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Overdose de ballounes
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Je suis tanné de ces ballounes gonflées artificiellement dont les médias nous inondent. Les chicanes de Casseau, les propos de Ségolène, les sondages botchés, voire carrément tendancieux. On fait une grosse "une" qui crie, le lendemain, tous les chroniqueurs, éditorialistes et blogueurs y vont de leur analyse, le surlendemain, tout le monde dit que la couverture médiatique était disproportionnée. C'est comme si un Yvan Ponton surgissait aléatoirement sur tous les écrans pour lancer: "Improvisation comparée de style "cacophonie médiatique" ayant pour thème...", et là, vous avez le choix: le racisme, la violence des jeunes, les accommodements raisonnables, la solidité des viaducs, la radio-poubelle, telle ou telle déclaration de Gendron, Mailloux, Proulx, Falardeau, Ti-PET, Dutrizac et gnagnagna. "Nombre de joueurs: illimité. Durée: une semaine." Et là tout le monde se pitche, chacun cherche son angle, les thèmes sous-jacents, les précédents. C'est une honte! Untel doit démissionner! Où s'en va le monde? Le Québec nous tue, la jeunesse est pourrie. Il n'y a plus de balises, plus de saisons ni de projet de société. Ah, le projet de société! Et, en fin de course, tout le monde s'entendra pour dire que l'ampleur du problème a été gonflée hors de proportion par les médias, ne semblant nullement saisir qu'ils y ont contribué eux-mêmes. Je l'ai fait moi aussi et je le referai. Mais j'essaie de m'abstenir dès que je sens ce genre de balloune. Même dire qu'on en parle trop, c'est encore en parler plus. Tenez, par exemple, je ne parlerai pas des propos supposément souverainistes de Ségolène Royal. Elle a cherché ses mots devant un micro qui lui a été pointé sous le nez et, comme d'habitude, elle a essayé de dire ce qu'elle pensait que son interlocuteur voulait entendre. Pas de grandes analyses à faire avec ça. Non-ingérence, non-indifférence. La France ne peut et ne doit pas en faire plus. Non mais, vous imaginez la France appuyant ouvertement l'indépendance du Québec dans un référendum? Des plans pour que les États-Unis refusent de la reconnaître juste pour le kick... Mais tout de même, dans les réactions à ce genre de feu de paille, il y a parfois des perles. Stephen Harper s'est laissé prendre au jeu et a émis un communiqué qui stipule que "L'histoire nous montre qu'il est plus que déplacé qu'un dirigeant étranger intervienne dans les procédures démocratiques d'un autre pays". Ah bon. Et envahir l'Afghanistan, c'était quoi? Bon, là-dessus, on pourrait argumenter qu'il n'y avait pas vraiment de "procédures démocratiques" en partant. Mais le soutien américain à un Canada uni, c'était quoi? Et les gestes visant à isoler la Palestine parce qu'elle a choisi démocratiquement le Hamas? Peut-être qu'on ne peut pas intervenir avant, mais qu'après, c'est correct. Autre balloune: des étudiants musulmans sont exemptés de cours de flûte sous prétexte d'une interprétation particulièrement casse-la-joie du Coran. C'est inacceptable, c'est l'équivalent d'empêcher d'enseigner l'évolution, mais je comprends la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, la même qui a dû défrayer une fortune en frais légaux dans l'histoire du kirpan, de s'y être pliée pour avoir la paix, d'autant que la mesure ne touche que quelques élèves. Vivement des normes nationales affichées et affirmées! Bon courage, M. Bergman Fleury (qui préside le comité ministériel qui devra se prononcer sur les accommodements en milieu scolaire). En attendant, on compile tout ça tranquillement. Parce que si on fait une semaine de crise médiatique pour chaque accommodement abusif réclamé par quelques crinqués que la majorité de leurs communautés respectives trouvent aussi déconnectés que tout le monde, je prédis un voyage triomphal de Le Pen au Québec d'ici deux ans. À l'opposé de ces sujets qui sont dans la loupe des médias, d'autres déclarations semblent hors du champ de vision. Par exemple, l'économiste de la Banque de Montréal Sherry Cooper a déclaré que, malgré le dossier déplorable de la Chine en matière de droits de la personne et d'environnement, le Canada devrait aborder les questions économiques et politiques de façon séparée en ce qui concerne ce géant, parce qu'il serait trop dommageable pour notre économie de manquer le "bateau Chinois". Voilà qui est clair. On peut laisser pourrir le bateau cubain pendant des années parce qu'on peut s'en passer. Mais la Chine, on peut juste pas. Ça a le mérite d'être honnête. Sauf que ça m'inquiète un peu. Si on se met à dissocier politique et économie pour la Chine, est-ce que ça ne se pourrait pas, juste un peu, par inadvertance, comme par un mimétisme involontaire, comme quand on prend un peu l'accent de la personne avec qui on parle, qu'on commence à faire la même chose ici? Je m'interroge. Je pense que ça prendrait un projet de société.
