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Impertinences
16 janvier 2008, 4:52

Les zombies anglos contre les fantômes francos

Mon avant-dernière chronique de 2007 comparait la réaction des francophones face à la montée de l'anglais à Montréal à celle des personnages humains face aux zombies dans les films d'horreur. À ma grande surprise, cette chronique a déclenché une petite tempête sur le site du Voir. Trente-huit commentaires, c'est beaucoup plus que d'habitude. Et à les lire, je me suis dit qu'encore une fois, pour plusieurs lecteurs, l'ironie du texte n'avait pas été détectée. Comme c'est mon travail à moi de faire passer cette subtilité dans le ton qui met un sourire en coin à des affirmations comme "les anglophones sont des morts-vivants au regard de la communauté francophone", mea-culpa.

Pour être clair, ce que je caricaturais, dans cet article, c'était les réactions de défaitisme linguistique et de panique indue des francophones face à un retour perceptible de l'unilinguisme anglais à Montréal. En conclusion, je précisais justement que les anglophones étaient des citoyens et non des zombies qui allaient tous nous contaminer, et que le meilleur moyen de promouvoir le français était de leur parler (en français) et même de s'en faire des amis au lieu de les fuir.

Et voilà que Le Journal de Montréal sort sa grosse enquête qui fouette le sang de tout le monde. Une journaliste trouve 15 emplois de vendeuse et de serveuse tout en faisant croire qu'elle est unilingue anglophone. Et pas seulement "downtown", même dans le Plateau! "Des faits troublants", rapportent les commentateurs, même les plus modérés. Pauline Marois a sauté sur l'occasion pour rejouer son meilleur rôle à date, celui d'un Mario Dumont avec des solutions. J'ai moi-même échappé quelques sacres devant les réflexions relatées de certains employeurs fleurant le mépris du style: "Ceux qui se plaignent sont rares et ce sont des chialeux".

Mais woh! les moteurs! me suis-je dit. On parle ici du Journal de Montréal, le champion de la controverse fabriquée de toutes pièces, de l'histoire montée en épingle, du chatouillage de corde sensible à coups de chiffres hors contexte. Dans la Gazette du lendemain, on dénonçait cette approche sensationnaliste qui ne fait rien de bon pour l'harmonie entre les communautés linguistiques et qui pousse à l'amalgame. It takes one to know one...

Certains faits sont indéniables. Il existe à Montréal des anglophones pour qui le fait français est une "pain in the ass". Ils ne vont pas se montrer dans les commissions citoyennes, ils ne font pas de grande marche de haine dans le centre-ville, mais il y en a. Suffit d'avoir à passer par notre aéroport de PET et de prendre un avion d'Air Canada pour s'en rendre compte. Et ce qu'ils ont de suprêmement arrogant, c'est qu'on a l'impression qu'ils se disent que ça va passer, que le temps joue en faveur de l'anglais et que ce n'est pas la peine de réveiller la bête pour rien.

Mais pour choquants que soient ces individus, ils ne sont pas la majorité, même chez les unilingues. C'est parfois dur à admettre, mais c'est tout à fait possible de mener une vie trippante à Montréal sans parler français. Il n'y a pas de volonté d'assimilation derrière ça. Ni même de mépris pour la grande majorité. Juste un peu de paresse intellectuelle.

Parce que si les anglophones de Montréal sont des zombies pour les francophones, ces derniers - au centre-ville de Montréal, du moins - sont des fantômes aux yeux des Anglais.

Il y en a des milliers, des francophones, qui fréquentent le centre-ville. Mais la majorité d'entre eux sont à peine visibles (et audibles) pour les anglophones. Dès qu'on s'adresse à eux en anglais, ils disparaissent ou se métamorphosent en anglos. Si bien que plusieurs anglophones ont beau jeu de ne même pas y croire. Le francophone est insaisissable, éthéré, translucide. Si les anglophones croisaient plus souvent des francophones en chair et en os, qui tiennent leur bout de la conversation en revenant toujours au français, en insistant sans pour autant devenir agressif, le portrait changerait rapidement.

