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Impertinences
12 octobre 2006, 12:00

Morbides médias

Qu'il s'agisse des victimes d'un tireur fou à Dawson ou chez les Amish, d'un tremblement de terre, d'une inondation ou de l'effondrement d'un viaduc, je ne comprends pas la fascination morbide qui semble toucher une grande majorité de gens concernant la mort médiatisée.

La mort frappe tous les jours. Le jour où le viaduc s'est effondré, à Laval, un gars que je connaissais est mort dans un accident de la circulation. Il descendait de son taxi, à pied, et traversait la rue quand une voiture l'a fauché. Un accident tout bête, sans coupable à pointer du doigt.

Sa famille, sa blonde, ses amis sont aussi touchés que s'il avait été sous le viaduc, ce jour-là. Mais pour eux, pas de compassion étalée dans les médias, pas d'éditoriaux pour dire que c'est inacceptable, pas d'analyses d'experts pour trouver des solutions afin que ça ne se reproduise plus, pas de psychologues pour analyser les effets du traumatisme. Pourtant, le deuil est le même. Mais, dans leur malheur, ceux-ci auront au moins la chance de vivre leur deuil comme il devrait se vivre: en privé.

Collectivement, c'est presque rendu politiquement incorrect de dire après une catastrophe: "Ben coudon, la vie continue." Bien sûr, je compatis avec les victimes. Mais je ne les connais pas. Au fond, je ne compatis avec elles que parce que les médias m'ont fait connaître leur sort.

La comparaison pourra paraître un peu tirée par les cheveux mais c'est quand même comme ça que je le sens. Quand un enfant se cogne la tête quelque part, il est sonné, et regarde toujours les adultes autour de lui avant de réagir. Si la première face qu'il voit est souriante et ne revient pas sur l'accident, il pourra, si la douleur n'est pas trop grande, oublier le bobo et passer à autre chose. Mais si, au contraire, il croise un regard affolé, les sourcils en accent circonflexe, qui lui souligne encore plus qu'il vient de se faire mal, alors là... Le braillage est pratiquement automatique.

Chaque fois qu'une catastrophe fait des victimes, on nous en parle, en long, en large et en direct. On est tous là à faire des sourcils en accent circonflexe, à répéter que c'est terrible. On se vautre dans le deuil. Alors tout le monde braille, partout, à chaque mort imprévisible ou un tant soit peu spectaculaire. La vie pourra continuer, mais plus tard. Parce que, après la pause, d'autres images exclusives!

J'ai l'impression que cet étalage du malheur des uns finit par faire le malheur de tout le monde. C'est ainsi que le public en général a l'impression qu'il n'y a jamais eu autant de guerres dans le monde et de meurtres dans la société. Pourtant, les statistiques tendent à démontrer le contraire. Mais ce qui importe, c'est la perception. Et les médias nous bombardent d'images de la violence et de ses effets comme jamais auparavant. Et je ne parle pas de la fiction, ici. Je parle des nouvelles.

Déjà qu'on manque de mots quand vient le temps d'offrir nos condoléances aux proches de quelqu'un qui vient de mourir, quand l'affaire devient médiatique, il se dit tellement n'importe quoi que ça frôle le grotesque. On cherche tellement un sens qu'on interprète à tort et à travers. Une semaine, on entend dire que la violence des tueurs fous viendrait de notre aliénante vie moderne, des difficultés d'intégration des immigrants ou de la musique heavy métal. Deux semaines plus tard, un homme tue cinq petites Amish et se suicide en Pennsylvanie. Il vivait dans un petit village bucolique, dans un milieu ethniquement et culturellement encore plus homogène que l'Islande, et n'écoutait pas de musique violente. Alors? On dit quoi, là?

Rien ne me rend plus mal à l'aise que le voyeurisme du deuil des autres. À la limite, quand la cause des victimes est politique, comme dans le cas d'une guerre, je peux comprendre. On doit montrer les effets de la guerre sur les populations civiles. Et encore là, il faut faire très attention à la manipulation qu'on peut faire de ces images. Dans le human interest, on utilise toujours le human qui sert notre interest...

Mais face à la mort privée, il me semble qu'on oublie de respecter la plus élémentaire pudeur. Les Amish ont tenu à gérer ce qui est arrivé à leur communauté à leur façon. Ils n'ont pas laissé les vautours médiatiques les envahir. Je les applaudis. Et même si j'ai l'impression d'être infiniment minoritaire, je dis ceci à tous nos médias confondus: quand vous couvrez des funérailles à la suite d'un écrasement d'avion ou que vous foutez vos micros sous le nez du frère d'une victime de tuerie dans une école, je zappe. Faites votre deuil de moi comme spectateur.

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Michèle Tremblay a dit :

Les deuils pathétiques

"Bien sûr, je compatis avec les victimes. Mais je ne les connais pas."

Comme je suis d'accord avec vous ! Le pire, c'est quand un personnage public meurt. Comme le soulignait monsieur Martineau dans son blogue, le trépas confère une auréole de gloire : le défunt devient subitement LE plus grand chanteur du Québec, LA plus grande actrice, et caetera.

D'entendre que "Le Québec est en deuil" aussi souvent, je trouve qu'on a le larmoiement facile. En ce qui me concerne, j'aurais l'impression d'enlever de quoi à la sincérité de la peine que j'aurai lorsque je traverserai mes VRAIS deuils, ceux de mes proches, si j'éclatais en sanglots chaque fois qu'une mort est médiatisée.

