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Avec une brique et un crucifix
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Je n'ai pas encore lu le rapport de la Commission Bouchard-Taylor mais d'emblée, j'ai l'impression que tout est de travers. Crise ou pas crise, des principes fondamentaux qui structurent l'avenir d'une société ont été débattus. J'espérais que les commissaires en viennent à suggérer une ligne claire qui aurait calmé l'atmosphère. J'ai plutôt l'impression que le débat est loin d'être fini.
Tout n'est pas à jeter, cependant. Prenez la recommandation d'éliminer le crucifix de l'Assemblée nationale. Mais on dirait presque que les commissaires l'ont incluse dans leur rapport pour permettre à Jean Charest de la refuser et de ne pas passer pour une moumoune identitaire à l'heure où l'ADQ et le PQ font leurs choux gras de ce thème.
Pourtant, voilà une recommandation sensée. On insiste ailleurs sur l'importance d'empêcher le port de signes religieux pour les représentants de l'autorité de l'État (comme les policiers, par exemple). S'il y a un endroit où tout signe religieux devrait être interdit, c'est bien le lieu même de l'exercice du pouvoir politique. Or, tous les partis s'entendent pour garder le crucifix qui trône au-dessus de l'Assemblée nationale. Beau message de laïcité...
Il me semble, au contraire, que de le retirer aurait envoyé un message clair à toutes les communautés religieuses (immigrantes ou pas): nous tenons à la laïcité des institutions publiques et nous vous le prouvons en commençant par éliminer même les signes de la religion historiquement majoritaire au Québec. C'est plus compliqué ensuite d'exiger un local de prière dans une école. Me semble qu'on pourrait mettre un drapeau du Québec, à la place. En plus, il y a déjà une croix dessus...
C'est différent pour la croix du mont Royal, les croix de chemin, les noms de saints qui criblent la carte géographique du Québec, les congés le dimanche. Tout ça fait partie du patrimoine historique, du tissu social sécularisé, et doit être protégé.
Puis, il y a cette recommandation de ne pas empêcher les professeurs ou les médecins et infirmières de porter des vêtements religieux. Selon les commissaires, il faudrait habituer les jeunes dans les écoles à se familiariser avec une femme voilée ou un monsieur à turban. C'est là que le rapport fait dans l'angélisme. Et on aura beau nous faire croire le contraire, c'est précisément de multiculturalisme qu'il s'agit ici.
Ce n'est pas du racisme que d'être troublé par une femme voilée. Qu'on le veuille ou non, notre époque est marquée par la montée des intégrismes religieux dans le monde. Il faut quand même en tenir compte. Soit que cette femme ne porterait pas le voile si elle avait vraiment le choix mais s'y voit soumise par la pression religieuse de sa communauté ou de son mari, et dans ce cas ce sont les valeurs d'égalité entre les hommes et les femmes qui sont heurtées, soit, si ce n'est pas le cas et que cette femme fait ce choix en toute liberté, par ses propres convictions, à la limite, c'est encore plus déstabilisant: elle choisit l'affirmation de ses croyances religieuses avant son intégration à une société qui fait de la laïcité un principe de base. Dans un cas, c'est une victime d'un ghetto; dans l'autre, une militante à l'encontre de principes fondamentaux. Si on avait au moins la preuve qu'elle peut l'enlever là où la loi l'exige, on saurait au moins qu'elle fait un bout de chemin.
Et puis, le fait que la directive vienne du gouvernement aurait au moins l'avantage de délester les citoyens de ce choix. Aucun mari ne pourrait forcer sa femme à contrevenir à la loi. Et rien n'empêcherait une femme musulmane de remettre son voile à la sortie des classes, comme un fervent catholique de remettre sa croix autour de son cou. Au Québec, on laisse ses convictions religieuses dans le vestiaire des institutions publiques. Ça, ç'aurait été une ligne claire et juste.
Bien sûr, interdire le port de tout signe religieux n'importe où en public serait absurde et totalitaire. Tout comme il serait absurde d'exiger que tous se parlent en français tout le temps. La liberté de religion est aussi importante que la laïcité des institutions. Mais que les institutions exigent la neutralité religieuse de ses représentants dans l'exercice de leurs fonctions me semble être la moindre des choses. Comme d'exiger le français.
