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Impertinences
5 décembre 2007, 5:57

Le tabou d'Outremont

Le citoyen d'Outremont Pierre Lacerte a mis bien des gens mal à l'aise en présentant devant la commission Bouchard-Taylor, la semaine dernière, sa liste de récriminations à l'égard de certains membres de la communauté juive hassidique de son voisinage. Soustraction aux règlements municipaux de stationnement pour des raisons religieuses, ordures dans les rues, intimidations mais surtout, l'impunité face à leurs actes. Le ton avait beau être posé, les faits étaient là.

Or, il n'y a pas eu beaucoup de réactions et d'analyses de ce témoignage dans les médias. En tous cas, rien qui se compare à la pléthore de commentaires qui accompagne tout ce qui touche à la communauté musulmane ou au kirpan, par exemple. Il y a un tabou. Et ce n'est pas seulement à cause de l'extrême vigilance pointilleuse et, parfois, des dérapages d'organismes comme le B'nai Brit. L'Histoire a son poids.

Je vais vous raconter une histoire vécue. Attention: je ne prétends aucunement qu'elle représente un portrait de la communauté juive dans son ensemble, mais elle représente tout de même quelque chose qui mérite d'être raconté.

Cette histoire se passe un jour de Saint-Jean-Baptiste. Les Zapartistes donnent, ce soir-là, un spectacle dans une salle du quartier Mile-End. À un moment, je dois aller chercher des costumes avec une collègue. Alors que nous marchons sur Fairmount, une voiture familiale surgit rapidement d'une rue transversale pourtant bloquée pour les célébrations, et ce, en sens contraire d'un sens unique. Je dois reculer vivement pour éviter de me faire rouler sur les pieds. Ma collègue pousse un cri. Ma cuisse frôle l'aile arrière alors que la voiture tourne. En réflexe, mon bras s'élance et va frapper le hayon tandis que je lâche un "Hey!". À ce moment, je n'ai aucune idée de qui vient de me faire subir cette frayeur.

La voiture ralentit alors, puis recule pour revenir à ma hauteur. À son bord, une famille hassidique. Je crois un moment que le papa conducteur veut s'excuser ou m'expliquer son erreur. Et bien non. Sous les yeux de sa femme et de ses enfants, il me fait un doigt d'honneur. Après avoir contrevenu à deux règles de circulation et manqué de me frapper, ce monsieur prend le temps de reculer pour m'insulter.

Évidemment, je "bouille". Mais j'ai un flash. Je vois dans ma tête un titre de journal. "Un Zapartiste impliqué dans un incident avec un Juif hassidique le jour de la Saint-Jean-Baptiste". Il y a tellement d'éléments explosifs dans cette situation, de possibilités de dérapages et d'interprétations... J'ai encore plus peur que quand le char a failli me passer dessus. Alors que le grossier personnage me regarde dans les yeux, je lui crie: "Bonne Saint-Jean!" Et ce fut tout.

Je ne dis pas qu'il y a plus d'agissements de ce genre provenant de membres de la communauté hassidique. Moi aussi, j'ai entendu des histoires, mais je me méfie des généralisations, surtout concernant cette religion trop souvent ostracisée. Sauf que je ne peux pas non plus nier avoir rencontré, à ce moment-là, un mépris à mon endroit que j'ai rarement connu ailleurs. Mais surtout, j'ai ressenti intimement le fait que j'étais mieux de ne jamais en parler publiquement. À cause de sa religion.

Le débat identitaire actuel me pousse à le faire aujourd'hui, même si j'avoue que j'ai la trouille d'être mal interprété. Tout ce que je dis, c'est que le tabou autour de cette communauté a certainement d'autres effets que celui de m'avoir fait taire ce jour-là, et qu'il faut au moins le reconnaître.

