À suivre les médias américains, c'est à croire que la plus importante qualification pour devenir président des États-Unis ou occuper quelque autre poste politique important, c'est de ne jamais avoir dit un mot de travers, ne jamais avoir fréquenté des gens qui ont dit des bêtises et être fidèle à son conjoint. Et vous avez un gros plus si vous n'avez jamais inhalé de drogue. Peu importe que vous ayez menti à la population, que vous ayez nommé des incompétents idéologiquement aveuglés à des postes névralgiques et que vous ayez vous-même évité de servir dans l'armée en temps de guerre. Tout cela est bien secondaire. Ce qui prouve, du moins aux États-Unis, qu'on se cherche plus une mascotte qu'un leader...
Dans ce jeu médiatique du chat et de la souris, le racisme, le sexisme et le manque de soutien aux troupes sont des péchés capitaux. Dès qu'un candidat s'élève un peu trop, ses moindres gestes passés et présents, et même ceux de son entourage, sont scrutés à la loupe, voire au microscope atomique. Cette impudeur médiatique, qui ne fait aucune distinction entre la sphère publique et la sphère privée, est certainement la raison principale qui fait qu'à quelques exceptions près, les politiciens sont de plus en plus drabes ou de plus en plus menteurs, quand ce n'est pas les deux. Les êtres humains normalement constitués, avec leurs faiblesses et leurs moments d'égarement, ne sauraient s'en tirer sans être complètement démolis. Et je ne sais pas pour vous, mais j'aimerais savoir que ceux qu'on élit sont des êtres humains normalement constitués.
Car, honnêtement, qui peut soutenir pareille fouille complète? Qui n'a jamais bitché sur le sexe opposé, épisodiquement responsable de tous nos maux, comme chacun/chacune sait? Qui n'a jamais ri d'une bonne blague raciste, souvent même justement parce qu'elle était épouvantable? Qui n'a jamais, dans un excès de rage, souhaité à un individu les pires malheurs, y compris des choses illégales, pour évacuer un peu de pression? Et surtout, qui n'a pas dans son passé un ami, un pasteur, un prof, un boss ou un employé ayant proféré des énormités? Et d'ailleurs, si une telle personne existait, je la plaindrais. Sa vie doit être extrêmement plate.
Alors, bien sûr, comme les candidats aux plus hautes fonctions politiques sont malgré tout des êtres humains, cette détestable recherche de poux finit invariablement par être fructueuse. Et on nous les sert à froid, hors contexte, et le pauvre homme ou la pauvre femme doit alors se défendre immédiatement et même renier sur-le-champ ses amis pour sauver la face.
C'est sur ce plan que Barack Obama m'a impressionné cette semaine (encore une fois). En réponse aux propos controversés de son pasteur, plutôt que de se plier à cet exercice de purge obligée qui aurait nécessairement laissé des cicatrices dans son camp, il a tenu à remettre les choses dans leur contexte, à souligner que nous avons tous des faiblesses et que ce n'est pas une raison pour rejeter une personne comme si elle n'avait aucune valeur. Obama a même affirmé que sa grand-mère blanche s'avouait un peu raciste mais que ça ne l'empêchait pas de l'aimer. Traitez-moi de fleur bleue mais c'est d'un humanisme et d'une vérité trop rares en politique. Ce qu'Obama vient de faire n'est pas banal.
AH! QUE LA NEIGE...
Je ne sais pas pour vous mais chaque grosse tempête de neige réveille en moi une question lancinante: est-ce qu'il n'y aurait pas autre chose à faire pour tasser la neige de nos rues et de nos trottoirs? Je veux dire, ce branle-bas quasi militaire de souffleuses, de charrues et de camions qui maganent nos rues et ensevelissent nos véhicules me semble complètement archaïque et inefficace. Avec tous les progrès récents de la technologie, on en est encore là? Et tout ça a l'air d'être monstrueusement coûteux. Il n'y aurait pas quelque chose à faire avec des lasers, ou même des lance-flammes tant qu'à y être? Où sont les J.-A. Bombardier des années 2000? En train de pelleter leur toit, j'imagine...
TOUT SUR MOI
Je ne suis pas un fan de Tout sur moi, en fait, je n'ai presque rien vu de cette série, alors je n'en pense pas plus de mal que de bien. Mais je salue tout de même la décision de la SRC d'avoir reconduit la série à la suite, entre autres, des pressions des fans. Il me semble évident que cette émission avait de nombreux supporters. Assez pour qu'elle reste en vie et qu'elle aille jusqu'au bout de la durée de vie normale d'une série télé, en tout cas. Dans un petit marché comme le Québec, la recherche de grosses cotes d'écoute comme celles auxquelles des émissions comme Les Bougon et La Petite Vie nous ont habitués ne doit pas nous aveugler. À vouloir n'avoir que ça, on risque de rendre orphelins tous ceux qui cherchent autre chose. Et on se retrouvera avec une culture unique, une mollesse mainstream édulcorée qui attirera de moins en moins de monde. Bravo, donc, à Radio-Canada pour avoir su écouter.