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Impertinences
25 octobre 2007, 12:00

Si Paris vaut bien une messe...

C'est parfois pratique d'avoir une religion. Je m'en suis personnellement inventé une qui me sert uniquement lorsque je reçois un appel de télémarketing. Par exemple, récemment, j'ai reçu un appel pour une carte de crédit. J'ai répondu à la fille que ça ne m'intéressait pas, d'un ton qui n'invitait pourtant pas à en discuter pendant des heures. Quand elle a insisté quand même, je lui ai dit que c'était contre ma religion. Fin de la discussion, excusez-moi, bonsoir. Pas besoin de lever le ton ou d'avoir à raccrocher au nez de quelqu'un. Vous essaierez, c'est étonnant.

Ainsi, l'Église de parentologie exige de moi que je restreigne au strict minimum mon utilisation du crédit, m'interdit de posséder une pompe à chaleur ou de m'abonner à un journal en super-rabais-de-promotion-pour-un-temps-limité ainsi que d'utiliser les services d'une compagnie de nettoyage de tapis. Dans ce dernier cas, cependant, il est plus simple de leur dire que je n'ai juste pas de tapis...

IMAGINONS UN PETIT WISE QUI S'INVENTE SA RELIGION

Imaginons maintenant qu'un enfant d'une famille d'athées ou d'agnostiques, voyant ses petits camarades de classe obtenir des permissions pour porter ceci ou cela ou de s'absenter pour une fête religieuse, et trouvant injuste de ne rien à avoir à demander de son côté, décide de faire la même chose et de s'inventer une religion, tout candidement, sans aucune intention ironique. Dans sa tête à lui, ce serait une déduction logique, la religion lui apparaissant comme un genre de mot magique qui permet d'arranger les choses à notre goût. Un peu comme, à un certain âge, plusieurs enfants pensent que la carte de crédit crée de l'argent à volonté.

Il se dresserait une liste de commandements à suivre. Bien sûr, comme c'est lui qui les invente, tous iraient tous dans le sens de ses goûts. Il lui serait interdit de manger des rognons, de porter une tuque quand il fait au-dessus de moins 20 degrés Celsius et porter des combinaisons serait un péché capital. Dans le salon, il y aurait une chaise interdite à sa soeur et il aurait le droit sacré de regarder les bonhommes, le samedi matin, sans être dérangé. Il s'inventerait une hiérarchie religieuse avec un grand Bouzouk et des apprentis Bouzouks, et tout le monde trouverait ça cute. Ses parents embarqueraient, sourire en coin, tant que ça ne brime personne et que c'est dans les limites du raisonnable.

Mais voilà, un jour, devant un examen pour lequel il ne se sent pas assez préparé à son goût et enivré du pouvoir de sa religion, ce nouveau pratiquant indique que c'est contre sa religion de répondre à des questions d'examen et la met en pratique en ne répondant à aucune question, tout en s'attendant à ce qu'on ne lui donne pas zéro puisqu'on ne peut pénaliser personne en raison de sa foi.

À ce moment-là, les parents et l'école réagiraient, avec raison. Mais au delà du disciplinaire, il faudrait expliquer à ce jeune autopape la distinction entre une religion et de simples convictions personnelles, mais aussi entre des convictions des goûts et des caprices.

PATAUGEONS DANS LA ZONE GRISE

Chaque fois qu'on a dit, en réaction à l'acceptation du port du kirpan à l'école, que tant qu'à y être, on pourrait se pointer avec une mitraillette à l'épaule, on pataugeait dans cette zone grise. Des millions de Sikhs considèrent important de porter un petit couteau sanglé dans une gaine au nom de leur foi, de leur identité culturelle et religieuse. Alors qu'aucun Québécois n'a vraiment envie de porter la mitraillette en classe si ce n'est pour faire effacer le droit obtenu par les Sikhs, soit par principe, soit par réaction xénophobe, et la plupart du temps pour un savant mélange des deux. (Je suis pour ma part contre, mais c'est purement par principe...)