Je crois d'ailleurs que les premières victimes en sont les membres de la communauté juive elle-même. Que les supporters des thèses de complot juif et autres antisémites sachent que mon propos ne vise aucunement à faire de l'amalgame à partir de ce cas précis. J'apprécie le fait que Montréal compte une importante communauté juive. J'ai eu trop de plaisir dans ma vie à discuter avec des citoyens québécois de culture juive pour accepter qu'on ouvre la porte à des discours malsains. Oui, il faut mettre des gants blancs quand il en est question. Il serait puéril de chercher à faire de la bravade là-dessus. Les horreurs historiques de l'antisémitisme ont trop fait de dommages pour qu'on puisse en faire abstraction.

S'il y a du mépris envers le reste de la population chez certains membres de la communauté juive hassidique? Sans doute. Certains individus athées haïssent à peu près tout le monde, et on ne songerait pas à tenter de les en empêcher. On ne légifère pas les bons sentiments. Une société démocratique doit être plus grande que ce sectarisme. En ce sens, c'est presque un test. Il est là, le défi. Il faut réaffirmer qu'il y a une même loi pour tous mais le faire posément, sans se laisser enflammer par le débat identitaire et les propos racistes d'un côté comme de l'autre.

Loin de représenter une preuve de mollesse de l'identité québécoise, ce serait là, au contraire, faire la démonstration de toute sa force et de sa maturité.

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Michèle Bourgon a dit :

re: Le tabou d'Outremont

Un idiot qu'il soit Québécois ou Juif demeure un idot. Il y a en a 10% paraît-il, dans toutes les communautés.

La loi doit être absolument la même pour tout le monde.

Mais n'y a-t-il pas un proverbe suisse qui dit que la porte qui grince reçoit le plus d'huile. Ben, mes ami(e) s,  il faut grincer.

L'argent mène le monde dit-on. Il le mène parce qu'on lui en  donne le droit et qu'on fait de l'aplat-ventrisme devant lui.

Si on veut devenir NOUS, mêmes lois pour tout le monde. Québécois de souche comme Juifs hassidiques, comme Musulmans, Espagnols, Ultramontains, Taïchistes ou Pongistes.

Mêmes réglements pour tout le monde. En public: laïcité svp.

# 05 déc. 2007, 19:16

Steve Boudrias a dit :

re: Le tabou d'Outremont

Mon histoire n'est pas antisémite (des fois, je me penche pour ramasser des lucky penny, j'adore Woody Allen, Leonard Cohen et Bob Dylan, etc.).

Toutefois, mon anecdote, qui m'a été généreusement racontée par le mari de ma cousine, est très instructive.

On pourrait l'intitulé : écoute moi quand je parle le français, même si je suis juif.  Et non pas parce que je suis juif, you know ? ;-)

Donc, mon cousin se présente un jour au travail à 5 h 00 am.  Comme toujours, il est le premier arrivé à l'usine.

Toutefois, ce jour-là, il va se cogner à une cloture cadenassée.

En train de branler la clôture, le gardien de sécurité sort de sa guérite et vient le VOIR pour lui dire amicalement qu'il n'a plus de travail car il n'y a plus d'usine.

Mon cousin par alliance ne comprend pas trop, sur le coup.  Il croit que c'est une blague.  Il recule, sourit en coin, jauge son vis-à-vis mais celui-ci lui confirme la chose : la compagnie est fermée.  "Le juif a mis la clef dans la porte".

En fait, il faudrait simplement traduire par : "Le patron qui ne voulait pas de syndicat dans son usine a fermé l'entreprise privé qu'il avait créée  lui-même."

Alors, mon cousin m'explique ce qui s'est passé.

Un moment donné, le boss décide d'accepter une fusion avec une autre compagnie afin d'augmenter la production et aller chercher des nouvelles commandes.

La compagnie voulant fusionnée est remplie de syndiqués excités qui ne comprennent pas le français des Affaires.

Eux autres, un bilan, des dépenses, des investissements, un pay roll, des obligations sociales, des cottisations diverses, des normes gouvernementales par million pour faire chier la petite et la moyenne entreprise, ils ne connaissent pas ça.

Eux, ils ne connaissent que le plaisir de ce syndiqué de force.

