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Impertinences
14 septembre 2006, 12:00

Le courage de nos lâchetés

Montrez-moi une vertu, et je vous montrerai un vice déguisé (des fois, je me prends pour La Rochefoucault...). Comme si, à la base de certaines qualités, il y avait un défaut compensé. Un peu comme une perle se forme par un grain de sable qui irrite la nacre de l'huître. Par exemple, j'avoue que si je suis en faveur d'une plus large utilisation des transports en commun, c'est peut-être surtout, au départ , dû au fait que je déteste profondément conduire en ville. Combien de personnes généreuses sont en fait dépendantes affectives? Comme c'est plus facile d'être contre la chicane quand on ne sait pas se battre. Et que dire de tous ces égoïstes qui enrobent leurs vils appétits de belles théories économiques. Le courage aussi peut masquer quelque chose d'autre.

On en aura vu du courage en cette commémoration du 11 septembre. J 'ai été fasciné par le documentaire diffusé à Radio-Canada lundi portant sur les survivants qui étaient dans le World Trade Center il y a 5 ans. C'est qu'outre sa reconstitution détaillée des gestes de citoyens ordinaires qui se sont révélés être de véritables héros, pour certains au prix de leur vie, le film montrait aussi des aveux de lâcheté, de faiblesse. Comme cet homme qui, la gorge nouée, a avoué avoir foutu le camp plutôt que d'aider deux personnes qu'il entendait crier derrière les flammes, de peur d'y passer lui aussi. Or pour le dire au lieu d'invoquer des excuses, ça prend du courage aussi.

Le courage. C'est drôle, le mot fait un peu vieillot. Mais je sens qu'on va bientôt beaucoup nous en parler dans les mois qui viennent. Pour louer le courage de nos vaillants soldats qui iront au casse-pipe en Afghanistan, par exemple. Personne ne peut être contre le courage, bien sûr. Et personne ne peut nier que les Talibans sont des fanatiques religieux qui méritent d'être combattus. Mais envoyer une armée étrangère est-il la meilleure façon de les combattre? Et si telle est la conclusion du gouvernement américain, est-ce que ça doit automatiquement être la nôtre?

Envoyer des soldats au Moyen-Orient, c'est courir des risques en vies humaines. Mais déplaire au gouvernement américain, c'est courir des risques aussi. Le risque de toutes sortes de bouderies diplomatiques de la part de nos voisins du Sud, de blocages de marché, de tracasseries douanières, voire de fermetures d'usines chez nous. Ce qui entraînerait inévitablement un ralentissement de l'économie. Est-ce qu'on ne serait pas en fait en train de substituer le courage physique de quelques-uns (les jeunes soldats qui, par goût d'aventure ou par besoin de se trouver un avenir, s'engagent dans l'armée canadienne) à notre lâcheté économique collective?

On nous dira que nous n'avons pas le choix, mais c'est faux. Nous avons fait le choix du confort plutôt que celui de l'indépendance. En fait, si on se fie aux sondages, ce sont nos dirigeants qui ont fait ce choix à l"encontre de la volonté populaire. Mais nous n'avons jamais vraiment été mis en face des conséquences des deux choix. Si on embarque, de jeunes personnes iront tuer des gens et plusieurs mourront eux-mêmes. Si on n'embarque pas, bien du monde vont perdre leurs jobs et il se peut qu'on ait tous un peu à se serrer la ceinture. S'il y avait eu un référendum sur la question, êtes-vous sûr de ce que la population aurait choisi? Et de ceux qui auraient choisi de se serrer la ceinture, combien en fait n'en ont même pas? Et de ceux qui aurait choisi d'aller en guerre, combien seraient prêts à y aller eux-mêmes?

Il se peut que le choix du confort soit le plus sage, remarquez. En démocratie, de toutes façons, c'est la majorité qui parle, qu'elle ait tort ou raison. Mais qu'on soit au moins conscient que c'est ça qu'on fait...

Harper tentera de nous vendre les vertus de son courage à lui en nous en montrant aussi les intérêts. Il promettra des emplois dans l'armement, des bases militaires pour revitaliser des régions abandonnées, des investisseurs américains contents de construire une usine dans un pays si loyal. Mais le vrai courage, ne serait-il pas de suivre nos convictions, même si ça déplaît à nos puissants voisins? D'après ce qu'on sait, il y a fort à parier qu'un Québec vraiment libre légaliserait la marijuana demain matin, n'aurait peut-être même pas d'armée, et entreprendrait un vaste programme pour remplacer le pétrole par l'hydrogène ou une forme de moteur électrique partout où c'est possible. Mais dans la réalité, il y aurait un prix à payer pour tous ces choix. En avons-nous le courage?

