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Impertinences
15 novembre 2007, 12:00

Pas de cadeaux pour le privé

C'est quand même extraordinaire, tous les efforts qui sont déployés pour nous convaincre de laisser entrer le privé dans les soins de santé. En fait, je n'en reviens pas qu'on se laisse encore balancer les mêmes arguments spécieux sur le privé, qui serait une telle bénédiction que tous ceux qui s'y objectent sont assimilés par nos bienveillants médias de droite à ceux qui refusaient de croire que la terre est ronde.

Sur ce sujet, le jupon de La Presse, notamment, dépasse tellement qu'il traîne dans la bouette. Rappelons que ce journal est une propriété de Power Corporation qui possède aussi de juteuses compagnies d'assurances. Et, comme par hasard, il ne se passe pas une semaine sans qu'on y lise à quel point ce serait génial de pouvoir créer de belles cliniques privées, payées par des assurances privées, pour soulager le pauvre système public qui craque de partout et qui suinte la C. difficile par tous ses orifices.

Parmi les chantres les plus zélés de cette privatisation, on retrouve aussi invariablement l'Institut économique de Montréal (aucune surprise ici, ils mettraient des compteurs d'air dans les maisons s'ils en avaient la chance), et l'incontournable Claude Castonguay. On prend toujours soin, dans les médias, de désigner Claude Castonguay comme étant le père de l'assurance-maladie au Québec. Lui-même semble d'ailleurs très bien accepter cette épithète, même s'il paraît que ce n'est pas si vrai que ça. Il serait membre des Hells qu'on l'appellerait Claude "le père de l'assurance-maladie" Castonguay.

Et pourtant, depuis des années, on ne le voit que réclamer plus de place pour le privé, un ticket modérateur, etc. Le bon peuple impressionnable doit penser: "Heille, ça doit être vrai... même le père de l'assurance-maladie le dit!" On devrait plutôt dire que Castonguay est le mononc' pas fin de l'assurance-maladie, ce serait plus juste.

Ce débat est surréaliste. Aucun parti ne veut s'afficher clairement pour le privé et le honni "système à deux vitesses", et pourtant le privé gagne sans cesse du terrain. Le bon docteur Couillard s'inquiète de l'ouverture de cliniques privées, maugrée, tempête un peu. Le chien aboie, la caravane passe. C'est rendu bien étroit, la démocratie, si tout ce que nous pouvons choisir, c'est la "bette" de celui qui nous dira qu'il n'a pas le choix...

Ce que j'aimerais voir, c'est un débat à visière levée, avec questions du public, comme dans certains débats des chefs pour les élections. Les pro-privé se choisissent un champion, les pro-public font de même. Et on y va à fond. Face à face.

Les médecins et infirmières qui pratiqueraient au privé, on les prendrait où? Dans le réseau public, j'imagine, ils sont tous là. Et comment on va faire pour que le service dans le réseau public ne se détériore pas en conséquence? On va former plus de médecins et d'infirmières pour compenser? Pourquoi on ne le fait pas maintenant? Ça coûterait trop cher à l'État de les payer? Au bout du compte, ce seront les "assurés" qui les paieront, que ce soit par leurs assurances privées ou par leurs impôts. En quoi est-ce que le système en entier bénéficierait du fait que les plus fortunés puissent se réserver les meilleures ressources, tant humaines que technologiques, du milieu médical? Personne n'en a encore fait la démonstration.

COMME LA CRÉATION DE LA RICHESSE

C'est la même chanson que la création de la richesse. Selon à peu près les mêmes voix, d'ailleurs, il serait impératif au Québec de créer de la richesse avant de la redistribuer. Un jour, j'aimerais bien qu'on m'explique. On m'a appris que rien ne se perd et rien ne se crée mais que tout se transforme. La richesse, donc, dans un monde fini aux ressources limitées, soit tu l'extirpes de la nature, soit tu la prends à quelqu'un d'autre. Autrement dit, créer de la richesse, c'est une illusion. On ne fait que la concentrer. C'est donc le contraire de la répartir.

