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Impertinences
7 mai 2008, 2:39

À la prochaine fois...

La saison de rêve des Canadiens s'est terminée en queue de poisson (au son de la dernière sirène - c'est quasiment poétique...). Champions de l'Est avant de s'écrouler contre les méchants Flyers du "traître" Brière... C'est un peu "agace", finalement. Ils auraient peut-être été mieux servis s'ils avaient fini quatrièmes ou cinquièmes de la division et avaient senti qu'ils avaient des choses à prouver en séries. La pression n'aurait pas été la même. Contre Philadelphie (et même un peu contre Boston malgré la victoire), on aurait dit que tout ce que les Canadiens avaient accompli durant la saison régulière non seulement ne comptait plus mais semblait même leur peser. Au moins, on sait maintenant qu'il y a plein d'éléments positifs dans cette équipe et que ce sera excitant de les voir se développer. Il ne manque plus que deux ou trois pièces au puzzle, de quoi alimenter les discussions pendant tout l'été.

Évidemment, comme l'an prochain marquera le centenaire des Canadiens, la pression sera forte. Le scénario idéal se terminerait en apothéose avec une coupe Stanley qui défile dans les rues de Montréal. Le public a faim. Mais il faudra aussi que ce public soit à la hauteur de la situation.

Au cours du dernier match au Centre Bell, bien des choses ont joué en faveur des Flyers, que, il faut bien l'avouer, tout le monde avait sous-estimés. On leur reconnaissait bien du talent mais on les disait moins organisés, indisciplinés et inconstants. Peut-être que c'était vrai en saison régulière mais ce sont là des défauts qui s'atténuent considérablement quand vient "la vraie saison". Les Canadiens ont fait face à une équipe plus libre, à des joueurs plus capables de suivre leur instinct, et donc forcément plus opportunistes. Avant tout ajout de joueur-vedette, c'est là que se situe le défi des Canadiens l'an prochain.

Mais il n'y a pas que sur la glace qu'il y a une adaptation à faire. Bien sûr, lors des derniers matchs, Price a semblé chancelant, Kovalev en a moins donné et on peut se poser des questions sur la cohabitation entre lui et Koivu. Latendresse semblait trop mêlé pour que sa bonne volonté prenne le dessus. Markov était l'ombre de lui-même.

Mais le public non plus n'était pas prêt. Pas celui présent au Centre Bell, en tout cas. À Montréal, on aime bien se flatter la bedaine en se vantant que les Canadiens ont les meilleurs fans. Les plus passionnés, les plus viscéralement touchés par les résultats de l'équipe, sans aucun doute. Mais les meilleurs? Quand les Flyers ont fait 3-3, samedi dernier, la foule en entier a semblé saisie par cette fameuse "douche froide". C'était tellement tranquille qu'on sentait bien que le doute s'était installé. Que même ceux dont le seul rôle est d'y croire n'y croyaient plus.

Pourtant, c'est à ce moment-là qu'il fallait faire le plus de bruit, faire péter le record de décibels. Mais non. Il a fallu qu'Andrei Kostitsyn égalise la marque en début de troisième pour que la foule retrouve son entrain mais tout s'est dissipé dès que les Flyers ont repris les devants.

Trop souvent, la foule montréalaise n'encourage pas ses équipes. Elle les félicite. Elle le fait plus chaleureusement que n'importe où ailleurs, bien sûr, mais il faut que l'équipe mérite ces ovations. Si les joueurs se cherchent un peu, ce ne sera pas long que des huées se feront entendre. En saison régulière, ça peut aller, le public peut même jouer là un rôle pédagogique. Mais en séries, c'est le temps d'être inconditionnel. Faut dire qu'avec les résultats des dernières années, les fans avaient peut-être perdu l'habitude. Disons-nous que la dernière saison était un camp d'entraînement et qu'on reviendra plus fort la saison prochaine...

UN PEU DE MEDISANCE, JUSTE POUR LE FUN...

En passant, juste pour "bitcher" (c'est aussi à ça que ça sert, suivre le sport...), question de jouer à Don Cherry, je vais picosser dans un tabou, ici. Après l'élimination des Canadiens, on a vu plusieurs de leurs joueurs européens se précipiter pour rejoindre les rangs de leur équipe nationale dans le cadre du championnat mondial qui a lieu présentement à Québec et Halifax.

Se pourrait-il que cette perspective ait joué psychologiquement dans l'effort consenti par certains joueurs? Les Canadiens commencent à connaître des difficultés en séries. L'atmosphère n'est plus aussi bonne. Votre gardien de but, censé être le sauveur, semble craquer. Les équipes déjà qualifiées sont épeurantes. Et, juste à côté, il y a tous vos compatriotes qui jouent ensemble pour l'honneur de la patrie. Si vous étirez la série contre Philadelphie, vous risquez de manquer le bateau. Si vous vous blessez aussi. Il me semble naturel que cette perspective vous traverse l'esprit une milliseconde, le temps que R.J. Umberger saute sur la puck dans l'enclave...

Ce n'est pas très grave, honnêtement, je trouverais ça tout à fait normal. Mais il faudra voir notamment comment Andrei Markov se comportera sur la glace pour la Russie. Tout au long de ces trop courtes séries, on aurait dit qu'il était blessé. Et voilà qu'il se porte volontaire pour le championnat mondial. Tiens, tiens...

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Jean Pierre Bouchard a dit :

re: À la prochaine fois...

Coïncidence douteuse de l'actualité qui n'accuse pas personnellement M.Parenteau. Mais il faut le dire que notre faible présence  du Québec dans le monde ne saurait se limiter au hockey car autrement c'est du désespoir.

