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Impertinences
7 juin 2007, 12:00

Maudits deadlines!

Je fais partie de la race des éternels procrastinateurs. On entend souvent dire que la ponctualité est la politesse des rois (facile, quand on peut déléguer à qui on veut et qu'on a un chauffeur en plus), mais que faire quand on est le roi des retardataires? J'ai arrêté de tenter de trouver une réponse à cette question, je sais que ça fait partie de moi. J'essaie juste de me maintenir dans les limites du raisonnable. Mon rédacteur en chef au Voir en sait quelque chose...

Il y a bien sûr que je semble avoir une drôle de notion du temps mais, concernant le travail, il y a autre chose. Il y a que la pression de la dernière minute me stimule. Il paraît que c'est une forme de sport extrême du cerveau. Les procrastinateurs tripent sur l'adrénaline que leur procure la peur de manquer de temps, de rater l'heure de tombée. Quand je commence à travailler sur un texte à l'avance, je ne sais jamais trop où je m'en vais, mes idées me semblent poches, je réécris 10 fois chaque phrase. Puis le temps passe, et soudain, dans l'urgence, les choix sont plus clairs, le processus s'accélère et tout finit par tomber en place. C'est le même thrill que de courir pour attraper le métro, se faufiler entre les portes qui se referment, sentir le caoutchouc frôler nos épaules pour se retrouver à l'intérieur sous le regard amusé et même un peu admiratif des autres passagers. N'ayant aucune prédisposition pour les cascades en planche à roulettes, j'ai les sports extrêmes que je peux me permettre.

Donnez-moi un deadline et je soulèverai le monde (le lendemain matin, première heure)...

Or, on dirait que les échéanciers n'ont pas la cote, ces temps-ci. Qu'il s'agisse de Bush en Irak avec le retrait des troupes, de Pauline Marois avec l'idée d'un référendum sur l'indépendance ou du gouvernement Harper face aux objectifs de Kyoto, ce serait toujours une mauvaise idée que de s'enfermer dans un calendrier trop précis.

Je peux comprendre le risque qu'il y a à faire de la "stratégie ouverte", comme dirait l'autre. Pour l'Irak, par exemple, si Bush annonçait le retrait des troupes pour septembre prochain, il y a fort à parier que ça péterait précisément à ce moment-là... Mais ce n'est pas le deadline lui-même qui provoquerait cette flambée de violence, c'est le fait que les terroristes/insurgés/rebelles l'auraient su d'avance. Si, du jour au lendemain, les troupes américaines disparaissaient d'Irak sans autre forme d'avertissement, il n'y aurait pas ce problème créé par la date précise. Il y aurait 10 000 autres problèmes, mais ça, qu'ils restent ou qu'ils partent, il y en aura encore. Ce ne seront juste pas les mêmes.

Mais si l'administration Bush n'a aucun deadline pour elle-même, comment voulez-vous que ce bordel prenne fin? Il restera toujours quelque chose à régler, un dernier truc qui chicote, un puits de pétrole à sécuriser, un nid d'ennemis à faire sauter avec tous les civils qui traînent collatéralement autour, et ça laissera le temps à la situation de s'envenimer encore.

C'est la même chose pour le référendum, avec la difficulté ajoutée pour Pauline Marois que si faire l'indépendance est encore la plus grande motivation des militants péquistes, la majorité de la population ne veut plus entendre parler d'un référendum. Qu'a fait Pauline? Elle a réaffirmé son attachement à l'idée mais elle a balayé le deadline. Pour l'instant, ça marche. Mais que le PQ revienne au pouvoir et la question se posera de nouveau: c'est quand le deadline?

Le cas le plus patent est celui des sanctions pour freiner le réchauffement climatique. Harper a tellement repoussé l'échéance que c'est une vraie farce. Comme c'est étrange, pour un parti que se vante d'être efficace, de dépasser ici tous les records de procrastination. Comme par hasard, c'est sur la question de l'environnement. Et à ce niveau-là de remise au lendemain, nous sommes bien dans la zone qu'on appelle les calendes grecques. Ce qui veut dire que rien ne sera fait.