Si le cours "Éthique et religion" qui est proposé pour remplacer les cours de religion fait bien son job, on aura au moins des enfants qui sauront faire la distinction. Il y a une différence entre des exigences inventées expressément pour profiter du système et de profondes convictions partagées par toute une communauté. Et ce n'est pas seulement parce que le premier est de mauvaise foi et que les autres sont sincères. C'est une question de nombre et d'enracinement qui dépasse la somme des individus qui forment le groupe.

Or, si ça vaut pour les religions, ça doit aussi valoir pour les identités nationales. Aussi mal ficelé que puisse être le projet de loi de Pauline Marois sur l'intégration des immigrants, il ne faudrait pas rejeter le principe. Si, comme aurait dit Henri IV au moment de se convertir au catholicisme pour devenir roi de France, Paris vaut bien une messe, le Québec vaut bien un cours de français.

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Jean Archambault a dit :

Toujours la même question.

Le Québec est la seule terre française d'accueil des immigrants en Amérique du Nord. Ne parlons pas ici des Acadiens qui peinent à ne pas se faire assimiler. Regardons plutôt le taux d'assimilation des francophones dans les autres provinces du Canada. D'une génération à l'autre, l'assimilation se renforce et atteint des proportions incroyables ( de 70 à 90 %). Avez-vous déjà entendu parler du taux d'assimilation des anglophones au Québec !!

Les débats actuels sur l'immigration et les accommodations raisonnables sont une perte de temps et d'énergie car nous n'avons pas voulu solutionner la question nationale. Depuis des années, les gens disent qu'ils faut passer aux vraies affaires et vraies questions. Ils ajoutent que les histoires de constitution n'avancent à rien et sont trop théoriques. Pourtant, à chaque fois que nous abordons les vraies questions, se profile à nouveau la question nationale.

Que l'on parle d'environnement, d'économie, d'immigration, de culture, de langue, nous nous butons à un cadre constitutionnel qui empêche les Québécois d'avancer. Tout le domaine financier se joue à Toronto. Il ne nous reste que les produits dérivés à la Bourse de Montréal, que Toronto veut venir chercher. C'est la Banque du Canada qui dicte le taux d'escompte directeur. Sa fluctuation est conditionnée par les indicateurs économiques de l'Ontario. On nous rentre dans la gorge le multiculturalisme canadien que le Québec francophone ne peut se permettre en place. Alors qu'il a un consensus au Québec sur l'appui à Kyoto et au désengagement militaire en Afghanistan, le gouvernement canadien n'en tient pas compte.

Oui, des énergies considérables se perdent pour avoir été incapables de prendre notre destin en main. Le caractère français du Québec n'est pas une donnée trans-historique. Elle résulte de notre volonté à vivre en français. Il y a un prix à payer pour poursuivre ce projet, sommes-nous prêts à aller au bout de cette logique ? L'indépendance du Québec.

# 26 oct. 2007, 10:33

Marc Pilon a dit :

Ho mon Dieu !

Pour ceux qui me connaissent, je suis handicapé. Si je m'étais accroché aux choses de la vie, ca ferait longtemps que mes faibles petits doigts auraient laché prise.

La plupart des gens s'acrochent aux amis ou à la famille.

Souvent les amis sont là quand on a du fun ou de l'argent.

Quand on est dans une mauvaise passe, les amis sont las ou lâches.

C'est comme les vendeuses dans les magasins. Quans on en a besoin elle ne sont pas là. Mais si vous essayez de voler un minicule objet, elles sortent de partout. Comme si toute la gagne se tennait devant les caméras de surveillance.