Le patron, accessoirement Juif, il pourrait aussi s'appeler Joseph Armand Bombardier, dit clairement à ses employés : il n'y aura pas de syndicats dans cette entreprise que j'ai fondée.

Mon cousin, présent à cette réunion patron/empoloyés comprend le français tout de suite.

Pas ses petits chums, qui se laissent emberlificoter par des "Tu vas voir, le Juif, il va la fermer sa gueule ; il connaît pas les Normes du Travail ! "  Etc.

Alors, ils font signer le nombre de cartes suffisant.

La gaffe.

La fusion a avortée.  La compagnie a fermée ses portes.  Mon cousin et ses autres collègues : direction assurance-chômage.... ET en plus... le plus beau, le patron fâché mais pas moins riche pour autant s'est retourné et il a pris sa liste d'employés, tsé.

Et comme il était choqué noir et qu'il était le premier dans l'industrie a qui on essayait de faire le coup, il a faxé une liste en colère.  Une liste noire.

Et vous savez quoi ?  Non seulement mon cousin s'est retrouvé sur le chômage MAIS... en plus... il a dû se recycler dans un autre domaine parce que dès qu'on voyait son CV ou celui des pas fins qui avaient joué au plus fin avec lui... eh bien, on crissait le CV à la poubelle.

C'est vrai pour le domaine bancaire.  C'est aussi vrai pour les sondages.  C'est vrai pour tous les domaines privés ou on organise des réunions patronales ou des chambres de commerce qui fonctionnent.

Scandaleux ?  Choquant ?

Non.  Si t'es intelligent.  Tu écoutes ton patron quand il te parle dans une langue que tu comprends, surout le français.

Sinon, si tu te penses plus intelligent que lui.  Tu formes ta propre compagnie et tu le concurrence sur son propre terrain.

Mais bonne chance, là, tu t'avances sur un fil, sans filet et tu deviens le funambule audacieux de ta propre vie.

Tout le monde devrait être son propre patron une journée, au Québec.  On serait peut-être moins prompt à vouloir tout syndicalisé... même ce qui fonctionne bien depuis plus de 60 ans, comme Sondages BBM, qui vient de confirmer que la Radio de la SRC fait du bon travail.

Comme par hasard, elle y arrive en respectant à la fois les auditeurs ET le mandat que lui a donné le CRTC.

# 05 déc. 2007, 20:17

Yvon Montoya a dit :

re: Le tabou d'Outremont

L’anecdote est très intéressante et j’en ai des mêmes si ce n’est que cela ne concerne pas les Juifs Hassidiques. D’ailleurs ces derniers disent souvent dan leur richesse spirituelle qu'il est « interdit d’être vieux » et comme ça fait du bien ce genre de perspective. Ils disent même qu’ils n’existent pas mais qu’ils deviennent : « Pour l’homme hébreu, exister, c’est devenir.» Dans ce sens le Rabbi Nahman de Braslav disait qu’il fallait danser, danser et danser au son de la mélodie et, en terminant, il finissait toujours par : « ainsi tu te souviendras de ton futur. » C’est une des pensées, la pensée hassidique, dans l’Histoire humaine, qui est restée très dynamique. Elle tient à se protéger des affres de l’Histoire (avec une grande Hache comme le dit Pérec) et désirent vivre dans la réclusion comme les moines issus du catholicisme. Il faut dire que l’Église catholique avait mis son veto là-dessus jadis. Il y a eu en Allemagne juste avant l’accession d’Hitler au pouvoir en 1933 des journaux qui relevaient ce genre anecdotiques avec moins de pincettes et c’était à celui ou à celle qui pouvait en dire les meilleures.

On accepte qu’ils vivent dans un ghetto et il est vrai que le sujet est tabou les concernant. Ils sont tout à fait conscients, pour cela qu’ils vivent à l’écart, que le racisme et l’antisémitisme ne sont pas le refus mais la recherche de la différence, de la plus grande différence possible pour qu’il n’y ait aucun risque d’ambiguïté dans les définitions d’identité. Je me permets de citer le philosophe V. Jankélevitch : « L’antisémitisme s’adresse à un autre imperceptiblement autre. Il exprime l’inquiétude que le non-juif éprouve devant cet autre presque indiscernable de lui-même. Le malaise des semblables vis-à-vis du presque semblable. » C’est pourquoi cette anecdote de la voiture et de la famille ne peut en aucun cas expliquer cette communauté car elle existe partout dans le monde, un monde avec ou sans juifs. Il faut se méfier comme de la peste des amalgames.

