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Impertinences
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June 2008 - Messages
25 juin 2008, 1:32
Bonne Saint-Jean nationale!
Le 24 juin aura été encore une fois l'occasion de faire le point sur la question du Québec, de son avenir social et politique et de ses aspirations. Avec tout le débat autour de l'identité québécoise et l'échauffourée entourant la parution du rapport Bouchard-Taylor et ses conclusions, en plus de la récupération historique des célébrations du 400e anniversaire de la fondation de Québec par le gouvernement fédéral, le moins qu'on puisse dire est que le dossier était chargé cette année. Or, symboliquement, toutes ces questions sont reliées au conflit de dénomination qui frappe cette fête quand on en parle. Saint-Jean ou Fête nationale?

Toutes ces considérations étaient présentes à l'esprit de René Lévesque au moment où il a pris la décision, il y a plus de 30 ans, de faire du 24 juin la fête nationale des Québécois. Fête nationale, comme dans Assemblée nationale, comme dans "Les Québécois forment une Nation au sein d'un Canada uni"... C'est civique, inclusif, multiethnique. C'est la fête d'une identité territoriale et non ethnique. Avant ce coup de baguette magique législatif, la Saint-Jean était la célébration d'une "race", au sens ancien du terme - on dirait sans doute "communauté ethno-culturelle" aujourd'hui -, celle des Canadiens français, l'équivalent de la Saint-Patrick pour les descendants d'Irlandais. Rien de mal à ça.

Sauf que l'identification à l'Irlande est ancestrale. Les descendants d'Irlandais célèbrent à l'occasion de cette traditionnelle beuverie du printemps leur appartenance à l'Irlande partout à travers le monde. Ayant moi-même quelques poils roux dans ma barbe, je me joins d'ailleurs volontiers aux festivités. Mais qui fêtait la Saint-Jean avant ne célébrait pas l'appartenance à la France mais à une société francophone enracinée au Bas-Canada. On l'avait d'ailleurs d'abord appelée canadienne, cette identité. Et son symbole était la feuille d'érable.

J'avoue même (sacrilège pour un indépendantiste!) que la feuille d'érable me semble beaucoup plus représentative du peuple québécois. La fleur de lys installée sur le drapeau par Duplessis nous ramenait aux origines françaises (et la croix à la religion catholique), alors que la feuille d'érable représentait notre lien avec ce nouveau territoire (d'une certaine façon même une coupure face à la France) et même notre lien avec les Amérindiens. Ces symboles ont par la suite eu leur propre évolution dans les perceptions et sont désormais indissociables des concepts qu'ils représentent. Mais il me semble que si on avait pu mettre un copyright sur la feuille d'érable à l'époque, elle nous aurait mieux représentés.

Stephen Harper a donc raison quand il dit que le Canada en entier est né en français. Sauf que ce Canada-là, le premier, celui de la gang qui n'était plus des Français mais qui n'étaient pas des Anglais non plus, et tous ceux qui s'y sont intégrés, s'il n'a pas encore jugé opportun ou nécessaire de se construire un État indépendant pour le représenter, il n'en a jamais pour autant complètement intégré l'identité "canadian" venue phagocyter celle naissante que nous nous étions créée. Nous sommes encore dans le ventre de la bête (pas si méchante d'ailleurs, après tout, quand on compare). Mais nous sommes toujours indigérés.

C'est ce motton-là qui s'appelle le Québec. Et c'est ce qu'on fête le 24 juin. N'est-ce qu'un repas difficile à digérer, un parasite bénin ou s'agit-il de l'embryon viable de quelque chose d'autre? Ce n'est pas un pays, mais c'est déjà plus qu'une communauté socioculturelle. Est-ce que ça mérite une fête nationale? Personnellement, j'avoue que pour la musicalité des mots, j'aime mieux dire "la Saint-Jean". Je trouve aussi plus festif qu'une fête ait un nom bien à elle, comme le Carnaval ou l'Halloween. Quand il faut ajouter "Fête" avant, ça fait forcé. Et puis, ce "national" que les souverainistes plaquent partout où ils peuvent finit par laisser un drôle d'arrière-goût d'inachevé. On méritera une vraie fête nationale le jour où on aura un vrai pays.

