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28 novembre 2007, 6:00

Oprah et Obama

La nouvelle a fait grand bruit aux États-Unis. La reine du daytime television, une des personnalités médiatiques les plus influentes de l'histoire américaine, celle qui peut propulser un livre au rang de best-seller juste en le mentionnant à son émission, Oprah Winfrey, a décidé d'appuyer la candidature de Barack Obama pour les primaires à venir.

Il reste encore à voir si cet appui pourra faire la différence et aider Obama à rejoindre et dépasser la favorite chez les démocrates, Hillary Clinton. Mais déjà, l'appui d'Oprah fait son effet, sinon sur les électeurs, du moins sur les parieurs.

Quiconque jette un coup d'œil de temps en temps aux nouvelles et émissions d'affaires publiques américaines le sait bien, nos voisins du sud baignent médiatiquement en permanence dans une bouillonnante soupe de droite. Quand CNN a l'air de L'Aut'Journal comparé à Fox News, on voit bien à quel point le paysage médiatique américain est biaisé à droite, en tout cas, derrière une vision guerrière, répressive, corporatiste et moraliste de la société. La rhétorique qu'on y entend est hallucinante. Il faut d'ailleurs se tremper un peu là-dedans pour mieux comprendre la tournure sensationnaliste des documentaires d'un Michael Moore. Moins que ça, il passerait complètement inaperçu.

De Lou Dobbs, le populiste protectionniste, au perfide Sean Hannity, en passant par l'incontournable Rush Limbaugh et tous les autres abonnés des tables rondes, la droite américaine a le crachoir. Et elle crache. Médiatiquement, l'opposition en est réduite au rang de marginalité, rigolant pour ne pas pleurer avec les Jon Stewart et Stephen Colbert du Comedy Channel.

Le spin de droite a transformé l'idée d'un retrait des troupes d’Irak à du «cut and run» (couper et fuir). En gros, quiconque évoque un possible retrait des troupes y est traité de chicken. Et l'idée de garantir que le gouvernement agisse afin que l'ensemble de la population américaine ait accès à des soins de santé y est qualifiée de «socialized medicine» (qu'on peut traduire par «médecine socialisée» mais, vu le poids idéologique de ces mots aux États-Unis, on y comprend sûrement plutôt «médecine socialiste»). Ces causes deviennent alors indéfendables et reléguées aux oubliettes. Depuis des décennies, la droite a réussi à élever au rang d'anathème de nombreux mots qui désignent des idées de gauche. De sorte que «liberal» y est maintenant vu comme une insulte alors que «conservative» est une marque de respect.

Face à cette puissance qui canalise tous les débats vers des terrains idéologiques inhospitaliers aux démocrates, ceux-ci ont toujours eu tendance à cacher leurs valeurs, à les déguiser, bref, à manquer de confiance, soit en eux, soit dans le peuple américain.

Pas Barack Obama. Lorsqu'il a déclaré que sous sa présidence, les États-Unis auraient des pourparlers diplomatiques avec l'Iran, il a essuyé une volée d'insultes le traitant d'irresponsable, notamment en provenance d'Hillary Clinton qui a tenté d'en profiter pour montrer qu'elle était capable d'être pas fine avec les pas fins. Obama n'a pas essayé de jouer au «toffe» pour compenser comme l’aurait fait John Kerry. Il n'a pas noyé le poisson sous d'ésotériques notions comme l'aurait fait Al Gore. Il n'a pas dit une chose et son contraire comme Hillary Clinton. Il a tenu le cap. Selon lui, les États-Unis doivent parler même à leurs ennemis, c'est l'essence même de la diplomatie internationale. Et après que cette déclaration lui eut initialement coûté des appuis, il est revenu en force dans les sondages.

Ce qu'on remarque chez le charismatique sénateur de l'Illinois, c'est qu'il tente de convaincre les Américains de quelque chose, de leur faire essayer une autre voie. Et sa force, contrairement à un Ralph Nader, par exemple, c'est de le faire en restant mainstream, en faisant appel aux qualités intrinsèques du système américain. Qu'il se soit rendu jusque-là sans se faire réduire en bouillie comme Howard Dean en dit long. Le gars a du coffre.

Et vous imaginez seulement un peu l'effet qu'une présidence d'Obama aux États-Unis pourrait avoir sur le Canada et le Québec? Les Harper et Dumont auraient-ils encore l'air de telles figures d'avenir? On n'en parle pas beaucoup mais ce qui pourrait le plus déterminer l'avenir en politique canadienne et québécoise, ce sont les prochaines élections américaines.

