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Impertinences
26 octobre 2006, 12:00

Accommodements raisonnables

L'accommodement raisonnable. C'est l'expression de l'heure, et j'ai l'impression que c'est le concept de la décennie. À l'origine, l'accommodement raisonnable est une expression juridique, une notion de droit obligeant une législation à accommoder autant que possible la diversité. Mais les mots ont leur vie et l'expression est en train de prendre place dans la tête des citoyens, avec un sens légèrement différent. Si on ne fait pas gaffe, l'expression risque de devenir un néologisme technocratique honni, à l'instar de "compétences transversales", qui ne servira qu'à frustrer plus de monde à force d'être invoqué à tort et à travers. Mais l'accommodement raisonnable, ça peut aussi signifier un principe concernant les rapports entre la majorité et les minorités. Une forme de respect appliqué qui, pour être viable, devrait marcher des deux bords.

Dans ce contexte, la création du "comité consultatif sur l'intégration et l'accommodement raisonnable" mis sur pied par le ministre de l'éducation Jean-Marc Fournier est une excellente initiative. Et le choix de son président, M. Bergman Fleury, qui vient du domaine de l'éducation à Montréal et a une longue expérience des délicats exercices d'accommodements, semble être excellent. Mais après les recommandations, il faudra de l'action. Il faudra des gestes politiques qui prennent du guts. Il y a des leaders de certaines communautés, tendance ghetto, qui vont gueuler. Et il y aura sans doute des grincements de dents chez certains nostalgiques d'un Québec uniforme, qui sont cependant moins nombreux qu'on aimerait nous le faire croire.

Mais certaines nouvelles tendent à démontrer que le contexte pourrait être favorable à ce nouveau contrat social. En fait, souvent, il s'agit de "mauvaises nouvelles" qui en cachent des bonnes. Par exemple, nous apprenions récemment l'existence d'écoles catholiques religieuses hors du système d'éducation qui faisaient l'enseignement du créationnisme. La bonne nouvelle? On pourra les fermer en même temps que les écoles juives orthodoxes qui n'enseignent que le Talmud (et qu'aux garçons) sans que le geste ne puisse être perçu comme une oppression de la communauté juive.

Des leaders musulmans modérés au Canada se plaignaient récemment de l'intimidation exercée sur eux par des éléments plus radicaux de leur communauté et demandaient d'être protégés. La bonne nouvelle? D'abord, il y a des musulmans modérés... Mais surtout, ils s'identifient comme tels, s'organisent et s'opposent aux intégristes. La lutte contre l'intégrisme musulman n'a donc pas à déraper en fermeture complète à l'islam.

Les Québécois sont prêts à accepter la différence, mais aimeraient sentir que toutes les communautés acceptent aussi certaines valeurs importantes. On accepte les mosquées, mais les musulmans acceptent qu'ils n'auront pas de minaret qui chante cinq fois par jour. On pourrait baliser l'habillement des jeunes femmes (comme des jeunes hommes, d'ailleurs) en imposant un uniforme décent dans les écoles, ce qui ferait du bien à tout le monde, mais il ne sera plus question de permettre le port du voile ou d'exiger des cours séparés pour les filles. On accepte l'érouv à Outremont parce que ça ne dérange personne, mais les hassidim devront abandonner l'idée de faire interdire les maillots de bain dans les parcs. On brainstorme, là, il y a sûrement de meilleurs exemples. L'idée, c'est que personne ne pourra rester tout seul dans son coin, mais surtout, que personne ne pourra imposer son intégrisme à d'autres.

Dans tout le dossier sur l'accommodement raisonnable, celui que j'ai le plus à l'oeil, c'est André Boisclair. Parce qu'il est le leader des indépendantistes au Québec, le 3/4 des journalistes nord-américains, et surtout canadiens, le considèrent d'avance comme un dangereux xénophobe obsédé par la pureté. Pour sauver son image, qui semble d'ailleurs être un atout précieux pour lui (sinon le seul qu'il ait...), Boisclair pourrait être tenté de ne jamais aborder le dossier. Trop délicat, trop miné. Pourtant, c'est en grande partie le Québec souverainiste qui a hâte qu'on établisse des balises claires et justes dans les rapports qu'entretiennent diverses communautés avec la société québécoise. Toujours la peur de disparaître qui revient. Mais ce n'est pas que de ça qu'il s'agit, car même l'Angleterre et le Canada anglais, où le multiculturalisme était une valeur suprême, commencent à remettre le modèle en cause. Le nouveau deal, ce serait de pouvoir dire: "On va vous en donner plus pour vous aider à vous intégrer, on va reconnaître vos compétences, vous donner des cours de français et de Québec 101, mais on va vous demander quelque chose en retour."

Ne serait-ce pas là le plus raisonnable de tous les accommodements?

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Robert Boulay a dit :