Nous aurions pu collectivement en venir à cette entente: balisons rigoureusement les signes de religion dans toutes les institutions de l'État et examinons toute demande d'accommodement raisonnable par la grille de nos valeurs fondamentales, en retour de quoi la population devra faire preuve d'ouverture, les corporations professionnelles en premier lieu, afin d'aider à l'intégration de ces immigrants qui sont déjà tenus à respecter nos valeurs. Un espèce de donnant-donnant qui aurait calmé tout le monde.
Nous avons plutôt dit: laissez-nous nos vieux symboles catholiques à l'Assemblée nationale, et on va se forcer pour accepter vos voiles et vos kirpans dans nos écoles. Tout le contraire d'une solution unificatrice. Des ghettos bien lubrifiés... Est-ce bien la voie de l'avenir?
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La fin du ni-ni
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Dans un revirement de la politique étrangère française face au Québec-Canada, voilà que le président Sarkozy, le "pote à Desmarais" (qui semble lui avoir soufflé quelques idées à l'oreille), annonce la fin de la "non-ingérence, non-indifférence" qui était la marque des rapports privilégiés entre la France et le Québec en quête de son indépendance. Désormais, la France sera aussi amie avec le Canada, et la tournée de séduction de la mascotte fédérale Michaëlle Jean est venue illustrer cette nouvelle donne sur les tapis rouges français.
Chez les souverainistes, on s'insurge, on s'indigne et on se décourage de ce recul sur le plan international. Mais qu'est-ce que c'était que cette politique du "ni-ni"? Une pirouette diplomatique à la française qui ne voulait pas dire grand-chose: "On ne s'en mêle pas mais on ne s'en sacre pas non plus." Ça ne dit même pas s'ils sont en faveur ou non de l'indépendance, juste qu'ils ne sont pas indifférents. Wow! Quel guts! Et dire que depuis des décennies, les péquistes se pâment d'un tel slogan comme étant la preuve d'au moins un appui international à leur cause...
On ne peut pas demander éternellement à un grand pays comme la France de bouder un autre grand pays comme le Canada pour soutenir un projet dont l'issue est loin d'être imminente. Qui plus est, les pays qui doivent le plus impérativement reconnaître la légitimité d'un Québec indépendant, ce sont le Canada et les États-Unis. Le fait que la France les devance en appuyant la démarche pourrait alors nuire. Il ne faut pas oublier que, tout stimulant pour la société québécoise le "Vive le Québec libre!" du général de Gaulle a-t-il pu être, il n'en était pas moins entaché de cette vision paternaliste qui lui faisait voir devant lui non pas des Québécois mais des Français au Québec... On pourrait trouver que la France joue là un bien drôle de jeu.
Je ne dis pas que le gouvernement français ne peut pas jouer un rôle le jour où le Québec décidera de son indépendance. Mais il est inutile de lui demander quoi que ce soit avant, en tout cas publiquement, surtout quand le parti au pouvoir au Québec est fédéraliste! On s'oppose, avec raison, à ce que les États-Unis interviennent dans ce dossier, ça devrait être la même chose pour la France. Tout le reste n'était que triviales intrigues de cour et bitcheries protocolaires.
De toute façon, les premiers à convaincre de la légitimité de l'indépendance du Québec, ce sont les Québécois. Ailleurs, on ne peut appuyer cette idée que si elle se tient déjà debout toute seule...
PLOGUE DE BLOGUE
Au hasard de mes pérégrinations sur le Net, quand j'ai découvert que j'étais dépeint sur certains forums anglophones de Montréal comme un anti-bloke forcené, je suis tombé sur un site fort intéressant. C'est le blogue de l'AngryFrenchGuy (www.angryfrenchguy.com), mais le titre induit en erreur. On pourrait croire qu'il s'agit là d'un francophone enragé qui lance des invectives aux anglos dans l'anonymat d'Internet. Or, ce site, où l'auteur tente d'expliquer la perspective francophone et souverainiste en anglais aux anglophones, est exceptionnellement bien écrit et fouillé, le ton y est modéré, souvent sourire en coin. Inspirant.