Mais si on peut vraiment créer de la richesse, ne soyons pas dogmatiques, c'est une excellente nouvelle. Ça veut dire que le mouvement perpétuel est aussi possible et qu'on pourra bientôt fournir de l'énergie gratuite à toutes les populations de la terre!

Le minoritaire aux bottines d'acier

Pendant ce temps, à Ottawa, on est plus proche de l'immobilité perpétuelle. Stephen Harper a beau être minoritaire, on a l'impression qu'au rythme où vont les choses, il pourrait rester en poste sans déclencher d'élections pendant 30 ans, maintenir la présence canadienne en Afghanistan contre la volonté d'une majorité de la population et continuer de se foutre de l'environnement, tout ça parce que Stéphane Dion ne veut pas aller en élections parce que son leadership est trop faible et qu'il est détesté au Québec. Quand les libéraux ont élu Stéphane Dion comme chef, ce n'était donc pas seulement une gaffe pour les libéraux. C'était une gaffe pour tout le Canada.

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Steve Boudrias a dit :

Six bonnes raisons de voter Québec Solidaire

Monsieur Parenteau, comme on dit chez moi, vaut mieux se répéter que de se contredire, alors je vous répète ce que je vous ai déjà dit plus tôt : il faut voter Québec Solidaire aux prochaines élections provinciales.

Pourquoi ?

1) Parce que Amir Khadir, médecin de profession, a le meilleur point de vue sur la manière de décloisonner le système de Santé au Québec.

2) Parce que Françoise David est bel et bien la femme qui mérite de prendre la tête du Québec en même temps que de faire partie d'un triumvirat. Encore une fois, je me répète, deux têtes valent mieux qu'une, selon la sagesse populaire, mais la tradition française révolutionnaire nous intime de considérer l'option de la direction "trinitaire".

3) Parce que QS a dans ses cartons le revenu minimal garanti - comme l'ADQ jadis - et que cela pourrait aider à gérer mieux l'un des trois plus gros poste de dépense au Québec : l'aide sociale. Enfin, la solidarité ne serait pas simplement un titre ronflant rattaché au b.a. ba d'un ministre ou d'un ministère. Il en serait l'inspiration première !

4) Parce que QS a développé depuis la fondation du R.A.P. (le Rassemblement pour une Alternative Populaire) un discours innovateur et réformateur digne des plus belles années du PQ. Réforme du mode de scrutin, révision de l'imposition des grandes corporations (incluant le secteur trop lucratif de la pharmacologie) et affirmation nationale par le biais d'une solidarisation des trois solitudes québécoises : francos, anglos, allos, tous ensemble pour élaborer et contruire une nouvelle société basée sur un projet où la société n'est pas traitée sous un angle strictement commercial mais civique et "moral".

5) Parce que QS est ce qui se rapproche le plus de la fusion du MSA avec le RIN dans les années précédent la formation arc-en-ciel du Parti Québécois de Lévesque.

6) Parce que dans son mode de fonctionnement électif même, ce parti se branche directement sur un principe indiscutable : l'égalité homme/femme !

# 15 nov. 2007, 11:20

Jean-Serge Baribeau a dit :

Comptons sur Claude Castonguay pour «bousiller» la castonguette

Eh oui! Le mythe du secteur privé porteur de tous les espoirs et de toutes les vertus ne cesse d'être entretenu par une armée intellectuelle et morale de tartufes «désintéressés» et «sans reproche» qui ne demandent pas mieux que d'amoindrir les services publics et de renforcer les services privés... et rentables (pour une minorité qui est toujours la même).  

En fait, comme je le disais la semaine dernière en commentant le texte de Josée Legault, il va falloir embraser et éveiller la mémoire de nombreux Québécois qui semblent oublier que le privé a déjà régné en roi et maître dans le secteur de la santé (et de l'éducation). Certains médias, certains éditorialistes et certains chroniqueurs ne cessent de semer le doute vis-à-vis du secteur public. Évidemment, tous ces sbires du néolibéralisme triomphant se disent contre un système de santé à deux vitesses (vertu et angélisme obligent!). Et se peut qu'ils ne mentent pas. En effet, tant qu'à y être, pourquoi pas ne pas tout confier au privé, lequel serait efficace et porteur d'avenir (après avoir été un échec radical dans un passé pas si éloigné).