Personnellement, je les trouve cools, les anglophones de Montréal. On est loin du cliché des blokes coincés d'antan. Ils donnent des shows de striptease amateur pendant que les francos trippent sur Tricot Machine. C'est avec des anglos que j'ai les plus passionnantes conversations politiques. En switchant parfois vers l'anglais, c'est vrai, mais en revenant toujours au français. Un tel tango ne pouvait pas exister il y a 20 ans. Ce qui me désole, c'est que les deux communautés continuent si largement à être deux solitudes qui se confortent dans les malentendus. J'ai l'impression que si on se mêlait plus, si des gangs de francos lâchaient le Quartier latin et le Plateau pour investir l'ouest du centre-ville une fois de temps en temps, non seulement ça finirait par produire des résultats sur la francisation, mais toute la ville de Montréal s'en trouverait dynamisée. L'acrimonie n'amènera rien de bon, et les lois ne peuvent pas tout faire. Let's go. C'est notre ville. Tous sur Crescent! Et ce n'est même pas de l'ironie...

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Steve Boudrias a dit :

re: Les zombies anglos contre les fantômes francos

Lors de votre précédente chronique, je donnais un exemple d'ironie franco/anglophone à Montréal : celle d'un café parisien clairement identifié comme tel où l'employé y travaillant ne parlait pas français.  Le commerce est situé à l'angle de Crescent et Ste-Catherine, justement.

Curieusement, des âmes bien pensantes ne connaissant pas du tout mes fréquentations et mes habitudes dans la ville où je suis né en plus d'y avoir grandit, m'ont pris à partie comme étant (je résume et reformule de mémoire) un exemple parfait d'intolérance indépendantiste le plus lamentable.

Quand on sait que j'ai milité pour l'ADQ au moment où on y parlait plusieurs langues parmi les députés de Montréal, au moment où Mario Dumont organisait son rassemblement montréalais au Lion d'Or, et à l'époque où Jean Lapierre co-animait avec Jean Cournoyer une émission matinale à CKAC ; quand on sait que j'ai été aussi me promener du côté des Libéraux de Jean Chrétien dans un comté majoritairement francophone au moment où faisait rage le scandale de Grand-Mère ; quand on sait que j'ai milité dans un organisme d'entraide mondiale (le WUSC ou EUMC) où l'anglais était roi et maître à Ottawa lorsque j'étudiais en Arts et Technologie des Médias alors que je baragouinais l'anglais à l'époque ; je trouve tout à fait déplacé qu'on m'ait taxé d'indépendantiste hurlant ne passant que le plus clair de son temps à dénoncer les infractions à la loi 101 en utilisant un petit calepin noir sous prétexte que je soulignais une absurdité que je dénonce encore aujourd'hui.

Au début de l'imbroglio virtuel, je trouvais ça drôle... mais lorsque j'ai réalisé à quel point on se trompait sur la nature de mon commentaire, j'ai réfléchi à cette mésaventure un peu plus profondément.

J'ai alors été surpris d'avoir défendu publiquement mon identité très tolérante et très ouverte sur le monde auprès de francophones comme si j'étais la réincarnation diabolique du chanoine Lionel Groulx.  Et ce, alors qu'il ne m'est jamais arrivé d'avoir à le faire dans mes fonctions au centre-ville de Montréal pendant près de dix ans !

***

Peu importe, tout ça pour dire que je suis de ceux qui se promènent dans des quartiers peuplés majoritairement ou en grande partie d'anglophones.

Je travaille dans un environnement bilingue.  J'y suis d'ailleurs respecté par l'administration de la "multinationale" qui m'embauche.  Et ce, même si les bureaux de celle-ci se trouve à Beaconsfield - une banlieue de Montréal où il est tout aussi difficile et (au fond) normal d'avoir de la difficulté à être servi en français dans un dépanneur Couche-Tard.

***

Enfin, ce que je tiens à préciser, c'est que lorsqu'on s'affiche comme un café parisien et que l'on n'y trouve ni musique française, ni employé francophone... ce n'est pas la marque d'une dérive linguistique ou légale dans le downtown de Montréal.  Il s'agit simplement d'une décision absurde provenant du fait que le propriétaire ne se soucie pas de l'image qu'il expose aux passants francophones remontant Crescent pour aller, peut-être, boire un café au Paris Café et ensuite aller boire "une petite shot" à la mémoire de Churchill dans le bar qui porte son nom.

