Bienvenue sur Voir
ouvrir session
FAQ
devenez membre
www.voir.ca
Gilles Roberge
Gilles Roberge
March 2006 - Messages
29 mars 2006, 10:46
Bonne nuit, mais vous ferez peut-être des cauchemars
La raison première d'un artiste, c'est d'exprimer ou de défendre une cause qui lui est viscérale. Ce sont les meilleurs ambassadeurs afin de démontrer par l'art toutes les beautés ou toutes les atrocités qu'ils croisent dans leur vie. Bien sûr qu'une biennale comme celle de Whitney est un théâtre de choix afin de sensibiliser la population à un art plus engagé. On est bien loin des beaux paysages ou des natures mortes. Cette forme d'art se veut plus orienté vers un discours dénonciateur de certaines politiques. L'art engagé n'est pas un art de salon et on ne l'installe pas n'importe où. Il doit être vu afin d'ébranler nos concepts de l'expression picturale. Il s'incruste dans notre esprit et inconsciemment revient nous solliciter à l'occasion. Cet art est troublant mais il nous fait réaliser qu'il est un contre-poids à toutes les injustices qu'il y a autour de nous.
29 mars 2006, 9:07
Blanchiment d'oeuvres
Serait-ce une recherche des derniers moments de la vie que d'explorer ce concentré de blanc? En effet, il semblerait qu'une lumière blanche et intense soit le dernier moment que l'être humain connaîtrait avant de mourir. Un long tunnel qui se dirige vers un point d'énergie. Selon certains spécialistes, la raison en est bien simple. Au moment de la mort, les derniers centres nerveux à être actifs seraient situés dans le cerveau d'où proviennent les hallucinations. Dieu vient d'en prendre tout un coup. Peu importe, un collectif d'oeuvres de choix nous ouvre une perspective vers des méandres légèrement colorés. Que faut-il comprendre de ces tableaux vaporeux? Est-ce cette lumière des lumières qui signe notre arrêt de vie ou est-ce une émotion déchargée de toute structure? Pour certain, c'est l'évasion, la lévitation ou la spiritualité tandis que pour d'autres c'est le vide et le non-sens. Au moins ici l'art aura réussi à faire réagir et ces oeuvres participeront peut-être à apporter une certaine paix intérieure.
28 mars 2006, 12:22
Quand les larmes prennent l'allure d'un ruisseau de sang
En regardant l'immense affiche de Jean-François Cooke et de Pierre Sasseville, je ne peux m'empêcher de faire un parallèle avec la photo de Brigitte Bardeau que l'on a vu un peu partout dans les journaux dernièrement. Ce qui ressort de cette comparaison, c'est l'émotion pure d'une tragédie personnelle et collective. On dit souvent que les yeux sont le miroir de l'âme. Ainsi toutes créations et causes sociales prennent naissance à l'intérieur de nous-même. Une sorte de combinaison synanthérée entre une perception et une émotion exposée. Dans "Vous faites pitié à voir", le duo sensibilisateur exprime un étât d'urgence provenant de l'âme afin de dénoncer à leur manière une souffrance qui doit faire réfléchir. On ne peut absolument pas rester insensible à ce message qui nous rappelle que ça tourne pas mal carré à bien des endroits sur notre planète.
28 mars 2006, 10:26
En passant par le noir et le blanc, on explore toute la palette des couleurs
A quelques pas du café Bla Bla, coin King et Wellington, Le Zybaldone semble avoir le vent dans les voiles. On y voit depuis quelques mois une variété de jeunes artistes pouvant accéder au plaisir d'exposer leurs oeuvres. Loin d'une ambiance austère des galeries traditionnelles, c'est l'endroit par excellence pour prendre une pause afin de se rassasier et d'apprécier par la même occasion le travail des artistes de la région. L'exploration des tableaux monochromes de Pascale Lafontaine est loin d'être monotone. Il faut se rappeler de nos cours de physique 101 où l'on nous apprenait que le noir c'est l'absence totale de la couleur et que le blanc par opposition, c'est le mélange de toutes les couleurs. Bien sûr le dosage et le facteur centrifuge sont essentiels afin de démontrer ce principe. C'est donc un beau cadeau que de voir les premières oeuvres d'une jeune artiste qui nous livre au-dela de la couleur les visions personnelles de son imaginaire.