Car si les échéanciers sont faits pour être étirés ou même carrément défoncés, ils n'en sont pas moins indispensables. Les procrastinateurs ont beau leur manquer de respect à répétition, ils en ont besoin. Dans mon cas, mon plus grand record de retard professionnel reste à ce jour ce "feature" que je devais écrire pour le magazine Croc avec mon collègue Michel Lessard. C'était une sorte de jeu mettant en scène une famille tellement éclatée qu'un petit garçon pouvait être par alliance son propre beau-frère et qu'une femme pouvait se retrouver à être la tante de sa mère. On a tellement ri dans tout le processus qu'on l'a remis deux numéros en retard. Mais non seulement nous l'avons terminé, en plus, dans cette complicité à étirer outrageusement la date de tombée, nous étions devenus des amis. Et pour ça aussi, ça prenait la date de tombée.

Ben oui, il en faut des deadlines. C'est ce qui permet d'avancer. C'est même notre propre statut de mortels qui nous permet de savourer la vie. Sauf que dans le cas de Michel, décédé la semaine dernière des suites d'un cancer, j'aurais bien procrastiné encore quelques décennies...

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Shirley Noël a dit :

Il faut des deadlines réalistes !!!

Les fameux deadlines! Effectivement il en faut pour faire avancer les choses. Même en amitié il faut un deadline. On s'appelle et on déjeune! Ça ne fonctionne jamais, car il n'y a pas de date d'attaché, pas d'heure, ni d'endroit. Alors on ne s'appelle pas et on ne déjeune pas.

Par contre, contrairement à vous, j'ai besoin d'avoir terminé avec mon deadline, pour ne pas «péter au frêt » de stress. L'adrénaline, il en faut c'est vrai et même je dirais qu'on fait 80% du travail dans les heures précédent le deadline et l'autre 20% a été fait très tôt, trop tôt.

Pour ce qui est de la politique, je crois qu'ils ne mettent pas de dealine sur les choses qu'ils ne veulent pas faire vraiment, ou qu'ils n'ont pas l'intention de faire. Ils espèrent que les gens vont oublier. Oublier que les troupes sont encore sur place. Oublier qu'il faut faire quelque chose pour notre environnement. Oublier qu'il faut faire un référendum. OU tenter de se faire oublier.

Une chose est certaine, si on ne fait rien bientôt pour ces sujets qu'on tente de nous faire oublier, cela va finir par «péter au frêt». Le PQ va peut-être tomber dans l'oubli, la guerre va peut-être ne jamais finir, notre planète va s'éteindre graduellement par un suicide collectif...

Dommage...

# 07 juin 2007, 13:39

Robert Boulay a dit :

Branler dans le manche

Les signeux, les lâches et les décrocheurs n'ont jamais eu la cote, s'ils gravissent tous les échelons pour arriver au top, leur reigne est de courte durée, ils sont vite repérés, évacués, rejetés, éjectés comme de vulgaires "nobody", on en a encore des nuls en politique, en éducation, en santé, en relations humaines, les promesses ne sont jamais des deadlines, c'est un surci avant la mise à mort. Comme François Parenteau, la date limite me stimule, la dernière heure est stimulante, super productive, j'ai fait des dizaines de voyages "dernière minute", à l'université je remettais mes travaux au dernier son de cloche, il faut jouer avec le point de non-retour, mais attention, tant en amour qu'en politique il faut savoir se retirer avant la gaffe, remettre une décision aux calendes grecques fut la raison principale de la chute de bien des empires dans l'histoires, après la date d'expiration, le lait c'est vachement dégueulasse, excusez-moi si je coupe court, il faut que je parte, car le théâtre où je vais voir une pièce tantôt interdit l'entrée aux retardataires.

# 07 juin 2007, 13:42

Mathieu Poirier a dit :

Parfois, le retard en vaut la peine

Je me souviens à la perfection du "feature" dans le magazine Croc dont parle François Parenteau. Si c'est ce à quoi je pense, j'ai dû m'amuser à le décortiquer pendant plusieurs jours tellement c'était bien fait et rigolo. Si cela prenait absolument un retard pour que cette oeuvre puisse naître, je tiens à apporter mon support inconditionnel à la procrastination de M. Parenteau.