La fusion dans l'intégration

Le texte de François Parenteau est très pertinent cette semaine, il complète les deux dernières interventions de David Desjardins (Ennemi Public # 1) sur le racisme dans les remparts de la Ville de Québec. Je suis entièrement d'accord sur l'accompagnement raisonnable et sur le retour du balancier, donnant-donnant, pour partager l'existence et l'identité de chacun dans un équilibre libre. À la lecture dudit article, une image constante me trotte dans la mémoire, je m'explique: depuis six ans, je me déplace grâce aux transports en commun, et Dieu (sous toutes ces croyances) sait qu'il y en a des ethnies de toutes provenances, de tous ghettos, de toutes les couleurs qui utilisent l'autobus et le métro pour se transporter et ce qui me chicotte c'est que la plupart même s'ils ont des notions de base en français se parlent entr'eux dans leur langue maternelle, je me sens alors étranger dans mon propre pays d'origine, je ne les comprends pas et çà m'agace, qu'est-ce qu'ils se disent, ils se foutent peut-être de ma gueule, je fabule sûrement, chose certaine je suis mal à l'aise, il y a sûrement une solution conciliante. Je me rappelle l'été dernier d'une jeune fille asiatique, à la voix claire qui engueulait, grâce à son portable, sa mère ou son copin durant le trajet de la 34 sur la rue Ste-Catherine, il faisait très chaud et humide, était-ce la canicule ou l'invasion de mon hora, mais j'ai eu l'idée non réfléchie de jeter par la fenêtre son maudit cellulaire qui m'agressait, heureusement je me suis retenu, j'aurais passé pour un vrai malade raciste, alors il est grandement temps que chacun respecte son espace et ce fasse respecter par les autres, les balises seront de mise et je crois que les accompagnements raisonnables seront d'un grand secours de retenue et un remède aux malaises qui autrement pourraient s'amplifier, c'est la grâce que je nous souhaite. Amen.

# 26 oct. 2006, 13:26

Michèle Tremblay a dit :


"On pourrait baliser l'habillement des jeunes femmes (comme des jeunes hommes, d'ailleurs) en imposant un uniforme décent dans les écoles, ce qui ferait du bien à tout le monde, mais il ne sera plus question de permettre le port du voile ou d'exiger des cours séparés pour les filles."

J'approuve à 100%

Si vous vous présentiez en politique, je voterais pour vous... enfin... vous ne pourriez pas vous présenter au sein de "Québec Solidaire", que j'adore ? Parce que Boisclair, ses envolées théâtrales ("je vous garantis une équipe digne de celle de Renée Lévesque") et son hypocrisie ("Pauline, travaillons main dans la main"), bien franchement, je ne peux pas le saquer.

# 26 oct. 2006, 13:45

Martin Rochon a dit :

C'est seulement de la politique

Je ne pense pas que la nouvelle commission va changer quelque chose. C'est seulement dans des buts électoralistes. Il veut accommoder tout le monde et c'est pourquoi il n'y aura aucun "guts" dans cette commisssion. Je ne comprends même pas pourquoi le débat fait encore manchette quand ça plus de 25 ans que c'est le même problème. Je ne crois pas que c'est le gouvernement le moins apprécié de l'histoire du Québec que la situation va changer.

Qui pense vraiement que c'est des études qui vont changer les comportements. La population va continuer de contourner les lois qui vont toujours laisser des brèches pour les plus rusés. Même aujourd'hui il y a des lois qui ne sont pas respectées par une minorité. Personne ne va forcer personne parce que personne n'a vraiment le gout de forcer personne. Le Québec a un comportement de laisser aller et ça va continuer. Pourquoi faire de la chicane pour rien si ça ne change rien pour moi ce que fais le voisin. Ça c'est la vrai pensée qu'il faut changer, lâcher le je-m'en-foutisme. Si on veut changer les choses de la bonne façon, il faut l'imposer comme pour la cigarette, ça chiale un peu au début et après, plus rien!

Tout ça pour dire que ce n'est pas cette commission qui va changer les choses mais bien la population le jour où elle en aura assez de se faire manger la laine sur le dos et ce n'est pas prêt d'arriver et est-ce que il faut vraiment que ça arrive?!?

# 26 oct. 2006, 14:02

Gérald Vallée a dit :

Quelle intégration?

La peur de disparaître est légitime et présente tant que le Québec ne sera reconnu comme un pays. Vous citez le multiculturalisme au Canada mais vous oubliez un élément important. Tout le monde sait que le Canada est un 'ENGLISH ONLY AFFAIR' et que toutes les portes s'ouvriront si vous acceptez ce fait. La langue de travail demeure l'anglais et les lois sont britanniques.

La tolérance a aussi ses limites chez nos voisins anglophones. La fin de semaine dernière, Sheikh Riyadh devait prononcer un discours devant des jeunes musulmans réunis à Toronto. Apparemment le Canada aurait refuser son entrée au Canada car il aurait émis des commentaires racistes envers les juifs et les hindous. Intolérance ou bon jugement? Si Boisclair avait agit ainsi, on l'aurait traité de raciste mais au Canada on s'en sort car le gouvernement a déterminé que les agissements de Riyadh allaient à l'encontre des valeurs de la société canadienne.

Mais quelles sont nos valeurs québécoises et quels moyens prenons nous pour intégrer les communautés ethniques? Et surtout jusqu'à quel point les communautés ethniques veulent s'adapter à la société québecoise? La plupart ne parle pas le français à la maison et préfère apprendre l'anglais pour mieux s'adapter au contexte américain et canadien anglais. Tant et aussi longtemps que le Québec demeure lié au Canada, l'accommodement restera un risque.

# 26 oct. 2006, 15:38

Richard Marenger a dit :

faire son bout de chemin

Mon cher Parenteau je vous félicite pour cette chronique qui nous dit tout haut ce que bien des gens pensent tout bas .

Le bon peuple fait des efforts pour être accomodant depuis longtemps mais il semble que les efforts vont toujours dans le même sens et il suffit d'un simple incident pour que les étiquettes de racisme et de xénophobie pleuvent rapidement sur nos têtes .

Vous parlez de André Boisclair qui est perçu comme le chef des xénophobes indépendentistes par beaucoup de journalistes . Je serais curieux de savoir combien des minorités culturelles sont du coté du Parti Québécois ? Pas beaucoup , vraiement pas beaucoup . Ces gens vivent encore dans la peur d'être 'internés dans des camps de concentration' ou de vivre une guerre civile qui verrait les 'casques bleus finlandais et ghanéens' intervenir pour rétablir la paix . J'ai encore en mémoire en 1980 cet homme portant un turban qui affichait son macaron My no is quebecer .