# 06 déc. 2007, 08:17

Jean-Serge Baribeau a dit :

re: Le tabou d'Outremont

Certains amis juifs me disent régulièrement que certains juifs, et spécialement les hassidiques, pensent que, comme le dit leur religion, les juifs appartiennent au PEUPLE ÉLU.  Toute personne qui se considère comme élue par Dieu ou par les Elohim est potentiellement «dangereuse».  

Je me souviens que, lorsque j'ai fait mon cours classique, nous devions concocter une longue dissertation dans laquelle nous devions expliquer POURQUOI, HORS DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, IL N'Y A PAS DE SALUT POSSIBLE.  L'idée était d'expliquer que toutes les religions, sauf la catholique, sont dans l'erreur et conduisent en direction de l'enfer et des flammes éternelles.  

Alors, j'en ai plus que marre de ces fanatiques religieux qui se considèrent comme élus ou comme faisant partie de la bonne religion (ou clique, ou coterie).  Après tout, le seul véritable élu, c'est ce bon vieux Raël, lequel semble avoir disparu de la circulation.  Les Elohin sont probablement venus le chercher afin qu'il fasse ripaille et bombance avec Jésus, Mahomet, Bouddha et tous les autres «vrais».  

Cela étant dit, je trouve intolérable le mépris de certains «AUTRES» à l'endroit de la majorité.  

JSB

# 06 déc. 2007, 15:22

Jean Archambault a dit :

re: Le tabou d'Outremont

Monsieur Parenteau, vous avancez à pas mesurés et avec beaucoup de circonvolutions pour amener votre propos. Votre petite histoire est intéressante mais elle ne peut prétendre qu’à n’être qu’une petite histoire sans aucune portée générale. Pourtant le malaise est réel et je le ressens autant que vous.

La communauté juive hassidique se conduit comme une autre  proche de nous : les mohawks de Kanawake. Ces deux collectivités ont en commun ce désir de communiquer avec la majorité de la population seulement en anglais. Je comprendrais mieux si l’une nous parlait en yiddish ou en hébreu et l’autre, en iroquois. Pourquoi utilisent-ils seulement la langue de ceux qui ont colonisé le pays à partir de 1763 ? Pourquoi ne retrouve-t-on souvent qu’un affichage unilingue anglais sur le territoire qu’ils occupent ?

Il y a là une volonté d’oblitérer l’histoire, de ne pas reconnaître le fait français. Pourquoi cette fermeture presque épidermique? Je rage de voir la plupart de leurs leaders nous dire en anglais que nous frisons toujours le racisme.

Les associations représentatives (Congrès juif du Canada et les Premières Nations) devraient faire pression sur ces communautés. Leur silence face à ce déni me laisse songeur.

# 06 déc. 2007, 16:41

Andrée Proulx a dit :

re: Le tabou d'Outremont

Les hassidims sont installés à Montréal depuis plus de cent ans.  Mon père me racontait qu’au début du siècle dernier, alors qu’il habitait le Mile-End, enfant, il allumait le foyer de la famille voisine le jour du sabbat.

D’origine médiévale, issu de la Kabale, fermé à toute autre culture, ce courant religieux rassemble  le «peuple élu» des Saintes Écritures. Le «Petit Reste», ce peuple «juste et bon» appelé par les prophètes à  résister aux attraits du Mal et à construire la Cité Nouvelle.  Ils se tiennent à distance de la masse des «débauchés sans principe», refusent de se laisser envahir. Depuis l’Antiquité, ils ont aussi la  réputation d’être d’impitoyables commerçants.