Je comprends toutefois la frustration des gens qui se choquent de ne pas être en mesure d'être servis en français dans le downtown ou dans l'Ouest de l'île... mais qui prend la peine d'explorer l'ouest de l'île en ayant l'intention d'y faire une rencontre intéressante et une découverte étonnante ?  Non, on y va avec cette stupide attitude du client-roi.

Et lorsque vous vous promenez au Mile-End, le long de certains segments de Park Avenue ou dans certains coins de Parc Extension : y allez-vous pour vous VOIR dans un miroir ou prendre contact avec une partie du ROC, une autre partie issue des Patriotes Écossais et Irlandais, et une autre partie de la population montréalaise provenant de tous les pays du monde ?

***

En conclusion - et je ne rajouterai rien à mon témoignage cette fois - il faut mettre de l'eau dans son vin si on ne veut pas constamment le boire seul (ou mal accompagné) au café du coin.

D'autre part, il faut également que la communauté anglophone de Montréal (tout aussi variée et bigarée que la francophone) s'assure de ne pas se pavaner partout comme en pays conquis et s'occupe à comprendre notre volonté de préservée notre langue si elle ne peut ou ne veut pas se donner la peine de la parler.

Car si nous préservons uniquement de bonnes relations commerciales et que nous négligeons l'aspect communautaire du bon voisinnage, on va en arriver à consommer uniquement en français ou dans un univers mercantile artificiellement plus francophile, sans être le moindrement plus trippant.

Et s'il faut vraiment s'envelopper dans un drapeau afin d'être fier d'habité Montréal, souvenons-nous ce que veut dire les quatres emblêmes qui forment les armoiries de Montréal : la fleur de lys d'azur ; la rose de gueules tigée, feuillée et pointée de sinople ; le chardon du même, fleuri de pourpre ; et le trèfle de sinople.  À ce que je sache, ce blason représente les origines très variés des gens ayant fondés les plus grands espoirs de Montréal : ceux de la VOIR s'épanouir dans le renforcement par l'interraction et le métissage plus intense de toutes nos différences.

Bref, je suis fier de ma langue et de ma ville.  Ne me demandez jamais d'aimer l'une au détriment de l'autre où d'oublier la première lorsque j'explore la seconde !

# 17 janv. 2008, 09:52

Michèle Tremblay a dit :

re: Les zombies anglos contre les fantômes francos

Hum...

C'est un problème fréquent avec Internet, monsieur Parenteau : on écrit un texte nuancé et tout le monde l'interprète au 1er degré.

Je pense que c'est l'effet "écran catodique", auquel moi-même, je n'échappe pas.

Mea culpa moi-même.

# 17 janv. 2008, 20:23

Benoît LeBlanc a dit :

re: Les zombies anglos contre les fantômes francos

François, tu es tombé dans tous les pièges. Je ne veux pas être méchant mais André Pratte serait fier de toi. Tu ne sais pas de quoi tu parles. Si tu suivais mon trajet le matin et allais dans tous les endroits que je dois fréquenter, tu verrais les choses d'un tout autre oeil. Même après 6, 7, 8 fois, le coup du franco qui se tient debout ça ne marche tout simplement pas. Je n'abandonne pas toutefois. Je continue même si je suis par moment fatigué. Et tu veux connaître le résultat ? Au lieu de s'améliorer ça empire. Plus ça va - depuis environ 4 ans - moins je suis respecté. Autre chose, je connais des gens très timides, ils n'ont pas toujours la force de se tenir debout. C'est justement pour ces gens-là que des lois existent. Mais t'as pas l'air de comprendre ça.