Et le plus beau, c'est qu'on pourra alors ramener la vieille Saint-Jean pour tous ceux qui veulent célébrer leurs ancêtres canadiens-français en s'habillant en bûcheron avec des ceintures fléchées. Y'a pas plus de mal à ça que pour tous les O'Reilly de la planète de se peinturer la face en vert ou de se couvrir le corps de trèfles le 17 mars.

Mais le Québec est désormais beaucoup plus que ça. Alors d'ici à ce qu'on ait les deux fêtes, nous avons tout intérêt à considérer cette fête des Québécois comme étant nationale. Ne serait-ce que parce que c'est une bonne pratique...

...ET BON ETE

Comme la Fête nationale sonne habituellement le début de la saison des slow news et du remplissage médiatique à coups de pandas qui font de l'unicycle, de scandales autour d'un cul-de-jatte se voyant refuser l'accès au Palais des nains et d'effets secondaires de la festivalite aiguë qui nous frappe chaque été, c'est le moment idéal pour moi de prendre mes vacances de cette chronique. Je vous souhaite donc bon été! On se retrouve au mois d'août.

À la prochaine fois!


18 juin 2008, 8:42
Le complot anti-voiture électrique
N'importe quel fait de société qui nuit particulièrement à un groupe précis fait naître dans les esprits de ceux qui s'en estiment lésés toutes sortes de théories qui visent généralement à faire porter le blâme sur une puissance étrangère. Plusieurs musulmans voient encore dans les attentats du 11 septembre l'œuvre du Mossad. Dans la communauté noire des États-Unis, nombreux sont ceux qui croient que le virus du sida a été élaboré dans les laboratoires de la CIA.

Au Québec, notre plus ancienne théorie du complot locale consiste à suspecter qu'Hydro-Québec était sur le point d'accoucher d'un moteur-roue révolutionnaire qui aurait donné naissance à l'ère de la voiture électrique et propulsé le Québec au sommet de cette nouvelle économie il y a déjà quelques décennies, n'eussent été de tractations qui ont mené à l'abandon du programme, et dont on soupçonne qu'elles aient été le fait du puissant conglomérat automobile et pétrolier des États-Unis.

Que ces croyances soient fondées ou non importe peu. Si les thèses sont souvent farfelues et plus nourries par l'imaginaire de ceux qui en parlent que par les faits, il n'en demeure pas moins que des complots ont déjà existé à travers l'histoire (notamment terroristes). Sauf que, quand on pense à des complots, les films de James Bond ont pollué notre esprit. On imagine toujours un méchant suprême caressant un furet sur un fauteuil capitonné. La réalité est toujours plus complexe.

D'abord, rarement les puissants se disent qu'ils veulent devenir les maîtres du monde. L'esprit humain est ainsi fait qu'il doit trouver un prétexte moral à ses quêtes hégémoniques. Bush croit sans doute vraiment qu'il veut étendre la démocratie au Moyen-Orient. Comme Wal-Mart veut nous faire économiser et Bell favoriser la communication...

Et puis un vrai complot pur, c'est difficile à mener, ne serait-ce que pour garder le secret. C'est comme un vrai triple au baseball: ça n'existe pratiquement pas; il y a presque toujours une erreur défensive de cachée derrière qui a permis au coureur de se rendre au troisième.

Ici, il doit y avoir quelqu'un quelque part qui a évalué que face aux forces du marché et à la puissance de l'économie américaine, il était vain de dépenser de l'argent public pour tenter de développer, au Québec, une technologie concurrente et qu'il valait mieux bien s'entendre avec nos voisins pour qu'ils fassent affaire avec nous. Un genre de "un tiens vaut mieux que deux tu l'auras", et que cette perception a sapé les énergies consacrées à ce beau projet.