Pour l'instant, ce ne sont que des mots. Mais on se sent différemment, après avoir écouté un discours d'Obama, qu’après un discours de d'importe quel autre candidat à la présidence américaine depuis des décennies. Déjà, ça donne de l'espoir. Et si c'est bien cet esprit qu'Oprah Winfrey a décidé d'appuyer et non juste un frère noir, c'est une fabuleuse première. Tremblez, petits persifleurs télévisés amis du régime néo-conservateur, la leader des soccer moms s'est levée. Il était temps.

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Steve Boudrias a dit :

re: Oprah et Obama

Vous rêvez en Primary Colors si vous croyez vraiment, comme Micheal Ignatief en passant, que Barak Obama a des chances de devenir président d'un pays qui préférerait une guerre civile plutôt que de se faire diriger par un Noir, un ancien fils d'esclave.

Ainsi, l'appui de Oprah, c'est comme le baiser de Judas pour la majorité tapageuse et qui VOTE au États-Unis, ou le taux de participation avoisinne toujours les 45-46 %.

Je veux bien croire qu'on sert de bons drinks alcoolisés à l'Aut'Journal et que les thèses farfelues de Michel Chossudolsky vous excite, messieurs du SPQ libre, mais si vous attendez après l'Oncle Sam pour vous libérez de la Droite, vous allez attendre longtemps.

Non, vraiment, il faut très peu connaître les Clinton (en matière de politique internationale) et ne pas comprendre l'histoire des États-Unis d'Amérique pour croire que ceux-ci vont arrêter d'être raciste en 2007.

Et Oprah, si elle voulait se faire élire, elle le pourrait en Afrique du Sud, pas ici, au Sud du 52e parallèle.

Pour ce qui est de Barak, il a fait l'erreur d'étudier en Indonésie.

Il est politiquement mort, pour ne pas dire complètement fini.

Ce sera un match Clinton-chez pas qui... si jamais Georges Washington Bush réussit à Annapolis (là ou Clinton Bill a échoué).

Sinon, la prochaine guerre des États-Unis empêchera la tenue d'élection libre chez nos bons voisins du Sud.

Vous savez, monsieur Parenteau, quand un Canadien néo-conservateur écrit le discours de l'Union du Président de la plus puissante "démocratie" du monde, il ne faudrait pas se surprendre si, en plus, ils empruntaient notre bonne vieille tradition de "loi sur les mesures de Guerre", comme le bon Poutine pourrait aussi le faire.

Et suspendre les Droits et Liberté sous la bannière étoilée.  Et ce, afin d'étendre le domaine de la lutte religieuse du Sud des États-Unis jusqu'à Téhéran, mon ami.

En tous cas, c'est ce que me dit le Monde Diplomatique.

Et les États-Unis d'Amérique ont cessé d'être diplomatiques depuis leur invasion-occupation de l'Irak... et nous avons emboîté le pas des marchands de canons en essayant de lutter contre le pays de l'opium du peuple contre le peuple et par le peuple taliban.

Prions pour que Annapolis devienne synonime d'un accord de Paix.

Sinon... on a déjà vu ça deux fois, ici, la conscription.

Et deux fois le Québec n'était pas d'accord avec ça.

Et vous savez ce qu'on dit :

JAMAIS DEUX SANS TROIS, mon ami.

# 28 nov. 2007, 21:44

Myriam Sainson a dit :

re: Oprah et Obama

Il faut vous rendre à l'évidence que le candidat Obama, même appuyé par la célèbre Oprah, qui a préféré le choix du sang que la cause des femmes,  n'a aucune chance de remporter l'investiture démocrate,  face au géant Hillary Clinton qui conquiert le coeur des femmes américaines,  au rythme des minutes,  par son charisme audacieux et calculé, sa capacité de gouverner,  sans aucune ombre au tableau. Elle représente enfin, après le règne sanguinaire de Bush, l'espoir de la paix et de la sérénité retrouvé. Il faudra s'attendre, de sa part, à beaucoup de fermeté et au retour de la justice,  dans un monde tourmenté et ensanglanté. Elle aura raison de le faire. Elle doit gagner sur tous les fronts politiques pour prendre le pouvoir et,  les États-Unis ont besoin d'elle, sur le plan international,  pour retrouver leur réputation gravement ternie.

# 29 nov. 2007, 08:54

Yvon Turcotte a dit :

re: Oprah et Obama

Reste maintenant à savoir si le vote d'Oprah Winfrey pour Barak Obama est aussi puissant que celui de Barbra Streisand pour Hillary Clinton. On en a parlé hier soir à RDI. Cest quatre noms à eux seuls représentent déjà un pourcentage important de la population américaine aux USA.