En plus, l'AngryFrenchGuy en question est d'une sainte patience, évitant de s'emporter face aux posts parfois truffés d'insultes ou d'erreurs de faits qu'il peut recevoir. Et il est assez réjouissant de découvrir que plusieurs anglophones rabrouent eux-mêmes les plus à-côté-de-la-plaque. Un baume sur les inflammations semant la discorde qu'on voit si souvent dans les médias.
Parmi les sujets abordés, on trouve entre autres une analyse de l'histoire du bilinguisme à Montréal. En effet, la plupart des anglos ont tendance à oublier que c'est la loi 101 qui a fait de Montréal la ville bilingue qu'ils disent défendre aujourd'hui. Avant, dans son affichage comme dans les bureaux, tout se passait en anglais. Un commentaire récent faisait aussi remarquer qu'il n'y avait pas de mot en anglais pour traduire "indépendantiste", qui ne veut pas dire "nationaliste" et qui n'a pas la même connotation que "séparatiste". Il notait au passage que l'expression "pure laine" et tout ce qui est péjoratif se retrouvent par contre rapidement en usage dans la langue de Leonard Cohen pour parler des "separatists"... Et tout ça sur un ton exceptionnellement civilisé pour ce genre de plateforme et pour un sujet si délicat.
Paraîtrait cependant que plusieurs francophones ont reproché à cet apôtre de la compréhension (Georges Boulanger, un francophone, qui est aussi camionneur!) d'écrire en anglais (qu'il semble maîtriser parfaitement), et que ça en ferait de facto un traître à la cause... Bien sûr, il s'agit là d'une position stupide et à courte vue. Mais comme le faisait remarquer l'auteur d'AngryFrenchGuy, s'il choque les plus bornés des deux bords du canyon séparant les deux solitudes au Québec, c'est qu'il doit faire quelque chose de bon...
Ça vaut déjà mieux que tous les "ni-ni" de la France...
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Réécrire l'histoire
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En cette année du 400e anniversaire de la ville de Québec, on entend beaucoup parler d'histoire. Et on finit par ne plus savoir à quelle version se vouer. L'histoire n'est jamais neutre. Il y a toujours une intention derrière la main qui l'écrit. Et ultimement, la "vérité" historique importe peu. Ce qui frappe les imaginaires et marque les identités finira par triompher. D'où que l'enseignement de l'histoire reste un champ de bataille idéologique permanent.
Il était donc évident que la célébration d'une capitale nationale qui n'en est pas vraiment une (ou pas encore) allait être une véritable foire d'empoigne protocolaire. Le gouvernement Charest y a tenu son rôle habituel de paillasson et Stephen Harper en a profité pour vendre sa nouvelle version de l'histoire du Canada, où la conquête britannique sur les plaines d'Abraham n'est qu'une petite échauffourée sans conséquence.
Jean Chrétien, au moins, dans un rare moment de franchise identitaire, a déjà avoué à Stéphan Bureau (il me semble) en entrevue que "que voulez-vous, on a perdu", et qu'il fallait vivre avec. Mais Stephen Harper va encore plus loin en gommant même l'idée d'un vainqueur et d'un vaincu. Selon sa version, les Français ont commencé à fonder un pays, les Anglais ont pris le relais pour finir la job et on se retrouve avec un beau grand pays bilingue. Selon sa phrase fétiche, le Canada est né en français, comme si les Anglais avaient scoré un pays sur une passe des Français (à l'époque: les Canadiens) et que tous se réjouissaient ensemble. Une fabrication totale, mais qui le sert bien, et qui peut même avoir l'air vraie si on la répète assez souvent. C'est un mensonge taillé sur mesure, comme une housse, et déposé ensuite sur les aspérités historiques qui pourraient blesser. Ce n'est pas vrai mais ça "fitte". Une Histoire en trompe-l'œil.