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Sauvons le Spectrum
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Pour ceux qui ont à coeur de sauver ce bon vieux Spectrum, ou au moins de s'assurer qu'il sera remplacé par une salle de spectacle équivalente, voici l'adresse de la pétition en ligne. Malheureusement, le service est en anglais mais bon, c'est là que les signatures sont déjà alors, on peut faire avec pour cette fois...
Pétition Spectrum
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Chapeau Chartrand!
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Michel Chartrand a fêté récemment ses 90 ans. Son fils Dominique a organisé pour l'occasion une fête où des artistes et diverses personnalités qui ont été proches d'une façon ou d'une autre du bouillant syndicaliste au fil des ans étaient invités à lui rendre hommage, dans une atmosphère intime, au Lion d'Or. Il y avait les Séguin, Louise Forestier, Pierre Vadeboncoeur, Sylvie Legault, Richard Desjardins, Bizz de Loco Locass. Le tout animé, bien sûr, par Luc Picard et Geneviève Rioux.
J'y étais invité aussi avec mon collègue Zapartiste François Patenaude puisque nous avons chacun fait un numéro où nous nous servions du personnage Chartrand, que des proches les avaient vus et appréciés et qu'ils ont trouvé que ça fitterait dans la soirée.
Quel privilège d'avoir été là. Ce fut une fête hautement inspirante. Et bien sûr, le punch final est revenu à Michel Chartrand lui-même. Il a pris la parole à la fin, pour remercier tout le monde. Au début, la voix était éraillée et les propos brefs. Ben oui, il a vieilli. Mais encore tout ce qu'il y a de plus lucide, dans le vrai sens du mot.
Puis, il s'est mis à parler des défis qui attendaient le Québec, des injustices qu'il restait à réparer, notamment le traitement réservé aux vieux et le manque d'opportunités présentées aux jeunes. La voix reprenait de l'aplomb et le débit du tonus, les paroles claquaient comme dans le temps, comme toujours. Quand il a dit qu'il voulait rester encore longtemps pour voir les progrès arriver, tout le monde s'est levé, ému. C'était le même Chartrand qu'on a toujours connu. Comme un Cyrano de Bergerac qui aurait connu l'amour. Un Don Quichotte qui aurait vaincu plusieurs moulins à vent. Et qui continue...
Cette soirée m'a donné à penser que quand on carbure à la fois à l'indignation et au sens de la fête, on peut avoir du gaz très longtemps... Michel Chartrand, c'est une de nos plus belles énergies renouvelables.
Chapeau!