Elle n'est pas certain qu'onpuisse s'accrocher à la famille. Les familles sont de plus en plus petites et détachées. Je ne me confie pas au fils de l'homme qui sort avec ma ma nouvelle mère. Ma vraie mère est retombé enseinte, pour la troisième fois, d'un internaute. C'est fort le virtuel. Même les condoms lui résiste !

J'ai essayé de me rapprocher de Dieu. On dit que c'est difficile d'atteindre Dieu. Qui faut passer par une religion et tout ce qui va avec. C'est comme si tu voulais rencontrer une fille. Tu te présente, chez-elle, avec tes parents, tes demis-frères-soeurs-salaire-péruche, tes amis qui veulent te la voler, ton conseillé conjugal et les photos de tes enfants !

C'est certain que la fille va avoir peur et elle ne voudra pas te rencontrer.

Dieu c'est pareil, pour moi. J'ai une ligne directe, avec lui. C'est plus vite que la haute vitesse et il n'y a pas de virus. Je ui racconte tout et je ne suis pas certain qu'il m'écoute. C'est comme le mariage. On ne divorce pas pour autant ! Je pris à tous les soirs. Mais il m'est impossible de me mettre à genoux. Je me souvient de la dernière fois que je me suis mis à genoux devant un homme de Dieu !!! Mais le Coca-cola était bon !

Je fais des blagues. J'ai besoin de croire. C'à m'a aidé à passer aux travers des choses qui me semblaient terribles. Au bout de quelque temps, je me disais... C'était pas si pire. God is my friend.

# 26 oct. 2007, 10:39

Serge Gingras a dit :

En effet

Si Paris valait bien une messe, pour Henri IV, la joie de vivre au Québec, pour un immigrant, vaut bien d'apprendre la langue de la vaste majorité des habitants. Ça n'est pas ce que pense les habitants du Pontiac et de certains coins de Montréal, anglophones d'origine depuis l'arrivée des loyalistes en nos contrées pour qui le fait français est une aberration qui devrait disparaître dans les plus brefs délais. Mais ça c'est une autre question.

Pour ce qui est du Kirpan, l'école\la commission scolaire avait trouvé un accommodement raisonable qui satisfaisait les deux parties. Si la Cour supérieure n'était pas intervenue pour gâter la sauce, nous aurions conservé un néo-québécois francophone et évité une crise que l'on avait tuée dans l'oeuf. Un exemple parfait que le mieux est l'ennemi du bien.

J'ai bien aimé votre statagème de la religion pour faire reculer les importuns. Je m'en suis servi moi-même à l'occasion.

# 26 oct. 2007, 10:43

Yvon Turcotte a dit :

Je suis moins naïf

Ainsi TVA TQS et RDI à l'occasion auraient grossi certains évènements passés à caractère religieux. C'est du moins l'avis de quelques citoyens devant la commission Bouchard-Taylor. Cela ressemble à un langage convenu d'où ces répétitions lassantes. J'étais naïf au début avec tendance à innocenter les pure-laine. Se donner bonne conscience afin de se rassurer sur ce qu'on est ici.

Les médias ont exagéré certains faits en y mettant trop d'emphase. Dimanche dernier à TMEP, Lyse Dion a démontrée qu'elle était une femme remarquable non seulement pour ses qualités d'humoriste mais aussi pour son sens inné du politiquement correct. Le nouvel iman dont le nom m'échappe a manifesté quant à lui autant de dignité, de diplomatie et de respect sur un sujet où il était interdit de casser des oeufs. Guy A. Lepage n'a pas été vache et Dany Turcotte a été correct avec son humour.

Bien sûr je déplore les extravagances de S. Jaziri, notamment le fait d'avoir falsifié un faux passe-port ce que les médias n'ont pas révélé par incurie ou nonchalance. Il est vrai qu'on ne peut approfondir une cause dans les trois minutes allouées alors qu'il faut passer aussitôt à autres choses. C'est là le malheur de toutes les religions; elles vont au plus pressé en se foutant du fin fond de l'histoire qui reste à l'imagination de chacun.

