux-arts du Québec le temps d'une floraison.
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Quand l'âme devient radioactive
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Quand ça se passe pas à Montréal, on dirait que ça nous fait moins mal chantait Diane Dufresne. C'est vrai, on est porté à penser dans le drame de Tchernobyl aux gens qui sont morts mais la vie des survivants, elle a vraiment culbuté dans l'horreur.
À travers les photographies de Václav Vasku, on passe dans la dimension où chacune des pixels se fusionnent afin d'absorber une partie de la douleur exprimée. Ces humains irradiés par la matière auront été transformés par cette énergie.
Ces photographies sont le souvenir et le témoignage d'un peuple éprouvé pour qui la vie a basculé. Le destin est parfois incompréhensible. La maison de la culture Frontenac située dans le gai-extension saura durant l'été nous faire réfléchir sur le temps qui passe et sur ces souvenirs qui doivent être revisités afin de ne jamais oublier cette zone condamnée et les êtres humains qui le sont devenus.
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Le presse-citron
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Quand on vient au monde, on vieillit pour devenir jeune. Quand on est jeune, on vieillit pour devenir adulte puis quand on est adulte, on fait tout pour avoir l'air jeune. Drôle de paradoxe mais c'est le contrat de la vie.
Julian Barnes dans " La table citron" nous offre onze petites merveilles qui nous présentent tour à tour l'histoire de personnages évoluant dans leur vie à différents moments. Ces récits dont certaines anecdotes sont authentiques nous offrent un menu rempli de saveur tantôt d'une délicatesse saupoudrée de tendresse tantôt teintée de l'humour inimitable de Barnes.
Ces tranches de vie nous font prendre conscience que chacune des journées que l'on vit ajoute une pièce supplémentaire dans la construction du processus de vieillissement. Ainsi qu'il soit jaune ou vert, le citron dans ce livre nous initie à la culture orientale dans son symbolisme le plus rafraîchissant.
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Quand l'espace devient habité
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Quand l'axe de X rencontre l'axe des Y, on pénètre dans un monde de linéarité où l'accumulation de points forment les lignes.
Le thème choisit pour la biennale nationale de sculpture contemporaine est joyeusement cartésien. " Le Temps du vertical et de l'horizontal" peut être interprété de mille et une façons. Nous vivons dans un monde qui est régit par ces axes. Pour un artiste, voilà une belle opportunité afin d'exprimer un concept en fonction de leurs perceptions.
En fait l'homme depuis qu'il est de passage sur la planète a lui-même définit les règles de la géométrie afin de construire des points d'ancrages dans ce magma organique que représente l'univers.
Une belle exposition en perspective s'offre à nous pour la belle saison. Durant les chaudes journées de l'été, ces lieux de culture s'auront nous rafraîchir et nous transporter là où l'imagination n'a pas besoin d'angles droits afin de s'exprimer par le biais de ces artistes sélectionnés.
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Il en a fait des scènes
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Peter Brook émet tel un corps céleste lointain et attire par sa brillance. Son rayonnement diffuse partout. Comme l'éclosion de la vérité, il est porté par le courant des révolutions esthétiques et politiques des années soixante et soixante-dix.
Il conteste à sa façon contre la guerre du Vietnam et contre nos voisins. Il provoque et devient influent envers la culture émergente. S'inspirant des 2A, Peter Brook s'imprègne de la culture de l'Asie et de l'Afrique.
Ainsi ses créations théâtrales tendent à se simplifier et rayonnent à travers l'essentiel et l'authenticité. Il mérite le respect de son biographe et éclaire tel un projecteur les acteurs avides de spiritualité.
À lire afin de rencontrer et de connaître les secrets d'un être animé par la recherche de l'absolue vérité.
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La caravane du mot dit
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Que l'on se le dise, les Têtes heureuses ont le vent dans les roues. Ce projet d'envergure sillonne les routes de la très belle région du Saguenay-Lac-Saint-Jean en répandant la bonne parole, la parole francophone. Celle qui nous identifie du reste du Canada et celle qui nous unie aux autres régions de la planète.
Quel beau prétexte afin d'accentuer nos origines et d'établir un lien avec les différentes communautés francophones d'ailleurs. Ce qui est fascinant dans ce projet, c'est de comprendre l'histoire derrière chaque groupe qui fait en sorte qu'un pays aura des milliers d'habitants qui parlent la même langue que nous.
