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Impertinences
1 novembre 2007, 12:00

Quelques arpents de taxes

C'est officiel, la TPS sera encore une fois réduite. Dans l'éternel bras de fer que se livrent les gouvernements provinciaux et fédéral depuis des décennies au sujet des champs de compétences et des points d'impôt, voilà une chance inouïe de récupérer du terrain perdu. Que Stephen Harper ouvre cette porte plus par idéologie économique que par ouverture aux demandes du Québec importe peu. La dernière fois qu'une telle occasion s'est présentée, Charest a préféré ne pas occuper ce terrain. On peut comprendre, les manifestations pour réclamer plus de taxes se font rares dans les rues. Mais cette fois, il serait vraiment fou de ne pas en profiter.

Le Québec pourrait hausser sa TVQ. Sans même égaler le niveau de taxation combinée qui prévalait avant la réduction fédérale, il récupérerait ainsi des milliards, paraît-il. De l'argent qui appartiendrait au gouvernement du Québec et qui viendrait des Québécois, pas de la péréquation. De l'argent pour lequel on n'aurait pas besoin de quêter pour finalement le ravoir bardé de conditions et de drapeaux du Canada.

Et puis, pourquoi ne pas saisir la chance d'établir des taxes ciblées? Le vent est au vert, non? Allez, on fonce, on ne taxe pas plus le pain et le beurre mais on en remet sur le suremballage, les VUS et les transactions de change, pourquoi pas?

TAXONS LA PUB!

Et un coup parti, pourquoi ne pas taxer le temps d'antenne et l'espace publicitaire, présentement déductibles? Depuis des années, la pub envahit de plus en plus nos vies, gruge notre temps, morcelle nos lectures sans vergogne; personne n'a songé qu'il était là, l'argent? Les artistes peuvent vous le dire. Ils sont payés des pinottes pour puiser au fond d'eux-mêmes et se remettre en cause afin d'incarner un rôle profond à travers mille angoisses dans l'espoir de toucher le spectateur dans son âme, et ils font encore plus d'argent pour faire "miam-miam" la langue sortie dans une pub de burgers. Ça finit par être indécent.

C'est pourtant simple. Une industrie peut toujours faire fabriquer ses cossins dans un sweatshop quelque part dans le monde, même l'industrie des services peut déménager un centre d'assistance annuaire à Madagascar.

Mais pour vendre au Québec, les grandes compagnies doivent faire de la publicité au Québec. Un panneau publicitaire à Pékin ou une pub à la télé salvadorienne ne feront rien bouger dans les magasins québécois. Avec la vente au détail, c'est le seul service qui ne soit pas déménageable. Elles sont là, à "shipper" leurs profits grandissants dans des paradis fiscaux, à faire traduire des pubs américaines pour que ça leur coûte moins cher de production au Québec, quitte à ne jamais montrer la bouche du comédien qui parle pour que ça ne paraisse pas, mais elles ont un pied attaché à notre temps de cerveau disponible. Qu'est-ce qu'on attend?

LES ZAPARTISTES EN VISITE AU FÉDÉRAL

Avec ma bande de saltimbanques politiques, nous étions invités à remplacer les politiciens fédéraux qui se défilent de plus en plus du souper annuel réunissant les politiciens fédéraux et les journalistes de tout le Canada couvrant la vie parlementaire à Ottawa. Pour vous situer, c'est à ce bien-cuit fédéral que Michaëlle Jean avait fait une folle d'elle en disant qu'elle était "hot". Outre Stéphane Dion (qui s'en est étonnamment bien tiré) et Jack Layton qui a livré un hommage aux journalistes, il y avait au menu un humoriste anglophone, Bob Robertson, et Les Zapartistes.

Toute la soirée se déroule dans une étrange atmosphère directement liée au bilinguisme inégal des convives. Le maître de cérémonie Daniel Lessard, de Radio-Canada, en pousse une bonne en français. Les tables francophones rient, les tables anglophones attendent la traduction. Elle vient, et le même rire se fait entendre, en anglais. C'est un Blue Bonnets en version humoristique. Puis, la blague suivante est énoncée d'abord en anglais. Tout le monde la rit. Il n'est plus nécessaire de traduire...