Vous avez raison Monsieur Parenteau, on fait soi-même sa propre religion. Je me suis forgé la mienne au fur et à mesure de l'Histoire et de tous ceux qui L'ont faite ou qui veulent La faire coûte que coûte. A présent je sais faire mieux les nuances entre remords et regrets pour tout ce que j'ai pu accomplir de moral ou d'immoral au cours de ma vie. C'est moi-même dorénavant qui vogue dans ma propre galère. Je suis toujours québécois mais moins naïf qu'avant. J'ai grandi aussi.

Pour river l'attention sur lui-même l'enfant profite du favoritisme surtout s'il parvient à vous manipuler. Il peut faire le pitre et avoir un sauf-conduit pour retourner à la maison

# 26 oct. 2007, 10:45

Steve Boudrias a dit :

Le Québec sait-il seulement lire ?

La réponse à cette question dépasse la question de la langue et la beauté du français. Elle est capitale et demeure un enjeu des plus troublants.

Selon ce qu'on m'a dit (j'espère que depuis le temps la situation a changée), au Québec, dans la Belle Province, au pays qui refuse de naître qui a pour devise "Je me souviens", il y a - tenez-vous bien - 50 % d'analphabètes fonctionnels !!!

Un québécois sur deux ! Une personne adulte sur deux, ici, en Amérique du Nord Britanique, en ce début de XXIe siècle, ne peut PAS comprendre, après avoir lu votre article (ou essayé de le lire), vous dire ce qu'il en a compris.

Et pour ce qui est de réagir, je n'ose même pas y penser !

Vous savez ce que ça veut dire ? Je ne le sais pas mais ça explique pourquoi les chroniqueurs ou les lecteurs de nouvelles commentées qui parlent comme des curés (ou qui ont une formation en théologie) s'adressent à des centaines de milliers de personnes chaque jour afin de leur expliquer pourquoi TOUT va mal. Et on enchaîne après la pause commerciale pourquoi ce qui va bien finir par allez mal, un moment donné. Surtout, restez à l'écoute, on va vous dire ce qui est in and out de la bonne religion cathodique.

On en est rendu là, monsieur Parenteau. On en est rendu avec un Québec qui est fracturé en deux et facturé comme quatre !

Ce qui donne quoi ?

Une partie de la moitié qui sait lire vote pour les gens qui ne font que regarder la télévision pour s'informer afin de les préserver d'eux-mêmes.

La partie qui ne sait pas lire de manière fonctionnelle (c'est-à-dire qui ne peut pas arriver à trouver sa fonction dans la société en lisant son propre Curriculum Vitae - du latin, qui veut dire "course de la vie"), elle, cette partie-là, n'arrive même pas à voter pour elle !

Elle vote pour que la partie qui sait lire et écrire (plus que le français) puisse obtenir des baisses d'impôts au détriment de leur propre qualité de vie !

Et pendant ce temps-là, on parle d'immigration...!

# 26 oct. 2007, 11:02

David Bellemare a dit :

Faut faire mieux !

Est-ce que j'ai bien compris ou est-ce que je dois aller me laver les oreilles de toute urgence ???

Voici exactement le genre de phrase qui me «dresse le poil» et qui me laisse perplexe : «Aussi mal ficelé que puisse être le projet de loi de Pauline Marois sur l'intégration des immigrants, il ne faudrait pas rejeter le principe.»

Parlant de principes, il faut que le taux de suicide baisse au Québec, il faut que le taux de natalité augmente, il faut que le taux de chômage baisse encore et encore, il faut éviter de multiplier les histoires d'horreur à la Norbourg, il faut adopter une conduite irréprochable envers les aînés (un seul bain par semaine ce n'est pas assez !!!), il faut une réforme en profondeur du système d'éducation québécois. Sans parler du système de la santé, des régions qui se meurent, des viaducs qui s'effondrent ou qui doivent être refaits à neuf pour éviter le pire, des extraterrestres qui vivent au Québec et qui attendent l'invasion qui se prépare quelque part dans un vaisseau spatial gigantesque.