Ça fait plus de 45 ans que j'ai des amis anglos cools. Il y en a même parmi eux qui auraient de la difficulté à soutenir une conversation en français plus de 5 minutes. Les circonstances de la vie les a mis sur mon chemin. C'est quoi le rapport entre ça et le fait de ne pas pouvoir se faire servir en français en ville ? Aucun. Alors pourquoi cet amalgame méprisant entre les anglos cools et le besoin de se faire respecter ? Tu parles comme ces fédéralistes qui chantaient les mérites du multilinguisme, que cela était bon pour voyager, s'ouvrir au monde, bla bla bla. Comme si ça avait un rapport avec le fait de ne pas pouvoir se sentir chez nous à Montréal : regardez-moi, je suis bilingue et je me fais des amis partout, si vous vous refermez sur vous-même, ETC.

Quand une situation est grave au point de nous faire capoter on préfère mettre le couvercle sur la marmite. Ça s'appelle du déni.Voilà ce que pratiquent bon nombre de chroniqueurs, d'éditorialistes et autres petits politiciens par rapport à la situation précaire du français à Montréal. Comme tu as sans doute lu la chronique de Josée Legault j'espère que tu es un peu sorti de ta tour d'ivoire.

Benoît LeBlanc

# 17 janv. 2008, 20:50

René Brisebois a dit :

re: Les zombies anglos contre les fantômes francos

Comme il est triste d'assister à la valse-hésitation si typiquement québécoise du chroniqueur de Voir, François Parenteau, osant pourtant courageusement une image punchée, dans un premier temps, nous décrivant bien la réalité montréalaise avec son invasion généralisée de 'zombies anglo' - c'est-à-dire ceux-là habitant Montréal et ne faisant même pas l'effort de parler français, y compris lorsqu'ils se trouvent dans la partie majoritairement francophone de l'île -, pour ensuite s'excuser d'avoir été mal compris en nous parlant de ses amis anglos bien cool à la façon des gens qui vous disent avoir des amis noirs de peur de passer pour racistes...  La chronique précédente de Parenteau m'avait particulièrement touché de par sa véracité alors que je reviens justement d'un séjour d'une dizaine d'année dans l'Ouest pour constater que non seulement la situation s'est détériorée dans l'ensemble de la ville, voire particulièrement dans les quartiers traditionnellement francophones, mais qu'en fait, l'atmosphère délétère qu'on y respire - avec ses zombies et ses fantômes, justement - rappelle tristement Winnipeg où les Francophones se cachent pour parler français et où la réalité francophone semble donc plus virtuelle que réelle.  Et, n'en déplaise à Parenteau, si les Anglos envahissent la rue St-Denis et les beaux cafés ou bistros de l'Est, c'est que l'Ouest de Montréal est resté globalement plutôt 'plate', y compris la rue Crescent qui fait toujours penser à une mauvaise copie du vieux Toronto 'plate' de jadis.  Pour revenir au coeur de la question et rester dans l'esprit du dernier article de Parenteau, je me permettrai de citer ce que me disait encore récemment un copain anglophone d'origine chinoise, travaillant à Montréal et ne parlant pas français du tout, et qui m'avouait candidement ne pas en voir ni la nécessité, ni le besoin, alors qu'il perçoit Montréal comme la banlieue prolongée de Toronto... précisément, où il aime rendre visite régulièrement à ses amis.  En conclusion, je répondrai tant au journaliste du Voir qu'à la ministre Christine St-Pierre ou au villageois de l'ADQ, Sébastien Proulx, qu'alors que ça fait plus de trente qu'on pratique la persuasion à Montréal, avec les piètres résultats que l'on sait et une loi 101 affaiblie, il est plus que temps de passer enfin à un discours ferme pour faire de cette ville un endroit où le français puisse être véritablement la langue d'usage de la majorité.

# 18 janv. 2008, 11:16

Andrée Proulx a dit :

re: Les zombies anglos contre les fantômes francos

Monsieur Parenteau, je ne panique pas; je parle anglais.  Je n’aurais jamais de difficulté à fonctionner en anglais à Montréal.  J’ai travaillé pour une entreprise unilingue anglophone, jadis. Nous étions une poignée de francophones dans une mer d’anglophones.  Ça s’appelait à l’époque Trans-Canada Airline.