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Faiblement racistes
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Je ne comprends pas. Ça fait des années que les Québécois s'offusquent quand un scribouillard canadien-anglais laisse supposer qu'ils sont racistes et là, boum, les voilà qu'ils s'avouent eux-mêmes racistes. Il a suffi qu'un sondeur leur pose la question, tout candidement, et c'est sorti. Ben oui, on est racistes. Un peu, juste un peu, comme tout ce qui se fait au Québec est "juste un peu". Mais un peu racistes, quand même. Ah, bon? Les champions de la tolérance, les belles déclarations sur le nationalisme civique, l'inclusion et l'interculturalisme, c'était de la poudre aux yeux? Il fallait montrer patte blanche pour obtenir notre permis d'exister, mais nous n'en pensions pas moins? Allons donc! Il faut voir avec quelle extrême rigueur le sondage a été mené. Pas de définition claire du mot racisme et aucune mise en contexte pour vérifier auprès des sondés si c'est bien de cela qu'il s'agit. Ce coup de sonde s'inscrit en droite ligne dans la nouvelle tendance des sondages biaisés et sensationnalistes qui servent à faire des unes criardes au Journal de Montréal. Et puis, quel choix de réponses! Le plus populaire a été "faiblement raciste". On pourrait presque croire qu'il s'agit d'un compliment. Sans doute les répondants ont-ils réagi comme s'ils étaient à la confesse. "Oui, mon père, je m'accuse des fois de trouver mon voisin juif bien ridicule avec son coat noir et ses boudins, et je me surprends à faire plus attention quand je croise un automobiliste asiatique dans la circulation." Faute avouée étant à moitié pardonnée, on a l'impression que le sondage a plutôt servi d'expiation que de portrait juste de la situation. N'empêche, ce sondage-là me semble révéler bien maladroitement quelque chose d'essentiel, si on lit entre les lignes. La majorité canadienne-française du Québec a été habituée au fil des siècles à une certaine homogénéité. Ça laisse forcément des traces. Le contact avec d'autres cultures date d'une génération. Sans dire qu'on est racistes, on peut dire que ça nous dérange quand un individu ou un groupe fait sa petite affaire à part et n'embarque pas dans nos trips à nous autres. Ajoutez à cela l'inquiétude de tout groupe minoritaire quant à sa propre survie et vous avez une réaction somme toute normale. Les Québécois n'ont juste pas l'impression que les immigrants deviennent des Québécois au sens culturel du terme. Pas assez vite, en tout cas, et pas en assez grand nombre. Par exemple, le Québec a flushé la religion. Mais il n'a pas remplacé la religion quasi unique par une ouverture à la diversité religieuse. Ce qui a pris sa place, c'est un athéisme soft au sein duquel certains rituels sont demeurés pour leur valeur historique rassembleuse, sans plus. Comme la crèche et le sapin de Noël. Alors, forcément, des gens qui croient en leur Dieu au point de s'arrêter cinq fois par jour pour le prier, qui obéissent aux diktats de leur religion au point de s'abstenir de boire, de manger du porc ou de suivre la mode, ça heurte. Il débarquerait ici une cargaison de fervents catholiques qui font des neuvaines et refusent de travailler le dimanche que le choc serait le même. Ce ne sont pas des religions différentes qui s'affrontent, ici. C'est la foi et la non-foi. Ma firme de sondage interne, qui procède de manière ultra-scientifique en parlant avec la famille et les amis autour d'une bière, en jasant avec des chauffeurs de taxis, en lisant les tribunes libres des journaux et en espionnant des conversations dans le métro, me donne une idée de ce qu'est la religion la plus répandue chez les Québécois-de-souche-et-leurs-assimilés: une majorité de Québécois vous diront qu'ils croient qu'il y a "quelque chose", sans plus. Il serait même suspect de décrire plus précisément ce "quelque chose" où les rituels à déployer pour exprimer sa foi. "Quelque chose", ça va. Tout le monde peut se rejoindre là-dedans. Mais si on croit que ce "quelque chose" a eu une mère vierge, qu'il a marché sur les eaux, qu'il exige qu'on ne mange pas de porc, qu'il a 12 bras, qu'il arrive à léviter malgré ses 300 livres ou qu'il vient d'une autre planète, là, on devient un peu trop précis pour être neutre. Ce qu'on aimerait, au fond, c'est que tout nouvel arrivant s'en tienne à croire à ce "quelque chose" et vienne nous rejoindre dans nos rituels païens communs. Tripper sur le hockey, sacrer, regarder Les Hauts et les Bas de Sophie Paquin et Star Académie, appeler à Cité Rock-Matante pour gagner des billets de spectacles pour Isabelle Boulay, aller voir des humoristes, ne jamais se choquer de rien, virer une brosse de temps en temps, aller aux danseuses pour les gars ou sortir en gang de filles et danser en rond autour de leurs sacoches pour leurs conjointes, être malade en revenant de la cabane à sucre, ne pas se marier, avoir 1,75 enfant et les appeler Shawn-Arthur ou Priscilla-Jade et les laisser devenir les boss de la télévision dans la maison sans jamais les chicaner trop fort. On aimerait juste ça, de temps en temps, que les "ethniques" nous prouvent qu'ils sont "dans la gang". Parce que "la gang", c'est tout ce qu'on a.