Sans parler des bouchons de circulation, particulièrement le pont Champlain qui «m'en bouche un coin assez souvent merci» !!! Et le transport en commun que j'ai rebaptisé «l'enfer en commun» et le paradis au bout du trajet !!! Chaque jour où je me rend au travail, toujours debout, j'avance en arrière, j'avance encore en arrière et là je touche le fond (je ne peux plus avancer ni reculer, me voilà comme une sardine dans sa boîte, j'attend la délivrance). Dans le métro c'est pas compliqué, j'attend la lumière au bout du tunnel !!!

Des problèmes de société, c'est pas ça qui manque, ce qui manque c'est un minimum de bonne volonté pour trouver des solutions qui peuvent tenir la route. Au lieu de mordre tout ce qui bouge, au lieu de vouloir exclure des gens, on devrait commencer par aider correctement les itinérants, les démunis et les sans-abris.

On devrait commencer par acheter des produits d'ici et donner de plus gros paniers de Noël !!!

# 26 oct. 2007, 16:58

Myriam Sainson a dit :

La nouvelle cuisine québécoise à la mode des religions!

Au moins les religions peuvent vraiment servir à quelque chose de succulent. Pas besoin de rites forcés dans les églises, les temples ou les sectes, pas besoin de recréer sa propre religion, il suffit d'apprécier chaque religion, à sa juste valeur, qui est celle de notre bouche gourmande et insatiable et, cela, dans le grand purisme qui soit! Que de délices religieux allons-nous savourer, avec toute notre sensualité! Un paradis de saveurs et d'esthétisme de santé culinaire. Nous ne rêvons pas. De plus en plus, il y a des boucheries mulsumanes, à notre portée, qui offrent des viandes paradisiaques d'animaux égorgés dans leur sang ( poulets, moutons), rituel de Dieu et à Dieu, pour nous servir une viande savoureuse, de qualité divine et d'une pureté inégalable. Un peu semblable au rites de tuerie sacrée des juifs orthodoxes avec la viande kasher, ainsi que tous les autres produits kasher (pains, gâteaux..). On est loin des hosties fades et insipides qu'on était obligés de mettre sur notre langue, lors de cérémonies catholiques. Le catholicisme devrait se mettre à la mode et créer sa propre gamme de mets purs et mystiques. Pour chaque religion, la nourriture est préparée pour Dieu et pour le plaisir de Dieu. Une offrande à Dieu des plus exaltantes puisqu'elle est comestible et délicieuse...

# 26 oct. 2007, 17:02

Olivier Archambault a dit :

Y a-t-il un médecin dans la salle?

Désolé M. Parenteau, mais le parallèle que vous établissez entre la préservation de l'identité des minorités religieuses et la préservation de la langue française est très malhabile. D'abord, comme vous le rappeler vous-même, l'expression « accommodement raisonnable » dénote une limite implicite au droit des minorités religieuses de conserver leurs pratiques en public, soit celle d'être raisonnable. Or, si ce droit est limité, et qu'un parallèle doit être établi avec la préservation de la langue française, la préservation de la langue française ne devrait-elle pas être limitée? Par quelque chose comme la jouissance des droits démocratiques fondamentaux peut-être?

M. Parenteau, ce que vous et le PQ avez encore moins compris, c'est que si la préservation de la langue française est un objectif valable en soi, les moyens mis en oeuvre pour y parvenir doivent être les moins drastiques possibles. Priver les immigrants de leur droit de vote n'est clairement pas ce moyen-là, malgré ce qu'en disent deux constitutionnalistes (contre 99,99% des autres).