Je comprends qu'on ait voulu éviter de faire du 400e anniversaire de Québec une grosse manif indépendantiste. De toute façon, ça n'aurait pas collé. Mais que l'entreprise devienne un festival de propagande fédéraliste et une occasion de noyer l'identité québécoise dans le nationalisme canadian me pue carrément au nez. Au moins, les Acadiens ont pu fêter tranquilles, eux. Pourquoi, au Québec, on ne peut jamais être autre chose qu'un sympathique sous-ensemble à la gloire du Canada? Si on tient tant à nous le répéter, c'est sans doute que ce n'est pas vrai. Pas encore. Mais si on ne veut pas que ça le devienne, il nous faudra bien une victoire un jour, qu'on puisse enfin célébrer ensemble quelque chose que personne ne pourra nous voler... Il n'y aura jamais d'autre façon. Et on pourra se rattraper au 500e...
ON REECRIT AUSSI L'HISTOIRE RECENTE: LE CAS DE L'ETHANOL
La flambée des prix des denrées alimentaires vient de réveiller la planète sur le fait que l'éthanol, qui utilise les terres cultivables pour produire de l'essence au lieu de nourriture, est un crime contre l'humanité. Même les grands médias en conviennent. Mais la plupart des analystes mainstream profitent de cette crise pour salir au passage les environnementalistes, les désignant comme responsables de ce dérapage. Ce serait les verts qui auraient poussé sur l'éthanol, c'est donc à cause de leur discours alarmiste qu'on se retrouve dans la merde aujourd'hui...
C'est n'importe quoi. L'éthanol n'est pas, et n'a jamais été, une cause des écologistes. Du moins, pas de ceux qui ont un minimum de sérieux. D'abord, l'éthanol ne règle rien en ce qui concerne le réchauffement climatique. Quand on tient compte de tout ce qu'il faut pour le produire, il pourrait même être plus nocif que le bon vieux pétrole! Pourquoi alors les gouvernements occidentaux ont-ils tous, un jour ou l'autre, plongé dans ce mirage? Récapitulons un peu.
Les écolos ont été les premiers à tirer la sonnette d'alarme: le climat se réchauffe, c'est en grande partie dû à l'activité humaine et il faut faire quelque chose. Dans les différents "quelque chose" à faire, il y avait plusieurs pistes. D'abord réduire les gaz à effet de serre en limitant les transports, notamment. On parlait aussi de "décroissance", une hérésie pour les capitalistes qui n'y voyaient rien d'autre qu'un retour à l'âge de pierre. On a donc d'abord ignoré les écolos en les faisant passer pour des dégénérés.
Mais voilà, les preuves que les écolos avaient raison sont peu à peu devenues irréfutables. Le monde industriel se trouvant fort dépourvu quand la bise fut venue, il se rabattit alors sur le seul bout de "faire quelque chose" dont il pouvait tirer profit: les nouvelles technologies. La liposuccion et les pilules amaigrissantes plutôt que le régime santé. La chirurgie esthétique plutôt que l'exercice. L'éthanol a été son échappatoire, sa diversion, en plus de plaire aux lobbys agricoles et nationalistes. Encore une housse jetée sur une réalité qu'on ne voulait pas voir.
Sauf que, l'histoire le prouve, ce genre de trompe-l'œil ne tient jamais très longtemps...
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À la prochaine fois...
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La saison de rêve des Canadiens s'est terminée en queue de poisson (au son de la dernière sirène - c'est quasiment poétique...). Champions de l'Est avant de s'écrouler contre les méchants Flyers du "traître" Brière... C'est un peu "agace", finalement. Ils auraient peut-être été mieux servis s'ils avaient fini quatrièmes ou cinquièmes de la division et avaient senti qu'ils avaient des choses à prouver en séries. La pression n'aurait pas été la même. Contre Philadelphie (et même un peu contre Boston malgré la victoire), on aurait dit que tout ce que les Canadiens avaient accompli durant la saison régulière non seulement ne comptait plus mais semblait même leur peser. Au moins, on sait maintenant qu'il y a plein d'éléments positifs dans cette équipe et que ce sera excitant de les voir se développer. Il ne manque plus que deux ou trois pièces au puzzle, de quoi alimenter les discussions pendant tout l'été.
Évidemment, comme l'an prochain marquera le centenaire des Canadiens, la pression sera forte. Le scénario idéal se terminerait en apothéose avec une coupe Stanley qui défile dans les rues de Montréal. Le public a faim. Mais il faudra aussi que ce public soit à la hauteur de la situation.