La société idéale serait comme vous le dites un endroit où les petits garçons pourraient apprendre la géographie au lieu du Talmud et où les jeunes filles pourraient aller au gymnase sans être voilées .

# 26 oct. 2006, 15:44

Alexandre Laurin a dit :

Je ne sais pas

Je suis personnellement pour une école laïque et apolitique. Selon moi, il ne faut pas mélanger enseignement religieux et enseignement régulier. Je ne suis pas un juif hassidique, j'en conviens, mais je ne peux me faire à l'idée.

Ce qui me tiens plus à coeur, c'est que les écoles primaires et secondaires soient apolitiques. J'entends par la, qu'il ne soit pas toléré que les professeurs axent leur enseignement dans leur optique politique personnelle. Ça donne une vision personnelle et appliquée à la matière, mais ça dogmatise les élèves surtout. J'ai eu des profs fachos, des péquistes, des extrême droite économiquement parlant (néo-libéraux), marxistes, etc. Être soumis à toutes ses pensées (qui sont tout de même majoritairement péquistes-séparatistes) ne crée aucune discussion ou reflexion; elle impose, grâce à l'autorité du prof, une façon de penser. Par conséquent, les élèves ne se forgent pas leur propre opinion, ils citent celle de leurs professeurs dans leurs propres mots.

Ils ne faut pas s'étonner pourquoi les jeunes n'ont pas de discours politiques cohérents; ils ne sont que le sous-produit s'un amalgame d'opinion différentes inculquées au fil des ans.

# 26 oct. 2006, 16:08

Serge Bédard a dit :

Pas d'accommodements ni pour la religion catholique ni pour les autres religions

La première étape, c'est de réaffirmer le principe de liberté de culte. Mais c'est aussi de réaffirmer en même temps le principe de laïcité de l'État et du domaine public.

Il faut continuer le retrait de l'Église catholique des lieux publics (mouvement déjà avancé). Il reste encore des relents indésirables (comme la prière avant une assemblée publique), supprimons-les. Mais ce qui reste du catholicisme, c'est essentiellement du patrimoine. On ne supprimera pas par exemple Noël, les églises, les noms religieux de lieux publics, la croix du Mont-Royal. Nous ne sommes pas dans un régime communiste où on s'efforce d'effacer le passé pour créer un Homme nouveau.

Cependant, tout événement religieux (comme la visite du pape) devrait être traité comme un événement sportif ou culturel. S'il y a des fonds publics engagés, ce devrait être selon des normes bien précises pour cause de retombées économiques positives ou pour assurer la sécurité publique. Le financement de l'entretien ou de la restauration de certaines églises, ce devrait être pour cause de protection de bâtiments patrimoniaux. Etc.

Il faut que les autres religions soient traitées de la même façon. Aucune modification à la loi ne devrait être apportée pour des motifs d'accommodements raisonnables pour aucune religion. Que l'on ait pensé introduire la charia au Canada pour remplacer nos tribunaux, c'est un délire idéologique. Si des objets coupants sont interdits dans les avions et les écoles, le kirpan n'a pas à être une exception. Si se masquer le visage dans les lieux publics est un délit, le voile intégral musulman devrait y être interdit.

Dans ce débat, les religieux et la gauche bien-pensante essaieront de nous refiler un sentiment de culpabilité. Il faudra toujours se rappeler que les pays d'où originent les nouvelles religions qui s'imposent ici interdisent même la liberté de culte. On est loin des accommodements raisonnables. Nous n'avons aucune leçon de tolérance à recevoir de leur part.

# 26 oct. 2006, 16:16

Andrée Proulx a dit :

La réciprocité, quelle notion lumineuse

Un minimum de conditions doit être réuni pour assurer une intégration harmonieuse de communautés immigrantes.  

Tant pis si je rêve. Au moins, je me sens moins seule à penser qu'au nom de la cohésion sociale, il y a une limite à se sentir disparaître dans une masse indistincte de toutes origines. J'apprécie l'apport de nouvelles cultures, mais j'apprécie aussi que l'on respecte la mienne sans faire valoir son agenda politique jusque devant les tribunaux.

C'est difficile pour un immigrant de redémarrer sa vie dans un pays étranger. Je le reconnais. D'autant plus, s'il provient d'un pays aux coutumes différentes des nôtres. Les obstacles de langue, tenue vestimentaire, codes culturels ne s'assimilent pas avec l'achat du billet d'avion. Mais l'obtention de la citoyenneté devrait aussi entraîner certaines obligations civiques.

J'espère un dialogue avec les modérés de toute tendance. Que les fondamentalistes religieux apprennent que dans un État moderne, religion et politique s'exercent de façon distincte. Et la religion de façon non ostentatoire. Je ne me ferai jamais à l'idée que le progrès accompli au Québec sur le plan de la laïcité soit menacé par des intégristes.

Il n'y a aucune raison pour que dans une ville comme Montréal, reconnue pour son ouverture aux immigrants, nous redoutions des affrontements ethniques. S'il existe une volonté politique de prévenir de tels dérapages par des efforts réciproques, je ne peux que me réjouir. Et espérer que cette initiative d'un comité pour des «accommodements raisonnables» dépasse le stade de l'utopie et ne soit pas à sens unique.

Si on demande aux fondamentalistes religieux de laisser tomber leur agenda politique, je demanderais à nos dirigeants politiques d'avoir aussi le courage de ne pas éclipser leurs responsabilités. Sans cette réciprocité, je crains que les modérés de toute allégeance seront trahis.    