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Élites syndicales
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Je n'ai pas encore vu le film "L'illusion tranquille" mais j'ai vu sa réalisatrice, en entrevue, parler gros comme le bras des "Élites syndicales". C'est la première fois que j'entendais l'expression. Habile, la madame a compris que le mot "élite" fait stepper au Québec. Élitiser son ennemi est alors une bonne façon de le faire haïr par le public. Faudra juste qu'elle fasse attention. Si elle se met à parler des "Élites de l'itinérance", des "Magnats de la Presse Alternative" et de la "Pauvreté corporative", le public va finir par se rendre compte de quelque chose. À petites doses, ça peut passer, mais si elle pousse trop, elle va avoir l'air d'une aphasique.
J'ai bien hâte de voir le film, cela dit. S'il y a d'autres perles du genre, ça va être très inspirant...
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Le ton raisonnable
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Mario Dumont a sauté sur le sujet des accommodements raisonnables et du ras-le-bol exprimé par plusieurs "de souche" face à certains aspects de l'intégration des immigrants comme sur un ballon de football échappé avec un score égal à 10 secondes de la fin du match.
Il a vu Charest et Boisclair qui tempèrent, parlent posément, bref, qui font tout pour calmer le jeu, comme des chefs d'État se doivent de faire. Mais lui, il a vu tout le "marché potentiel" d'une majorité silencieuse alors, il s'est dit qu'il allait parler pour elle.
La majorité silencieuse est tellement majoritaire et tellement silencieuse qu'il y aura toujours quelqu'un pour croire qu'elle a besoin de grandes gueules pour s'exprimer en son nom. Le chef adéquiste a ressuscité le discours de l'indignation, du peuple qui se laisse faire, des valeurs qu'on n'ose plus affirmer par excès de rectitude. Je veux bien mais vous ne trouvez pas que Mario a un peu fait dans le Sarko, cette semaine?
C'est sûr qu'il y a des ajustements à faire. Mais le ton est très important. Et le ton de Mario Dumont m'a donné l'impression qu'il s'est pris pour un animateur de radio-poubelle plus que pour un éventuel Premier Ministre. Remarquez, il prépare peut-être sa prochaine carrière... Mais il n'est pas impossible que ce soit le genre de ton qui puisse inspirer des vandales à aller briser des vitres dans une école musulmane de Ville St-Laurent. Et ça, ça ne fait absolument pas avancer le débat
Remarquez, Dumont n'est pas le seul à s'être laissé emporter. Les représentants de la communauté musulmane de Ville-St-Laurent ont tout de suite sauté aux conclusions dans cette histoire en prenant pour acquis qu'il s'agissait d'un geste raciste.
Ça se peut malheureusement très bien mais on n'en a aucune preuve pour l'instant. Il se peut que ce soit le fait d'une gang de jeunes qui s'est énervée sans que l'école visée n'y soit pour quoi que ce soit. Il se peut aussi que ce soit des jeunes de l'école qui ont eu envie d'un congé et ont eu l'idée de faire passer ça sur le dos d'hypothétiques racistes anti-musulmans. La France entière s'est déjà scandalisée pour une histoire d'antisémitisme qui s'est révélée être inventée de toutes pièces. Le moindre qu'on puisse faire, même quand on a de sérieuses raisons de croire qu'il s'agit d'un crime haineux, c'est tout de même d'attendre d'avoir des preuves.
Parce que si tout le monde déchire sa chemise trop vite, on va tous se retrouver en bédaine et ça pourrait choquer certaines personnes...
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De la télé rassembleuse
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Pour commencer l'année du bon pied, tiens, un peu de "positif".
J'ai vu un bon boutte de la nouvelles émission de CBC "Little Mosq on the prairie" qui débutait cette semaine. La série relate la vie d'un village perdu en Sasketchewan, Mercy, où vit une communauté musulmane, avec les conflits et les malentendus culturels que cette cohabitation peut soulever.
J'ai trouvé le tout fort sympathique, même si l'écriture et le jeu sont empreint d'une gentillesse qui donne l'impression que le projet a été mené par Ned Flanders. Ça sent un peu ltrop les bonnes intentions et c'est joué comme si c'était une émisson pour enfants. Mais, tout de même, voilà sans doute un exemple de ce que la télévision peut faire de mieux: rassembler en touchant à une thématique d'actualité. Incarner un sujet et rejoindre tout le monde dans son salon.