28 mars 2006, 8:37
Quand le corps devient Tohu-Bohu
Un vent de l'ouest canadien vient aérer nos conceptions de la chorégraphie. De répertorier des actions quasi-oubliées comme le mouvement des machines à laver et de les transmettre à des danseurs est assez décapant. Regarder autour de soi et saisir l'engrenage qui amorçe une nouvelle action créatrice entraîne un travail intellectuel appréciable. En 1936, dans le film"Les temps modernes", Charles Chaplin après un tour du monde de dix-huit mois explorait des préoccupations similaires. Ainsi le bio-véhicule qu'est le corps humain continue d'explorer de nouvelles avenues afin de particulariser une vision singulière dans ses moindres détails. La sensibilité de Lola McLaughlin nous rapprochera peut-être un peu plus du point de jonction entre le corps et l'esprit.
27 mars 2006, 10:00
On "IRA" à Omagh au plus profond de soi
Ce film relate de façon tragique un événement qui s'est déroulé à Omagh, petite ville Irlandaise. Une famille vivra un matin d'août , il y a de ça huit ans, un bonheur familial sans se douter qu'il ne saura plus jamais le même. Ce bouleversant drame nous entraîne dans un tunnel enfumé par la mort. Les familles éprouvées s'unissent afin de comprendre et surtout de trouver des responsables à cet attentat. L'omniprésence des émotions donnent une juste note tout au long des mois suivant l'enquête. L'absence musicale est directement proportionelle à la vie qui n'est plus pour Aiden ainsi que pour une trentaine d'autres personnes. Que des mots et des états d'âme. Beaucoup d'espoir et quelques sourires motivent les proches des victimes mais le malaise demeure. L'enquête piétine et reste acide sans de véritables réponses pour ce groupe éprouvé. Une page difficile à tourner dans de pareilles circonstances. Encore une fois, la politique et la religion auront été le moteur de la haine et de la stupidité de quelques individus.
24 mars 2006, 4:00
Superstars indie-rock
C'est vraiment rafraîchissant de réentendre des ambiances musicales qui nous ont bien fait danser dans les années 80. A cette époque, le joyeux mélange du new wave et du punk nous a littéralement ensorcelé avec des groupes comme 'XTC' et 'Martha & the Muffins'. D'avoir la chance d'écouter des sonorités similaires, c'est l'occasion pour les jeunes de découvrir ce courant musical qui a été dilué avec les années dans un océan d'artistes et de groupes qui ne durent souvent que le temps de quelques marées. Les anciens et les nouveaux amateurs de ces rythmes 'Post new wave new millenium' appelé 'Indie rock' n'auront peut-être pas le look éclaté qu'on avait à l'époque. En effet, avec nos collants verts fluo, nos lunettes fumées couleur jaune citron et nos boucles d'oreilles faites de la pellicule des panneaux de signalisation, on ressemblait tous à des sapins de Noël sur l'acide. Enfin ce qui est important, c'est d'avoir le sentiment d'appartenir à un mouvement et de l'afficher aux yeux de tous en communiant avec la musique qui est sans cesse revisée et revitalisée.
22 mars 2006, 11:39
D'Amour et de musique
Cette auteure, compositeure et interprète à la voix unique a su au cours des années se tailler une place de choix dans la colonie artistique. Un parcours toujours évolutif qui la fit passer de son premier album" Animal" à son dernier-né "Hors de tout doute". Entre ces deux pôles, France D'Amour a exploré ses propres questionnements sur la vie et sur ses émotions. Passionnée de musique, elle évolue et acquiert une maturité qui se transmet dans ses compositions. L'art de créer des mélodies qui se gravent dans nos mémoires et qui nous plongent dans des univers et des ambiances uniques. Un peu comme un astre, France D'Amour nous attire dans son champs gravitationnel par sa sensibilité, son humour et sa joie de vivre.
10 mars 2006, 12:35
Tigresse et poète
Hiver comme été, sa voix nous réchauffe faisant ainsi danser les saisons d'un équinoxe à l'autre. I'm coming home... Une photo d'elle nous transporte quelques octaves plus haut, là où il faut bon être. Solennelle à la souffrance, l'Acadie offre un déchirant hymne à l'amour. Marie-Jo nous emballe et chante pour nous. Dans la lumière du matin, sa voix nous entraîne dans son arbre à fruits, là où le péché devient une tentation. Elle nous hypnotise et nous fascine. Marie-Jo, nous t'avons dans la peau.
8 mars 2006, 1:04
La vie d'ange d'un corps
Les expériences de la vie, l'évolution ainsi que les influences sont souvent les bases dont un artiste se sert afin d'exprimer son art. Valérie Guimond chemine sur un sentier où peu d'artistes explorent les résultantes et les embûches de la vie. En effet, on nous bombarde constamment l'esprit avec la beauté, la jeunesse et la santé. Mais qu'en est-il de la réalité? Pas toujours aussi belle. Ces corps ont le pouvoir de nous faire réfléchir sur notre propre réalité. Celle qui nous amène jour après jour vers le vieillissement. Plus de six milliard de véhicules humains affrontent des réalités différentes. Cette artiste en expose quelque une et nous ramène à l'ordre en nous montrant des exemples qui peuvent nous rappeler des êtres que l'on connaît et que l'on aime. Cet art est peut-être déchirant mais il est nécessaire.