Toute l'impossibilité de ce pays fictif tient dans cette schizophrénie linguistique. D'ailleurs, en passant, merci à Vincent Marissal pour ses informations sur l'atmosphère de ce type de soirée. Quand, en aparté de notre présentation en français, nous avons dit en anglais aux journalistes unilingues que s'ils avaient l'impression d'en avoir manqué une bonne, ils n'avaient qu'à demander à leurs collègues francophones de traduire comme d'habitude, il paraît qu'on les a bouchés pour le reste de la soirée. Cool...

D'ailleurs, ça s'est très bien passé. Qu'en tant que souverainistes avoués, nous ayons pu faire rigoler des anglophones du ROC, c'était non seulement un plaisir, c'était aussi la preuve d'une profonde culture démocratique. Ça ne peut jamais nuire.

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Steve Boudrias a dit :

Il était une fois François Parenteau

Monsieur Parenteau, cette semaine, je vous ai gardé pour la fin, comme dessert.

Je vous aime bien parce que je vous écoutais souvent deviser littéralement avec LeBigot le samedi ou le dimanche matin, et j'étais fier.

Pas fier de moi. Fier de vous. En fait, je n'étais pas vraiment fier de vous vraiment... j'étais fier d'être Québécois. Je me disais dans mon coffre-fort intérieur (salut Dion, non pas Stéphane, l'autre qui écrit au Devoir !), je me disais donc : "C'est formidable, quand même ! Le gars fait des supers reportages partout dans le monde pour La Course Destination Monde et reviens chez lui. Pour le féliciter de sa belle performance, je crois qu'on vous avait bien récompenser avec des babioles du style tromphées-médailles-regarde-maman-ce-que-le-prof-m'a-donné et puis on vous a libéré.

On vous a lâché lousse dans la société québécoise... et on vous a obligé à devenir polyvalent. On vous a obligé à créer, en droite ligne avec le plus grand groupe humoristique jamais créé au Québec: les Cyniques de Rock et Belles Oreilles. Les zappatistes, CRBO pour moé, ok ?

Je vous ai écouter faire des blagues avec mon préféré, vous savez, celui qui fait des imitations hilarantes de Paul Martin, du dirigeant de Sun Media et de plusieurs autres personnages politiques à l'ego surdimensionnés, vous savez de qui je veux parler. Pas besoin de le nommer, tsé. Tout le monde le connaît, non ?

Non, tout le monde ne le connaît pas car TOUT LE MONDE n'EN PARLE pas à la télévision. Non, même si votre groupe est largement inspiré (par son irrévencieuse manie à ridiculiser toute forme de discours qui cherche à se faire passer pour de la révélation sacrée), vous n'avez toujours pas eu votre émission spéciale animée par un ancien leader de RBO.

Non seulement ça, lorsque vous parliez à la radio, c'était encore trop. Trop visuel, tsé.

Alors on a décidé de vous remercier. Encore une fois.

Mais en ce "jour du souvenir", moi aussi, j'aimerais vous remercier...

# 01 nov. 2007, 17:05

Jean-Serge Baribeau a dit :

Haro sur la publicité! Et pourquoi pas?

J'ai bien apprécié les considérations de Parenteau sur la pub. Je suis de ceux qui, à tort ou à raison, considèrent la publicité comme étant la forme la plus achevée et la plus sournoise de la propagande. Dans les pays rongés par des dictatures, il y a beaucoup de propagande, ce qui a le don de nous énerver, nous les braves Occidentaux. Mais il ne faut pas sous-estimer l'intelligence de la plupart des citoyens de ces pays. À Cuba ou ailleurs, les citoyens savent très bien qu'ils sont noyés dans un océan de propagande.