Le PQ affirme défendre les intérêts du Québec et veut la séparation pour exprimer notamment sa voix au niveau international. Quel genre de message croyez-vous que le PQ envoie au niveau international en affirmant la supériorité de la préservation de la langue sur les droits démocratiques fondamentaux? Est-ce un message gagnant? Pour votre information, il n'y a pas beaucoup de consensus au niveau international, mis à part celui jouir de. ses droits démocratiques fondamentaux. Est-ce que les gens du PQ sont trop obnubilés par la Cause ou juste trop c. pour s'en rendre compte?

D'ailleurs, je ne suis pas convaincu que Mme Marois croit vraiment à la validité de son projet. Il s'agit ici d'un cas opportunisme politique pur. Est-ce qu'il est justifié de salir la réputation du Québec comme elle le fait afin d'obtenir quelques votes de plus?

# 27 oct. 2007, 09:54

René Bérard a dit :

L'histoire est circulaire et se répète, on fait tout à l'envers...

Depuis des milliers d'années, c'est certains, la plupart des guides moraux, spirituels et intellectuels font tout à l'envers. Religions, sciences, ou politique, tout part du même principe: la masse humaine est bête, l'élite doit la guider: on doit lui dire QUOI penser, on doit lui indiquer ce qui est bien, ce qui est mal, lui dire quelle vérité croire, quel mensonge décrier, quelle justice soutenir, quel crime combattre.

Pourquoi ne pas tenter d'amener la masse à penser par elle-même? Beaucoup trop compliqué, beaucoup trop d'effort, et l'élite, celle d'aujourd'hui comme celle de l'antiquité, est paresseuse. Si l'on est devenu intellectuel, c'est par appétit intellectuel, certes, mais aussi parce que l'on rechignait à produire de la sueur.

Une langue, une culture ou une croyance, ça ne s'impose pas: ça s'adopte. Celui qui suit aveuglément les préceptes d'un autre, soit pour s'éviter quelque punition ou alors pour se mériter quelque récompense (ou simplement par paresse intellectuelle... cette paresse-lè aussi n'est que trop monnaie courante), ne sera jamais en amour avec sa langue et sa culture, et s'il défend ses convictions avec quelque intensité, ce ne sera que par fanatisme, jamais animé d'une honnête passion.

À vouloir forcer les gens à adopter le français et la culture québécoise en agitant la carotte d'une citoyenneté québécoise (quelle idée anachronique à l'heure de l'ouverture des frontières), on fait la même erreur que ceux qui parlaient à nos pères du royaume des cieux et de l'enfer pour les forcer à suivre la morale divine. Il faut rendre une langue et une culture attrayantes et s'employer à les faire découvrir pour qu'elles soit adoptées, comme il faut éveiller un individu à sa propre conscience du bien et du mal (et non pas lui définir toutes les limites du bien et du mal) pour en faire un véritable homme de bien.

# 27 oct. 2007, 09:56

Andrée Proulx a dit :

Soyons irréprochables

Le Québec se fait traiter de raciste, xénophobe, antidémocratique. Le Québec se fait ramasser par la presse anglophone à travers le Canada. Hello ! Y a-t-il quelque chose de nouveau ?

Vous êtes bien téméraire, monsieur Parenteau, de reconnaître que le projet de Loi sur la citoyenneté de Pauline Marois, aussi «mal ficelé» soit-il, pourrait avoir du bon. Vous avez un certain courage d'avancer, même à pas de loup, sur un terrain constitutionnel dont le Québec a été exclus.

On le sait, voyons donc, partout à travers le Canada, dont la politique linguistique bilingue est irréprochable, n'importe lequel francophone unilingue fraîchement débarqué pourrait devenir candidat à une élection, et ce à tous les paliers administratifs, sans même parler un mot d'anglais. Bon, il y a Stéphane Dion qui parle un anglais «approprié» mais que le PLC a sacrifié; un bouc émissaire, ça n'est pas très écouté.