# 26 oct. 2006, 16:29

David Bellemare a dit :

Raisonnable mais sans bon sens !!!

Je n'irais pas jusqu'à comparer «compétences transversales» et «accommodement raisonnable».

Parce que justement, c'est de ne pas reconnaître les compétences transversales qui est injuste !!!

À titre d'exemple, c'est certain que c'est frustrant de ne pas obtenir un poste (un job) parce que l'on a peut-être une faiblesse au niveau des compétences transversales mais imaginez combien ça peut être frustrant de se faire dire non quand on est compétent et qu'on a fait ses preuves dans le passé (preuves qui ne sont pas reconnues à une juste valeur et qui sont donc rejetées du revers de la main sans bonnes raisons !!!

Accommodement raisonnable.

Ce qui n'a pas de bon sens pour nous, peut très bien avoir du sens pour une autre communauté, un autre horizon culturel ou religieux.

Où faut-il tracer la mince ligne entre ce qui n'a vraiment pas de bon sens et l'accommodement raisonnable qui a du sens ???

Dire non à un parent qui veut prénommer son enfant «Spatule»...

Se baser sur des valeurs importantes ??? Oui et non parce que chaque culture à ses propres valeurs.

En conclusion... Un bon exemple d'accommodement raisonnable : «On accepte les mosquées, mais les musulmans acceptent qu'ils n'auront pas de minaret qui chante cinq fois par jour.»

Un autre exemple est le port d'un uniforme à l'école. D'accord ou pas, c'est effectivement un autre bon exemple d'accommodement raisonnable.

# 26 oct. 2006, 16:41

Alain Marsan a dit :

Erreur factuelle du chroniqueur

Il ne s'agit pas d'"écoles catholiques clandestines" mais bien des écoles ÉVANGÉLIQUES clandestines. Jusqu'à la fin de la confessionnalité des écoles, l'Église catholique vivait un partenariat avec l'État québécois pour poursuivre l'enseignement religieux et l'animation pastorale dans les écoles publiques. Pas besoin de clandestinité encore moins pour promouvoir le créationnisme.

# 27 oct. 2006, 09:11

Johanne Brodeur a dit :

Le bon juste milieu.

Pas facile à trouver celui-là.

Je pense que l'école c'est l'école, le lieu de prière en est un autre, chez soi c'est chez soi. Chaque chose à sa place.

Définissons mieux ces lieux et appliquons les lois en conséquences qui devraient être les mêmes pour tous.

Donc, pas de prière à l'école. L'église catholique c'est fait sortir pourquoi accepter la religion de l'extérieur. Sous prétexte d'accommodement raisonnable. C'est bien plus la peur d'engendré des conflits que de l'accommodement raisonnable. Pas de Kirpan non plus.

La même loi pour tous. Ça, ça m'accomoderait.

Il y en a qui auraient intérêts à devenir plus raisonnable.

# 27 oct. 2006, 11:20

Michèle Provencher a dit :

Une nation aux divers visages

Que c'est bon de lire une chronique à la fois pleine de bon sens, d'optimisme et d'ouverture d'esprit! Je pense que nous sommes sur la bonne voie en tant que société sur le sujet des accomodements raisonnables. Bien sûr, le kirpan à l'école, l'idée de la charia au Canada en font grincer des dents plus qu'un, mais heureusement les débats publics sont là pour nous indiquer le "raisonnable" et les limites que le Québec peut accepter. Dans le premier cas, la Cour suprême a reconnu le droit aux Sikhs de porter le kirpan dans son enveloppe et sous les vêtements, pour le deuxième, nous avons fait preuve de bon sens en refusant que la religion s'immisce dans le système judiciaire. "La liberté des uns se termine ou celle des autres commence" : Je crois qu'il faut absolument garder cette maxime en tête, car nous devons également préserver notre culture francophone, québécoise et laïque.

On entend parler ces temps-ci du débat sur le concept de nation du Québec au sein du Canada ; je pense qu'au Québec, un des plus beaux défis d'André Boisclair si celui-ci parvenait au pouvoir, serait de définir un concept de nation québécoise incluant les diverses communautés culturelles et la richesse qu'elles nous apportent. Peut-être alors que la souveraineté serait une option attrayante et envisageable pour tous...

# 27 oct. 2006, 11:25

Louis-Alexandre Jalbert a dit :

L'intégration qui nous dérange

En lisant la chronique de M. Parenteau et les commentaires, on dirait que le travail est principalement du côté des minorités. Nous, on est tellement accomodant qu'il va falloir faire un comité pour se contrôler et éviter de se faire complètement engloutir. FAUX!

Nous n'avons même pas commencé à intégrer! Le Québec est en déclin démographique et nous ouvrons nos portes toutes grandes à l'immigration pour combler la dénatalité. Il est très clair que nous aurons à faire face à des problèmes autant plus délicats et autant plus majeurs que ce que nous avons eu à affronter jusqu'à présent.

On dirait que les gens s'attendent à ce que les immigrants gardent juste un peu de diversité afin de rester pittoresques, mais surtout, il ne faut pas que ça affecte nos petites habitudes, car nous leurs faisons une fleur en les acceptant dans notre belle province, alors ils sont mieux de garder leur trou. Je veux pas péter votre balloune, mais à chaque jour qui passe, ils prennent une place de plus en plus grande dans la société québécoise et il est complètement normal qu'ils l'aient, car elle leur revient en raison de leur apport à la société.