C'est + que la balance du Pouvoir. Ici au Québec, on abrège le discours en disant tout bonnement: 50% + 1. Pourtant dimanche soir dernier à TMP, Jean Chrétien à réaffirmé que cela ne suffit pas pour accéder à la souveraineté.

C'était juste une petite digression de ma part.

# 29 nov. 2007, 11:53

Jean Archambault a dit :

re: Oprah et Obama

La culture politique américaine est fascinante. Le poids d’être,  depuis la Grande Guerre, la première puissance mondiale économique, politique et militaire a eu, depuis lors, des conséquences importantes sur la politique intérieure et extérieure des États-Unis.

Les présidents passent mais les dérives restent constantes. Surtout depuis le début des années soixante, les interventions militaires ne se comptent plus, qu’elles soient déclarées ou non. On pensait que cet interventionnisme  résultait de la guerre froide. Il n’en était rien. Elle servait plutôt de prétexte.

Ce messianisme sert, bien entendu, des visées économiques mais, en même  temps, il les dépassent et peut les mettre en danger. Idéologiquement, ces habitants sont les héritiers du puritanisme des pèlerins venus en Amérique sur le Mayflower. Les Américains croient qu’ils ont une mission civilisatrice dans le monde. Cette prédestination qu’ils estiment réelle leur a fait perdre leur âme. Car comment conjuguer démocratie et Guantanamo, l’invasion de l’Iraq et le soutien aux régimes corrompus. Comment comprendre la réélection de Bush ?

Je ne crois que l’arrivée d’un Obama, ou, encore moins d’une Hillary vont changer la donne. La défaite au Vietnam n’a que ralenti ce processus d’évangilisation. Carter, qui a succédé à Ford et Nixon représentait le seul compromis acceptable pour le complexe militaro-économique. Les affaires ont continué : la Grenade, petit pays des Antilles a été envahi. La CIA a continué son travail de sape en Iran.

Obama ne deviendra pas le nouveau président des Etats-Unis, ni même le candidat démocrate; Hillary, peut-être, si elle se conduit comme un homme de droite. Oubliez la réforme de la santé. Clinton ne l’a pas fait au sommet de sa popularité.

Pessimiste, vous dites; oui, mais prouvez-moi que je me trompe.

# 29 nov. 2007, 21:31

Jean-Serge Baribeau a dit :

re: Oprah et Obama

François Parenteau a bien raison d'écrire que les Américains baignent dans «une bouillonnante soupe de droite».  En effet, les médias, pour la plupart (ce qui n'exclut pas des exceptions), radotent, à peu de choses près, les mêmes balivernes et les mêmes idioties «patriotiques».  

En fait, les États-Uniens sont constamment «sommés» d'être de bons AMERICANS, d'être de bons «patriotes».  Et, pour de très nombreuses personnes, être A GOOD AMERICAN, être un authentique patriote, c'est être un mâle, c'est être un mâle de race blanche.  Et ce mâle de race blanche, il vaut encore plus s'il est hétérosexuel, cossu, prospère, voire fumeur.  

Par exemple, le fameux Rush Limbaugh dont parle François dans son texte, il considère les féministes comme étant des FÉMINAZIS.  Elles sont aussi, selon le rigolo à Rush, «obsédées par la réalisation du plus grand holocauste moderne qu'est l'avortement».  Il y a aussi une importante figure de la droite états-unienne, Ann Coulter.  Elle pense que les femmes ne devraient pas avoir le droit de vote et elle pense que Dieu «nous» a donné la planète Terre pour la «violer» (sic), pour nous en servir, pour l'exploiter.  Alors, elle ne peut pas supporter les maudits écologistes, ces benêts qui ne comprennent rien à la volonté divine.  

Je dirais qu'il y a, néanmoins, au sein de la population états-unienne, de nombreux citoyens et citoyennes qui, sociologiquement et culturellement, comprennent assez bien les rouages de ce système et en sont dégoûtés.  

Je dirais (je termine la rédaction d'un livre sur le sujet) que la gauche états-unienne a été minée, diminuée, rapetissée et stérilisée par cette section triomphante de la gauche qui a imposé la «correctitude» politique, le POLITIQUEMENT CORRECT.  Il s'agit d'une gauche niaise, gnangnan, angélique, guimauve et cucul qui prône un respect totalitaire en ce qui concerne les manières de s'exprimer.  On prône un féminisme pur et dur.  On défend les gays et lesbiennes d'une manière pure et dure, d'une manière doctrinaire et intolérante.  Et toutes les causes, les meilleures causes, sont défendues de manière pure et dure, de manière angélique.  