En ce qui nous concerne, nous les Occidentaux, nous aimons plus ou moins la publicité et nous la considérons comme un mal nécessaire qui sert à financer les médias et les émissions de télévision. Mais l'aspect «propagandiste» de la publicité est moins flagrant, ce qui ne signifie pas que nul n'en est conscient. Mais l'ensemble de la publicité a comme objectif de nous vendre LE BONHEUR et de nous rappeler, au cas où nous l'aurions oublié, que le bonheur réside dans la consommation. Autrefois la religion catholique nous promettait le bonheur dans un autre monde. Aujourd'hui la publicité nous promet le bonheur immédiat et instantané, dans ce monde plutôt que dans un au-delà. La publicité a comme fonction de créer chez nous une tension, un sentiment de frustration, de manque. Et les recherches démontrent que, lors de l'acte d'achat, les consommateurs manipulés et formatés éprouvent un relâchement de la tension. Mais, quelques jours ou heures plus tard, la tension va réapparaître et le sentiment de manque va de nouveau picosser le brave consommateur.

Moi, dans le sillage des propos de François, ce qui m'énerve le plus, c'est que la pub force de bons comédiens et d'excellentes comédiennes à jouer des rôles de cons et de minables, histoire de gagner de l'argent et de mettre du beurre dans les épinards.

En terminant, je suis ravi de voir que les Zapartistes ces «vieux» rhinocéros du temps présent se sont bien amusés.

# 01 nov. 2007, 17:05

Pierre Dumas a dit :

Souverainiste

Souverainiste avoué....Nous sommes de retour au MSA..de René.

On se divorce à midi..et on se refait en union LIBRE à midi quart...

Comme disait si bien Guitry,les couples ne se quittent jamais bon amis sinon,ils ne se separeraient pas...Il y a quelque chose d'absurde de se gargariser du mot SOUVERAIN...Bernie$$$$$$$$$$$$$$Landry s'en servait comme paravent.Ce porteur de valises chez Québecor est SOUVERAINISTE...

On peut faire les bouffons...mais cela se termine souvent par un rire jaune...jaune comme la peur de perdre sa jobbine...

# 01 nov. 2007, 17:09

Denis Clément a dit :

retour en arrière

Tabarouette, retour à la case départ.

Le fédéral profite de ses surplus pour se faire du capital politique, il fait des faveurs aux citoyens qui ne pourront que VOIR d'un bon oeil ces cadeaux inattendus. Youhou, la FÉDÉRATION est là pour servir les citoyens via ses provinces, pas pour faire des investissements qui lui permettront de se faire rélire. Je trouve ça un peu gros.

C'est comme les fameuses bourses de Jean Chrétien (enfin...celle qu'il avait osé brandir) vous vous souvenez? C'était pas la job du fédéral de se mêler d'éducation mais bien d'augmenter les transferts aux ministères provinciaux. pourtant ça a passé.

Pis le pire c'est que quand j'parle de ça autour de moi je me fais regarder comme un marxiste-léniniste (euh cé quoi ça?). Elle est rendue où la conscience politique? 75 manifestants à Sherbrooke la semaine dernière devant l'université. 75. David contre Goliath. C'est vrai que j'y étais pas moi non plus mais bon j'ai déjà donné.

Sinon, elle est où la relève?

Réponse au centre commercial partie dépenser les économies réalisées grâce aux baisses de taxes ... (gros soupir).

# 01 nov. 2007, 17:18

Jean Archambault a dit :

Le mini-buget: un exercise pour élargir le fossé entre les riches et les pauvres

Le mini-budget Harper est plus révélateur par ses omissions que par sa baisse de la TPS. Voici une mesure -bonbon qui cache les objectifs non-déclarés de ce gouvernement Harper. D'une part, il place les provinces dans une situation intenable, lui laissant le fardeau d'aider le tissu industriel qui s'étiole comme l'industrie forestière. Ce gouvernement conservateur fonctionne avec sa vision ultra-libérale. Que les industries qui doivent mourir, meurent.,

C'est le marché mondial qui dicte la donne. L'État n'a pas à aider les canards boiteux. Que des régions entières du Québec souffrent de cette politique, le gouvernement leur conseillera simplement de trouver des nouveaux marchés ou demandera aux gens de quitter la région. Aucune empathie envers les premières victimes de cette politique d'aide aux meilleurs.

D'autre part, le gouvernement Harper veut paraitre le bon gouvernement, il gère l'argent des contribuables de façon exemplaire. Les surplus résulteraient de cette bonne gestion alors qu'elle origine encore plus du déséquilibre fisal. Au lieu de donner des bonbons insignifiants, il pourrait permettre aux provinces d'augmenter ses points d'impôts grâce à la possibilité de se retirer de certains programmes fédéraux en recevant sa juste et entière part.