Contrairement à ce qu'on croit, notre société est encore très peu formatée pour répondre aux besoins de cultures différentes. Les journées fériées sont encore associées aux fêtes chrétiennes et de nombreuses places publiques sont encore inadaptées. Combien de restaurants sont inaccessibles aux juifs et aux musulmans en raison de la nourriture qui n'est pas conformes? Vous ne me ferez pas croire que les coûts d'exploitation vont exploser en utilisant des produits hallal ou cachère.

Tôt ou tard, il nous faudra accepter qu'on a besoin des immigrants et que nous ne pouvons pas continuer notre petite vie sans rien y changer. De plus, en offrant une place suffisamment grande aux modérés afin qu'ils se sentent vraiment acceptés, on contribue à rendre le discours des extrêmistes inadapté.

# 27 oct. 2006, 11:50

Carol Minville a dit :

Du guts ou des couilles

Le 25 octobre débutait le Forum socio-économique des Premières Nations à Mashteuiatsh. Si l'on pense a cette notion juridique qu'est l'accommodement raisonnable appliqué aux Première Nations on pourrait dire qu'ils furent accommodant a un point tel qu'on ne parle d'eux qu'en terme folklorique. Il furent conquis par l'arme à feu, cela va de soi, mais ils furent au début très accommodant envers Champlain en lui fournissant tout le castor qu'il voulait et en le laissant s'établir à Kébec.  Que serait-il arrivé s'ils avaient été unies et hostile?  Aujourd'hui ceux qui reste se cherche afin de s'accommoder à la modernité.

Mon exemple vous paraît boiteux, voyons voir! Aujourd'hui il y a deux mouvement qui s'entrechoquent et qui soulèvent des passions. Il y a d'un coté les tenants d'un univers transcendant et religieux et de l'autre ceux qui promeuvent un monde immanent et laïque. L'ONU contre Jérusalem, Rome et la Mecque. Les conflits qui ont cours dans le monde, s'ils cachent des volontés de puissance, laissent voir en surface des confrontations dogmatiques pour accaparer les esprits. La démocratie contre le fondamentalisme. Mais nuançons car Bush dans sa promotion de la démocratie cache un fondamentalisme teintée d'une volonté de puissance.

Nous sommes confrontés au même problème a petite échelle. La religion continue de nous interpeller et de soulever chez nous des querelles de clocher. Le créationnisme et les fondamentalismes de tout acabit, nous laisse un goût de grande noirceur. Un accommodement raisonnable dans un État laïque c'est de laisser chacun croire a ses chimères chez lui.  L'ONU peine dans un univers de dogmatique. Un mouvement laïque qui ne se défend pas peut être submergé, se ''folkloriser'' et devoir s'accommoder à l'intransigeance des voleurs d'esprits. Nous n'en somme pas là mais nous devons continuer de lutter pour nos libertés de penser chez nous. Il faut promouvoir la liberté de penser.

Alors du guts ou des couilles?

# 27 oct. 2006, 16:56

François Ethier a dit :

Savoir s'intégrer

Je ne comprends pas comment on peut en être rendu là a la fin de l'année 2006. Je parle des immigrants qui veulent changés notre mode de vie au grand complet pour satisfaire le leur. Pourquoi tu viens t'installé au Canada mais tu ne prends pas la responsabilité de t'intégrer à la culture locale. Moi je suis très bien au Québec , alors je reste ici. Si je n'étais pas bien et que j'irais dans un autre pays refaire ma vie , j'adapterais mon mode de vie en fonction de l'endroit que j'aurais choisi. Le problème , c'est la charte des droits et INliberté qu'on s'est donné au Canada. Je dis bien INliberté et non liberté. Il est peut-être temps qu'on y repense et qu,on ré-adapte cette foutu charte pour faire en sorte qu'on se respect un peu plus en tant que Canadien. Imaginez ce qui se passerait si vous débarquiez en Afganistan en petite jupe et en camisole sans soutien-gorge. On ose même pas. Ici , le kyrpan (couteau religieux mais couteau quand même) est toléré dans nos écoles . pendant ce temps , il a fallu enlevé les criox sur les murs et tout ce qui se rapporte à notre religion. Certain parlait même d'enlever la croix sur le Mont-Royal. Je crois qu'il faut qu'on mettre nos culottes avant qu'il soit trop tard.

# 28 oct. 2006, 10:32

Amélie Nadeau a dit :

Le cas sapin de Noël ou prétexte à nuances pour racistes et/ou xénophobes de bonne volonté... et de toutes les couleurs

Montréal. La cosmopolite. Élue par la plupart de nos concitoyens présentant les signes d'une minorité visible... ou les accents d'un ailleurs. Surement pas la meilleure. Surement pas la pire. Montréal, Québec, Canada... de concert pour favoriser l'enracinement. Reprendre bon pouls. Refaire le nid.

Montréal, 25 décembre. À l'Hôtel de Ville, plus de fête. Plus des milliers de petites lumières. Bon... on aime ou on aime pas... c'est pour l'exemple. Pour témoigner de son esprit d'ouverture, Madame la Ville a décidé d'oublier. Magnanimité! Ah! l'oubli de soi! La belle vertu!  De toute façon Noël, c'est dépassé...la consommation! Beurk!

En réponse à ce remisage entre les remisages- révolution oblige- Madame peut au moins s'attendre à la modération des signes extérieurs d'appartenance... un grand pas dans le monde des accomodements raisonnables. Rien de mieux qu'un bon exemple!

Terrain vague.

À la lumière des pus de lumières de Montréal, il y aurait lieu de poser des questions. De bonnes questions. Dynamiques. Constructives. Des questions pour entreprendre une intégration éclairée des minorités, sans perdre son âme, sans tomber dans l'intellecualisme d'autruche des questions et réponses à la mode. Pour permettre un dialogue qui repousse les limites. Un échange fort et fier... inclusif sans etre nihiliste! Peur de l'autre. Haine de l'autre. Un genre de psychanalise, de pédagodie collective s'impose. Merci Monsieur Lepage!