Heureusement, tous les Juifs ne sont pas si arrogants que votre «doigt d’honneur».  Certains ont le doigt plus civilisé. Votre anecdote me rappelle une expérience   vécue avec un propriétaire de religion juive mais non hassidim, alors que j’habitais Côtes-des-Neiges.  À cause d’un défaut de chauffage, dont le coût était inclus dans le loyer, j’avais dû défrayer tout un hiver une hausse d’une vingtaine de $ sur ma facture d’électricité pour une chauffage d’appoint.  Le proprio n’avait pas refusé ma réclamation; pas de doigt d’honneur à mon endroit. Mais il m’avait plutôt suggéré de lui fournir le nom d’un organisme de charité à qui je voudrais faire un don.  Habile, n’est-ce pas ?  Sans jamais reconnaître son tort, il a montré sa bonne volonté.  Je l’ai trouvé tellement civilisé que je n’ai pas pu refuser son arrangement.  

Un aspect de l’immigration juive  mérite toutefois d’être souligné.  Le gouvernement du Québec SOUS-TRAITERAIT la sélection d’immigrants indépendants à travers la communauté juive.  De même qu’à travers une minorité  shiite islamique, les ismaéliens. Une politique assez incompatible avec une saine intégration.  Pourquoi s’intégrer quand rien ne nous y invite ? Et que l’autre est l’envahisseur ?

# 06 déc. 2007, 17:48

Myriam Sainson a dit :

re: Le tabou d'Outremont

Il n'y a pas de tabou ou de trouille à avoir d'oser parler des comportements inacceptables des juifs hassidiques. Nous le faison bien avec l'église catholique. Toujours ce même complexe québécois d'avoir peur de tout et de rien...Même les juifs non religieux les dénoncent.  En Israel, par exemple, les juifs hassidiques représentent une minorité de la population générale. Ils ne veulent même pas se mélanger au peuple israelien,  comment pourraient-ils le faire,  au Québec? Ils veulent n'obéir qu'à une seule loi millénaire, la Thora ou loi mosaique. Ils n'ont que faire des autres lois, particulièrement des nôtres. Il s'agit d'une diaspora hermétique et,  foncièrement opposée à tous changements de société ou mutations. Leur purisme religieux est incompatible avec notre laicité. Nous sommes des impurs et des mécréants pour eux. Ils ne peuvent nous cotoyer et  nous fréquenter. Nous avons laissé faire leur ghettoisation et, c'est là une erreur fatale,  de notre part. Avec courage et détermination politiques, il est encore temps de leur imposer  nos lois, au risque d'être jugé...

# 06 déc. 2007, 18:00

Yves Bolduc a dit :

re: Le tabou d'Outremont

Le doigt (d'honneur) sur le bobo!

Mon cher Parenteau, votre anecdote, comme bien d'autres qu'il nous a été donné d'entendre ces derniers mois, soulève une question délicate. Jusqu'à quel point peut-on, dans une société dite démocratique et libérale, accepter la ghettoïsation même volontaire d'une communauté entière? Jusqu'ou pouvons-nous, sous le couvert de l'ouverture et de la tolérance, accepter ces sociétés parallèles qui se développent en vase clos, nourrissant dans leurs différences, autant de refus de s'inclure dans un tissu social fragilisé par son statut de minorité culturelle qui doit se battre à tous les instants pour protéger son identité et sa culture?

Quand on s'inscrit en marge de la majorité, quand on s'octracise soi-même, quand on agit comme si les autres n'existaient pas, n'y a-t-il pas le risque qu'un jour, nos attitudes nous placent dans une situation conflictuelle avec ces autres qui nous ont accueillis.

Le choc des valeurs, au delà des rites et des pratiques religieuses ne risque-t-il pas d'antagoniser ces deux mondes parallèles qui n'ont d'autre choix que de coexister sur un même territoire?

Dans une société de droit comme la-nôtre, peut-on accepter d'oblitérer la loi quand elle dérange les us et coutumes d'une minorité qui a fait le choix de s'exclure elle-même du NOUS social?