J’étais friendly et cool avec mes collègues de travail  et eux à mon endroit.  Mais c'est moi, jeune francophone du nord de la ville  qui ai dû m'adapter à eux. J’aurais pu poursuivre ma route en anglais jusqu’à ce que vers le milieu des années 70, je réalise, ou plutôt, on m’éclaire  sur la pratique courante qu’était la prédominance de l’anglais  dans les commerces du centre-ville et  la plupart des compagnies nationales, et cela dans la plus grande ville francophone d’Amérique.    

Devant cette incongruité, les Québécois francophones, des Montréalais en majorité,  ont décidé de ne plus accepter d’être ainsi spoliés de leurs droits à des services dans la langue officielle de leur province. Ils ont réclamé d'être reconnus comme citoyens à part entière. Ce n’était pas du défaitisme mais de la fierté. On connaît la suite.

Je comprends donc mal la tendance lourde qui se dessine depuis quelques années, l’espèce de malaise qu’éprouvent les gens de votre génération à ne pas reconnaître que l’histoire se répète et qu’ils hésitent à en assumer les conséquences. La loi linguistique du Québec ne serait  plus perçue comme un outil d’affirmation identitaire mais comme une entrave à l’amité  entre deux entités linguistiques, prétendez-vous.  On ne fait pas mieux en fait d’amalgame.

La force d’attraction de l’anglais au Québec est une situation complexe qui ne se règle pas au cas par cas; c’est une démarche collective à toujours renouveler.  Des acquis à toujours consolider. Sinon, on pourra rejoindre tous ceux qui croient qu’exiger le respect de nos droits linguistiques s’apparente à l’apprentissage d’une troisième langue.  

J'aimerais être optimiste quant à l'avenir du français au Québec mais je n'ai pas trop confiance.  Faut-il s'en surprendre quand les décideurs du Ministère de l'éducation, dans la réforme à venir, n'exigent plus des étudiants l'apprentissage des règles du français écrit mais font plutôt la promotion de  l'approche pédagogique basée sur l'expérimentation ?  Où ces futurs citoyens trouveront-ils la motivation pour défendre et promouvoir une langue qu'ils n'auront même pas apprise ?    

# 19 janv. 2008, 00:11

Jean-Serge Baribeau a dit :

re: Les zombies anglos contre les fantômes francos

Ce qui me sied et me ravit dans la «sortie» de François Parenteau, c'est qu'il étale devant nos yeux ravis une pensée paradoxale.  À une autre époque, on aurait parlé de pensée dialectique.  Son analyse n'est ni simplette ni unilatérale.  Les grandes analyses et perceptions prennent toujours en compte la complexité des situations et des êtres.  

En fait, la grande qualité de l'analyse, c'est d'échapper au simplisme qui, très souvent, brouille toutes les discussion sur la question linguistique.  

JSB

# 19 janv. 2008, 10:12

Sylvain Racine a dit :

re: Les zombies anglos contre les fantômes francos

Aux Benoit Leblanc du Québec, Montréal est une ville Nord Américaine. À Paris, Frankfurt, Vienne, Madrid, Rome, etc, il existe des centaines d'emplois pour lesquels le candidat doit parler et écrire l'anglais couramment. Toutefois, je l'accorde, dans ce mêmes villes, on parlera la langue officielle du pays au restaurant et dans les boutiques des centres-ville.

Au Canada, il y a deux langues officielles. Le Québec n'est pas un pays et il est dans le Canada. Donc, où est-il le problème lorsque sur la rue Saint-Laurent coin de Pins ou sur Amherst ou Crescent le commis du café dit "Hi". Aille, on va tu capoter pour un "hi" ou un "good morning" tabarnac?

Ce sont les Québécois unilingues francophones qui votent pour l'ADQ (fédéraliste et bender) et ces mêmes qui ont voté NON en 1995. Alors, ces faux débats de faits divers, les souverainistes quadrilingues comme moi en on rien à foutre.