D'ailleurs, monsieur Parenteau, je vous confie que j'écoute fort peu les actualités. 1 heure de la radio (R.-C.) le matin, au réveil, et la lecture de le Presse ou du Devoir à l'occasion, les fins de semaine, me suffisent amplement. Voyez-vous, je préfère demeurer dans l'ignorance que de me complaire dans les sujets morbides. Cela ferait-il de moi une imbécile heureuse que je n'en aurais cure. Je préfère, de loin, chercher un sens à la vie en lisant de la philosophie que de chercher un sens à la mort en écoutant les nouvelles.

# 12 oct. 2006, 10:29

Jacqueline Bouchard a dit :

Aucun sentiment

Les journalistes sont tellement à l'affût du Scoop du siècle qu'ils en oublient la vie privée des gens, les artistes ont choisis une vie puplique mais eux aussi ont droit à leur vie privée.

Les funérailles se doivent d'être privés, les familles et les amis proches des victimes ont droit de se recueillir une dernière fois sans être harcelé de questions par un journalistes ou être montré en gros plan entrain de pleurer.

Je trouve que dans notre société actuelle, les gens ont de moins en moins de sentiments, presque des sans coeur car pour eux lebut est d'informer la population.

J'aimerais que quelqu'un puisse m'expliquer qu'est ce qu'il y a comme information à la popoulation lors d'un événement qui devrait se dérouler dans l'intimité ? Pourquoi la popoulation doit voir la souffrance, la douleur et le chagrin de ces familles implorées ?

Je ne comprend pas et je n'accepterai jamais un tel manque de respect envers le drame des familles et amis des personnes décédées.

Messieurs et mesdames journalistes, il serait temps que vous réflichissiez un peu plus à votre rôle et jusqu'où vraiment vous devez aller dans votre nouvelle.

# 12 oct. 2006, 10:30

Robert Boulay a dit :

Tombes aux nouvelles

Les Forces Canadiennes ont envoyé 2,200 soldats combattre les Talibans en Afganistan, à chaque fois que l'un d'eux ou trois la même journée décèdent en devoir, on expose la photo du disparu, zoom sur la tombe recouverte du drapeau rouge et blanc, 600 militaires rémunérés en tenue de parade à l'attention accompagne le corps rapatrié par avion et la caméra ne se lasse pas, on nous montre l'arrivée au bercail du mort, autre parade militaire, gros plan sur la veuve ou la petite amie, les enfants, les parents, on nous ménage l'autopsie et on remplit l'église lors du service funéraire, larmes et fleurs en évidence, seule consolation, s'il en ait une, la famille n'aura pas de problèmes financiers, la poule aux oeufs d'or et l'enveloppe, une place choix dans un cimetière militaire. C'est triste et choquant en même temps, je me demande si pour chaque militaire disparu le Ministre des Forces Armées le remplace sur le champs pour maintenir le nombre de combattants à 2,200. Je n'ai rien contre ces honneurs pour souligner la disparition d'un mort au combat ou éventré par un ou une kamikaze, pourtant tout ces cortèges protocolaires étaient inexistants si on remonte à 1944, je pense à oncle Edgar mort à 21 ans lors du débarquement en Normandie, dont les restes sont enterrés à Avaranges ou à Dieppe, seul une petite croix blanche identifie son héroïsme ou sa malchance, comme lui des milliers de Québécois du Royal 22ième Régiment ont été sacrifiés pour libérer l'Europe d'Hitler, le pire monstre du 20ième siècle, pourtant le Canada n'était pas envahi, et on n'en a pas fait tout un plat médiatique de leurs disparitions, on ne les a pas ramenés au pays, non ils gisent près de la mer à Pas de Calais, le Gouvernement canadien lors du 50ième anniversaire de l'armistice de la 2ième Guerre Mondiale a fait restaurer les milliers de petites croix blanches et a planté des érables, j'ai visité ces cimetières en 1995, j'ai des photos qui ne circulent pas sur internet et les survivants sont morts.

# 12 oct. 2006, 10:35

Marie-Andrée Leduc a dit :

Parce qu'elle est inconnue, la mort fascine. C'est bien connu.

Je suis tout à fait d'accord avec vos propos. Il y a 25 ans, il n'y avait que le Allo Police pour nous raconter en mots et en images les horreurs de la société. Aujourd'hui, elle est omniprésente tout média confondu. Mais la mort fascine parce qu'elle est inconnue.

Par contre, je crois que les morts du viaduc sont des victimes politiques. Non pas à cause de la guerre mais bien à cause du manque de volonté politique à mettre en place des infrastructures solides ou de modifier des méthodes d'évaluation de solidité de la structures déficientes. Oui les morts du viaduc sont politiques parce que justement, il ne s'agit pas d'un bête accident comme celui de votre ami (sincères condoléances). Entre les deux événements, le décès de votre ami me touche davantage que ceux du viaduc. Probablement parce qu'il n'était médiatisé et qu'à ce titre, la majorité d'entre nous avons perdu ou perdrons des êtres chers dans l'anonymat le plus complet.

Dans le cas des petites Amish, il s'agit d'une tragédie parce qu'il s'agit d'un acte délibéré d'un être humains envers d'autres (au même titre que la guerre par exemple). Ne vous méprenez pas sur le sens du mot tragique que j'emploie. Je ne prétends pas que les autres formes de décès ne sont pas tragiques amis le contexte est différent avouons-le.