# 07 juin 2007, 17:33

Sylvain Pichette a dit :

Autres deadlines

30 avril: rapports d'impôts

Livres à la bibliothèque

Cartes de crédits

Facture de téléphone, d'électricité, de câble (Internet, télévision)

Loyer

Prêt auto

Prêt hypothécaire

Autobus

Métro

Arrivée au travail

Arrivée à un rendez-vous galant

Spectacle (danse, théâtre, chanson, humour, cinéma)

Musée

Galeries

Ces deadlines ne correspondent peut-être pas à ceux dont vous nous parlez dans votre chronique, mais ce sont tous des exemples de dates ou d'heures limites qu'il ne faut pas dépasser sous peine d'amende, de perte d'emploi, de perte d'amour, de rater un specatcle ou une exposition, de retard pire que prévu. Notre vie est remplie de toutes sortes de deadlines qu'on ignore ou qu'on préférerait ignorer. Le seul deadline qu'on désire voir respecter est celui du dépôt de notre salaire dans notre compte de banque. Les autres doivent respecter les deadlines qu'on leur impose, mais on peut ne pas respecter les leurs. Et j'en ai sûrement oubliés, parce que je n'ai pas eu à les subir ou les respecter, ou je les ai toujours respectés sans même m'en rendre compte.

À moins, bien sûr, que les seuls deadlines qui comptent ne soient ceux qui concernent notre travail.

# 07 juin 2007, 17:36

Bernard Pottier a dit :

Me suis reconnu, tellement que...

Je pense que je vais remettre au lendemain, ou au surlendemain, tous les textes que je voulais écrire.

:)

En plus, je ne trouve pas la date sur mon calend' grec.

# 08 juin 2007, 07:08

Danielle Turcotte a dit :

S.v.p. donnez-moi un deadline !

J'adore les deadlines. Je retourne aux études pour le seul plaisir d'en vivre quelques-uns ! Pour ma part, je dois me placer dans ce genre de situation pour avancer. Je pense être un petit peu paresseuse...

Par ailleurs, quand je pense au gouvernement libéral, depuis qu'il est minoritaire, il doit ressentir nos commandes comme des deadlines. En tout cas, l'écoute est plus attentive : le retour des pourcentages dans les bulletins en est un bon exemple. En fait, les comportements des politiciens s'humanisent quand ils sentent la population présente et participante.

En bref, sans échéancier, je ne connais pas un grand nombre de personnes qui dépassent leurs limites. En ce qui me concerne, chaque fois que j'ai réussi à le faire, je m'étais donnée un deadline ou je l'avais reçu.

# 08 juin 2007, 07:44

Claude Stordeur a dit :

Il faut laissez au temps le temps de prendre son temps...

Ma ligne de vie est tracée par le hasard et je ne connais pas sa date de non retour et on voudrait que ma vie soit une succession de non retour...

J'ai fonctionné avec des non retours, jusqu a ce que je fasse une mononucléose à 41 ans, qui m'a clouer au repos pour 6 mois. Après 2 semaines j'ai jeter mon bracelet montre par dessus bord et me suis juré de ne plus avoir de stress de non retour. Chaque chose à a prendre son temps, pourquoi bousculer le temps il est peut être le dernier qu'on savourera. J'ai repris une vie active tout aussi productive, dans la vente et consultation d'équipements spécialisés, comme avant et je n'ai pas manquer une occasion de faire des affaires fructueuses malgré que le temps n'avait plus d'emprise sur moi.

Il faut savoir savourer les bons moments et se mettre à l'abri des gens qui pense aller plus vite que le temps.

C'est certain que je ne prenais pas plus de rendez vous que ceux que je pouvais prendre sans stresser ma journée, mais la qualité de mes consultation était bien meilleur. Pour ce qui est de rédiger des rapports, j'y réfléchissais une ou deux nuits et souvent le matin ça sortait tout seul de mon ordinateurs. Nous n'avons qu'une vie et savourez le parfums d'une fleurs ou d'une femme sans devoir courir est certainement plus humain que d'attendre la dernière minute pour se jeter à l'ouvrage et ne sentir que le purin ou la transpiration.

# 08 juin 2007, 07:48

Annick Desjardins a dit :

Qui n'a pas de deadlines?

On doit faire face à plusieurs deadlines au cours de notre vie et on les gère différament d'une personne à l'autre. Moi aussi, je suis plus productive quand les deadlines approches... je sens que mon cerveau est utilisé à pleine capacité. Sinon, pas que je sois paresseuse, mais j'ai besoin constament de nouveaux défis... je déteste que sa soit monotone!