Foi, accomodements raisonnables ou pas, valeurs, Islam et terrorisme, tout y est abordé avec humour. C'est bien d'ailleurs dans ces situations là que l'humour est le plus utile, avant d'être une rutilante industrie. Comme un moyen avant d'être un but. Mais c'est une autre histoire...
Au delà de la série elle-même, il y a de quoi se réjouir des réactions qu'elle a suscitée chez les membres de communautés musulmanes au Canada. D'après ce que j'ai vu, ils étaient très contents que la série fasse la preuve qu'eux aussi sont capables de rires d'eux-mêmes. Avouez que ça fait changement des foules d'intégristes survoltés protestant contre des caricatures ou d'obscures déclarations papales.
Mais les beaux commentaires que "A little mosq on the prairie" a reçu chez nous me font tout de même regretter que la série de Télé-Québec "Pure laine", mettant en vedette entre autres Didier Lucien et Macha Limonchik, n'aie pas reçu toute l'attention qu'elle méritait, comme ça arrive trop souvent avec les émissions de Télé-Québec. Le sujet est encore plus vaste, c'est encore plus drôle, mieux joué et mieux réalisé. C'est surtout formidablement bien écrit par Martin Forget. Ça souligne autant les préjugés et les valeurs parfois rétrogrades des immigrants que les travers culturels et les contradictions des Québécois "de souche". Vraiment, un bijou. Une émission qui mériterait d'être obligatoire pour tout nouvel arrivant au Québec.
Bravo aux auteurs de la série canadienne-anglaise, mais faudrait pas oublier qu'on avait abordé le sujet avant. C'est drôle, ce genre de truc ne fait jamais l'objet de papiers dans les journaux du Canada anglais. Tiens, une série sur l'incompréhension entre les deux solitudes, ça serait une idée...
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Dernier Spectrum
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Et on repart le blogue... Merci à tous ceux qui ont témoigné de leur appréciation du specacle Zap 2006 au Spectrum. Nous nous sommes bien amusés. Mais voilà que j'apprends que le vénérable Spectrum est appelé à disparaître. Ça fait un bout de temps qu'on entend dire qu'il est condamné mais, depuis trois ans qu'on passe nos Fêtes là, on s'était attaché... Juste au cas, je me suis volé une des petites lumières de la célèbre voie lactée de la place...
Chose certaine, s'il doit être démoli, ce serait bien qu'il soit remplacé par une nouvelle salle de capacité semblable. En tous cas, s'il y a un "Spectrum Aid" qui se trame, je suis partant!
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Perdre pied en Afghanistan
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Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais le Canada est en guerre sur deux fronts, ces temps-ci. Il y a le front en Afghanistan qui oppose nos soldats aux Talibans. Et il y a le front local, où le gouvernement Harper affronte les idéaux pacifiques de la majorité des Canadiens et des Québécois. On essaie de nous vendre la guerre. À coup de publicité, de visites de ministres et de belles images aux nouvelles. Mais ce n'est pas précisément la guerre en Afghanistan qu'on essaie de nous vendre. En fait, on se sert de l'Afghanistan pour nous vendre le concept même de la guerre. Et faut avouer que ça marche. C'était facile d'être contre la guerre en Irak. Le mensonge des armes de destruction massive était un gros bonhomme Sept heures inventé de toutes pièces, et le lien entre Saddam et Al Qaida était un fil de soie dentaire. Et il y avait le pétrole, motivation suprême de ces drogués de l'or noir que sont les Américains. En Afghanistan, c'était plus équivoque. Le régime taliban avait clairement des liens avec Ben