Cela fait bizarre de lire ce texte sur l'état de partisan de hockey au Québec et l'avenir du Canadien de Montréal pendant que le gouvernement conservateur en symbiose avec la "reine " M.Jean fait du 400 ème de Québec un événement de l'histoire du Canada négateur de la réalité québécoise. Et cela en complicité avec l'inepte Sarkozy qui lié avec le clan Desmarais a décidé d'en finir avec le lien privilégié France Québec.

On peut en rire mais selon moi c'est sinistre de notre non existence internationale maintenant à moitié lâché par la France qui tente de nous faire le coup de 1763 en quelque sorte une nouvelle fois.

Et ce gouvernement libéral Charest de la démission est inqualifiable de quelque considération positive.

Trop de Québécois s'en sont tenus à des identités secondaires comme le hockey et se sont réfugiés dans des régionalismes par déni de leur réalité nationale. En 2008, plus que jamais, le hockey a été l’opium d’un peuple perdu. Nous préparons notre suicide collectif plus que jamais depuis la défaite référendaire de 95. C'est ce qui permet cette diplomatie de décapitation québécoise entre Harper et Sarkozy : un peuple à genoux!

# 07 mai 2008, 19:19

David Lépine a dit :

re: À la prochaine fois...

Cheap shot sur Markov, cheap shot sur les Européens qui ont porté l'équipe toute l'année.

82 matchs en saison régulière plus potentiellement un autre 28 ça fait bien trop de matchs. La LNH est trop gourmande.

# 08 mai 2008, 11:37

Benoit Gautier a dit :

re: À la prochaine fois...

À monsieur François Parenteau.

Normalement j’utilise le vous mais ici j’ai opté pour le tu. Cependant, sois assuré que c’est un « tu » de politesse.

Depuis que je te lis et que je t’entends, et ça fait un bon bout, j’ai toujours été très sensible à la lucidité et à l’humour raffiné de tes propos. Tu fais sûrement partie de mon top 20 des libres penseurs les plus inspirants du Québec contemporain.

Mais là, ça fait quelques fois que j’éprouve une profonde frustration à la lecture de la chronique Impertinences. Soyons direct : je n’ai absolument rien à cirer du hockey et des séries et des noms des joueurs et des paris sportifs et de la partisanerie et des émeutes de débiles. Tout au plus, je reconnais qu’il y a là un phénomène social important…mais je ne me sens ABSOLUMENT PAS CONCERNÉ, comme bien d’autres d’ailleurs. Je me retiens pour ne pas avoir de propos méprisants, ça serait trop facile.

Ma frustration est due au fait que la teneur du texte dont j’aborde la lecture dans mon journal est tout à coup complètement déconnectée de ce à quoi je suis en droit de m’attendre, pour ne pas dire « de ce que je désire, de ce qui me branche ». C’est comme si je lisais Michel Vastel qui déclinerait ses recettes de pâtes préférées ou Steven Guibault qui décrirait en détails la « game » de Monopoly qu’il a livré la fin de semaine passée avec ses chums. Pas rap pantoute!

Je veux bien accepter que François Parenteau, le gars, soit animé par la passion du hockey. Il en a le droit et c’est tant mieux. Mais considérant le calibre du personnage, et le poste qu’il occupe, je considère que c’est du gaspillage, voire du détournement. J’espère de tout mon cœur qu’il ne s’agit pas là d’un symptôme d’un virage prescrit par la direction du journal. C’est déjà assez éprouvant pour un gars comme moi d’encaisser la venue de « La Zone » à la télévision d’État, ayez pitié s’il-vous-plaît!

Cher François, pardonne-moi ce cri du cœur. Je n’ai pu le retenir!

Salutations sincères!

Benoit Gautier

# 09 mai 2008, 00:12

Jessika Fortin a dit :

re: À la prochaine fois...

Lorsque j'ai appris que les canadiens joueraient contre les Flyers, j'ai pensé que la série serait serrée mais que ce serait quand même assez aisé de gagner. Je dois avouer que je les ai sous-estimé. Et pas à peu près. Ce qui a bien fait rigoler mon père qui prend pour les Flyers. Mais bon c'est de bonne guerre, j'aurais fait pareil si les canadiens les avaient battu en 5. Mais pour mon orgueil j'aurais bien aimé que mon équipe fasse 7 matchs!!! Mais bon jusqu'à maintenant, c'est 2-0 dans les séries contre les Penguins. Douce vengeance. :)

J'aimais bien l'ambiance pendant les séries. Les p'tits drapeaux flottant partout. J'avoue que ce serait assez particulier de les voir gagner la coupe l'an prochain pour le centenaire. L'ambiance sera certainement intéressante partout au Québec. Je pense personnellement qu'il faut y croire jusqu'au bout. Tout au long du dernier match j'ai pensé que c'était encore possible de voir les séries s'allonger un peu. Nous avons tendance à encourager les joueurs quand ils vont bien et à les laisser tomber dans les moments plus faibles. J'ai vu beaucoup de gens critiquer Price qui a tout de même fait un bon travail durant les matchs réguliers et en série contre Boston.

Contrairement aux textes publiés un peu plus haut, j'ai beaucoup aimé ce petit entremède sports. Il y aura, j'en suis certaine, beaucoup d'autres occasions de parler politique durant les prochaines semaines. Et je n'aurais jamais pensé lire un jour des textes de François Parenteau portant sur son engouement pour les Canadiens...

# 12 mai 2008, 19:26


François Parenteau
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