Pour ce qui est des gouvernements... eux, ils n'ont pas de stresse avec ça! Je dirais même qu'ils sont tellement habitué de les repoussés... qu'on trouve pas sa normal quand il dise quelque chose et qu'ils le font! (très rare selon moi) Le gouvernement rit d'une certaine façon en pleine figure....au peuple en nous promettant de belle chose... mais en fesant rien durant leur mandant et vers la fin, lorsque le moment des élections approches de donner des cadeaux pour se faire pardonner... et faire oublier les gens qu'ils n'ont pas respecté leur parole qu'ils ont tous repousser les deadlines!

# 08 juin 2007, 17:12

Anny Schneider a dit :

Qu'est ce qui nous mène?

Plus on se civilise, plus on se dénature et le colimateur de la technologie nous pousse à aller de plus en plus vite , question de timing, parfois à la seconde près, comme dans"Que le meilleur gagne" ou même les enchères de Voir.

Les chiffres le disent: c'est le stress qui dérange, fait souffrir et rend malades de plus en plus de Québécois, plus que toute autre affliction physique.

En tant que mère monoparentale avec quatre jobs et un nouveaux défi d'adaptation sur mesure à chaque performance, je connais bien la danse du palpitant emballé et les ravages de l'adrénaline en continu et j'ai craqué et tout arrêté pour deux ans. Vous êtes jeune encore vous , François et capable de soutenir la pression, vous déssouffler rapido et vous regonfler au fur et à mesure, mais parole de vieille louve acharnée à survivre tout en restant relativement libre, faites gaffe, car vous aussi avez vos limites à ne pas dépasser!

Bien sûr que nous choisissons nos enjeux , nos priorités et nos propres façons de nous monnayer le plus avantageusement possible, mais c'est d'abord les autres qui nous font courir et danser sur leur musique, tenant compte de nos talents et antécédents, bien sûr. Toutefois, pourquoi le droit à la paresse serait-il réservé aux très nantis ou aux très pauvres désoeuvrés? À moins que nous ne courrions tous à cent mille à l'heure pour pouvoir  y parvenir en toute liberté le plus vite possible? En attendant, c'est la machine, le patron, la date de tombée, la conférence ou le show planifié qui nous programme, quand ce n'est pas la compagne(gnon) , les copains ou les petits sans oublier les factures , la maison, le char, bref, tout ce qui encombre et ou facilite notre vie. Tous, nous aspirons à relaxer définitivement dans une chaise-longue avec un bon drink, disque et livre, sur le bord de la mer de préférence, et pouvoir dire, jour après jour:" Manana!". Sauf qu'alors, on risque fort d'être trop seul, vieux et impotent pour en jouir! Au secours!

# 08 juin 2007, 17:23

Clermont Corneau a dit :

Où on s'en va ?

Je lis votre article et les commentaires qui s'y rattachent et ça me fait bien rire . Quand on en est rendu à supplier pour avoir un dead line pour être capable de performer au maximun c'est qu'on a un problème à quelque part . Moi j'appelle ça simplement un manque de discipline et un manque de sérieux . Ça arrive à tout le monde de se faire surprendre par un imprévu de dernière minute qui chamboule notre horaire mais de là à les provoquer , ça prouve juste un manque de maturité! Si tout le monde fonctionnait de cette manière on aurait une société toute croche . Surtout avec le travail que vous faites c'est encore plus évident . Vous avez un talent fou pour vous en sortir mais un jour vous allez vous faire prendre les doigts . Quand vous commencez à pondre un article à l'avance , ça vous permet de le corriger en cours de route et de l'étoffer , ce qui lui donne encore plus de valeur et d'exactitude . Le "va comme je te pousse" est un reflet d'une génération insouciante qui ne se soucie pas du lendemain . On traversera le pont quand on sera rendu à la rivière ! Encore faut-il savoir ou est la rivière ! Faut se mettre des objectifs à court , à moyen et à long terme dans la vie . Ça nous permet de nous réaliser et de performer . Pas besoin d'avoir un couteau sur la gorge tout le temps . Heureusement que tout le monde ne pense pas comme vous !

# 08 juin 2007, 17:40

Souline DeBlois a dit :

Temps = salaud

Je me suis sentie concernée par votre article.

D'abord parce que professionnellement, si, d'une part, j'en ai marre lorsqu'on me fixe des échéanciers à respecter, je m'ennuie aussi fermement lorsque je n'en ai point.

De plus, je suis la reine du retard. Je n'ai aucune, mais vraiment AUCUNE notion du temps. Et pourtant, je ne fournis pas? Je n'arrête pas une minute de courrir partout! Une poule sans tête... Voilà pouquoi un bon "deadline", ça peut servir...