Laden. Il était épouvantablement rétrograde et opprimait les femmes. Il y a bien les pipelines de gaz et autres intérêts économiques et stratégiques, mais les prétextes pour y aller étaient plus forts et les raisons pour douter du bien-fondé de l'intervention, plus floues. Et puis, ça faisait du bien de dire qu'on était contre la guerre en Irak, mais qu'on était pour l'intervention en Afghanistan. Ça prouvait qu'on n'était pas une mauviette, qu'on n'était pas contre toutes les guerres, mais juste contre celles qui étaient injustifiées ou condamnées à échouer. Mais maintenant qu'on y est, tout l'arsenal est déployé pour que la population appuie les troupes sans rien remettre en question. Et la première stratégie consiste à créer des héros. Des morts au combat à saluer. Vous avez vu le soldat Frédéric Couture et sa famille à la télévision? Le gars vient de perdre un pied dans une explosion en Afghanistan. Mais ce qu'on a vu, ce n'est pas une victime de la guerre, c'est un solide gaillard nullement découragé de cette mutilation, affirmant qu'avec les progrès de la technologie d'aujourd'hui, il aurait bientôt une prothèse qui lui permettrait de faire tout ce qu'il faisait avant. Autrement dit: y'a rien là. C'est le genre de courage qu'on admire chez un joueur de hockey qui réussit à jouer malgré les blessures. Un Bob Gainey. Et sa famille l'appuyait dans son choix et était fière de lui. La meilleure pub pour l'armée canadienne depuis des lustres. Et ça, c'est sûr que ça va attirer des jeunes. C'est autre chose que de croupir au cégep en administration et ne pas trop savoir ce qu'on va faire de son avenir. À un moment donné, étudier, analyser, comprendre, accepter, négocier, ça va faire. Ça prend de l'action. Il n'y a pas grand-chose de plus solide sur lequel on peut se construire qu'un ennemi. Faut tuer des Talibans. Yes, sir! C'est simple comme un jeu vidéo, comme scorer des buts. Bien sûr, dans la propagande de l'armée, on voit des gens souriants, des diplomates qui se serrent la main, des enfants heureux de recevoir des bonbons d'un soldat. On voit aussi des hélicoptères, des guns, des situations dramatiques mais claires. Tout pour faire rêver n'importe quel ti-cul qui a déjà joué avec un G.I. Joe. Avec en prime l'impression de combattre le Mal. La publicité de recrutement de l'armée joue précisément là-dessus. Fini, le "si la vie vous intéresse", maintenant, c'est "Combattez la peur, la détresse, le chaos". Je sais bien que c'est le propre de n'importe quelle pub en partant. Je doute que les annonces de recrutement pour les vidangeurs montrent des condoms souillés, des restes de légumes pourris et des fonds de litière. Mais ce qu'on camoufle ici est bien pire. Ce qu'on cache, c'est qu'on tue sans trop savoir si ça sera utile. Dans l'édition d'octobre-novembre du magazine À bâbord, Raymond Legault, membre d'Objection de conscience et militant du collectif "Échec à la guerre", relate une lettre que le caporal Anthony Boneca avait envoyé à sa famille. Il disait qu'il n'en pouvait plus d'être en Afghanistan et qu'il avait l'impression que l'armée l'avait trompé parce que "ce n'est vraiment pas comme à la télé". Plus tard, il est tombé au combat. On l'a traité en héros. Évidemment, rien sur ses doutes quant à l'utilité de la mission... On peut s'en laver les mains en disant que nos soldats sont des volontaires et qu'ils appuient la mission en Afghanistan. C'est vrai qu'il n'y a pas de conscription ni de contrainte physique. Mais l'embrigadement se fait dans la fausse représentation et la propagande. Le courage est admirable. Mais ce ne sera jamais une raison pour arrêter de se demander s'il est bien utilisé.