Parlant de Claude Castonguay, lui demander de présider une commission chargé de réfléchir à la question de la santé, c'est comme demander à Pierre Falardeau de diriger une commission chargée de réfléchir à la pertinence le la souveraineté du Québec.

Parenteau parle de ceux qui ne cessent de nous casser les oreilles avec la nécessité de créer des richesses avant de les distribuer. C'est d'un ridicule abyssal. Depuis au moins un siècle, certaines sociétés capitalistes sont riches à craquer. Et dès qu'il est question de redistribuer les richesses, on nous dit d'attendre. Nous sommes en train de «détruire» la planète et les inégalités ne cessent d'être patentes et flagrantes. Il se trouve néanmoins des adorateurs du profit qui nous demandent de peser sur le champignon et d'accélérer la destruction de l'humanité.

C'est ubuesque! Merdre, aurait dit Ubu!

# 15 nov. 2007, 14:29

Clermont Corneau a dit :

Chacun tire de son bord !

Effectivement sur papier Claude Castonguay est le père de notre système de santé actuel . Cependant maintenant qu'il fait partie des riches et des plus vieux , il est prêt à tirer la plogue sur un système universel qui ne favorise aucune classe sociale . Il a trop peur de se payer 6 heures d'attente comme le commun des mortels à l'urgence .

Vos commentaires sont extrêmement pertinents mon cher Parenteau parce que vous exprimez exactement ce que la majorité de la population pense et vous le dites de façon claire et non imagée . On connait tous la puissance des lobbyistes qui influencent la classe politique mais sommes nous assez dupes pour croire qu'un retour dans les années 60 serait salutaire pour tous les québécois ? Voyons donc ! Nos parents se sont endettés pour nous mettre au monde et en ont payé les frais pendant des années . Pour glorifier leur mémoire et mettre en évidence les sacrifices qu'ils ont fait pour nous doter d'un système de santé convenable , on va tout foutre en l'air pour satisfaire les plus nantis ! L'argent n'amène pas automatiquement le respect de nos institutions et de notre population .

Je suis d'accord pour dire qu'il y a un grand ménage et de nombreux ajustements à faire pour corriger certains problèmes mais on ne doit pas jouer à la roulette russe avec les deux seules institutions universelles dont le Québec s'est doté , la santé et l'éducation !

# 15 nov. 2007, 14:34

David Lépine a dit :

La diabolisation du privé n'améliore en rien l'efficacité du publique

"créer de la richesse, c'est une illusion. On ne fait que la concentrer." F.P.

"l'Institut économique de Montréal (aucune surprise ici, ils mettraient des compteurs d'air dans les maisons s'ils en avaient la chance) " F. P.

Attention M. Parenteau quand vous accusez les autres ''d'arguments spécieux". Votre propre argumentaire est un peu court, très émotif et rempli de procès d'intentions.

Si je vous ai bien compris ( à travers votre idéologie un peu brumeuse), le privé serait l'incarnation du mal, source de toutes les injustices sur notre planète. S'il faut l'empêcher à tout prix de rentrer dans le système de santé, alors comment pouvez-vous l'accepter dans d'autres sphères névralgiques de l'activité humaine? Comment justifier que les dentistes opèrent et font un profit ? Et quoi dire sur le secteur alimentaire, entièrement contrôlé par le privé depuis la culture jusqu'à la distribution ? Ça devrait-être tout aussi inacceptable, non? Les riches ne mangent-ils pas du steak alors que les pauvres se contentent de  maccaroni?

Est-ce que l'état est le meilleur délivreur de biens et services? Ëtes-vous si aveuglé par vos bonnes intentions que vous ne voyez pas les corporatismes qui défendent le statu quo à tout prix. Vous vous souvenez de l'URSS et de la DDR ? Personne n'en créait de richesse là bas et tout le monde se la partageait, jusqu'au jour qu'il n'en reste plus.