Juste pour rire: Mon copain se plaignait récemment de perdre au moins 10 minutes de son temps chaque jours à m'attendre. Si on fait le calcul, ça représente 5 h par mois, soit 60 h par années. On se fréquente depuis 4 ans. Il a donc déjà perdu 240 heures de sa vie à attendre après moi! Je culpabilise presque ! :-)

Ahhhh, le Temps. Il nous est si précieux et on se l'arrache, mais au bout du compte, il aura volé nos vies, ce salaud!

Allez, on parle de "deadline" avec un peu de légerté, mais lorsqu'on se rend au bout de votre article, ce mot devient très lourd de sens. Mes sympathies pour votre ami Michel.

# 08 juin 2007, 17:42

Michèle Bourgon a dit :

Déjà dead

Parfois même les deadlines n'inspirent pas. La majorité des gens n'aiment pas les deadlines, même si paradoxalement beaucoup de personnes fonctionnent à cause ou grâce à eux.

Quand on parle de Pauline Marois, on parle de politique. Pensez-vous qu'elle avait le choix ? Il semble assez clair que les Québécois ont pour l'instant d'autres choses à régler qu'un référendum. Quand on est en politique, on doit plaire. Forcément parce que sans séduction, on ne gagne pas et si on n'a pas le pouvoir, on ne peut pas changer grand chose.

Mario Dumont a plu. Charest recycle ses idées. Il doit plaire; du moins atténuer la répulsion que plusieurs ressentent à son égard.

Quand on écrit rapidement, sans brouillon, les chances de se tromper sont plus grandes.

Il me semble que la réflexion est meilleure conseillère.

# 09 juin 2007, 11:13

Marc Charette a dit :

Le potentiel d'être perçu comme un génie

Connaissez-vous vraiment une personne qui ne se dit pas le roi ou la reine de la procrastination? La vérité est que nous avons tous nos moments. Nous ne remettons jamais à plus tard le moment de manger le dernier morceau de gâteau au chocolat. Mais nous procrastinons sans honte quand vient le temps de remettre le rapport tant attendu ou le ménage du sous-sol. Et nous en sommes un peu fier. Un peu comme les perfectionnistes qui croient qu'ils seront plus appréciés parce qu'ils s'auto-proclament ainsi, les procrastinateurs retirent aussi une certaine dose de fierté de remettre à plus tard. Comme si on devenait ainsi plus rebelle. Comme si on refusait ainsi de s'enfermer dans le convenu de la vie.

Idem pour nos politiciens. Harper et Bush ne procastinent guère lorsque vient le temps de vouloir renforcir les lois sur les jeunes contrevenants, lorsqu'ils veulent subventionner davantage un groupe religieux, lorsqu'ils veulent baillonner des groupes minoritaires. La hache est sortie, le coup est asséné, on passe à autre chose. La procastination vient lorsqu'ils doivent s'attaquer à quelque chose en lequel ils ne croient pas vraiment. Un peu comme nous. Lorsque les avantages, les bénéfices de passer à l'action sont clairs, nul besoin de procastiner. Mais lorsque nous le faisons par sentiment d'obligation, facile de 'bréter'. Facile alors de trouver qu'il vaut mieux arroser toutes les plantes de la maison ou de finalement faire le tri dans ses vieilles cassettes plutôt que de s'attaquer au vrai morceau.

Parce qu'en procastinant, on évite aussi de faire des erreurs. Bien sûr, rien ne bouge. Mais comme aucune initiative n'a été entreprise, les gens autour de nous ne peuvent rien nous reprocher. Toutes les options demeurent viables. Peut-être sommes-nous un génie? Ou peut-être le cancre. Mais ce qui est certain, c'est que tout est encore possible. C'est ce que Bush, Harper ou tout autre veulent vous faire croire. Qu'ils sont peut-être des génies.

# 09 juin 2007, 11:31

Carole Anne Girard a dit :

ouf! on a du travail à faire!

Paresseux!

L'homme moyen n'aime pas se faire mettre une limite, que se soit au volant ou à l'épicerie lorsque c'est écrit "maximum de 2 par client", nous conduisons quand même à 70 dans une zone de 60 et prennons trois packets plutôt que deux.

Un deadline c'est important, c'est ce qui donne une structure à une société et un bon moyen de gestionner pour les entreprises ou personnes responsables de beaucoup.