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Prospective 2007
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Y'en a marre des rétrospectives, à la fin! C'est le temps de tourner nos yeux vers l'avenir. De quoi 2007 sera-t-il fait? Que nous réserve l'année qui vient? Encore des cataclysmes, des scandales à la con qui font vendre du papier, des politiciens qui mentent, des stars qui naissent aussi vite qu'elles s'effacent et des espoirs déçus, sans doute. Mais pour être plus précis, je jouerai un peu à Nostradamus. Voici mes prédictions pour l'année 2007. À moins que Jan Wong, Barbara Kay et autres scribouillards experts en Quebec bashing ne réussissent à convaincre le gouvernement fédéral de faire occuper le Québec par la GRC de manière préventive pour les crimes contre l'humanité que nous risquons de perpétrer, il y aura des élections. Contre toute attente, celui qui a battu des records d'impopularité au cours des premières années de son mandat, Jean Charest, les gagnera. André Boisclair blâmera Québec Solidaire. La droite bat la droite, et c'est encore la faute à la gauche. Le plus grand perdant de cette élection ne sera cependant pas André Boisclair. Ce sera Philippe Couillard... N'empêche, au Parti Québécois, on va beaucoup s'ennuyer de Pauline Marois, et même peut-être un peu de Bernard Landry. La chanson-thème de l'état d'esprit des péquistes risque fort d'être "Dis, qu'est-ce que tu dirais si j'te disais "reviens""... Au Canada, Stéphane Dion grimpera dans les sondages, dira toutes les bonnes choses, ne parlera pas de Constitution, et va se draper dans le vert. Jack Layton ne saura plus où se mettre. Gilles Duceppe vivra sans doute son année politique la plus difficile, entre un Charest qui réussit à passer pour un nationaliste, un Boisclair plus à droite qu'indépendantiste, un Harper qui ne lui rapporte plus rien et un Dion qui a l'air encore plus humanitaire que lui. Quant à Stephen Harper, il bénéficiera sans doute de la disgrâce de George W. Bush, ce qui lui permettra de s'en distancier. Après s'être essayé à la ligne dure anti-Kyoto qui ne croit pas au réchauffement planétaire et en avoir constaté les résultats désastreux dans l'opinion publique, Stephen, plus pragmatique que dogmatique, va se recentrer. Rona Ambrose risque d'en être la grande perdante. Et je me risque: Harper, s'il sent qu'il commence à perdre tous ses appuis au Québec, pourrait être celui qui permette au Québec d'avoir son équipe de hockey à la coupe du monde de 2008. O.K., celle-là, je vous l'accorde, c'est du wishful-thinking... Aux États-Unis, présentement, les regards politiques sont tournés vers le tandem des rivaux démocrates Hillary Clinton et Barack Obama. Al Gore pourrait aussi venir brouiller les cartes. Mais je doute que la logique guerrière des dernières années puisse s'effacer aussi vite. L'Irak était une erreur, soit, mais les Américains ne peuvent pas se retourner comme ça sur un 10 cennes et avouer que les Français avaient raison. Ça leur prendra quelqu'un de crédible qui leur dira, en somme, que ça aurait pu être une bonne idée si ça avait été bien mené. C'est pourquoi le personnage le plus important de l'année sera John McCain. Encore un républicain après les deux mandats désastreux de Bush junior, vous me direz? Mais qui pensait que Bush gagnerait un deuxième mandat? Qui pensait qu'un autre Québécois serait élu à la tête du Parti libéral du Canada? Qui pensait que ce chef pourrait être Stéphane Dion? En France, le premier tour d'élection, le médiatique, est déjà terminé, et il a décidé que le duel du deuxième tour mettrait aux prises le teigneux Sarkozy à droite-droite et la mystifiante Ségolène à droite-déguisée-en-gauche. Ségo-Sarko, comme y disent. Je parie sur Ségolène Royal. Parce que l'ère des matamores est terminée. Exit les Berlusconi et les Bush. La femme est l'avenir de la droite. Parlant de femmes, la mode féminine continuera sa spirale infernale vers le look "Amsterdam Red Light". Les jeunes filles auront des décolletés plongeants avant même d'avoir des seins. Et après les pantalons "taille basse", on verra apparaître des bouts de fesses par des fenêtres espièglement découpées dans le tissu. Le débat sur l'uniforme à l'école reviendra. Dans le domaine du sport, si la tendance se maintient, on dépassera bientôt tous les records dans l'obsession pour chaque petit détail concernant les Canadiens, à plus forte raison si la nouvelle concerne un joueur francophone. Quand Maxim Lapierre a été rétrocédé au club-école de Hamilton, il y a quelques semaines, La Presse a fait trois pages là-dessus! La une et les deux suivantes. Réjean Tremblay, François Gagnon, Richard Labbé parlaient tous de ce sujet-là, et seulement de celui-là. Alors que tous s'entendent pour dire que quelques semaines après les Fêtes, tout au plus, le dynamique attaquant sera de retour avec le grand club. Si Vincent Lecavalier est échangé à la Sainte-Flanelle, pariez qu'il y aura un cahier spécial entier. Et ce que je souhaite le plus pour 2007? Je souhaite avoir la preuve que je suis un piètre devin... Bonne année à tous.
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