# 19 janv. 2008, 16:00

Sylvain Racine a dit :

re: Les zombies anglos contre les fantômes francos

Other thing, les Benoit de ce monde, I wonder how you manage to send your comment since you first have to figure out what means the button "Submit" lol

# 19 janv. 2008, 16:02

Robert Leponge a dit :

re: Les zombies anglos contre les fantômes francos

Ce qu'on oublie, c'est que Montréal a été fondé par les Francais, les Anglais, les Écossais et les Irlandais et a été, à l'origine, une ville où l'on parlait l'anglais et la français, peut-être plus d'anlgaiss que de français, mais je ne suis pas sûr.

Maintenant, si les gens de souche française décident que le territoire Montréalais leur appartient « linguistiquement », alors là, je ne suis pas d'accord. C'est la loi du plus fort, et les forts n'ont pas à se plaindre, ils écrasent. Alors écrasez, Québécois francophones.

# 19 janv. 2008, 22:40

Jean-Serge Baribeau a dit :

re: Les zombies anglos contre les fantômes francos

Il est des moments historiques où les écraseurs, étonamment, se font écraser.  Prenez-en bonne note, MISTER LEPONGE!!!

JSB

# 20 janv. 2008, 14:28

Jenny Luciano a dit :

re: Les zombies anglos contre les fantômes francos

Bonjour,

Je me suis inscrit aujourd'hui sur ce blogue seulement pour vous faire part d'une histoire qui s'est passé ce vendredi passé soit le 18 Janvier.

Après avoir lu ta chronique sur les zombies Anglo :-) et les francos fantôme,  j'ai trouvé que c'était une excellent idée de ce mêler aux Anglais.

Donc lorsque nous sommes sorti vendredi passé du côté anglo j'avais ça à l'esprit,, de ce mêler au anglo.

Nous avons donc fait un souper au Milsa très bon restaurant sur Bishop,

Très bon service en français.

Nous somme  ensuite sorti sur Bishop dans un bar , un espèce de Bistro ou il y a de la musique forte un DG des télévisions diffusant de la lutte....

Bref un mélange de brasserie / Taverne .. (Malheureusement j'ai oublier le nom de l'endroit que j'aurais adoré vous cité ici )

Déjà à l'entrée nous constatons que personne ne parles français,, pas même la personne responsable du vestiaire,,

Toute les pancartes avec annonces, offre où recommandation sont uniquement écrit en anglais,,,

Les gens dans le bar sont tout de même gentil quand nous leurs demandons si nous pouvons déplacer des tables,

Donc bon accueil de la part des consommateurs de bière anglo.

Le problème c'est posé lorsque le doorman est venu nous voir vers 1h30 du matin pour nous demander de quitter le bar car d'apès la serveuse nous ne consommions pas assez .

En effet nous ne sommes pas des saoulons mais la majorité avait une bière à la main,, ensuite la vitesse à laquel nous buvons ne regarde que nous à mon avis.

Donc le dorman nous demande de sortir pour cette raison, mon amie qui reste polie lui dit toutefois que de toute ça vie depuis qu'elle sort dans les bar, francophone pour la majorité , jamais elle ne c'était fait sortir pour ce genre de raison.

La réponse du doorman fus : Regarde autour de toi , c'est un bar anglophone ici , maintenant sortez.

Nous avons donc dû quitter l'endroit.

Voilà ce que nous avons vécu comme première immersion  dans le monde anglophone de montreal.

Pour votre information, je ne suis pas contre les anglo, mon père est anglophone ansi que la majorité de ma famille de ce côté là,,

Par contre ce genre d'attitude me révolte au plus haut point.

Car ce soir là , nous étions un immigrant, un ethnie,, nous étions une différence dans ce bar et nous avons senti que cette différence avait eu un impact sur la façon d'être traité.

ça ne m'empêchera pas de retourné du côté des Anglos,,,

Mais la prochaine fois, je vais prendre en note le nom du bar et je ferai une plainte légal sur cette établissement.

Et je continuerai à me battre non seulement pour ma langue mais pour l'acceptation de cette dernière par tous ici au Québec.

# 22 janv. 2008, 13:13

Andrée Proulx a dit :

re: Les zombies anglos contre les fantômes francos

Hi Mister Racine and Mister Leponge.  Interesting comments but not related.