Que ce soit les peuples du Levant, de la Suisse, de l'Afrique ou des Antilles, le lien francophone qui nous uni contribue à nous démarquer et permet l'échange de nos cultures. Les Têtes heureuses ont comme les gitans tracé une route afin de célébrer notre passion et notre fierté linguistique.
Prenons donc conscience de cette richesse d'exprimer notre pensée et de communiquer en français et prouvons à la face du monde qu'on a pas la langue dans notre poche.
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L'alchimiste
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La première fois que j'ai vu toutes ces chaises empilées dans un ballet aérien représentant des formes squelettiques, j'ai réalisé que le génie créateur de Brian Jungen ouvrait de façon spectaculaire une porte à la démocratisation de l'art.
À travers l'installation de ces imposantes ossatures flottantes jusqu'aux masques cérémoniels, ce jeune alchimiste des matériaux donne la vie à des objets de tout les jours. Ainsi la sélection d'oeuvres réalisées au cours de la dernière décennie sont les témoins d'un passé encore bien présent pour cet artiste.
De l'observation à la réalisation, on sent le lien ancestral de Brian Jungen avec les origines amériendiennes de sa mère et de sa nation provenant du nord de la Colombie-Britannique.
Il réussit à créer une atmosphère de recueillement et de contemplation comme dans un musée d'histoire naturelle. Vous ne verrez plus jamais vos chaises de parterre et vos espadrilles de la même façon. Un tour de force au carré et un voyage dans l'imaginaire sont au rendez-vous avec ces objets transmutés.
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Celle qui peignait des arbres sculptés
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L'exposition organisée par le Musée des beaux-arts du Canada inaugure cette exposition en étalant le portrait d'une femme exceptionnelle. Celle-ci aura eu l'ambition d'exposer et d'exprimer l'essence et les préoccupations de la fin et du début d'un nouveau siècle. Touche-à-tout, Emily Carr traduit dans ses peintures tel un photographe l'instant qui capte une parcelle de sa réalité. Provenant de sa conscience anthropologique et environnementale, elle immortalise les paysages et donne à cette nature grandiose des accents aux couleurs vibrantes à travers des coups de pinceaux aux propriétés narratives. Les scènes de cette peinture atmosphérique nous hypnotisent et nous entraînent dans un vortex poétique et écologique. La valeur symbolique des toiles relate une réalité encore bien actuelle. L'exposition " Nouvelles perspectives" ornera les murs du Musée des beaux-arts de Montréal à l'été 2007. D'ici là, on aura le temps de mieux connaître la vie et l'oeuvre de cette grande artiste et auteure canadienne qu'est Emily Carr.
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L'homme machiavélique
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L'homme de neige de Michel Bergeron assure des sueurs froides et tient en haleine tout au long de l'histoire.
Ayant connu Janie Jourdy, sa petite amie de l'époque, Bernard Blanchard alors dans la trentaine reprend des années plus tard contact avec celle-ci et se dit mourant dans un hôpital lointain. Souhaitant se confesser, les secrets dévoilés sont comme la pointe d'un iceberg et plus on avance dans le roman, plus on sombre dans les abysses de la terreur.
À travers les lettres de Bernard, on est entraîné dans un véritable tourbillon d'intrigues jusqu'à la dernière page. Absolument glacial.
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Passage
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Dans l'installation de Marie-Ève Parent "Les souliers", ceux-ci sont sagement disposés sur le sol selon une chorégraphie inanimée. Ils sont en paires et occupent un espace suggérant un alignement quasi-militaire. Qu'attendent-ils.
Notre regard balaie le plancher et imagine une présence. Les corps se matérialisent et tous regardent dans une même direction. Ils sont là au garde-à-vous. Le silence règne et les corps se déhydratent.
Telle une époque, les gens qui la composaient disparaissent. Il ne reste que les souvenirs et les empreintes de leurs passages. Pas à pas, nous avançons vers notre destin autant comme individu, comme groupe et comme société.
Ainsi nous sommes la seule espèce vivante à pouvoir chausser ces souliers afin de fouler la matière terreste et évoluer.
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