Je pense que le texte de Parenteau émet d'intéressantes «vérités».  Mais je pense qu'une certaine gauche vertueuse et angélique va devoir cesser de cadenasser et de formater les esprits libres, les esprits plus critiques, voire plus subversifs.  

En fait, la société états-unienne est trop complexe pour que l'on puisse la juger trop globalement, comme s'il s'agissait d'un bloc unanime.  

Cela étant dit, je doute qu'Obama puisse passer la rampe.  Quant à Hillary, si elle passe, elle va probablement casser l'esprit profond de la gauche.  Son premier objectif, sauf erreur, est de devenir la première femme élue comme présidente des USA.  Et, pour y arriver, elle est prête à tout, y compris à gouverner à droite, si nécessaire.  

JSB

# 30 nov. 2007, 11:04

Jean-Claude Bourbonnais a dit :

re: Oprah et Obama

Je suis un homme de gauche,et ce depuis ma tendre jeunesse.

J'appartiens à cette gauche que l'on dit "radicale".

Mon radicalisme entre même en conflit avec la définition qu'en donne la gauche.

Ma gauche est délinquante,imprévisible,elle frappe sans avertissement et il arrive qu'elle m'envoie parfois des bons coups de poings sur la gueule.

Ma gauche me laisse perplexe,elle m'intrigue,elle protège ma droite,

plus habile aux travaux de séduction

Je considère George W Bush le plus grand président américain des quarante dernières années.

Ce qui ne m'empêche nullement d'appuyer Barack Obama pour le remplacer à La Maison Blanche.

Obama,c'est la version américaine d'André Boisclair.

Même âge,même style(cette réserve que l'on prend pour de la froideur)

même genre de propos désobligeants des journalistes(manque d'expérience,etc)mêmes calomnies insidieuses ,sur les capacités intellectuelles de ce Noir,même genre de pimbêche surannée comme opposante dans son parti.

Les ressemblances sont étonnantes.

Ce qui devrait nous en dire assez sur la nature profondément nord-américaine du peuple québécois.

Mais non!

Ici on fait une rage d'anti-américanisme primaire,et ceci alors que cette forme de xénophobie est en perte de vitesse partout,en Europe même,depuis les élections à la présidence de l'Allemagne et de la France d'Angela Merckel et de Nicholas Sarkozy.

On fait dans la diabolisation à outrance,on fonce toutes oeillères devant,et l'on finit par ne plus s'apercevoir qu'une idée a deux côtés,comme l'homo sapiens qui a aussi deux bras,deux jambes,deux lobes dans son cerveau,deux yeux,deux oreilles,etc.

La gauche qui s'affiche ici  est une gauche d'handicapé,d'estropié,de borgne et de cul-de-jatte,tout cela emmêlé, qui pense  faire pousser des idées fortes dans son cerveau à sens unique.

Son cerveau de mongol.

Nous au Québec,on a ce talent unique d'être en avance sur le reste de la planète quand vient le temps d'être en retard.

La gauche d'ici avance en arrière,comme nous le répètent encore ces jours-ci nos chauffeurs d'autobus qui,mandat de grève en main,ont recommencé d'avoir l'air bête,comme dans le bon vieux temps.

Obama a ausi dit,sur sa droite,qu'il pourrait envoyer plus de soldats en Irak,si cela était nécessaire.

Il n'a jamais promis l'assurance santé pour tous,contrairement à la Clinton,incapable par ailleurs de chiffrer une telle réforme.

Et je ne me souviens pas de l'avoir entendu dire qu'il irait négocier avec Castro,l'Iran et les talibans.

Le mandat d'un président américain,c'est huit ans,pas plus.

Le contraire d'une dictature.

La grande trouille notre gauche retardataire,c'est bien justement qu'Obama se faufile devant tout ses adversaires et remporte la partie.

Je soupçonne monsieur Parenteau ,dans son for intérieur,de souhaiter la défaite de Barack Obama.

Si,contre toute espérance,Obama gagnait,imaginez la catastrophe.

La gauche serait obligée de faire ce qu'elle n'a jamais fait:penser avec l'hémisphère droit de son ciboulot!

Une catastrophe qui lui donnerait des idées révolutionnaires,en plus.

Comme cette drôle d'idée entendue ailleurs,qu'elle a peut-être deux jambes,qui sait,deux jambes qui lui permettrait enfin de se tenir debout

.

Une idée avec deux côtés qui se tient debout,quelle déchéance!!

# 30 nov. 2007, 11:37


François Parenteau
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