Moi, je le paierais volontiers mais je ne suis pas un bon exemple, je ne suis qu'un "poteux" qui ne sait pas se battre et qui ne possède aucune action de compagnies pétrolières...

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Pascal Bélanger a dit :

pouvoir total

Harper veut le pouvoir totale,sommes encore en démocratie quand le pouvoir est dans les mains d'un seul groupe?

# 14 sept. 2006, 09:05

Shirley Noël a dit :

Chacun pour soi. Égoïsme collectif je dirais.

Il est certain que nos choix de société en tant qu'individu sont très égoïstes. Par exemple, si j'avais un fils dans l'armée, je ne crois pas que je voudrais que Harper envoie notre armée à cette guerre. Je préfèrerais l'option de me serrer la ceinture. Et je crois bien aussi que Harper aussi fait un choix bien égoïste également, en envoyant ses soldats. Je ne suis pas certaine non plus qu'il ferait le même choix, s'il devait lui-même mener une de ses troupes au front. C'est facile d'envoyer les autres, mais y participer aussi....pas sûre.

Et je suis bien d'accord aussi quand vous dites que certaines qualités ou vertu peut cacher en fait un vice ou un défaut. Effectivement, je dis souvent à mon fils que de se battre cela n'en vaut jamais la chandelle pour régler des conflits. Car je sais bien qu'il ne pourrait pas se défense. Alors pour lui, ce n'est pas une option.

Aussi, je prone pour que les gens prennent leur bicyclette pour aller travailler. Ainsi, cela fait moins d'auto sur la route sur l'heure de pointe. C'est avantageux pour moi (égoïsme encore une fois). Et pour ma part, je suis incapable de prendre le pont avec ma bicyclette, alors je sais que ma prise de position, je ne pourrai pas l'appliquer pour moi-même.

Et comme cet homme qui s'est sauvé lui-même durant la tragédie du 11 septembre, je crois bien que j'aurais fait comme lui. J'aurais sauvé ma peau d'abord. À moins bien sûr qu'un de mes enfants ou personne chère ait été prise dans les débris. Encore une fois, de l'égoïsme vous me direz.

# 14 sept. 2006, 09:13

Michèle Tremblay a dit :

La Rochefoufou

Monsieur Parenteau,

je vous trouvais déjà beau, intelligent et drôle, ne voilà-t-il pas ce matin que j'apprends qu'il vous arrive de vous prendre pour mon mentor ès nature humaine, j'ai nommé La Rochefoucauld ! Diantre ! C'est mon chéri qui va être jaloux !

Bon, trève de marivaudage. Parlons du courage. (J'ai failli écrire "courge" : auriez-vous préféré que nous discutions des courges ?)

La Rochefoucauld dit ceci : "La parfaite valeur et la potronnnerie complète sont deux extrêmités où l'on arrive rarement".

Ce qui a constitué pour moi un éclair de lucidité quant à ma propre pusilanimité (éclair qui m'a foudroyée et laissé avec des séquelles introspectives définitives) ce fut la lecture de "1984" de Georges Orwell. Après avoir lu ce roman, je me suis demandée : "et moi, trahirais-je si j'étais confrontée à ma pire phobie ? Si oui, qui trahirais-je ? Ma voisine ? Mon amie ? Ma mère ?" Je n'ai jamais pu trancher définitivement sur cette question, alors ça m'a laissé un goût amer.

Mais devrions-nous utiliser le terme "instinct de survie" plutôt que "lâcheté" ?

Je me le demande encore.

Concernant Harper, à qui je voue un mépris proportionnel à l'admiration que j'ai pour La Rochefoucauld, je trouve inconséquent qu'il puisse à la fois être contre l'avortement et pour la guerre. Allez-y, les femmes ! Enfantez, que le pays fasse de votre progéniture de la chair à canon. Incohérent, hypocrite et... lâche !

# 14 sept. 2006, 11:57

Suzanne Mongrain a dit :

Votre vilain défaut camoufle une fort belle qualité.