Sinon, tout le monde payerais Hydro-Québec, quand ils le voudraient...Mais essayez d'être une entreprise si grosse...et de gestionner autant, s'il n'y a pas de règles et de deadline...

Pensez-y, si vous ne donnez pas de deadline à vos enfants le matin pour qu'il déjeunent et s'habillent pour 8:00, qu'arrivera-til? Vous irez les reconduire en voiture jusqu'à l'école!

# 10 juin 2007, 06:41

Claude Perrier a dit :

Les dos de canards et les dos d'ânes

L'horaire invraisemblement flexible de certains a souvent pour effet de nuire "collatéralement" (comme vous dites) à une quantité d'autres, des kilomètres à la ronde. Car la procrastination aiguë a des retombées qui débordent largement la pataugeoire de son irréductible adepte. De la sorte, un tel cas lourd ne sera que très rarement susceptible de se trouver soudainement stimulé par son retard, à votre exemple, monsieur Parenteau. Pareil procrastinateur appartient à la catégorie des dos de canards.

Pour votre part, vous me semblez plutôt de la catégorie des dos d'ânes. Un soudain sursaut vous fait impérativement réaliser qu'il est moins une, vous envoie ipso facto une formidable décharge d'adrénaline, et vous voilà établissant d'hallucinants records de vitesse dans une course à obstacles sans lendemain... Mais, que le proscratinateur soit de la catégorie des dos de canards ou de celle des dos d'ânes, n'empêche: un procrastinateur est une source de stress pour son entourage.

Cela étant, on pourra ainsi penser que l'individu diligent, à son affaire, qu'un tremblement de terre ne saurait détourner de son entreprise, sera de meilleure compagnie, plus agréable à fréquenter. Nenni! La proximité de tels chronomètres de précision peut en effet se révéler de loin plus exaspérante que celle de retardataires chroniques. Ces accros de l'échéancier talonnent sans relâche quiconque a le malheur de se trouver dans leur champ de mire, ne laissant à personne le moindre répit jusqu'à ce que le projet en cours de réalisation soit enfin emballé, ficellé, livré et, bien sûr, tout ça largement en avance.

Enfin, puisqu'il semble que ce soit la présence d'un échéancier qui cause toujours problème, ne serait-on pas beaucoup mieux sans? De la sorte, ni les dos de canards, ni les dos d'âne, ni même les chronomètres de précision ne viendraient nous indisposer. Et on pourra ne rien faire sans jamais être en retard. La farniente! Et... Driiiiing!! Hum? Ah... maudit réveil!

# 10 juin 2007, 16:31

François Gallichand a dit :

Se donner des objectifs réalistes

Comme vous le dites, des "deadlines" il en faut. C'est nécessaire sinon on ne ferais jamais rien. Le problème avec les deadlines, c'est qu'ils sont souvent irréalistes. Si on se donne des dates d'échéances trop éloignées, c'est toujours trop loin, ça ne satisfait personne, particulièrement de nos jours où tout devrait être déjà terminé pour hier... Mais quand on se donne des échéances trop rapprochées, on risque fort de ne pas les rencontrer! Et en rapport avec ça, il faut que les échéances correspondent avec les objectifs qu'on doit rencontrer. Un an pour ficeler une guerre en Irak et tout remballer en laissant un gouvernement autonome avant de partir, c'est clairement irréaliste. 25 ans pour convaincre les québécois que l'indépendance est nécessaire pour la croissance du Québec, c'est sûrement trop long, du moins au goût de certains (malgré que les québécois ne sont toujours pas convaincus depuis que le Parti Québécois existe, et ça fait plus de 25 ans...).

Le truc dans tout ça, c'est d'avoir des échéances qui sont en harmonie avec le travail à faire. Et si pour un travail donné, la date d'échance semble trop éloignée, c'est peut-être que ça ne vaut pas la peine d'entreprendre cette tâche...

