UN GROS TABERNACLE POUR LE 100e DU CANADIEN
D'abord, parlons sport. L'année prochaine marquera le centenaire du Canadien. Ce n'est pas rien. Le tricolore est la seule religion qui puisse réunir l'ensemble des Québécois... Oui, bon, mettons des Montréalais, mais ce n'est déjà pas rien.
Rares sont les équipes de sport professionnel entourées d'une telle aura mystique. En plus, toutes les religions y passent. On parle de la Sainte-Flanelle. L'ancien Forum était qualifié de "Mecque du hockey". On parle aussi des fantômes du Forum, ce qui dénote une pointe de vaudou. Maurice Richard était un saint. Guy Lafleur est un martyr. Il suffit d'endosser l'uniforme tricolore pour faire partie du peuple élu. Et, au fil des victoires et des défaites, chaque coach vous le dira, il ne faut pas s'emporter et penser au prochain match. Très zen.
Plusieurs évènements spéciaux sont prévus pour souligner cet anniversaire. Ils célébreront tous le passé de l'équipe et son importance dans la vie de ses fans. Mais qu'en est-il du futur? L'objectif ultime, c'est bien sûr la coupe Stanley. Ce serait le fun en maudit que le Canadien réussisse à remporter le Saint-Graal du hockey pour son 100e anniversaire. Une manière de dire que ceci est la coupe de notre sang, le sang de l'alliance nouvelle et éternelle entre une équipe et ses fans, donc, notre coupe. Et on ne la laisse "découcher" dans d'autres villes que par grandeur d'âme; elle doit nous revenir. C'est la foi de tout supporter du Canadien, et encore plus en cette année du centenaire.
Pourquoi ne pas ritualiser cette foi? La coupe Stanley est un calice. Si nous voulons que ce calice revienne à Montréal, il faut lui faire sa place. Dans la logique de "Build it, and they will come" de Field of Dreams, construisons un gros tabernacle à côté du centre Bell, conçu sur mesure pour la coupe Stanley, avec son coussin de velours rouge, le signe du Canadien en relief, toutte le kit. On pourrait même en profiter pour en faire une vitrine pour nos producteurs de bois d'œuvre, comme pour la salle de l'OSM. Je lance l'idée à tous les fans invétérés, les Réjean Tremblay, les Stéphane Laporte et compagnie: Montréal a besoin de son gros tabernacle! Enfin un projet mobilisateur auquel personne ne pourra s'opposer...
PAULINE MAROIS ET L'ANGLAIS
Elle est un peu dure à suivre, Pauline, sur la question linguistique. On a l'impression qu'après être passée pour une méchante, elle veut se rattraper. Elle veut couper dans le programme d'anglais au primaire, mais appuyer sur l'accélérateur au secondaire, au point même d'enseigner l'histoire en anglais. L'HISTOIRE DU QUÉBEC EN ANGLAIS! Même Alliance Québec n'y aurait pas songé... Avouez que les plaines d'Abraham en anglais, ça n'a pas la même portée. Il faudrait au moins songer à enseigner cette bataille comme le faisait Marc Laurendeau du temps des Cyniques, en bilingue, comme à Blue Bonnets...
Remarquez, des fois, je me dis que la seule solution équitable pour tout le monde et apte à créer des citoyens vraiment bilingues, ce serait qu'il n'y ait qu'un seul système d'éducation au Québec, du primaire à l'université, et qu'il soit bilingue. 80 % en français, 20 % en anglais, à peu près comme dans la population.
C'est une idée complètement saugrenue, je sais. Mais je me souviens d'une conversation avec un anglophone de Montréal rencontré en voyage. C'est de lui que vient l'idée. Suivez le raisonnement, il n'est pas si absurde. Le gouvernement du Québec permet à sa population native anglophone (c'était son cas) de suivre une scolarité entièrement en anglais de la pré-maternelle jusqu'au doctorat. Mais une fois sur le marché du travail, il faudrait que cet individu, qui n'a eu que quelques cours de français, langue seconde, travaille en français! Non seulement il ne le maîtrise pas assez bien, mais en plus, sa formation ne lui a pas permis d'entrer en contact avec la population francophone et ses liens d'amitié sont confinés à sa communauté anglophone. On peut bien l'accuser de ne pas avoir pris les moyens de s'ouvrir, reste que le système ne l'y a pas poussé.
Ces anglophones formés entièrement en anglais finissent par prendre naturellement deux tangentes: soit ils foutent le camp, et on perd alors des cerveaux dans lesquels nous avons collectivement investi, sans parler des déchirements humains que toute expatriation entraîne inévitablement; ou alors ils rejoignent le camp des résistants au français qui n'ont de cesse de demander des assouplissements à la loi 101, des exemptions, quand ils ne finissent pas par s'en foutre. D'autant plus qu'une majorité de leur entourage y est hostile...
Une autre solution, sans doute plus raisonnable, serait que chaque Québécois doive vivre une année scolaire, toutes matières confondues, dans l'autre langue. Au moins une. Ce qui ferait qu'en plus d'avoir vraiment l'occasion d'apprendre la langue de l'autre, les anglos et les francos se croiseraient au cours de leur formation. C'est sans doute ce qui ferait le plus de bien.