2 aspects se dégagent de votre propos d'aujourd'hui : les vertus par rapport aux vices et, beaucoup plus pragmatique, les choix politiques en matière de défense nationale. Dans un cas comme dans l'autre, j'estime qu'il y a place à la nuance et, finalement, que les 2 se rejoignent.

En ce qui concerne le 1er thème dont la philosophie m'amuse, considérons que chaque être, quel qu'il soit, possède des caractéristiques qui lui sont propres. Prenons, par exemple, un fonceur. Tantôt, on louangera sa capacité d'initiative, son courage, mais arrive toujours un moment où il se fait reprocher d'être impulsif ou irréfléchi. Nous avons donc les qualités de nos défauts, soient de simples caractéristiques qui, tantôt nous servent et parfois nous déservent aux yeux d'autrui.

En ce qui concerne le second thème, l'attitude de Harper, qui semble confortable dans les traces de Bush, me questionne et m'inquiète. Par ailleurs, vos conclusions en regard du choix que les citoyens font de manière indirecte, m'interpelle et me dérange.

Ainsi, je me dis d'abord que vous avez raison, que les conséquences potentielles sur notre quotidien sont bien plus réelles et tangibles que l'on se plaît à l'imaginer. Vient ensuite le moment où je recule, forte du sentiment que vous errez sans faire le tour de la question. Il me paraît ainsi fort réducteur de formuler le tout comme un choix entre le confort et l'indépendance. Votre pari sur les choix que favoriserait un Québec indépendant me semble tout aussi préconçu et aléatoire.

Mais après réflexion, je dois vous accorder le mérite d'avoir, justement, suscité la réflexion. Votre petit côté provocateur, ce foutu défaut qui consiste à nous garocher des semi-vérités mal articulées, sème malgré tout le germe d'une quête de conscience sociale. Il est donc probable que vous ayez atteint votre but : «qu'on soit au moins conscient que c'est ça qu'on fait...» Voilà une fort belle réussite. Serait-ce une qualité ?

# 14 sept. 2006, 12:04

Serge Lefrançois a dit :

Le prix de la paix

Au risque de déplaire aux Etats-Unis en ne participant pas à la guerre et de subir leurs pressions économiques, il serait peut-être temps de penser s'allier à d'autres pays qui encouragent la paix et avec qui, on pourrait entrevoir des échanges commerciaux intéressants. The world is mine! Avec la mondialisation et l'Internet, malgré le pourvoir des multinationales, il existe de nouveaux champs d'action très prometteurs. Puisque nous ne sommes pas un régime de banane, que nous sommes généralement bien vus dans le monde, on pourrait tenter sa chance.

La politique étasunienne ferme d'ailleurs ses portes par voies terrestres à compter du 1er janvier 2008. Sans passeport, ou carte attestant de l'identité et de la citoyenneté, il ne sera plus possible de poser le pied sur leur terrain contaminé et des répercussions économiques considérables sont déjà prévues. Guerre ou paix, la porte se ferme.

L'envahissement du milieu arabe, riche en pétrole, peut générer de nouveaux conflits, comme si nous n'en avions pas suffisamment. L'intérêt supposément démocratique du pouvoir étasunien cache sûrement l'odeur de l'or noir à plein nez. N'eut été de cette richesse, il m'apparaît difficile de croire que l'Iraq ne serait pas depuis longtemps en paix.

Quant aux dessous de la catastrophe au WTC, les réactions des victimes en état de panique me semblent tout à fait naturelles. Quand il s'agit de sauver sa peau, quand la survie crie plus fort que tout, il devient difficile de chercher à sauver des vies, quand la sienne ne tient qu'à un fil. Ces tours se sont tout de même effondrées, ne l'oublions pas.

# 14 sept. 2006, 12:07

Sylvain Pichette a dit :

La pauvreté et les choix

Quand on est pauvre, que cela fait quelques années que nos démarches pour se trouver un emploi n'aboutissent à rien, que malgré nos appels et nos envois de CV, les employeurs nous ignorent pour les entrevues, donc aussi pour les emplois, on serait tenter d'accepter n'importe quel emploi. Si nous sommes contre la guerre, accepterions-nous un emploi pour une compagnie qui fournit du matériel aux armées? Préférerions-nous demeurer sans emploi, même si le salaire serait très intéressant? Jusqu'à quel point sommes-nous prêt à renier nos convictions pour se trouver un emploi? ou tout simplement pour augmenter notre compte de banque?