# 10 juin 2007, 16:42

Lise Bourassa a dit :

Deadline à la flathline

Il est certain, que d'agir sur l'effet d'adrénaline, à de très bons côtés. Il oblige, à faire des choix très judicieux, à passer une nuit blanche pour le travail, ou nous aide à passer à travers de méchantes difficultés. Attention, cela devient une véritable drogue. Sans blague! On devient très vite accroc, car l'on sait, qu'on réussira à produire, le meilleur de soi. Peut-être, devrions-nous, fondez une nouvelle association : les «A.A.A.A.=Accros Anonymes À l'Adrénaline»??? On retient des noms? Mais, pour revenir à votre deadline, peut-on admettre, qu'il y a du : ouinon? Oui, car cela donne un bon coup de sang, à réveiller en outre, les partisans du P.Q. Très positif, dans le cas de, Madame Marois. On ne peut en dire, autant de notre cher, Monsier Harper, qui pour sa part, rend tout le Canada ridicule, en repoussant son échéancier. Dans son cas, il est très négatif, de toute manière. Même, le classifier parmi, les «calendes grecques» devient une insulte, au berceau de la culture. Et, l'ultime deadline, deviendra tôt ou tard, la fameuse flathline. Mais là, Monsieur Parenteau, vous comme moi, ne pourrons rien y faire. Sinon, qu'encourager les recherches contre, ce fléau : le cancer. Personne, ne pourra se prétendre être au-dessus, d'y être atteint un jour. Salut Michel!!!

# 12 juin 2007, 09:32

Marc Audet a dit :

L'ultime deadline

Le deadline qui sous-tend l'article de Parenteau en est un auquel nous ne pourrons pas échapper, qui que nous soyons, procrastinateurs ou non. Non seulement n'y échapperons-nous pas, mais il viendra à son heure avec son impitoyable heure de tombée, celle qui nous fait passer à néant. Ici et là, il y en aura bien quelques-uns pour choisir eux-mêmes cette heure fatidique, mais cela ne sera pas de leur part pour autant une marque de respect pour les échéanciers et pour devancer celui qui leur était fixé en dernière instance. Dans de très rares cas, cela sera le résultat du courage, celui de ceux qui n'auront pas refusé un combat que le Hasard ou l'Histoire, c'est selon, aura semé dans leur parcours, mais plus souvent, cela sera l'issue à une sorte de lâcheté, de peur des souffrances, de peur de vivre.

Quant aux autres deadlines, ceux de la vie courante, ils sont tout le contraire du dernier grand rendez-vous avec la mort. Ce n'est pas la vie qu'ils mettent en exergue a contrario comme le fait l'ultime rendez-vous, mais la mort à petit feu, celle qui s'insinue dans nos vies pour que nous puissions gagner notre vie comme l'on dit alors que c'est la mort garantie que nous gagnons un peu plus chaque jour en y perdant nos forces, notre dignité et nos espoirs.

Serait-ce l'intuition de ce paradoxe qu'ont ceux qui procrastinent. Il n'est pas interdit de le penser puisque la banalisation des deadlines revient à démasquer la fausseté existentielle de ces limites draconiennes posées sur le parcours impétueux du fleuve de la vie.  

# 12 juin 2007, 16:19

Yvan Giguère a dit :

Un grand deadline perpétuel!

Quand on y pense le moindrement, on se rend compte que notre vie semble

être sous l'emprise d'un perpétuel deadline. Alors, se questionner sur le fait

qu'on a peut-être un probléme parce qu'on carbure toujours sous le jougue

de la dernière minute, cela est imminamment humain. J'irais même plus loin

en affirmant, donc, qu'un grand deadline est à la source de notre vie.

Vivre chaque jour avec notre mort ensisagée en traversant une rue ou en recevant

sur la tête, une tuile de verre glissant de la Grande Bibliothèque de Montréal, cela

peut être un stimuli qui nous pousse à profiter pleinement de la vie qui passe.

Vivre en se sachant mortel et vulnérable, n'est-ce pas le propre de tous et chacun?

Mortel, mais libre d'agir avant le grand deadline!

La vie est si courte qu'on aura toujours l'impression d'agir en retard avec elle.

Le phénomème de la procrastination à outrance est vérifiable chez bien des

scientifiques et des écrivains de tout acabit. Défier le temps et les limites qu'il impose,

a sans doute fait en sorte que notre ami Einstein nous ponde ; E=mc2, que Shakespeare

déclame;¨To be or not to be¨ et que Rimbaud griffonne; ¨Je est un autre¨.

Le grand deadline de la vie est la mort. Ce deadline peut nous anéantir comme

il peut nous permettre de vivre à fond en repoussant ses limites.

Donc, rien de plus humain que d'en jongler un bon coup juste avant.

Heureusement, que le grand deadline est là pour nous inciter à agir avant son grand

coup de sifflet.....comme dans un match d'impro.

# 13 juin 2007, 09:31


François Parenteau
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