Au cours du dernier match au Centre Bell, bien des choses ont joué en faveur des Flyers, que, il faut bien l'avouer, tout le monde avait sous-estimés. On leur reconnaissait bien du talent mais on les disait moins organisés, indisciplinés et inconstants. Peut-être que c'était vrai en saison régulière mais ce sont là des défauts qui s'atténuent considérablement quand vient "la vraie saison". Les Canadiens ont fait face à une équipe plus libre, à des joueurs plus capables de suivre leur instinct, et donc forcément plus opportunistes. Avant tout ajout de joueur-vedette, c'est là que se situe le défi des Canadiens l'an prochain.
Mais il n'y a pas que sur la glace qu'il y a une adaptation à faire. Bien sûr, lors des derniers matchs, Price a semblé chancelant, Kovalev en a moins donné et on peut se poser des questions sur la cohabitation entre lui et Koivu. Latendresse semblait trop mêlé pour que sa bonne volonté prenne le dessus. Markov était l'ombre de lui-même.
Mais le public non plus n'était pas prêt. Pas celui présent au Centre Bell, en tout cas. À Montréal, on aime bien se flatter la bedaine en se vantant que les Canadiens ont les meilleurs fans. Les plus passionnés, les plus viscéralement touchés par les résultats de l'équipe, sans aucun doute. Mais les meilleurs? Quand les Flyers ont fait 3-3, samedi dernier, la foule en entier a semblé saisie par cette fameuse "douche froide". C'était tellement tranquille qu'on sentait bien que le doute s'était installé. Que même ceux dont le seul rôle est d'y croire n'y croyaient plus.
Pourtant, c'est à ce moment-là qu'il fallait faire le plus de bruit, faire péter le record de décibels. Mais non. Il a fallu qu'Andrei Kostitsyn égalise la marque en début de troisième pour que la foule retrouve son entrain mais tout s'est dissipé dès que les Flyers ont repris les devants.
Trop souvent, la foule montréalaise n'encourage pas ses équipes. Elle les félicite. Elle le fait plus chaleureusement que n'importe où ailleurs, bien sûr, mais il faut que l'équipe mérite ces ovations. Si les joueurs se cherchent un peu, ce ne sera pas long que des huées se feront entendre. En saison régulière, ça peut aller, le public peut même jouer là un rôle pédagogique. Mais en séries, c'est le temps d'être inconditionnel. Faut dire qu'avec les résultats des dernières années, les fans avaient peut-être perdu l'habitude. Disons-nous que la dernière saison était un camp d'entraînement et qu'on reviendra plus fort la saison prochaine...
UN PEU DE MEDISANCE, JUSTE POUR LE FUN...
En passant, juste pour "bitcher" (c'est aussi à ça que ça sert, suivre le sport...), question de jouer à Don Cherry, je vais picosser dans un tabou, ici. Après l'élimination des Canadiens, on a vu plusieurs de leurs joueurs européens se précipiter pour rejoindre les rangs de leur équipe nationale dans le cadre du championnat mondial qui a lieu présentement à Québec et Halifax.
Se pourrait-il que cette perspective ait joué psychologiquement dans l'effort consenti par certains joueurs? Les Canadiens commencent à connaître des difficultés en séries. L'atmosphère n'est plus aussi bonne. Votre gardien de but, censé être le sauveur, semble craquer. Les équipes déjà qualifiées sont épeurantes. Et, juste à côté, il y a tous vos compatriotes qui jouent ensemble pour l'honneur de la patrie. Si vous étirez la série contre Philadelphie, vous risquez de manquer le bateau. Si vous vous blessez aussi. Il me semble naturel que cette perspective vous traverse l'esprit une milliseconde, le temps que R.J. Umberger saute sur la puck dans l'enclave...
Ce n'est pas très grave, honnêtement, je trouverais ça tout à fait normal. Mais il faudra voir notamment comment Andrei Markov se comportera sur la glace pour la Russie. Tout au long de ces trop courtes séries, on aurait dit qu'il était blessé. Et voilà qu'il se porte volontaire pour le championnat mondial. Tiens, tiens...
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