La mort fait partie intégrante de la vie. Rien ne peut s'y souscrire. Quand nos rapports avec la mort changeront, son sensationnalisme qui fait les choux gras de médias en ce moment s'éteindra à son tour.

# 12 oct. 2006, 10:40

Marie-Josée Archambault a dit :

La téléréalité est partout

Malheureusement, les médias atteignent actuellement un niveau d'indécence incroyable ! Hier je lisais justement qu'en Angleterre, on avait filmé pour une téléréalité un accouchement par césarienne en direct. Quel peut bien être le but de voir même ce qui par définition devrait se vivre dans l'intimité? J'ai moi-même eu une césarienne il y a quelques mois et je peux vous garantir que personne d'autre ne serait entré dans ma chambre que mon mari, le médecin et le personnel minimum nécessaire. Pour des funérailles, c'est la même chose. Si j'avais a en vivre un, j'aurais en horreur qu'on me foute un micro sous le nez ! J'ai donc moi aussi un peu de malaise à voir ces gens touchés par des deuils être harcelés par les médias. Et si on zappait tous ! Peut-être qu'alors nous servirait-on un peu plus d'humanité !

# 12 oct. 2006, 10:46

François-Olivier Marquis-Duval a dit :

Toujours plus de sensation

Avec les vies monotones que l'on mène, pourquoi se surprendre qu'il y ait tant de voyeurisme? Cela vient mettre du piquant dans une journée qui a été semblable à des milier d'autres auparavent. En voyant un viaduc s'écraser sur les autres, on se dit : "Mon Dieu, dire que cela aurait pu m'arriver". Et cela vient nous donner notre dose d'adrénaline pour le restant de la journée.

Les médias sont une industrie. ET l'industrie offre ce que le client demande. Si un média offre quelque chose qui plait au public, les autres vont faire de même en poussant un peu plus loin. Les nouvelles, c'est comme un loft-story plus vaste. Tout ce qui nous intéresse, ce sont les points sensationnels. Tout le monde est écrasé par un auto. Il n'y a rien là. Mais un viaduc qui tombe, alors là...

Sur ce, je vais allé continuer ma journée de travail pour revenir ce soir à mon appartement et voir ce qu'il a aujourd'hui d'intéressant au téléjournal.

# 12 oct. 2006, 11:00

Lyne Gauthier a dit :

Pour les cotes d'écoute

On aime parler du malheur des autres parce qu'ils pensent que ça fait augmenter leurs cotes d'écoute. Je n'ai rien avec le fait qu'on dise qu'une personne est décédée dans telle ou telle circonstance, mais quand on est rendu à en parler pendant des jours je pense que c'est irrespectueux pour les familles qui sont dans le deuil. Ces personnes sont obligés de vivre avec la photo de la personne disparue à la une des journaux et sur tous les postes de télé sans pouvoir rien faire ou dire et ça ne doit pas être facile pour eux. C'est un moment privé et je ne vois pas pourquoi il faut faire toute une histoire avec ça. Les médias doivent apprendre à respecter l'intimité des gens et même si c'est une mort terrible, ils doivent réfléchir aux conséquences de l'acharnement qu'ils font. Moi non plus je ne suis pas une spectatrice de ce genre de nouvelles.

# 12 oct. 2006, 11:01

Carol Minville a dit :

La répétition une mnémotechnique efficace

Lorsqu'on étudie, l'une des mnémotechniques les plus utilisées est la répétition. Apprendre les tables de multiplications et divisions ainsi que l'accord des verbes se fait le plus souvent ''par coeur''. Il n'y a pas de logique ou de raisonnement sauf peut-être par association d'idées.  La répétition donne un coté tangible à une réalité qui nous échappe. Lorsqu'on nous montre souvent une image, un visage, un événement en l'associant à un qualificatif bon ou mauvais, cela finir par s'intégrer comme une réalité dans notre conscience. Une réalité qui parfois défis toute logique.

La propagande faite par l'équipe Bush laissait encore en 2004, 40% des américains dans l'erreur et ce malgré l'irréfutabilité des preuves et l'évidence du mensonge. Le sabir médiatique répété à l'unanimité a donné une consistance au mensonge qui devenait ainsi impossible à réfuter tellement les consciences l'avaient enregistre comme la vérité.

Il en va de même lors d'événement malheureux tel ceux de Dawson et l'écroulement du viaduc de Laval. L'effet mnémotechnique de la répétition médiatique finit par prendre des proportions tel que la réalité est déformée. On a alors l'impression de vivre dans une société plus dangereuse malgré le contredit des faits.  Cela devient parfois pervers au point de créer une psychose collective et donner du crédit à la théorie du complot. Par effet concomitant la demande faite à nos représentants ce fait plus pressante pour durcir les lois et la répression, brimant ainsi nos libertés.

Pour pouvoir conserver son jugement et sa liberté de penser peut-être faudrait fermer le petit écran qui ce fait de plus en plus le maître de nos consciences. Enfin lorsque qu'il n'ai que la seul source de savoir, je crois qu'il permet tout de même d'appréhender une partie de la réalité.

# 12 oct. 2006, 11:03

Sylvain Pichette a dit :

De faits divers et de télé-réalités

Cela semble bizarre de faire un lien entre les faits divers à grand déploiement (fusillade dans une école, écroulement d'un viaduc qui cause la mort de plusieurs personnes) et les télé-réalité genre "Occupation Double", "Loft Story" et "Survivor", mais je suis convaincu qu'il y en a un.