Et Québec dans tout ça? Le forteresse... Dis-moi, qu'as-tu donc à protéger? Qu'est-ce qui t'oblige à repousser ce qui transformerait... que ne veux-tu perdre?

Peur et haine ne viennent jamais seules. Il reste une histoire à intégrer... modérément, mais assurément! Et prière de laisser la rectitude polique à l'entrée. Ce n'est pas d'accomodements raisonnables dont il s'agit ici.

L'opinion est encore trop chaude!... mais un jour viendra...

# 28 oct. 2006, 10:37

Louis P. a dit :

Ça ne peut plus durer

Bravo à François Parenteau d'avoir le courage d'écrire sur ce thème cette semaine; peu de gens ont la force de s'attaquer de front à la rectitude politique qui gangrène notre société.

C'est l'héritage du multiculturalisme de Trudeau qui a créé cette situation invivable où tout le monde se croit libre d'imposer ses valeurs et sa religion sauf... « nous », c'est-à-dire les Québécois blancs, francophones et à peu près laïques.  

Déjà, j'ai dit le mot dangereux, ce « nous » qui peut être inclusif ou exclusif, qui peut être ouvert à l'autre ou au contraire se refermer sur lui-même.

Mais la vérité, c'est que ça ne peut plus continuer ainsi. Dans certaines écoles de Montréal, c'est rendu que c'est le Québécois de souche qui est victime de racisme: on rejette sa culture, ses valeurs, comme des valeurs faibles, comme quelque chose qui ne devrait pas exister. Mais est-ce surprenant, quand on considère l'à-plat-ventrisme général de notre peuple qui, sitôt qu'il entend deux mots d'anglais, se dépêche de parler dans la langue de l'autre?

L'immigration, personne n'est contre. La liberté religieuse non plus. Mais qu'est-ce qui fait que le Québec est un endroit agréable à vivre, en comparaison à certains pays d'Afrique ou d'Amérique Latine, par exemple? C'est la cohésion sociale. C'est le vivre-ensemble où tous acceptent les règles et partagent à peu près les mêmes valeurs.  

Nous sommes assis sur une bombe. Aujourd'hui, ce ne sont que des écoliers, mais demain ils seront adultes, et ils réclameront le droit de battre leur femme (c'est religieux), de lapider l'adultère (il faut respecter leurs croyances), un affichage public dans leur langue (leur langue doit être mise sur le même pied que le français), etc.

Ce n'est pas seulement leur futur qui est en question, mais le nôtre. Il est temps de se réveiller, et d'imposer nos valeurs, de les intégrer, et de leur faire sentir que nous les acceptons mais qu'ils doivent en échange respecter nos valeurs.

# 28 oct. 2006, 11:27

anonymous a dit :


Accomodons nous pour nous sentir tous mieux dans le meilleur des monde. C'est un peu à cela que ca sert au fond. L'accomodement raisonnable est un fruit de la démocratie. Chacun a droit à ses opinions, ses idéologies et ses normes. Mais il faudrait quand même faire attention et regarder cela avec un peu plus de complexité. Il est très bien de vouloir unifier la diversité pour ne former qu'une seule nation mais lorsqu'on permet quelque chose à une minorité, il faudrait être capable de l'appliquer à tous. Et est-ce que c'est ca qu'il faut ? Est-ce qu'il faut être démocratique complètement et vivre dans un monde ou tout est permi ? C'est bien la diversité. C'est bien l'accomodement. Mais cela comporte toujours sa part de sacrifices. C'est bien d'intégrer les valeurs des différentes communautés. C'est nécéssaire. À une seule condition. De ne pas oublier les nôtres.

# 28 oct. 2006, 11:29

Jocelyn Côté a dit :

Accommodements des valeurs religieuses aux droits de notre société

N'en déplaise à certains parmi vous, je ne crois pas que l'on doit accommoder les valeurs religieuses aux droits de notre société. Car il est question d'accommoder les valeurs religieuses des minorités et des immigrants venu chez nous. C'est ça l'accommodement raisonnable, c'est accommoder Allah, Bouddha, Jéhovah et etcétéra. Ça finit par accommoder les Raëls de notre bas monde et ça finit par nous faire reculer plutôt que d'avancer. La croyance et la pratiques religieuse doivent rester dans les foyers dans les lieux cultes; pas dans les universités ou dans les hôpitaux.

# 28 oct. 2006, 11:55

Yves Lévesque a dit :

La religion est un cancer

La phrase la plus pertinente de votre article? C'est la phrase suivante: "personne ne pourra imposer son intégrisme à d'autres."

Quand j'ai devant moi un être humain, je me fiche de savoir si c'est un homme ou une femme, un gay ou un hétéro, un musulman ou un catholique. À deux exceptions près, cependant (ou à moins d'être dans un bar!!!).

La première est si cet être humain est victime de persécution en raison de son genre, de sa race, de son orientation sexuelle ou religieuse. Cela va de soi, personne ne devrait rester indifférent devant la ségrégation.

La deuxième exception? Si cet être humain tente de m'imposer son genre, sa race ou son orientation sexuelle ou religieuse.

Entendons-nous bien: un con, ça n'a pas de couleur, de race ou d'orientation sexuelle définie; il y en a partout, et à partir du moment ou la sphère publique nous permet de combattre cette imposition, je suis capable de composer et remettre à sa place autant le macho mysogyne que le straight homophobe, tout cela sans recourir à des solutions extrêmes.