Il est très clair dans mon esprit que la tolérance envers les différences, qu'elles soient ethniques, religieuses, culturelles ou linguistiques, se doit d'être réciproque. Tolérer quelqu'un qui ne nous tolère pas mène inévitablement à une impasse.

L'application intrinsèque de la loi pour tous les citoyens, peu importe leurs différences est une condition sine qua non de la paix et de l'ordre social. Sur ce point, il ne saurait y avoir d'accomodement, aussi raisonnables puissent-ils paraître!  

# 07 déc. 2007, 10:20

Pierre Dumas a dit :

re: Le tabou d'Outremont

D'érou-ville à Hérouxville..

Outremont..scène de guerre larvée depuis des années.Googler Céline Forget et vous allez tous comprendre..

Votre texte,mon cher monsieur est déjà archivé et classé.

# 09 déc. 2007, 01:53

Pierre Dumas a dit :

re: Le tabou d'Outremont

Je serais bref..Votre pensée est déjà archivée et classée.

# 09 déc. 2007, 01:55

Claire David a dit :

re: Le tabou d'Outremont

En plus d'avoir accepter la formation de ce ghetto que forment les Hassidims,  devons-nous maintenant accepter en plus  "leurs lois et règlements internes" ?

Lorsque je pense que tout le monde plie l'échine -par peur de représailles ?- moi, ça me donne la vraie trouille ! Si tous les politiciens, agents de la paix, élus municipaux, etc. n'arrivent pas à faire respecter la LOI de la municipalité, la LOI du Québec et la LOI canadienne à une poignée d'individus, à quoi peuvent bien servir les lois ou les élus ? Je me pose sérieusement la question.

De plus, si la loi ne s'applique pas à eux, pourquoi s'appliquerait-elle à moi ainsi qu'à monsieur et madame Tout-le-monde ? Si la majorité des Québécois défiaient les lois durant une seule journée, ce serait le chaos ! On peut toujours en rêver... ce n'est pas défendu... encore !

# 09 déc. 2007, 09:55

Yvon Savoie a dit :

re: Le tabou d'Outremont

Cher impertinent,

Votre propos, encore une fois, contrairement au titre de votre chronique est d'une pertinence que je juge cependant désolante.  Principalement, elle illustrer deux choses bien tristes:

1 -  Ceux qui ne veulent surtout pas être taxés de racisme hésitent souvent à dénoncer des comportements inexcusables quand ceux-ci sont le fruit de membres de communautés minoritaires.  Ainsi en est-il dans votre histoire.  Malheureusement, il y a eu ce grand drame qu'est le génocide du peuple juif...  Ainsi on ne pourrait pas dénoncer les excès des membres de cette communauté ?  Brisons cette loi non écrite : dénonçons l'imbécilité toutes origines confondues !

2 - Quand on discute d'appartenance culturelle et de comportements, la ligne entre le cas particulier et la généralisation est bien mince...  Ainsi, comme vous le savez, l'imbécile qui vous à presque happé avec sa voiture agit individuellement et non au nom de sa collectivité...  Heureusement, vous évitez le piège de la généralisation outrancière.

Votre propos me rappelle une anecdote.  En voyage au Mexique, j'ai rencontré un joli spécimen dont le comportement aurait fait rougir de honte n’importe quelle communauté ethnique.  Or, il appert que le monsieur en question était originaire de la Beauce, un Québécois pur laine.  Un soir d'ivresse, il monta sur scène pendant un spectacle et brisa l'instrument de l'un des musiciens...  Heureusement, les Mexicains évitèrent de cataloguer tous les autres Québécois présents à l'aulne du comportement de cet idiot...  

Vous le voyez à la lueur de mon exemple : il y a des imbéciles dans toutes les communautés.  Pire encore, il arrive parfois que cet imbécile soit du même voyage que nous,  moi qui pensais les fuir au Mexique !

# 11 déc. 2007, 23:08

Beverly Akerman a dit :

re: Le tabou d'Outremont

M. Parenteau, si la personne qui a causé ce petit niaserie (et je m'excuse si mon francais n'est pas parfait car je suis un produit exclusif des ecoles anglais de Montreal) que vous est arrivé s'appele 'Jean-Guy Quelquechose,' pensez-vous que vous auriez ecrit un tel article?