Nous sommes nombreux à vouloir regarder ces nouvelles en direct, où on nous repasse ces images en boucles, en répétant les mêmes informations, qui ne sont parfois que des rumeurs, sous prétexte qu'il s'agit de la réalité et que ça affecte le monde ordinaire. Les télé-réalités augmentent en popularité parce qu'on y montre la supposée réalité de gens ordinaires. Les deux cas attirent bon nombre de téléspectateurs.

Les personnes qui écoutent, mais surtout regardent, la télé-réalité, sont considérées comme des voyeurs parce qu'ils s'immiscent dans l'intimité des gens qu'ils ne connaissent pas et qu'ils s'amusent et anticipent les "bitcheries" que les candidats et candidates peuvent s'envoyer. Mais nous ne sommes pas considérés comme voyeurs quant nous regardons les vrais malheurs des gens ordinaires et que nous voulons absolument tout savoir d'eux. Pourtant, si un tel malheur nous touchait, nous voudrions le vivre dans la plus strict intimité possible.

Existerait-il des bons voyeurs et des mauvais voyeurs? Si oui, comment les définir? Qui a le droit de les définir?

# 12 oct. 2006, 11:04

Richard Marenger a dit :

post traumatique

Mon cher Parenteau j'espère que vous n'avez jamais eu à subir une thérapie pour un évènement très traumatisant , mais j'ai du en subir et en animer moi-même . Les gens qui sont touchés par un évènement grave se disent en vivant leur deuil qu'ils sont les seuls à vivre ce traumatisme et que le reste du monde continue à tourner et à s'amuser tandis qu'eux n'ont le goût que de pleurer toutes les larmes de leur corps .

C'est un peu ce qui arrive quand un accident arrive . Tout le monde ralentit pour mieux voir le sang et les cadavres . C'est un peu notre mode 'voyeur' qui se met en marche . C'est bien triste de voir la famille effondrée au sortir de l'église mais comme disait Yvon Deschamps : on veut pas le savoir , on veut le voir . Le genre humain semble se complaire dans le malheur des autres pour souvent se dire : ouf ce n'est pas arrivé à moi ou à ma famille .

La grosse question que je me pose c'est de savoir si un politicien se fait du capital politique ou si il y va par une véritable compassion quand il se rend aux funérailles ?

# 12 oct. 2006, 11:05

Jocelyn Côté a dit :

Téléréalité merdiatique

Radio-Canada a appris que si la tendance se maintient, nos chaines d'informations continues deviendront des chaînes de restaurants rapides où l'information se consomme et se digère rapidement. Le spectateur aime le sucre et il en sera gavé. Plus le temps de réfléchir lorsqu'on a deux petits à élever, lorsqu'on a deux jobs pour payer l'hypothèque de 300 000$, lorsque notre horaire télé est consacré à Occultation Double ou Star Épidémie et lorsqu'on doit choisir entre Huet ou Aebicher; bref plus le temps d'analyser une information trop complexe lorsqu'on a si peu de temps à traiter celle-ci. Le CPU du québécois moyen est à pleine capacité monsieur le président alors, tournons-nous vers la facilité. C'est triste à dire mais nous ressemblons de plus en plus à nos voisins du sud. Après tout, une simple comparaison en Bush et Charest me permet de m'en convaincre et de terminer sur cette phrase: nous méritons ces politiciens que nous avons élus. Ça va de soi pour nos chaînes d'informations continues : nous méritons l'information que l'on nous diffuse.

# 12 oct. 2006, 11:13

Martin Rochon a dit :

On veut pas l'entendre, on veut le wouair!!!

C'est dans triste voir du monde monde triste. C'est la base des nouvelles. Pourquoi ne pas montrer des naissances à la télévision au lieu des morts tout le temps. Parce que c'est plate voir du monde heureux dans ta face à chaque jour. Ça te démontrerait comment on a une vie plate et morne. Mais quand on voit du monde détruit, c'est le sophisme de fausse consolation qui embarque et on se dit que notre vie est pas si pire. Imaginez un peu si à chaque jour on nous bombardait de bonnes nouvelles, il y aurait LA mauvaise nouvelle GM !!

Et le cercle de la mauvaise nouvelle est vicieux. Plus on en voit, plus on s'habitue, alors ça nous fait plus rien. Les médias comprennent et empirent les nouvelles, vont de plus en plus loin, et on s'habitue encore, et ils vont encore plus loin et encore plus loin. Ça n'arrêtera jamais. Nous sommes des voyeurs et non des informés. Moi franchement je me fous bien de savoir comment la soeur de l'autre pleure. Elle a un deuil à vivre c'est sur il y a quelqu'un de sa famille qui est mort. Moi, j'aimerais ça qu'un jour les journalistes tombent sur un enterrement où tout le monde fête le mort, les journalistes sera fourr... fourvoyés. Ben non il faut des larmes, du sang, des témoignages que la personne décédée était la meilleure pour faire un gâteau des anges (jeux de mots de mauvais goût, je sais).