Ce serait beaucoup plus simple s'il y avait eu un complot, si une enquête menée par un hardi journaliste révélait que tel gars qui travaillait à Hydro-Québec a subi des menaces ou a été acheté par GM pour faire foirer l'affaire. On peut rêver qu'en révélant cette sombre histoire, on permettrait automatiquement de créer enfin au Québec une florissante industrie de l'automobile électrique, dont nous deviendrions les leaders mondiaux, avec des usines en Gaspésie toutes prêtes à embarquer leurs véhicules sur des bateaux pour aller conquérir l'Europe, et même pourquoi pas une équipe de F1 électrique toute québécoise, moteur par Hydro-Québec, châssis par Bombardier, avec Jacques Villeneuve et Patrick Carpentier comme pilotes, et qu'ils feraient la barbe aux pauvres fossiles qui roulent au gaz pour la plus grande gloire du Québec. Ce serait si simple si notre dynamisme avait été étouffé par quelques sombres vilains qui voulaient entraver ces pauvres frogs d'Amérique que nous sommes et nous contraindre à ne fournir au monde que des chanteuses à voix et des goalers de la Ligue nationale.

Mais c'est un fantasme (et mes excuses aux politiciens qui lisent cette chronique et qui viennent de venir dans leurs shorts...). Même s'il y a sans doute eu des forces à l'œuvre pour entraver le développement de la voiture électrique, ce n'est pas comme s'il n'y avait qu'un simple verrou à faire sauter pour réaliser enfin notre plein potentiel industriel. C'est toute une mentalité qu'il faut changer.

En choisissant d'accepter le projet de port méthanier Rabaska, dont on apprenait récemment qu'il pourrait bien servir d'instrument à la puissance énergétique des Russes, le Québec fait la preuve qu'il a une mentalité de succursale. C'est moins compliqué de se greffer en parasite aux succès des autres que de partir notre propre affaire. Et ça pèse plus lourd que n'importe quel complot.

ERRATUM

Il semble que j'ai fait une erreur la semaine dernière. Je proposais, en me disant que c'était très rigolo, que le Grand Prix du Canada soit à impact de carbone neutre. Or il paraît qu'il l'est déjà! Depuis 1997, la FIA fait affaire avec une entreprise qui plante des arbres et protège des forêts de façon à compenser les émissions de carbone non seulement des voitures de course, mais de tous les déplacements du personnel. Bravo. Je me demande seulement si, en appliquant cette recette à toutes les sauces, il ne viendra pas un moment où on manquera de place pour planter tous ces arbres...


11 juin 2008, 7:02
Le Grand Prix du bling
Le Grand Cirque de la Formule 1 est venu et il est reparti. Soixante-dix tours et puis s'en vont, non sans avoir entraîné dans leur sillage le festival habituel de pipole et de bling. En général, on adore ou on déteste. Il paraît que Jean Charest en est friand, et qu'il a même tenté de justifier d'avance sa passion en s'extasiant devant les efforts d'économie d'essence des écuries. Vincent Marissal rapportait dans La Presse que M. Charest s'était exclamé: "C'est la preuve que l'on peut modérer notre impact sur l'environnement, même en course automobile", ce qui nous donne une idée de l'opportunisme avec lequel Charest embrasse la cause écologique et nous abreuve de "développement durable". Pourquoi pas un Grand Prix à impact de carbone neutre, tant qu'à y être? (Ce serait un peu comme une brouette de course ou des mines antipersonnel biodégradables...) En tenant compte de tout le gaz qui se dépense, on pourrait sans doute reboiser l'Amazonie en deux ans...

Naturellement, le Grand Prix n'est pas ma tasse de thé. Ni mon dry martini. Trop de hype par rapport à la qualité du spectacle offert. Trop branchouille. Sauf que je serais quand même désolé de voir Montréal perdre son Grand Prix de Grand Prix  au profit d'une monarchie pétrolière ou de quelque autre tigre asiatique qui permet encore d'annoncer des cigarettes.