Ben non! Alors, cet article (et la plupart des reponses, de plus!) sont des exemples de 'ethnic profiling.'

Michele Bourgon a ecrit: "Un idiot qu'il soit Québécois ou Juif demeure un idot. [sic] Il y a en a 10% paraît-il, dans toutes les communautés." Oui, mais si l'idiot est Quebecois ET Juif? C'est le cas ici, j'en suis sur.

Je lis partout que nous Quebecois sont si ouvert a tous. Mais ca c'est peut-etre la vrai  blague, la vrai 'doigt d'honneur.'

# 12 déc. 2007, 16:57

Michèle Tremblay a dit :

re: Le tabou d'Outremont

Euh... Parenteau n'a ni écrit cet article pour sombrer dans le 'ethnic profiling', ni pour accuser la communauté juive de quoi que ce soit, mais pour dénoncer le tabou qui existe : celui qui censure toute critique constructive envers cette communauté.

À ce que je sache, il n'a même pas accusé les Juifs d'être responsables de ce tabou. Il n'a pas cherché des coupables, il a énoncé un fait : l'autocensure, la rectitude politique.

L'anecdote est à considérer dans son contexte pour en comprendre les subtilités et les nuances, qui semblent évidentes à ceux qui maîtrisent un tant soit peu le français écrit.

Et ceux qui me taxeront d'antisémitisme pour ce commentaire ne feront que démontrer leur manque de discernement.

# 19 déc. 2007, 19:23

Rolando Segura Vasquez a dit :

re: Le tabou d'Outremont

Je vis dans le Mile-End et non je ne suis pas un artiste anglophone qui méprise les brebis québécoises. Je croise tous les jours cette communauté et c'est vrai qu'ils sont très isolés du restant des habitants

du quartier et de la ville. Mais la généralisation impérative qui règne dans la Belle Province depuis, je dirai le jugement rendu par la Cour Suprême sur le port du kirpan, m'étonne et me déçois.

Moi aussi j'ai une anécdote, même deux.

La première: je me dirige vers un guichet automatique dans une rue

du Mile-End. Alors que je vais rentrer, un juif hassidique veut sortir. Il est avec sa fille qui marche et une poussette. Il a un peu de misère. Je lui ouvre la porte, ça lui facilite la chose, il sort puis me regarde et me dit: thank you. Bon d'accord, en anglais, mais c'est déja un début. Comme quoi les idiots comme disent plusieurs, sont présents partout, dans tous les peuples, toutes les cultures.  Et que après tout, on est tous humains.

Deuxième: je m'apprête à traverser la rue Saint Denis. Le feu sur St-Denis est jaune, je suis prêt à y aller. Mon feu tourne au vert, je commence à traverser, j'ai bien vu un camion qui venait en sens inverse mais je me dis que sa lumière est rouge... Et pourtant, alors que je continue de traverser sur le vert, le camion passe à toute vitesse, manque de m'écraser, je regarde le conducteur, il semble m'engueuler et me fait un doigt d'honneur lui aussi. Il n'était pas juif et ce n'était pas le 24 juin. Mértite t-il un blogue sur son intolérance et la volonté de venir imposer SA loi  comme dirait une dame sur un commentaire plus haut? (note, le conducteur n'était visiblement pas un québecois vrai de vrai, pur et de laine!).

À vous de choisir!

# 12 janv. 2008, 14:19

Michèle Tremblay a dit :

re: Le tabou d'Outremont

hey le sens des nuances, c'est pas fort ici !

Parenteau ne parle pas du fait que les Juifs conduisent mal (on le sait pertinemment, à Montréal TOUT LE MONDE conduit mal !)

Parenteau parle du fait que quand c'est un Juif qui conduit mal, personne  n'ose élever la voix.

L'article s'intitule "Le tabou d'Outremont".

You-hou !

On allume !

# 18 janv. 2008, 18:22


François Parenteau
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