Tout ça pour dire que la seule limite des médias est la tolérence des voyeurs que nous sommes tous. Tout le monde a déjà dit en regardant les nouvelles;" Heille, as-tu vu le char...!!" et chaque fois aux nouvelles, puisqu'ils n'ont pas les détails, ils ajoutent presque toujours: "cet accident peut-être causé par la vitesse et l'alcool est probablement en cause." Et deux jours plus tard on voit les funérailles et on apprend finalement que la personne a fait une crise de coeur au volant ... mais tout le monde se souvient que la personne avait bu elle allait trop vite et c'est pourquoi elle a fait une crise de coeur ... Bon bulletin de nouvelle

# 12 oct. 2006, 11:42

Michel Rochette a dit :

Le parfait contrôle...

C'est si simple pourtant...

Pendant qu'on utilise à outrance les évènements malheureux de la vie des autres pour vous combler d'émotions à vous faire couler une larme, on oubli les choses qui se passent en plein dans notre face réduisant ainsi les difficultés à nous faire avaler toutes sortes de choses qui concernent notre quotidien.

Comme ça, on ne réagit pas tous ensemble mais par petits groupuscules inneficaces.

# 12 oct. 2006, 16:45

Hélène Lajeunesse a dit :

Beurrer son pain avec la misère des autres...

Je suis heureuse de constater que certains ont eu la même réaction que moi lors de l`évènement du pont de la Concorde.

Les médias ont étiré la sauce et nous ont défoncé les oreilles en se répétant minutes après minutes.Heureusement que je pouvais zapper.

Anciennement on disait que certaines personnes aimaient beurrer leurs toasts avec la misère des autres.C`est exactement là où on en est rendus.

Il y a castastrophe et catastrophe. Mais de là à attendre EN DIRECT l`arrivée des ministres sur les lieux de l`accident, d`assister seconde après seconde au déroulement des opérations pour voir combien de voitures se trouvaient sous le béton, je trouve qu`on nageait en pleine exagération de l`image et de la caméra.

Je ne peux pas croire que des gens dans leur maison soient accrocs à ce point de la petite boîte carrée. C`est vrai qu`avec un écran plat et en HD.......c`est tentant!

# 12 oct. 2006, 16:46

Marie-Ève Boulanger a dit :

La mort parlante

Je ne crois pas que ce soit de la mort à la télévision que l'on devrait se plaindre, mais de l'absence de contenu et l'omniprésence des images. L'expression "L'image vaut milles mots" voudrait plutôt dire, à mon sens, que l'on peut faire dire ce que l'on veut à l'image puisqu'elle n'est qu'une parcelle de la réalité. D'où la nécessité d'y accoler un contenu. Les images sont muettes, elles ont besoins de mots pour parler.

À la télévision, la mort en soi ne dit rien; bien qu'elle soit tragique, la mort est ordinaire. Elle est inséparable de la vie. À l'inverse, ce qui "parle" (ce qui est informatif) ce sont les circonstances de ces morts. Ainsi, ce qui fait le caractère public de Dawson, ce n'est pas la mort en soi (de nombreux autres adolescents québécois meurent de maladies, par exemple, et nous n'en parlons pas). Ce qui fait de cet évènement un évènement public, c'est qu'il met en jeu nos représentations collectives, nos institutions. Il nous oblige à nous questionner comme collectivité.

Selon les derniers calculs, il y aurait eu, jusqu'à maintenant, 600 000 morts depuis le début de la guerre en Irak. La mort, dans ce cas, n'est pas ordinaire et nous devons en être informée puisque cette mort nous parle et nous questionne.

# 13 oct. 2006, 09:40

Michel Bélanger a dit :

S'informer, qu'est-ce que ça veut dire?

Est-ce que ne pas regarder les nouvelles à la télé est digne d'un agissement d'être arriéré et fermé? Qu'est-ce qu'on veut comme nouvelles à la télé? Ce qui est digne d'être présenté au bulletin télévisé est choisi en fonction de quoi au fait? de l'impact du fait exposé sur la société? Mais n'est-ce pas le fait de l'exposer à la télé qui crée l'impact sur la société?

Des fois je regarde le téléjournal. Je vois des bonnes nouvelles. Des mauvaises aussi. Je vois des gens pleurer et des viaducs s'écraser. Ça ne me fait pas pleurer. D'ailleurs, les bonnes nouvelles ne me rendent pas si heureux que ça. Le sensationalisme pour les nouvelles, ça sert à qui au fait? Et puis qu'est-ce qu'on a gagné depuis l'arrivée de la télévision pour nous dire ce qui se passe dans le monde? Ça devait mettre un terme aux crimes de guerre de certains pays... eh non.

Finalement, j'aime mieux écouter de la musique que de regarder les nouvelles.

# 13 oct. 2006, 09:52

Nadine Thauvette a dit :

Le capitalisme vs le sensationnalisme

vous vous êtes passé le mot pour renoter les faiblesses des médias cette semaine!!! Oui c'est vrai qu'on met l'accent sur les gros événements. Oui c'est vrai qu'on amplifie les événements pour leur donner un effet sensationnel. C'est dommage, mais des événements comme le 11 septembre ou l'effondrement du viaduc de Laval sont rentables à plusieurs niveaux et les médias en sont un. Tant que les gens en redemandent c'est rentable. On crée nos propres limites et quand on dit que les médias vont trop loin, il faudrait commencer par se regarder un peu le nombril.

# 13 oct. 2006, 09:56

Clermont Corneau a dit :

Non vous n'êtes pas minoritaire , au contraire !