Soyez fidèle avec votre propre logique et défendez les régimes politiques qui préconisent l'étatisation, s'en prendre au seul système de santé est trop facile, c'est qui votre vrai champion pour le débat que vous souhaitez?

# 15 nov. 2007, 14:36

Andrée Proulx a dit :

Le discours néolibéral a remplacé les contes de fées

Rien ne m'empêche de continuer à croire aux récits de mon enfance où les fées se penchent sur le berceau des petites filles pour leur assurer un avenir radieux. Ce serait pernicieux mais non moins enchanteur. J'ai cependant compris aujourd'hui que la comtesse de Ségur adoptait le discours dominant consistant à offrir aux pauvresses vivant dans les chaumières un motif de rêver au Prince Charmant alors que la bourgeoisie, et plus tard le grand capital et l'industrie, s'appropriait le beurre et l'argent du beurre.

C'est un peu ce qui se produit avec le discours néolibéral qui s'évertue à nous faire croire qu'en produisant de la richesse pour une minorité, c'est la majorité qui en profitera. Quand on sait que l'écart entre riches et pauvres s'élargit d'année en année, il faut avoir la crédulité d'un enfant pour croire en cette idéologie basée sur une rhétorique sans rigueur. Rien dans cette vision de la société basée sur la privatisation des services publics et sur la concurrence n'a donné de résultats qui avantagent la population.

Il existe des faiblesses dans le système de santé actuel. Les restrictions du nombre de chirurgies dans les blocs opératoires en est une. Je ne parviens pas à comprendre pourquoi des chirurgiens formés pour exercer des interventions chirurgicales seraient limités à une plage horaire, surtout lorsqu'on apprend que les appareils très coûteux d'investigation et d'analyse des hôpitaux seraient mis au service des médecins des cliniques privées. Le public financerait le privé ?

Sait-on que le Dr Jacques Chaoulli, qui après avoir fait adopter le recours aux assurances privées,a ouvert une agence de médecins impossible à trouver dans le secteur public est chercheur associé à l'IEDM ? Qu'Hélène Desmarais, épouse de Paul junior dont la famille est associée à de nombreuses compagnies d'assurances siège sur ce think tank néolibéral ?

Il n'y a pas de contes de fées. Seulement une élite affairiste qui tirent toutes les ficelles.

# 16 nov. 2007, 11:10

Cécile Grand Maison a dit :

notre système de santé

Notre système de santé est malade. Moi qui suis contre le désengagement de l'état, en ce qui concerne le milieu de la santé je me demande si le privé ne ferait pas un peu mieux mais cela sous toute réserve de mon ignorance du dossier. Cependant, ça ne va plus, chaque jour on voit des cas d'incompétences qui ont causé des morts et ce à plusieurs reprises.  Il faut se rendre compte que y a définitivement quelque chose qui va pas là.

Les institutions de santé sont devenus des endroits à éviter à tout prix. On y meurt.

Manque de leadership, incompétences multiples à tous les niveaux, tout ça justifie plus que ça explique la privatisation. Soyons clair, ça fait longtemps que le système de santé sert l'industrie pharmaceutique. Avez-vous vu les tablettes des pharmacies récemment?  Les médias eux aussi servent l'industrie en faisant ressortir comme par hasard tout ce qui va pas. Tout cette campagne de salissage profite l'industrie qui en ce moment manie l'opinion publique avec succès, je dois dire.

Ne soyons pas trop aveugles quand même.

Ces dernières années pour la première fois je reçois des lettres pour aller passer des tests médicaux. Ces lettres sont carrément mecaçantes gernre ben là t'a pas répondu à notre dernière lettre là là, tu sais ce que tu risques.

Je déteste me faire mecacer.

Le ton monte dans la publicité également, Y a eu les chars qu'on a eu à saturation maintenant ce sont les maladies avec évidemment une cure à vendre.

j'achète pas.