Chaque festival, chaque événement sportif d'envergure nous relie avec l'univers qui l'entoure. Culturellement, c'est moins tranché, le Jazz, les Films du monde et le Juste Riage ratissant assez large, mais l'envergure des FrancoFolies marque bien sûr notre appartenance à cette belle bibitte difforme qu'est la francophonie. Côté sport, le hockey est le symbole de notre nordicité. Le football, celui de notre nord-américanité/section Canada (LCF oblige). Le fait qu'on n'ait pas d'équipe de basketball majeure trahit la moindre importance que l'on donne à la culture black à Montréal. L'engouement pour le soccer pourrait nous relier à l'international mais il passe trop encore par les communautés culturelles (que je suggère d'appeler "Québécois de bouture" par rapport aux "de souche"), et l'Impact n'a pas encore été à la hauteur de son nom (à Montréal, on aime les équipes qui marquent des buts). De ce côté-là, ça passe plus par les Internationaux de tennis, quoique l'atmosphère feutrée entourant le tennis se prête moins à faire une grosse fiesta autour du tournoi. La ville ne sera jamais "tennis"...

Le Grand Prix du Canada (c'est son nom officiel...) représente quant à lui notre besoin un peu pathétique de faire partie du jet-set. C'est d'ailleurs le seul événement qui nous en fournisse encore l'occasion et qui permette à Guy Laliberté de faire ses mythiques partys. Pendant quelques jours, Montréal brille de mille et une commandites clinquantes et rutile de carrosseries spectaculaires. Et il y a des beaux chars, en plus... Ce n'est pas mon monde mais j'aime bien le visiter une fois de temps en temps. Et puis, aussi superficiel que ce festival du vroum-vroum de luxe puisse être, ça a quand même un impact (au moins sur les bars de danseuses). Montréal, c'est aussi ça. Aussi bien le célébrer.

LES PILOTES SONT "BITCH"!

Quand on compare les commentaires des pilotes de Formule 1 avec ce qu'on entend des joueurs de hockey, baseball, tennis, etc., une chose saute aux yeux (enfin, aux oreilles): ce sont des "bitchs" finies! En tout cas, c'est très différent des hommages à leurs adversaires que livrent régulièrement les joueurs de hockey. Et ça m'a rassuré sur le fait que ce n'est pas seulement Jacques Villeneuve, ça vient avec le Cirque...

Je veux bien admettre que l'état de la piste était désolant mais il y a la manière de le dire. Bourdais a dit dédaigneusement que c'était comme faire du moto-cross, avec l'air de s'être trouvé là une formidable excuse (la piste était mauvaise pour tout le monde!). J'en ai vu un autre à RDS faire une allusion fielleuse à la mauvaise décision de Hamilton à la sortie des puits, comme quoi ce n'était pas digne d'un professionnel, et un autre d'en rajouter avec une petite moue pleine de sous-entendus. Un peu plus et je me serais cru devant un épisode de Cover Girl...

L'INTROUVABLE RECETTE DE LA "BELLE 'SPHALTE" AU QUEBEC...

Devant la piste du circuit Gilles-Villeneuve qui se désagrégeait à vue d'œil, avez-vous pensé comme moi: "Coudon, si même pour la F1 on n'arrive pas à faire de l'asphalte qui tienne, y a un problème quelque part!" Nos pluies sont-elles plus acides qu'ailleurs? L'air est-il chargé au Québec d'une bactérie mangeuse de goudron? Ou bien y a-t-il un fournisseur, quelque part, qui a le monopole de tout l'asphalte qui se distribue au Québec et qui le dilue avec du lait en poudre pour étirer ses profits? À moins que ce ne soient les marmottes? Allez, M. Charest, me semble qu'on serait dus pour une commission d'enquête là-dessus... A-t-on trop accommodé les marmottes?


4 juin 2008, 1:38
Le tribunal des mots
De toutes les tempêtes dans un verre d'eau médiatiques qui viennent régulièrement nous éclabousser, il en est un type qui revient de plus en plus souvent et qui devient rapidement surréaliste. C'est lorsque le débat porte autour d'un mot, dont certains voudraient proscrire l'usage parce qu'il blesse alors que d'autres voudraient, au contraire, le réhabiliter pour regagner un peu du terrain de liberté d'expression perdu par l'œuvre de la rectitude politique. Du "bitter" d'Obama parlant des électeurs cols bleus qui se rabattent sur la religion pendant les périodes difficiles en passant par le "Reine-Nègre" de VLB pour parler de Michaëlle Jean, on débat à gauche et à droite du sens des mots et de l'opportunité ou non de les utiliser.