Devrions-nous trembler devant le chantage à l'opprobre internationale, alors que le Canada a récemment opposé son refus de signer la Déclaration des droits des peuples autochtones à l'assemblée générale de  L'ONU ? Stephen Harper se formalise-t-il de l'opinion mondiale parce qu'il refuse de ratifier Kyoto ? Les cours de justice se sont-elles gênéees pour donner raison à ceux qui ont voulu gruger la Loi 101 ?

Pourtant, le projet de loi sur l'identité québécoise comporte plusieurs éléments, dont une application plus rigoureuse de la loi 101 visant la francisation des PME de 25 à 50 employés. Il comprend aussi l'inscription d'un nouveau droit à l'apprentissage du français.

Condamner le projet 195 avant de l'étudier et de l'améliorer équivaut à une forme de reddition sans condition. Dans un contexte nord-américain où l'anglais exerce une force d'attraction pour le nouvel arrivé, exiger qu'il comprenne où il a atterri ne me parait pas si despotique. Mais c'est plus fort que nous, on veut être irréprochable avant même de convaincre.  

# 27 oct. 2007, 15:06

David Lépine a dit :

Le peuple a toujours raison

Personne ne conteste la nécessité d'offrir des cours de français aux immigrants. Au contraire, nous devrions augmenter notre capacité de le faire.

Le projet Marois est plutôt une tactique électoraliste pour déjouer l'ADQ et reprendre du terrain perdu face à "la protection de l'identité québécoise" tant débattue à la commission B-T. Dans 3 mois personne ne se souviendra de ce débat et Mme Marois aura repris sa place comme grande defenseure du fait français.

Le problème c'est qu'elle soulève des questions existentielles et émotives et fait appel à l'insécurité culturelle des Québécois, grand moteur électoral du PQ. Si le français se porte bien, si les immigrants s'intègrent de plus en plus à notre collectivité, alors ça va mal électoralement pour le PQ. Donc ce parti recherche constamment des irritants pour ensuite les exagèrer dans l'espoir de créer un ressac qui les aidera dans les sondages. Le Bloc fait la même chose à Ottawa, il cherche le conflit et essaie de le gonfler.

L'an prochain nous célébrerons 400 ans d'histoire. Ceux qui prédisent la fin du fait français en Amérique si le Québec ne devient pas un pays seraient avisés de revoir cette histoire. Nous n'avons jamais été aussi maîtres de notre destin que maintenant. Si l'indépendance s'avérait réellement nécessaire, nous la ferons, un vote clair et majoritaire et voilà, ce sera fait.

Ce n'est pas en exagérant nos différends avec nos voisins que nous y arriverons. L'histoire des mouvements nationaux devrait nous l'enseigner. Nous ne sommes ni opprimés, ni colonisés. Nous attirons des dixaines de milliers de gens chez nous à chaque année. Nous possédons un potentiel économique et social envié par beaucoup. Ce n'est pas le Canada qui nous empêche de nous réaliser, comme le prétendent les souverainistes qui vivent la hantise quotidienne de disparaître. Le jour que le Canada sera un empêchement, les Québécois endosseront le projet à bras ouverts.

# 27 oct. 2007, 15:07

Clermont Corneau a dit :

Ah non pas encore !

Ça y est on va encore recevoir une claque sur la "yeule" de nos voisins du sud , du Canada anglais et des ethnies pour avoir une autre fois ouvert la boîte de Pandore de la religion et des accommodements raisonnables . Vous êtes pas un peu maso ma foi ! Moi j'ai la face rouge à force de tendre l'autre joue . On pourrait pas passer à autre chose , de toute façon on ne règle rien et la commission ne fera qu'entendre nos doléances sans rien bouger . Alors pourquoi se créer une autre religion ? On a nos propres lois , nous propres institutions et on ne les respectent même pas . Dans le fond on ne se respecte même pas , comment voulez-vous que les autres le fassent . Est-ce qu'il faut vraiment se créer nos propres amendements raisonnables pour combattre ceux des autres ? Quel beau bordel !