Je dirais même que l'on fait partie de la majorité ,malheureusement silencieuse ,qui désapprouvent cet éhonté voyeurisme . Tous les organismes de charité se servent également d'images traumatisantes pour parler de la faim dans le monde , des enfants malades ou de n'importe quoi pour attirer notre pitié et nous forcer moralement à donner pour leurs oeuvres . Vision Mondiale , Care , Enfant Soleil pour ne nommer que ceux là ! Évidemment que l'on sait qu'il y a de la misère dans le monde , que la guerre arrache des vies innocentes , que la violence est omniprésente dans notre société , que les accidents tragiques font partie de notre quotidien , qu'il y a des enfants maltraités et des femmes violentées mais a t-on besoin de nous montrer un viol en direct ou une victime ensanglantée pour qu'on comprenne qu'on est entouré de drames ! Pourtant ce sont le pain et le beurre des médias . Du vrai journalisme d'enquête ça n'existe pratiquement plus , c'est le média qui montrera l'image la plus percutante qui aura le dessus . TVA l'ont compris depuis longtemps en se dotant d'un hélicoptère pouvant presque nous montrer les accidents avant qu'ils n'arrivent . Les journalistes dans les studios ont l'air à des chiens battus en regardant les images . Il ne leur manque qu'une larme à l'oeil pour que le Québec tout entier pleure . On sympatise réellement avec les familles des victimes mais on n'a pas besoin qu'un journaliste aille interviewer la femme qui vient de perdre son mari dans un accident . Ça devient réellement du voyeurisme voulu par les médias . Moi j'appelle ça de l'indécence , du manque de respect , du manque de compassion . Jamais aucun chef de pupitre ne m'obligerait à aller demander à une femme , qui regarde les secouristes tenter de retrouver le corps de son enfant sur les berges d'un lac , si elle espère toujours le revoir vivant . Tout le monde sait qu'il est au fond du lac , pas besoin d'en rajouter en plus . Moi comme bien du monde je ne me nourris pas de ça !

# 13 oct. 2006, 11:15

Yves Bolduc a dit :

Refuser d'être complice

Vous faites bien de zapper, mon cher Parenteau. Je fais de même. Je refuse de participer à cet exercice morbide de pleureuses professionnelles. Les coureurs de chiens écrasés qui n'attendent, tels des rapaces, que de fondre sur la misère des autres pour en faire leurs torchons ne méritent pas mon attention.

Dans mon temps, les journalistes qui couvraient les faits divers étaient les malaimés de la profession. On les imaginait toujours un peu crasseux, les cheveux gras, la barbe de 3 jours et la cigarette au bec, leur kodak dans le cou et leur petit calepin noir au bout du bras.

Ces gars là au moins, avaient le mérite de dénicher les affaires louches et de relater la nouvelle sans trop de fla-fla. Oh, il y avait bien tous ces journaux jaunes, Allo-police et autres papiers infectes. Mais tout ça restait un peu underground.

Maintenant ce sont des veudettes qui relayent l'information mineure en la traitant. En la rendant plus intéressante. En la dramatisant et en tirant toujours la couverte de leur bord. Cote d'écoute et lectorat obligent. Nous sommes à l'ère de l'infotainment. Des débats creux et insipides où toutes les grandes gueules du terroir ont leur moment de gloire.

Au diable les idées, au diable les messages. On veut du déchirage de chemise, du crêpage de chignons. On veut toutes ces petites bêtes bien écrasées, offrant leur fétide puanteur en cadeau aux nécrophages voyeurs qui s'en délectent et en redemandent.

Je refuse d'ête complice de ce cirque et j'ai banni de mes ondes toutes ces émissions de lignes ouvertes et ces journaux sensationnalistes.

Si nous faisons tous de même, ces horreurs médiatiques disparaîtront d'elles-mêmes. Sinon, j'ai bien peur qu'on va me perdre pour de bon en tant que consommateur d'informations.

# 13 oct. 2006, 11:17

Lise Bourassa a dit :

L'information et le sensationnalisme!

Dans : «Morbides médias», vous décrivez très bien, Monsieur : «Parenteau», la crise médiatique dont nous vivons! Ce n'est pas d'aujourd'hui! Souvenez-vous, lorsqu'on suivrait en direct, les déroulements du meurtre de : «O.J. Simpson». Était-ce, de l'information ou du sensationnalisme? Bien sûr, les médias se tournent davantage, vers des personnes connues! Savoir, où est la nuance entre ces interventions? L'information, est un droit démocratique, au service de la population. C'est par ce truchement, que nous percevons, des éléments indispensables, pour une meilleure analyse (reportage de guerre etc.). Mais, la marge est mince entre, ce besoin instinctif, et le désir de s'actualiser! Tellement mince, que la démarcation devient une sorte de (border line), ou de (ligne limite?) Tout dépend, du seuil de tolérance, de chaque individu! Il semble ne pas y avoir de : «norme établie»! Il peut y avoir autant d'interprétations, que de divergences d'opinions! Chose certaine, plus une personne regarde des actes de violences, plus son degré augmente, et le contraire est également vrai! Plus on en consomme, plus on est capable d'en prendre! Est-ce un phénomène universel? Oui, certaines études (Américaines), ont démontrées, que les nouvelles technologies (Internet, jeux vidéos, etc.) ont désensibilisés, une certaine population de la souffrance. Allant jusqu'à dire, qu'il y avait, une confusion entre la réalité, et la fiction virtuelle! Voir un carambolage, à la TV. ou en direct, n'a plus d'impact! Bien entendu, il y a d'autres facteurs, qui sont en causes, (prédispositions innées, hérédités, effets acquis). Trop de tolérance? Fort possible! Personne n'est accusée, mais personne n'est à blâmer, que nous-même?