Si la population anglophone de Montréal a ses assises historiques et a largement contribué à l’édification de la métropole, ces citoyens n’ont jamais été spoliés.  Ils possèdent trois université subventionnées, plusieurs hôpitaux également subventionnés, stations de radios, de télévision. Un avantage qu’aucune autre province OFFICIELLEMENT BILINGUE, n’accorde à ses résidents francophones.  Quelle lutte ont dû mené les francophones  pour conserver l'hôpital Montfort à Ottawa, seul hôpital de langue française en Ontario !

Montréal est en effet une ville cosmopolite et il est normal d’y côtoyer des gens d’origines diverses.  Il y a deux cents ans que les Montréalais francophones le réalisent.  On sait tous que nous ne vivons plus sous l’Ancien Régime français. Aujourd’hui, l’anglicisation graduelle de la ville en est une de transferts linguistiques des immigrants québécois vers l’anglais. Cette problématique relève d’une volonté politique et non de convivialité ni de culture.

Dans certains pays démocratiques, par exemple en Belgique où le Flamand, en tant que minorité linguistique, est déterminé à faire respecter sa culture, les contraintes financières sont très sévères envers les immigrants qui refusent d’apprendre leur langue : coupure d’aide au logement, etc.

Établir un rapprochement, comme certains le font, entre la servilité des Européens à s’angliciser n’a pas la même portée en Europe qu’au Québec.  Leur langue respective n’est pas menacée par l’énorme bassin anglophone qui entoure le Québec.  Outre le snobisme ou pour la traduction  de documents scientifiques, l'anglais n’est pas utilisée couramment. Sur les périodes  que j’ai passées en Allemagne, Espagne,  Portugal et en France, sauf exceptions,  j’ai rarement pu me faire comprendre en anglais pour faciliter les choses.  

L’avantage d’être bilingue au Québec a toujours été inférieur sur le plan de la rémunération a celui d’être unilingue anglophone, et le phénomène n’est pas relié à  la compétence. Un argument dépassé et méprisant.  Si une entreprise peut sélectionner ses employés unilingues sur  l’ensemble du territoire  canadien, il est normal que la compétence des candidats soit plus variée et polyvalente.

# 22 janv. 2008, 13:31

François CARON B.Sc. a dit :

re: Les zombies anglos contre les fantômes francos

Assez curieux, en premier lieu, que les fédés n'aient pas rappliqué ce coup-çi pour ânonner leurs inepties de colonisé bon-ententiste à-plat-ventriste.

Pour ce qui est de l'expérience de la collaboratrice (et très probablement imparfaitement trilingue) Jenny, je suis surpris qu'elle n'ait pas compris qu'à Rome, on fait comme les Romains, et que quand on franchit le pas de la porte de tout lieu tenu par nos compatriotes circonstanciels anglos, c'est de franchir l'espace d'immunité diplomatique que leur confère leur complexe de supériorité conquérante crypto-impérialiste acquis avec leurs "succès" de contamination mondiale qui ne se dément pas depuis près de 1 000 ans maintenant malgré la chute lente et inexorable de l'Empire-Sur-Lequel-Le-Soleil-Ne-Se-Couchait-Jamais

Je suis bien placé pour en parler: en 1996 (mil-neuf-cent-quatre-vingt-seize, c'est APRÈS le référendum que NOUS nous sommes fait voler) je me suis fait faire le coup au Hurley's Pub par UNE SERVEUSE UNILINGUE ANGLO BORNÉE.

De la à conclure, après cet accueil chaleureux, fraternel et amical d'une compatriote "canadian", que nous ne sommes pas bienvenus dans leurs lieux d'intimité collective, les borgnes sont rois...

Ma future ex et moi nous étions promis et juré de ne JAMAIS retourner dans un commerce anglo unilingue, n'importe lequel, promesse que je tiens bon depuis le siècle dernier, car en termes de chicane entre cousins celtes, on parle en temes de siècles, ça donne une profondeur historique certaine à l'affaire.