Ils sont même pas capables de s'occuper adéquatement de ceux qui sont déjà en soin, ils font du recrutement pour en amener d'autres à l'hopital. À quand nous rendre malades pour leur profit ? Je veux pas paranoier mais je pense qu'il est grand temps que le secteur public se réveille et prenne le leadership légal de cette situation.

# 16 nov. 2007, 11:13

Michèle Bourgon a dit :

On voudrait y croire, mais...

On voudrait bien défendre bec et ongles le système de santé public, mais ça ne marche pas. Quand on n'est pas malades, on peut trouver tous les avantages à ce système, mais dès qu'une maladie le moindrement sérieuse apparaît, on est placé devant un dilemme cornélien: j'attends six mois pour un examen et trois autres mois pour une opération ? Ou je paye et ça se fera dans moins d'un mois. Il s'agit de la santé des gens, souvent il y va de leur vie. Oui, on voudrait maintenair le système public, mais on s'en va vers la catastrophe. Il ne suffit plus, il est mourant ce système comme il est. Les infirmières sont plus qu'essoufles, les médecins découragés, les hôpitaux mal tenus, la C difficile partout. Oui, c'est vrai, c'est mal de passer devant les autres, mais quand on est très malades, on oublie facilement cette valeur-là.

Je pense que le système à deux vitesses est incontournable. Malheureusement.

# 16 nov. 2007, 11:14

Margot Savoie a dit :

Médecine à deux vitesses

Moi j'ai juste une chose à dire, c'est qu'avec 6 mois de salaire par année payés pour les services que je reçois, je pense que je fais ma large part. Je trouve inacceptable qu'on doivent encore payer pour passer plus vite quand on a besoin de se faire soigner, c'est scandaleux !

Tout est une question de priorité et de redistribution de richesse (les banques et autres tres riches pourraient surement faire plus) quand à moi, un système de santé public gratuit c'est indispensable dans une société digne de ce nom. Les cies d'assurances doivent saliver par les temps qui courrent, elles aiguisent leurs couteaux.

# 16 nov. 2007, 11:24

Jean Archambault a dit :

Le mépris serait-il à demeure ?

La création de la richesse est le cri primal de l'élite politique et économique du Québec. À force de répéter ce slogan, on espère cacher le mot redistribution. Or les deux vont ensemble. Dans la mesure qu'il y a redistribution équitable de la richesse, la majorité de la population contribuera à en créer.

Alors que nous assistons à l'éclosion d'un capitalisme brutal qui se traduit par des mouvements incendiaires de rationalisation des emplois, de délocalisation des usines, de compression des salaires et d'augmentation vertigineuse des profits, les classes populaires et moyennes se sentent flouées. Et, ils ont raison.

La création de la richesse, dans les mots de ces thuriféraires (Dubuc et compagnie), exigerait encore beaucoup de sacrifices de ces classes populaires et moyennes qui vivraient au-dessus de leurs moyens. On croit rêver. D'un côté, les profits qui s'accumulent et de l'autre, des privations à ne plus finir. On fait l'éloge de la richesse comme on adorait le veau sacré. Bien à l'abri dans leurs palais sur le littoral du lac Menphrémagog, nos élites n'en peuvent plus de se sacrifier.

Le capital financier découvre tous les jours de nouveaux moyens (fonds d'investissement) pour collecter l'argent des banques et des caisses de retraite et ainsi acheter des compagnies qu'il rationalise et revende avec d'énormes profits. Aucune véritable richesse n'est créée, seulement un autre moyen pour engranger les profits.

À part, un « prof Lauzon » perdue dans la cohue, tous ces moralistes de salon me font suer. La pensée unique et enchaînée (selon Susan George) est sans limites. Le mépris serait-il à demeure ?

# 16 nov. 2007, 11:25

Serge Gingras a dit :

Oui! à l'entreprise privée en santé si...

Les entrepreneurs en santé, favorables au privé, construisent leurs propres hôpitaux, cliniques et autres immeubles nécessaires à leur vocation. Ils devront aussi payer l'éducations des infirmières dont ils auront besoin pour faire fonctionner leurs entreprises. Il ne saurait être question d'enlever nos infirmières dans nos hôpitaux. Idem pour les médecins : qu'ils forment les leurs, à leurs frais. Ils veulent du privé? Qu'ils repartent à zéro.