# 13 oct. 2006, 11:18

Patrice Beaurivage a dit :

Quand même.

Je comprend qu'il y ait un phénomène d'hypermédiatisation dans le cas du viaduc de Laval, mais faut quand même avouer que c'est un viaduc qui a planté dans la face de quelques automobilistes. Je ne pense pas que ce soit la mort en tant que telle qui attire les gens, ou encore, les coupables potentiels, mais plutôt l'excentricité de l'évènement. Cette journée-là, on s'est tous imaginé un instant quelle pourrait être l'intensité de la douleur d'un viaduc en pleine gueule. Ça tient du délire.

Il y a selon moi beaucoup trop, mais vraiment beaucoup trop de sensationnalisme sur nos ondes télévisuelles, mais il faut avouer qu'il y a tout de même là un sens tragique des plus impromptu. En plus, il y a des coupables politiques. De vrais coupables, des gens qui étaient au courant de la situation, et qui ont préféré investir les billets ailleurs.

Si on ne met pas ça en première page de n'importe quel quotidien montréalais, je me demande bien ce qu'on va mettre.

# 13 oct. 2006, 11:22

Yvon Savoie a dit :

Triste voyeurisme médiatique

Cher Parenteau, alors qu'il m'arrive parfois de ne pas être en accord avec votre propos, je dois avouer que ce n'est pas le cas de cette "Impertinence", qui n'a d'impertinente que le nom. Le voyeurisme des médias est sans borne, alors que la catastrophe frappe. Que ce soit pour les tragédies de Polytechnique, Dawson ou de "september 11", la couverture médiatique fût d'une voracité peu propice au respect des familles des victimes. Dans un tel contexte de surexposition médiatique comment vivre le deuil comme il se doit : en privé ?

Bien que l'angle de l'irrespect du privé inonde notre époque, je ne crois pas que cela soit le pire concernant le type de journalisme qui se pratique aujourd'hui : obsédés par la nécessité du "scoop", il arrive souvent que les médias tombent dans le sensationnalisme. Pourquoi ? Cela vend de la copie... Pourquoi encore ? Si nous étions d'avantage voyeurs que nous voulons bien l'admettre ?

Cela me fait penser à Ignacio Ramonet dont l'essai Tyrannie de la communication m'inspira les propos suivants :

"Nous vivons dans un monde où l'abondance de communication n'aurait de cesse d'étonner prédécesseurs en ce monde, tant il est vrai que les moyens de communication n'ont jamais été si accessibles et la masse d'information si accablante. Car quantité ne rime pas avec qualité, quantité ne rime surtout pas avec démocratisation, tant il est vrai qu'il devient difficile de séparer ce qui mérite d'être lu de ce qui ne le mérite pas."

Il en est de même pour ce qui mérite d'être vu. Malheureusement. Les funérailles des victimes de Dawson tombaient certainement dans cette catégorie. Voilà pourquoi il faut applaudir les familles qui refusèrent l'accès de l'église aux membres des médias et dénoncer l'attitude des journalistes qui demeurés aux abords du parvis de l'église ressemblaient au corbeau de la fable de Lafontaine !

# 13 oct. 2006, 11:33

Odette Masson a dit :

Les Médias

Pendant que les médias parle en outrance d'une même nouvelle toute la journée cela fait en

sorte que la population oublie tout ce qui se passe dans le monde. Pour certain c'est comme en remède il ont besoin des malheurs des autres pour ne pas voir ce qui se passe en eux. Il est triste de penser que nous ne pouvons plus vivre sans ces nouvelles a sensations.

# 13 oct. 2006, 11:34

Olivier Lafond a dit :

Si on le dit à la TV ça doit être vrai !

La télévision à sensation, la télévision qui nourrit la culture de peur et de préjugés que l'on voit chez nos voisins du sud depuis plusieurs années serait-elle rendu chez nous? Je crois que nous sommes rendu à un point où regarder la télévision peut devenir dangereux en l'absence d'un certain sens critique. On nous montre ce que l'on veut nous montrer, on propose des hypothèses sans fondement et qui ont des répercussions bien plus importante qu'on peut le croire. Le meilleur exemple est après la tuerie de Dawson on a tout de suite jeter le blâme sur la culture gothique à un tel point que des gens fréquentant le même cégep que moi ont reçu une lettre à cause de plaintes face à leur habillement. Pourtant ils fréquentent ce même cégep depuis déjà deux ans et jamais auparavant ils avaient reçu une plainte. Mais d'où provient cette soudaine peur face à cette culture? Hier encore , je parlais a un viel homme qui me racontait avoir développé certaines pensées racismes face aux musulmans. Mais pourquoi cela? Les kamikazes, les manifestations anti-occidentaux et toute cette violence qu'on voient à la tv, fut sa réponse. Bon d'accord vous allez me dire que c'est une opinion forgée sans trop avoir fait de recherches qu'avait cet homme, mais bon si un homme pense de cette façon à cause de ce qu'il voit à la télévison, je me dis qu'il n'est surment pas le seul. On nous montre souvent que les extrêmes, le plus sensationnel, qui deviennent vite l'image que les gens se font d'un groupe, d'un ensemble. Et à ceux qui doute du fait que les nouvelles et la tv alimentent une culture de peur et de paranoia dans notre société, avec l'hypermédiatisation qu'il y a eu sur la tragédie du viaduc, de Dawson etc.. Combien êtes-vous à avoir eu une certaine peur ou nervosité en passant sous un viaduc, ou en croisant un gothique dans une école, sentiment que vous n'aviez probablement jamais ressenti auparavant dans une telle situation? À vos risques!

