HARPER ET LE BOYCOTT OLYMPIQUE
On peut penser ce qu'on veut du gouvernement Harper mais s'il y a un dossier où le chef conservateur a été relativement admirable, c'est dans son attitude face à la Chine. En mots, du moins, Stephen Harper a toujours été très ferme dans ses condamnations du régime chinois. Au point même de s'attirer des critiques de la part des nombreux observateurs qui disent que les bons liens économiques avec la Chine sont trop importants pour se permettre de s'y opposer idéologiquement.
Mais voilà, les Olympiques de Pékin s'en viennent. Au moment où l'on a octroyé ces Jeux à la Chine, tout le monde disait que ce serait une formidable incitation à plus d'ouverture et de démocratie dans l'Empire du milieu. Or, à voir la violence de la répression au Tibet, on dirait bien qu'il n'en est rien. Tout semble indiquer, au contraire, que le gouvernement chinois a voulu faire le ménage avant les Jeux pour qu'aucune manifestation politique ne vienne perturber son image de puissance qui s'affirme. Ça semble d'ailleurs être la règle dans toutes les villes qui ont hébergé les Jeux, et je me demande bien comment des gens peuvent encore croire que ce grand rendez-vous sportif planétaire puisse servir à faire avancer la démocratie. Comme récompense pour des progrès notoires, ça pourrait sans doute faire effet (par exemple, en Afrique du Sud pour avoir mis fin à l'apartheid). Mais comme incitation, ça ne marche tout simplement pas.
Ainsi, rarement l'occasion d'un boycott des Jeux aura-t-elle été aussi pertinente. Bien sûr que pour les athlètes, cette perspective est catastrophique. Tant d'efforts, tant de sacrifices et tant de rêves zappés par une décision politique, c'est démoralisant. Mais comme le mentionnait Jack Todd dans la Gazette cette semaine, que valent quelques médailles en regard d'un peuple entier qu'on tente d'effacer parce qu'il dérange les plans géostratégiques d'une dictature? Tous ces beaux sentiments qui font l'imagerie des Olympiques n'en apparaîtraient qu'encore plus faux, et même coupables.
Depuis le temps qu'on nous dit que le marché fait avancer les droits de l'Homme, c'est le temps de le prouver. Une commandite des Jeux est-elle toujours une si bonne affaire quand elle associe votre compagnie à la violence du gouvernement chinois? Essaiera-t-on encore une fois de faire semblant de rien? Sans doute, mais Stephen Harper a ici une occasion en or de montrer qu'il a des gonades. Et pourquoi ne pas proposer au reste du monde de tenir des Jeux alternatifs au Canada? En tout cas, si rien n'est fait et que le Tibet continue de souffrir sous la botte de Pékin, on saura définitivement que la supposée noblesse des Olympiques n'est qu'une gigantesque farce.
PAULINE ET LES SERIES
Ça y est, le Canadien, que la grande majorité des experts ne voyaient même pas "faire les séries", est maintenant assuré d'une place dans ces fameuses séries. Les sceptiques (et j'en étais) sont confondus et bien heureux de l'être. De plus, au moment d'aller sous presse, le Tricolore trônait en tête de l'Association de l'Est.
Mais ce n'est pas cette première place qui faisait la joie des joueurs du Canadien, lundi dernier. C'était l'assurance de faire les séries. Il faut commencer par là. Surtout ne pas trop s'emballer, tout le reste ne peut venir qu'après ça.
C'est un peu comment je vois la surprenante absence de contestation au PQ après l'abandon de l'obligation de tenir un référendum dans le premier mandat. La dernière élection ne s'est pas jouée que sur l'image d'André Boisclair pour les péquistes. Il y avait aussi cette "menace" d'un référendum dont bien peu d'électeurs voulaient. Les troupes semblent avoir fini par le comprendre. Le parti demeure toutefois ouvertement indépendantiste, ce qui est la grande différence avec "l'affirmation nationale" qu'avait prônée Pierre-Marc Johnson après le départ de Lévesque.
Ça peut tout de même sembler mou aux yeux des plus ardents supporters de l'indépendance. J'ai beau en faire partie, je ne peux que constater que cette perspective référendaire, présentement, empêcherait le PQ de prendre le pouvoir, peut-être même jusqu'à en menacer l'existence. On verra bien ce qu'ils feront s'ils prennent le pouvoir, mais au moins, ils se sont donné le moyen de le prendre.
Si Guy Carbonneau avait dit à ses troupes en début de saison que le but était de gagner la coupe Stanley, peut-être que l'ampleur de la tâche aurait découragé ses joueurs et que la chimie actuelle n'aurait jamais pu prendre place. Il a toujours parlé de faire les séries, un objectif clair et atteignable. Ce n'est qu'une fois cette condition remplie que tout est possible.
RED SOX NATION
Petite métaphore inspirante: autrefois, la "Red Sox Nation" était une confrérie de compagnons d'infortune accablés par la malédiction du Bambino. Mais depuis que l'équipe bostonienne a enfin remporté la Série mondiale, des millions d'amateurs joignent les rangs de ses supporters et achètent massivement les casquettes ornées du B des Red Sox. Mais il fallait d'abord faire les séries...