Je leur souhaite bonne chance.

# 17 nov. 2007, 16:58

Serge Lefrançois a dit :

Le prix de la santé

La gratuité des services de santé accorde à une société des lettres de noblesse. Et payer pour faire valoir son importance dans un système social a toujours existé et demeurera, peu importe le régime politique. Des priorités sont déjà accordées, à ceux qui ont la capacité d'absorber cette dépense. On peut penser aux chirurgies de la hanche entre autres, qui font sauver une année d'attente à ceux qui peuvent se le permettre.

Mais lorsque la volonté politique ouvre largement la porte au secteur privé dans le domaine, on peut s'attendre évidemment à un déclin du système public. En termes d'économie, cet abandon a aussi un prix. On peut penser à la désinstitutionnalition en santé mentale, afin de mieux réaliser l'ampleur de cette déresponsabilisation. Plusieurs personnes atteintes par des problèmes de santé mentale se retrouvent à la rue, avec des centres de crise comme seul refuge. La population se voit alors responsable d'assumer cette crise quotidiennement. Autre conséquence, le Québec se pointe au sommet des statistiques, relativement à l'important taux de suicide parmi ses habitants.

On ne peut évidemment s'attendre à une baisse des impôts, consécutivement à ce choix, d'où le doute à favoriser cette attitude. Aux États-Unis, plusieurs se paient une assurance à 500 $ par mois, afin de se protéger de la maladie. Par la suite, il faut atteindre une dépense de 1000 $, afin d'obtenir un remboursement. Et il ne s'agit pas de l'assurance la plus dispendieuse. Où la liberté règne, la jungle domine également. Et quand la loi du plus fort s'impose, la violence générée par l'état de survie détruit souvent une qualité de vie, calme et paisible.

# 17 nov. 2007, 17:00

Alexandre Lacoursière a dit :

Un état efficace...

Il faudrait aussi abaisser les quotas d'opérations qui limitent les médecins, rendre la profession d'infirmière plus humaine (il ne manque pas d'étudiants en soins infirmiers, mais dès qu'il mettent les pieds dans la profession, c'est la dépression nerveuse et un gros pourcentage quitteront le métier). Probablement aussi accepter plus facilement les étrangers et les diplômes des autres pays. J'ai déja travaillé dans un boîte de sondages à 8$ de l'heure avec un anesthésiste francais qui n'avait pas les moyens de se payer ni les papiers ni les mises à niveau pour pratiquer ici alors qu'on est en pleine pénurie d'anesthésistes. Je préfère payer des impôts élevée à un état qui redistribue la richesse et pour lequel je vote (techniquement, je dis...) que payer une compagnie d'assurances privée qui ne sert qu'à payer ses investisseurs...

# 18 nov. 2007, 18:05

Jacques Morissette a dit :

Commentaires d'un paranoïaque

Comme vous dites: «. Créer de la richesse, c'est une illusion. On ne fait que la concentrer. C'est donc le contraire de la répartir.» C'est l'histoire de l'humanité qui, tenant compte de la mondialisation, se confond de plus en plus avec le capitalisme populaire. De fait, le capitalisme est tellement populaire que les politiciens et les médias (la télévision, La Presse, etc.) ont très peu à dire sur le sujet pour donner l'impression à la population qu'ils comprennent bien les enjeux.

Ceci dit, j'ai participé à la marche de mardi soir concernant la fermeture du Centre Viger à Montréal qui héberge surtout des personnes âgées. C'était vraiment à titre personnel, pour sympathiser avec les gens. De mémoire, c'était ma première participation à ce genre d'événement. Les gens marchaient pour toutes sortes de raisons. Quant à moi, je pense que c'était dans le but de réveiller les québécois qui dorment au gaz. Malheureusement, le silence des médias me dit qu'ils ne sont pas vraiment de leur côté, le gouvernement encore bien moins vu que c'est ce dernier qui fournit le gaz.