# 13 oct. 2006, 16:33

Marc Charette a dit :

Ralentissez! Grand crash automobile en vue!

Nous montrer les images de catastrophe en boucle, c'est un peu comme nous tous, automobilistes, qui ralentissont à la vue des gyrophares. Personne ne souhaite le malheur de l'autre. Mais chacun est soulagé de voir qu'il n'a pas fait partie de la catastrophe. Et plus le malheur de l'autre est grand, plus le soulagement est intense pour qui n'en faisait pas partie. J'ai un ami qui dit ne pas se tanner de voir les tours de NY s'effondrer. Les images, à force de nous être répétées, perdent de leur réalisme. À l'heure de la téléréalité où Loft Story remplace Le Temps d'une Paix comme divertissement, les images de catastropphe répétées en boucle remplacent les nouvelles télévisées où on avait quelque chose à dire.

Hier, c'était l'AVC de Jean-Pierre Ferland. Eh bien à la radio, on interviewait un organisateur d'un festival de Montréal qui se disait son ami, soit. On interviewait aussi Sophie Durocher, biographe de Ferland, qui nous assurait que Ferland irait mieux parce qu'il est "fort". Ben oui, on sait tous que ceux qui ne s'en sortent pas ne sont que des faibles! Et on nous lance ensuite Nicola Ciccone. Rien contre le gars mais il a autant à dire sur son état de choc que j'en ai à dire. Je ne peux croire que Ciccone était le grand confident de Ferland. Mais couverture médiatique oblige, il nous faut des réactions à chaud. Si je nous parle de Ferland ici, c'est pour établir le parallèle avec le bombardement d'informations que nous recevons.

L'important n'est pas que l'information reçue soit pertinente. L'important est que nous recevions de l'information. Que Ciccone n'ait aucun rapport avec Ferland, on s'en fout. L'important, c'est que quelqu'un nous ait dit que c'était grave. Même chose pour une catastrophe collective. L'important n'est pas d'être blessé par la mort de gens, sinon, on parlerait de tous les décès au Québec. L'important, c'est de trouver un angle qui nous permet de nous impliquer émotivement. Comme un grand accident vu à distance.

# 13 oct. 2006, 17:08

Jean Desjardins a dit :

Premier arrivé...

C'est hélas la terrible vérité sur les médias, la course aux cotes d'écoute (télévision et radio) ou au plus grand nombre de tirage (journaux). Pour la sainte cote d'écoute on est prêt à tout, même donner le nom d'un site internet en ondes (celui du tireur du Collège Dawson), ou à dire comment ouvrir (et donner le truc) n'importe quelle porte en ville (qui fut montrer au télé journal de TQS). C'est vraiment pathétique.

# 14 oct. 2006, 08:22

Andrée Proulx a dit :

Les vautours

L'information doit désormais être considérée comme une marchandise. Dans la chaîne des comparaisons avec le monde animal, les requins de la finance ont précédé les prédateurs de la spéculation immobilière. Viennent de les rejoindre, depuis quelques années, dans l'exercice de détournement d'intérêts, les vautours de l'information.

Il fut un temps, où le journalisme était une profession honorable; un rempart protégeant le citoyen contre les abus du Pouvoir. Des professionnels traquant la corruption. Si Bob Woodward du Washington Post, que l'affaire du Watergate a rendu célèbre et mené à la démission de Nixon peut se permettre de poursuivre son travail d'enquête sur les agissements du président Bush, c'est qu'il a dépassé la concurrence et que les éditeurs misent sur sa renommée et son intégrité. Les révélations sur l'affaire des commandites proviennent aussi du travail journalistique.

Toutefois, à l'ère des chaînes spécialisées et d'internet, pour survivre à la concurrence, les réseaux d'information doivent se lancer dans «l'infotainment». Les chaînes de télévision continue, à défaut d'inventer l'information ou à tout le moins de la gonfler ou de la dramatiser ne peuvent désormais la rapporter sans risquer l'épuisement. L'indécence des reporters sur le terrain fait parfois lever le cour. Demander aux proches d'une victime, s'ils ont du chagrin ou suggérer à la personne qui vient d'échapper à la mort que Dieu l'aurait préservée alors que ceux qui la précèdent ont péri, c'est du crétinisme par de l'information.

Dans La tyrannie de la communication, Ignatio Ramonet met le téléspectateur en garde : «Vouloir s'informer sans effort est une illusion qui relève du mythe publicitaire plutôt que de la mobilisation civique».

La télévision continue est un médium qui convient bien à notre mode de vie contemporain, mais il n'est pas interdit de diversifier nos sources d'information. De couper les ailes aux vautours.

# 14 oct. 2006, 08:48

Viviane Murray a dit :

Et la mort "en service"?

Je suis bien d'accord avec votre opinion. Votre chronique m'a donné envie de partager mon malaise lorsque ce sont des gens qui décèdent "en service" comme des policiers ou des soldats. Dans ces cas nous avons souvent droit aux funérailles en direct à la télévision. Pourquoi