8 mars 2006, 9:13
Dix nez land
Toutes ces couleurs sont certainement le reflet d'une grande volonté d'exprimer des tableaux provenant d'un immaginaire très en santé. C'est un véritable voyage vers des perceptions qui se définissent différemment pour chaque personne. Ces univers quasi oniriques pourraient passer de la dimension sculpturale à celle d'un tableau où les installations ainsi que les ombrages sur les murs donnent une impression de parc d'amusement. Tropicales et féeriques, ces ambiances ne manquent pas d'étonner le plus exigeant des voyageurs. Un voyage où votre esprit vous emmènera là où vous revez d'être.
7 mars 2006, 12:43
Cyclique cycle
Prendre conscience des forces de la nature semble pour beaucoup d'êtres humains une expérience difficilement réalisable. Notre univers corporel ainsi que notre univers tout court sont eux-même confrontés aux cycles. Avez-vous déjà étudié le cycle de Krebs? Peut-être pas mais ce n'est qu'un exemple des mécanismes sophistiqués qui régissent la vie. Pour ce qui est de dame nature, elle trouve son équilibre dans toute la complexité des différents systèmes. Sigrid Fisher explore les couleurs pures qui se juxtaposent radicalement à d'autres couleurs. Les univers chromatiques se chevauchent et la lumière anime les différentes perceptions que l'on a du temps qui passe. C'est le retour à la soupe primitive et à une démonstration des cycles. L'homme bâtit, détruit et reconstruit. La nature elle, subit, se réorganise et s'adapte. L'homme aussi mais la nature aura certainement le dernier mot.
7 mars 2006, 10:05
Stop
"Double sens" nous propose une interrogation sur le sens même du code. Derrière ces deux installations, les symboles perdent leurs significations. Maclean observe et change la codification établie. Il la décodifie et la transforme en objet d'art. Sommes-nous en zone de cul-de-sac ou est-ce l'indication d'un cul-de-basse-fosse. Stop. Les quelques centimètres muraux occupés par Mathieu Gaudet sont minimes. Pourtant l'impact visuel transperce l'espace et se l'approprie. Une force, un élément structural, un non-objet devient la matière même de l'objet exposé. Notre esprit lui-même est transpercé. Stop.
6 mars 2006, 10:38
Quand Vénus s'expose, Mars s'éclipse
Je trouve ça essentiel et même capital de voir que depuis quelques années on encourage un retour sur les valeurs et les réalités de la femme. Depuis un bon nombre d'années, la gent féminine s'est imposée et a pris la place qui lui revenait. Elle devait être forte et prouver aux hommes que son potentiel était égal ou sinon supérieur au sien. Marie-Claude Pelchat exploite une réalité qu'on a peut-être moins explorée. Elle réhumanise la femme avec ses problématiques et ses combats. Ainsi, d'exposer de façon photographique ce qu'elle pourra rencontrer au cours de sa vie démontre une grande conscience de sa sensibilité, de son intelligence ainsi que de ses introspections. Vous êtes aujourd'hui une alliée de premier plan qui continue de faire évoluer notre société malheureusement encore quelques fois phallocentrique.
2 mars 2006, 12:10
BazART
Les expositions de finissants sont toujours intéressantes puisqu'elles sont une sorte de limite entre les acquis académiques reçus et l'éclosion du style propre qui définit chaque artiste. Je suis intrigué de voir comment un créateur oriente son discours afin de développer un thème. L'installation de Stéphanie Pouliot en est un bel exemple. On se retrouve confronté par deux forces. Le désir de consommer, d'acheter et d'accumuler des biens d'un bord et de l'autre, l'impossibilité de le faire. C'est un peu comme dans une pub de Shopping TVA ou dans les circulaires que l'on reçoit à toute les semaines. La seule différence, c'est que là on peut passer à l'acte. Stéphanie Pouliot nous fait réfléchir sur notre mode de consommation et de surconsommation. Rien de mieux que des images statiques et dynamiques qui nous présentent des objets qui se fixent sur la rétine de notre globe occulaire. Cela a pour effet de créer soit un besoin qui dans ce cas ne peut être comblé ou soit une indifférence relié à une analyse rapide de notre cerveau qui n'accroche pas sur les objets présentés.