Je sympathise avec les gens qui voudraient que les choses se passent autrement. Qu'on travaille laborieusement à améliorer le système public plutôt que de faire pencher la balance du côté des petits amis du privé de nos politiciens. Mais les dogmes du capitalisme (avec ses oillères) éclairent jusqu'à rendre quasi aveugle la population. La marche est-elle trop haute pour que la population décode bien tout cela?

Monsieur Parenteau, votre débat à visière levée, pour qu'il se fasse et de façon vraiment honnête pour tous le monde, devrait être commandé par des instances plus hautes que celles de nos politiciens. Surtout pas monsieur Claude Castonguay, le père pas nécessairement légitime de l'assurance-maladie. Vous dites que le système public craque, mais je me demande si ce ne sont pas nos politiciens qui pipent les dés pour que ça se passe ainsi afin de favoriser la thèse de la privatisation.

# 18 nov. 2007, 18:07

François Boisvert a dit :

Comparons

Enfin un point de vue terre à terre et pertinent dans les médias à propo du système de santé. Je crois, M. Parenteau que vous résumé très bien les enjeux. Ayant de la famille qui vit aux USA depuis plusieurs années, je n'arrive pas à comprendre pourquoi les médias québécois ne citent jamais d'exemple de ce pays qui est poutant riche d'enseignement en terme de système de santé privé.

De ce fait, une simple comparaison nous montre à quel point, même pour les assurés, il est difficile de se faire soigner aux États-Unies. Et même, lorsqu'ils finissent par avoir ''l'autorisation'' de recevoir des soins, ils doivent payer des déductibles impressionant. Et tout cela, sans parler de certain frais (souvent des milliers de dollars) qu'ils doivent d'abord débourser eux-même pour ensuite devoir se battrent pendant des mois pour en obtenir le remboursement pourtant prévue dans leur contrat d'assurance.

Je vois dans les gens qui sont partisans d'un système de santé privé, au mieux des gens mal informés, au pire de dangereux idéologues. Les journalistes des médias mainstream auront-ils le courage d'établir les vrais enjeux dans ce débat? Ou assisterons-nous silencieusement au déclin d'un système de santé publique certe imparfait, mais qui, en plus de couter moins chère, fonctionne beaucoup mieux que le système privé États-Unien.

# 18 nov. 2007, 18:14

René Bérard a dit :

Un calcul simple

Puisque les compagnies d'assurances doivent nécessairement faire un profit pour survivre, en plus de couvrir leurs frais, le coût de la portion "privée" des soins de santé pour la population serait nécessairement plus élevé que le coût des mêmes soins dans un système public, toutes autres choses étant égales.

Évidemment, dans ce cas-ci, la raison pour laquelle le privé arriverait probablement à faire mieux, c'est qu'il se libérerait des lourdeurs administratives et de l'inertie syndicale. En outre, le privé pourrait se permettre de ne garder que les employés les plus efficaces, en les payant un peu plus cher que le privé... mais cela, en bout de ligne, lui reviendrait quand-même moins cher. Si je paie 10 personnes suffisamment compétentes pour abattre autant de travail que 15 autres, je peux me permettre de les payer un peu plus cher que ces dernières et tout de même économiser.

La solution qui sera vraiment mise en place ne sera donc pas la "privatisation" de la santé, mais bien un changement de philosophie de gestion. Si l'on pouvait imposer un tel changement à l'intérieur du contexte public, on obtiendrait les mêmes résultats, frais d'assurances privées en moins.

Ne rêvons pas, toutefois. La masse des travailleurs et des administrateurs de la santé se refuseraient catégoriquement à une réingénierie du système public. Plusieurs y seraient ouverts "en théorie" mais dès qu'on tenterait de mettre en place des mesures concrètes, on verrait des levées de boucliers et des grèves en séries comme jamais auparavant. Personne n'aime le changement, encore moins celui qui a été habitué à un mode de fonctionnement comfortable depuis trop longtemps pour imaginer qu'il pourrait en être autrement.

# 19 nov. 2007, 11:17


François Parenteau
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