Mais avec la religion, c'est une autre histoire. Chaque religion a dans son ADN le désir profond de convertir tout le monde. C'est pour cette raison que notre société sépare la politique de la religion.

La riposte des religieux à cette séparation? L'approche indirecte. Une pincée de kirpan. Un soupçon de femmes voilées. Une bonne dose d'aile religieuse du Parti Conservateur. Un prêtre qui veut devenir député.

Et bientôt, notre sphère publique, au lieu de discuter du bien commun, deviendra l'arène de fanatiques de toutes confessions qui djihadent ou croisadent parce qu'ils ne s'entendent pas sur la couleur des petites culottes de leur Dieu, ou de leur Prophète.

Il est grand temps de les remettre à leur place, et de verrouiller la porte.

# 28 oct. 2006, 14:52

Bernard Pottier a dit :

Pilule fade

Chaque fois que j'entends l'expression "accomodement raisonnable", j'imagine un quidam avec un rhume, qui se rend chez Famili-Prix et demande au type en sarrau: "Bonjour, auriez-vous un remède raisonnable?"

En somme, on s'attaque aux symptômes plutôt qu'aux causes, et on monte en épingle les quelques conflits suscités par des coutumes jugées bizarres ou dangereuses. L'accomodement religieux me semble un problème davantage pour les institutions que pour les individus. Car, en ce qui me concerne, si on voulait ouvrir des écoles où tout le monde devrait assister tout nu aux cours, je ne sentirais pas le besoin de monter aux barricades. Ça ne me transformera pas en monstre, ça ne transformera pas mon voisin en monstre, et les chrétiens qui rêvent d'accueillir dans leur paradis des milliers de victimes resteront sur leur faim.

Il y a déjà eu des précédents. Quand les missionnaires européens sont arrivés en Indonésie, pays musulman, seules les prostituées s'habillaient, car elles espéraient qu'un homme paie pour voir leurs charmes. Au Canada, la branche "Sons of Freedom" des Doukhobor reconnaissait dès 1900 des droits aux animaux et refusait l'usage de la monnaie vu les piètres conditions de travail dans les mines. Comme ces "illuminés victimes de la pensée sectaire" refusaient toute concession au gouvernement, on a séparé leurs familles à la pointe du fusil. Leurs descendants ont reçu des excuses... en 2004.

Soyons optimistes, toutefois, et visualisons une rencontre très productive où le clergé chiite et des dirigeants de la CSDM signent devant les photographes une entente de huit pages. Que de temps gaspillé si, d'autre part, on néglige de s'attaquer à la peur, à l'ignorance et aux conditions sociales de pauvreté et d'exclusion qui, elles, constituent, pour la haine, le terreau le plus fertile.

# 28 oct. 2006, 15:17

Claude Perrier a dit :

Malheureuse méprise de ma part...

Tout d'abord, cher monsieur Parenteau, il convient que je fasse amende honorable relativement à une petite méprise dont je me suis soudainement rendu compte: je vous ai par erreur attribué la désignation de "canadians" (à l'égard des canadiens de langue anglaise) alors que c'est plutôt monsieur Biz qui s'exprime de la sorte. Mais ma confusion vient du fait que monsieur Biz et vous-même avez à un certain moment abordé la même question impliquant des crétineries publiées dans la presse torontoise. Cela n'excuse peut-être pas complètement cette inattention de ma part, toutefois. Et je vous prie donc de croire que j'en suis très désolé.

Voilà. J'espère que vous vous sentez déjà un peu mieux car, pour ma part, je me sens soulagé d'un poids. Et, cette semaine, tandis que je me répands en amendes honorables, vous y allez d'accommodements raisonnables. Serait-ce donc une belle semaine de réconciliations? Parce qu'il nous faut, de temps à autre, percevoir la lumière au bout du tunnel, entrevoir un instant l'arc-en-ciel. Et je dois admettre que ce que vous proposez regorge de bon sens. Si l'on pouvait réaliser votre programme, on ferait sûrement un grand pas en avant.

Malheureusement, je crains fort que les intégristes à "tendance ghetto", comme vous dites, abondent bien peu dans votre sens. Ces gens sont irrémédiablement bornés et probablement totalement irrécupérables. Enfin, on pourrait malgré tout essayer de les rallier à l'idée d'une meilleure société - sans toutefois se faire trop d'illusions. Et, en ce qui concerne André Boisclair, lequel vous avez "le plus à l'oeil", le simple fait de penser à lui me donne l'impression de sombrer dans la futilité. Et vous-même, monsieur Parenteau, vous avez sûrement beaucoup mieux à faire que de garder ce leader de pacotille à l'oeil.

# 29 oct. 2006, 15:45

Frédéric Tardif a dit :

Ethnicité, religion, droit et pouvoir de l'état, !

A l'instar d'autres lecteurs, je vous trouve courageux Mr. Parenteau d'aborder un tel sujet, et votre délicatesse à en relever les mailles sensibles vous honore. Je crois aussi que ce genre de discours doit venir de vous, de nous, pour qu'il devienne ensuite une préoccupation politique. Jamais les politiciens ne prennent les devants sur des sujets si délicats, quel que soit le parti politique tant qu'à moi.

Toutefois, la question fondamentale que je me pose est s'il n'est point concevable de vivre une religion dans les limites de la simple raison? Concilier les aspirations religieuses et la vie en société ne me semble pas un projet déraisonable, ni infaisable. En admettant par exemple que les vérités de la foi religieuse sont au-dessus de la raison et non pas contre et en concevant que la religion n'a pas de fondement rationnel, ça semble facile, sur papier de dissocier les deux éléments et de vivre les deux pleinement comme chacun l'entend, sans empiéter sur le mode de vie des autres.