Le gouvernement Harper, malgré ses promesse d'un fédéralisme ouvert continue à vouloir mener sa politique impériale.

Quant à votre incursion à Ottawa, j'aurais aimé être là et savourer les réactions en retard de nos amis anglophones. Une chose est certaine, nous avons plus que Céline Dion à proposer. Bonne vie aux Zapartistes qui égaient nos vies dans ce pays de fous.

# 01 nov. 2007, 17:22

Andrée Proulx a dit :

Un bon «deal»

Avec une somme d'environ 240$ par famille, des miettes par rapport à son surplus budgétaire de 14G, Stephen Harper vient de redorer son blason. Au Québec, là où ses politiques énergétiques et militaires sont les moins populaires, là où le déséquilibre fiscal est une préoccupation, il peut se féliciter d'endormir les contribuables par sa diminution de la TPS et ses baisses d'impôt.

Ses «cadeaux» favorisent de petits groupes : les gros consommateurs, les revenus élevés comme les faibles revenus. Des milliards de dollars sont retournés dans l'économie mais l'industrie forestière moribonde, les services à la population et l'entretien des infrastructures qui s'effondrent sont oubliés.

Si relancer l'économie peut faire partie des objectifs d'un gouvernement, il me semble que d'un point de vue strictement fonctionnel, les affaires d'un gouvernement n'ont pas à être gérées comme celles d'une entreprise privée qui distribue ses surplus à ses actionnaires dans le but de retenir leur faveurs. Un gouvernement se doit d'offrir des services à la population avec les taxes qu'ils paient et non d'offrir des retours sur investissement.

Monsieur Parenteau, avec vos Zapartistes, continuez à nous faire rire en dénonçant les inepties de nos politiques qui parfois nous font rire jaune. La thérapie par le rire, c'est un service public essentiel.

# 03 nov. 2007, 11:50

David Bellemare a dit :

L'argent, la vie, la mort...

Au Québec, c'est l'identité qui prend toute la place !!! Au même moment à Ottawa, on ne manque pas d'argent et le gouvernement conservateur distribue les cadeaux !!! Baisse d'impôt par ici, baisse de la TPS par là, la valeur du dollar canadien ne cesse d'augmenter et atteint des sommets historiques.

Ailleurs dans le monde, soulignons que le pilote (Paul Warfield Tibbets Jr ) qui largua la bombe atomique sur Hiroshima est mort à l'âge de 92 ans. Peu après 8 h 15, ce matin là, Little Boy (la bombe ) sortit de la soute à une altitude de 9 450 mètres. Il ne restait qu'environ 43 secondes pour vivre sa vie, moins d'une minute pour faire quelque chose, pour s'amuser, pour jouer, pour rire, pour chanter, pour se laver, pour laver la vaisselle, pour embrasser un être cher, pour faire une blague, pour écrire une lettre d'amour, pour lire un livre, pour lire le journal, pour naviguer sur internet (oups, ils n'avaient pas ça internet !!!), pour se nettoyer les oreilles, pour faire l'amour, pour déjeuner, pour faire le ménage, pour sourire, pour rendre visite à un parent hospitalisé.

Après environ 43 secondes de chute libre, la bombe explosa à 580 mètres à la verticale de l'hôpital Shima. C'est tout de même cynique non ??? Si on ne peut pas être en sécurité à l'hôpital, je me demande où s'en va le monde !!!

Et je disais donc que le gouvernement conservateur a été généreux. le problème c'est qu'il continue à augmenter l'écart entre les familles riches et les familles pauvres. Il a aussi perdu une chance unique d'investir en santé ou du moins de transférer d'autres fonds aux provinces pour que ces dernières puissent améliorer la situation dans les urgences.

J'ai rien contre les baisses d'impôts et la baisse de la TPS, je constate malheureusement que ce sont toujours les riches qui profitent le plus des baisses d'impôt.

Même mort, nous ne sommes pas égaux... regardez les funérailles que je ne pourrai me payer, la pierre tombale d'une personne riche.

# 03 nov. 2007, 11:55


François Parenteau
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