Récemment dans La Presse, Marie-Claude Lortie analysait cette tendance réductrice alors que, de Dany Laferrière en passant par Yves Boisvert et Pierre Foglia, d'autres ont participé au procès du "Reine-Nègre". Cette méprise qui cherche dans les mots des failles dans un personnage que les faits ne permettraient pas d'étayer fait déraper tous les débats publics. Et puisque c'est bien de procès qu'il s'agit, je me permets de vous présenter un texte en vers que je me suis amusé à faire, il y a quelques années, où j'ai imaginé justement qu'on faisait un procès à tous ces vilains mots...

Narrateur: Un jour, devant un tribunal,

Parurent, en lignes, des accusés

Dont on fit un procès(-verbal):

Juge: "Insultes, veuillez vous lever!"

Narrateur: Tous les gros mots étaient debout

On les avait appréhendés

Ils étaient capables de tout

Il fallait bien les arrêter

Il y avait fif, tapette, moumoune

Spagat, jap, youppin, frog, bloke et nèg

Grosse torche, agace, plotte et pitoune

Mongol, nain, sourd, aveugle et bègue...

Procureur: "Contre eux: une mine patibulaire

Et des actes répréhensibles

Tireurs fous du vocabulaire

Ils atteignent souvent leur cible

Dans leur lourd passé de mots durs

Ils ont fait de nombreux blessés

Ils sont méchants de par nature

Et bien connus des policiers"

Narrateur: Tel était le réquisitoire

Qu'un procureur avait dressé

Il fit d'eux un portrait très noir

Ou "sombre", si vous préférez...

Procureur: "Et qui donc prendra leur défense?

Le diable même n'oserait pas!"

Narrateur: C'est vrai que pour pareille audience

Le diable envoie... son avocat

Avocat: "Mesdames et messieurs les jurés

Mes clients sont tous innocents

Et utiles à la société

Je vous le démontre à l'instant:

Si dans un village de pygmées

Je me faisais appeler "le grand"

Dans une foule de grands bronzés

Ne m'appellerait-on pas "le blanc"?

Et si je crois faite la preuve

Que ces mots servent la clarté

J'admets aussi le fait qu'ils peuvent

Être très mal utilisés

Mais s'ils ont eu par le passé

De mauvaises fréquentations

Ces mots eux-mêmes doivent-ils payer

Pour les excès de leurs patrons?

Ils ne sont guère plus dangereux

Que ceux qui veulent les remplacer

Ces hypocrites termes pompeux

Qui sont toujours si compliqués

Les malades sont "bénéficiaires"

De quoi? On peut se le demander

Les malentendants sont-ils fiers

De ne pas s'entendre ainsi appeler?

Et le terme "de forte taille"

N'en est pas moins lourd à porter

Et pour quelqu'un d'aveugle, en braille,

"Non-voyant" c'est long à tâter

On peut dire nègre de son ami

"De couleur" en accusation

Et trisomique avec mépris

Et mongol avec affection

Et si tout est dans l'intention

Les bonnes, souvent, à leur insu

Sont à la voirie du Démon

Et travaillent à paver les rues

C'est triste, oui, mais c'est comme ça

Tout est dans la voix et le ton

Et il est interdit en Droit

De faire un procès d'intention"

Juge: "Pour circonstances atténuantes

Autant que vice de procédure

Ces paroles sont innocentes

Dans le parler comme l'écriture

À tous les nègres de la terre

Je souhaite la prospérité

À tous les vieux: pas d'Alzheimer

Et à tous les fifs la santé."

PARLANT DE MOTS

Je tenais à souligner mon appréciation des commentaires de lecteurs parus à la suite de ma chronique de la semaine dernière, Avec une brique et un crucifix, dans lequel je parlais du rapport de la commission Bouchard-Taylor. Des réflexions nourries, un langage dénué de vaines attaques personnelles... j'invite les lecteurs à aller y refaire un tour; ce débat complète à merveille la chronique. Une mention spéciale à Jean-Hubert Beaulieu qui n'était pas d'accord avec la majorité, mais qui a su expliquer son propos avec des exemples et des références historiques. Yves Saint Laurent a beau être décédé, l'élégance survivra...


François Parenteau
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