De toute façon, une religion qui se dirait rationnelle ne serait rien d'autre qu'une morale tendancieuse et dogmatique, qui ne pourrait plus s'appeler religion dans ce cas, et devrait être expulsée non seulement des écoles, mais de nos sociétés également.

En sachant cela, et en considérant que la société québecoise est maintenant composée de plusieures confessionalités, le gouvernement doit être cohérent avec les principes d'égalité que la société québécoise prône et doit veiller à ce que l'enseignement public des préceptes de la religion ne soit plus une question de privilèges confessionnels basés sur une quelconque ancienneté.

En étant juste envers tous, je crois que nous pourrons arriver à une paix sociale certaine en ce qui concerne les institutions d'enseignement. Je crois que ce genre de discours reflète celui de la majorité, qui souhaiterait même un cours sur la culture des religions pour leurs enfants, ce qui aiderait à rapprocher les différentes cultures...

# 30 oct. 2006, 13:36

Lise Bourassa a dit :

Accommodements trop raisonnables?

On le sait, le Québec est une terre d'accueil! Mais à quel prix? À en perdre, notre propre identité? Craindre, de dire des mots, à double sens, et avec la meilleure conscience du monde? On doit dorénavant bannir bien des mot/maux! Faire attention, aux autres confessionnalités, au risque de condamner : la nôtre! Surtout faire attention, à notre manière de parler! Tout à coup, des fois que, et pourtant? Allez demeurer dans un autre pays, et vous prendrez vite conscience, que les accommodements, ne sont pas si tolérants? Vous devrez pour acclimater, sinon vous deviendrez des exclus! Mais ici, le principe de base : l'accueil inconditionnel! La norme : étant toute, la liberté des droits, des individus. Et, les valeurs : en nous accommodants, de manière très raisonnables aux autres! Les articulations, comme pôles : on se tait. shut! On n'ose plus, se prononcer, au risque d'être pointer du doigt, ou de déclencher des polymériques, sans aucun discernement : shut! On peut être accusé de propos diffamatoires, racismes ou sexismes : shut! Encore pire, c'est d'en être accusé dans notre propre façon de nous exprimer, un mauvais français, des mauvaises expressions etc. : shut! On vient de reculer l'heure. Pourquoi ne pas, retomber dans la grande noirceur? Je le répète encore une fois, au risque d'être dilapidé, par tous les bien-pensants : SHUT, TAIS-TOI!

# 30 oct. 2006, 13:44

Valérie Augier a dit :

Raisonnablement intégrés ou nullement accommodants ?!

Les petits problèmes des soit disant 'accommodements raisonnables' (encore des mots qui ne veulent pas dire grand-chose !) mentionnés par François Parenteau sont bien évidemment pas mal réels et de plus en plus présents. Mais bon, non seulement il faudrait suggérer des solutions mais faudrait aussi les mettre en pratique, et idéalement il faudrait commencer par les jeune, soit à ceux qui vont à l'école primaire.

Je pense que l'on ne changera rien (ou que très peu !) à la manière de pensée des adultes ayant des idées toutes faites (que ce soit québecois ou immigrants!). Il faudrait commencer par la jeunesse. Que les enfants soient habillés avec des tchadors, soutane, shorts, strings, turbans, jeans ; la seule manière de faire en sorte qu'ils vivent mieux en étant d'origines différentes seraient de favoriser le partage des idées!!!

Sinon, il y aurait une autre solution : que soit disant les québécois se considérant 'pure-laine' fassent plus de bébés au Québec (un peu comme dans les années 50-60) et surtout de travailler davantage de manière à maintenir une certaine stabilité économique, et ce pour enrayer le soit disant problème crée par autant d'immigration (qui eux ne semblent pas avoir peur de se relever les manches pour recommencer une nouvelle vie !) .

# 30 oct. 2006, 15:14

Marc Audet a dit :

L'arbre qui cache la forêt

Ce n'est pas faire preuve de rejet de la différence que de croire en des valeurs qui font que la laïcité et plus particulièrement la séparation des sphères religieuses et civile, figure en tête de liste de ces valeurs. A partir de ces prémisses, il s'impose des choix en matière de programmation des activités civiles au nombre desquelles les activités scolaires occupent une place prépondérante. Sur ces bases, il devient évident que lire des prières avant une réunion du conseil municipal est une aberration, une manière de faire qui est en complète rupture avec ce code de valeurs. A fortiori, de telles pratiques n'ont pas leur place à l'école. Enseigner une religion à l'école, quelle qu'elle soit, est aussi une pratique qui contrevient à cette vision du contrat social. Les tenants des écoles catholiques qui favorisent l'enseignement du catholicisme sont donc mal placées pour faire la leçon à ceux qui aspirent à manifester d'autres appartenances religieuses dans ces écoles. Il y a d'ailleurs un vieux fonds d'intégrisme catholique chez ceux qui refusent tous les autres signes religieux que la croix chrétienne dans les écoles publiques.

Toutefois, malgré nos propres défaillances en matière de contrat social au regard de la présence de la religion dans nos institutions civiques, il ne peut pas nous venir à l'esprit que certaines revendications en matière de différences religieuse de la part de membres d'autres communautés culturelles ne sont que les préliminaires d'une stratégie qui vise en dernière instance à miner des acquis légaux et culturels au nombre desquels l'égalité des hommes et des femmes figure en bonne place. Si de telles visées n'habitaient pas ces éléments à tendance intégristes, les accommodements raisonnables seraient déjà passés dans nos coutumes puisque les signes purement extérieurs de leurs croyances auraient été mis au rancart au profit de leur intégration à nos sociétés.  

# 01 nov. 2006, 09:44