# 29 oct. 2007, 14:26

Stéphanie Bilodeau a dit :

Beau dénigrement, bravo

"IMAGINONS UN PETIT WISE QUI S'INVENTE SA RELIGION". Tant qu'à moi, elles ont toutes commencées ainsi, les religions.

Dire "c'est contre ma religion" pour se débarrasser d'un sondage de télémarketing, c'est rire carrément en pleine face des différentes religions. Et la dernière chose qu'on a besoin de faire pour gagner le respect des différentes communautés ethniques, c'est de les ridiculiser.

J'ai déjà été agente de télémarketing ainsi, lorsque j'étais aux études. Je refusais de vendre de la merde chez des fastfood, j'ai préféré appeler chez les gens. Remarquez qu'on ne fait pas ce métier très longtemps, sinon bonjour la dépression. Mais tout de même, ça m'a aidé à payer mon loyer et de ne pas m'endetter avec le gouvernement. Je viens de m'acheter une maison cette année. J'ai une belle job. Un bel avenir, avec ce beau diplôme qui m'assiste dans cette montée de carrière.

Enfin bref, je n'ai pas pu voir le message principal de cet article à cause des deux grands dénigrements que l'on fait en partant.

Pour se débarrasser d'un agent de télémarketing, vous lui dites : j'ai pas le temps maintenant, pouvez-vous rappeler une autre fois. Pas besoin de lever le ton. Jamais. En théorie, après 3 refus, l'agent ne peut plus appeler chez vous. Alors faites-donc preuve de sympathie pour du monde qui gagne leur vie tout de même et profitez-en pour pratiquer votre patience.

Ce qui devrait vous emmener à réussir à pratiquer votre tolérance envers les minorités ethniques. Parce qu'utiliser la religion, ce qu'il y a de plus important fondamentalement pour un être humain, comme on utilise une tappette à mouche pour se débarrasser d'un maraguoin, c'est très très ordinaire... Comment pouvez-vous penser qu'un immigrant va vouloir s'assimiler à une culture qui rit de lui publiquement comme ça?

Il va falloir commencer à les accepter sincèrement avant de dire qu'on veut qu'ils s'assimilent à nous. Le voulez-vous vraiment? Sans les niaiser?... pas facile hein...

# 30 oct. 2007, 15:28

Danièle Bourassa a dit :

L'anglais est une religion

Les immigrants viennent ici pour améliorer leur sort. La logique de notre vie moderne veut que cela se fasse par l'argent et l'argent est du bord des anglais, toutes religions confondues...alors le français is only a pin in their ass....même pour les francos de souche qui ont voté non et qui en veulent à leurs ancêtres de ne pas s'être assimilés « pour avoir une meilleure vie plus tard et donner un avenir aux générations futures ».

Il y a quelques siècles, les anglais et les français ont débarqué ici pour les mêmes raisons que les immigrants aujourd'hui : augmenter leurs richesses et leur empire et dans notre cas cela s'est fait aux dépens des gens déjà en place. Le temps a fait que les anglais sont devenus plus nombreux et les plus riches en Amérique du nord. Alors notre petite vie de francos, catholiques rebelles, distincts, maîtres chez nous et de concierges, les immigrants n'en ont rien à faire.

La force des fortunes colossales, la mondialisation, les traités internationaux, les lois locales réservent quel sort aux petites communautés? Demandez aux autochtones, aux écosystèmes, aux espèces en voie d'extinction. Ils nous trouvent pas mal malcommodes.

Par tous ces débats publics nous en sommes rendus à mesurer le degré de civisme et de maturité de nos institutions démocratiques et de la viabilité de notre culture...à suivre.

# 02 nov. 2007, 10:43


François Parenteau
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