Je mets donc cette vilaine expérience que Jenny a vécu sur le compte de l'innoncence, l'ingénuité et l'inadvertance que confèrent la jeunesse et l'inexpérience,

De là à ne pas pouvoir (ou vouloir) se faire des amis anglos, cela relève d'une complexité des relations humaines qu'il est inutile ici d'expliciter, étant donnée cette complexité.

Mais un "doorman" nul et unilingue anglo n'a pas beaucoup d'avenir comme ami, mais comme exploiteur capitaliste, alors oh! là là !

# 22 janv. 2008, 16:52

Robert Keller a dit :

re: Les zombies anglos contre les fantômes francos

Tout d'abord, je voudrais féliciter M. Parenteau pour avoir tenter d'offrir une touche légère et une vision optimiste en réaction à l'interminable débat linguistique au Québec.  (Et je profiterai aussi de cette occasion pour exprimer ma désapprobation pour l'approche démagogique et, avouons-le, si cliché de ses collègues, Josée Legault et François Rebello, dans leurs chroniques respectives du 17 janvier 2008.)

En tant que ex-Montréalais (j'ai quitté ma ville natale il y presque sept ans pour New York, où je vis actuellement), je constate que rien n'a changé depuis mon départ.  On poursuit toujours le même débat abrutissant sur la langue et l'identité au Québec.  On pourrait même conclure que les choses sont encore pires aujourd'hui qu'elles ne l'étaient il y a une dizaine d'années, lorsqu'on vivait encore les représailles du réferendum de 1995.  

J'étais en visite a Montréal le weekend dernier, lorsque j'ai lu la chronique de M. Parenteau (et celles de Mme Legault et de M. Rebello).  J'avais emmené mon chum américain pour sa première visite à Montréal (et au Québec, d'ailleurs).  C'était un plaisir de redécouvrir ma ville à travers ses yeux: écouter la toute dernière émission d'humour de Rad-Can (Les fameuses "3600 secondes"), lire un journal local en français (le "Voir", bien entendu), commander une poutine (en français!) chez Burger King, et même--en effet--se faire servir en français par la caissière chez Simons.  

Je ne suis pas expert en statistiques, et je n'offre qu'une preuve anecdotique évidemment (mais tout comme Mme Legault, je le signale).  Cependant, si on se fit à l'expérience que mon chum et moi avons eu ce weekend dernier, le français au Québec--ça existe encore!  Je dirais même qu'il y a une vie culturelle riche et étanche au Québec, une vie culturelle principalement francophone dont on devrait êre fier.  

Je ne sais pas quels établissement fréquentent ceux et celles de mes compatriotes qui se sont fait servir en anglais récemment, et qui en sont choqués.  Mais en tous les cas, baser son identité sur le fait ou non de se faire servir dans sa langue préférée--c'est quelque chose je ne comprendrai jamais.

Je dois dire qu'il y a bien des choses qui me manquent du Québec, mais ce débat linguistique n'en est pas une.  Plus qu'autre chose, je me sens triste de voir qu'il y a encore des francophones au Québec dont l'identité est si précaire qu'ils se sentent attaqués lorsqu'un préposé de magasin leur adresse la parole en anglais.  C'est un préposé de magasin, pour l'amour de Dieu!  Si vous êtes aussi sensible que ça, vous aurez certainement une vie très dure.

La qualité du service à la clientèle (qui inclut, selon moi, la langue dans laquelle on est servi) est une chose importante, certes; mais elle ne devrait jamais être confondue avec la robusté d'une vie linguistique et culturelle.  

C'est à chacun d'entre nous de contribuer à cette vie culturelle si enrichissante.  Une façon, entre autres, de ce faire, c'est justement en offrant notre encouragement pour des organisations médiatiques comme le "Voir", qui ose offrir une chronique aussi iconoclaste--et intelligente--que celle de M. Parenteau.

# 24 janv. 2008, 11:27

Simon Langlois a dit :

re: Les zombies anglos contre les fantômes francos

@ M. Caron

J'aime bien votre commentaire nuancé mais "fesse-dedans". Nos gentils "collabos" ne méritent pas tant de méchanceté, juste un peu ...

# 11 févr. 2008, 10:38


François Parenteau
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