# 14 sept. 2006, 12:08

Richard Marenger a dit :

si l'aventure vous intéresse

Je doute fort mon cher Parenteau qu'à un moment quelconque de votre vie vous avez porté l'uniforme kaki et un M16 en bandouillière . Vous ne connaissez probablement pas non plus quelqu'un qui fait partie des Forces Armées Canadienne .

J'écoutais dernièrement à la télévision les propos d'un officier basé au Québec qui commentait les dernières pertes en Afghanistan et sur le fait que le prochain contingent partirait de Valcartier et serait composé en majorité de Québécois . Ce bon major disait que quelqu'un qui s'engage dans l'armée y va pour l'aventure en premier et non pas pour être un soldat d'opérette qui sert uniquement lors des inondations . Et savez vous François , il avait entièrement raison .

J'ai été élevé dans une famille qui a compté plusieurs militaires (dont un oncle blessé lors du Raid de Dieppe le 19 août 1942) et il était normal pour moi de m'engager à l'adolescence dans une unité de réserve . Vers la fin des années soixante , alors que tout le monde clamait 'yankees go home' pour sortir du Vietnam , dans mon unité nous étions jaloux de ces jeunes américains qui pataugeaient dans les marais du Mékong .

Il faut arrêter d'agir négativement envers nos soldats qui sont au front , car cela ne sert qu'à donner des munitions aux talibans qui en déduiront que plus il y aura de pertes humaines plus vite nous sortiront nos troupes de leurs sanctuaires . N'oublions pas que ces mêmes talibans ont mis l'Armée Rouge au tapis les forçant à déguerpir en 1989 .

# 14 sept. 2006, 20:08

Nadine Thauvette a dit :

victime de notre propre pouvoir

Harper Harper Harper!!! Cet homme que je trouve personnellement difficilement respectable. Je peux affirmer fièrement que jamais au grand jamais j'aurais été mettre un X pour l'élire. Comment a-t-il pu monter au pouvoir, lui qui est si fermé et vieux jeu? J'espère au moins que ceux qui osent rouspéter contre lui n'ont pas fait la gaffe de voter pour lui. Voter ca donne le droit de chialer j'en conviens..mais encore faut-il voter comme il le faut.

# 15 sept. 2006, 10:43

Hélène Beaulieu a dit :

La vertu des couillons (Joseph Facal)

Joseph Facal a écrit un commentaire très pertinent dans nos quotidiens la semaine dernière qu'il a intitulé "la vertu des couillons". Non le Canada n'est pas à la remorque des Etats-Unis en Afghanistan. C'est sous les Libéraux que le Canada s'est joint aux 35 pays de L'Otan pour enrayer les camps d'entraînement de terroristes sur le territoire afghan. Les soldats canadiens ont remplacé les soldats américains à Kandahar et en novembre les soldats hollandais remplaceront les soldats canadiens. Oui il y a des jeunes soldats qui meurent mais ils le font pour que d'autres êtres humains accèdent à un monde meilleur. En Afghanistan ils participent à la reconstruction, ils enseignent l'agriculture afin que les afghans cultivent autre chose que l'opium, ils incitent les jeunes à la pratique du sport, etc.. Ce n'est pas une guerre conventionnelle, ils doivent composer avec de petits groupes épars de talibans qui n'hésitent pas à se servir de boucliers humains lors de leurs attaques. Quitter l'Afghanistan ce serait enlever tout espoir à ce peuple qui commence à peine à goûter à la démocratie. Les femmes ont maintenant accès à l'éducation. Et vous voudriez qu'on les laisse tomber! Faut-il être naïf pour croire que dans un Québec séparé, sans armée et coupé des Etats-Unis la qualité de vie des Québécois ne serait pas affectée. La simplicité volontaire pour des gens habitués comme nous le sommes à quémander sans cesse au gouvernement et à mépriser l'entreprise privée, ce n'est pas du courage, c'est de l'inconscience! La liberté et le respect des droits humains dont nous jouissons en Occident sont menacés par les terroristes et ne pas intervenir dans des pays comme l'Afghanistan où ces derniers sèment la terreur dans la population c'est de la lâcheté. L'Afghanistan c'est complètement différent de la guerre de Bush en Irak. On n'arrête pas le progrès. D'ailleurs les anti-américains, avez-vous pensé que l'ordinateur dont vous vous servez vous le devez au génie de Bill Gates!

# 15 sept. 2006, 10:57

Serge Bédard a dit :

L'intervention en Afghanistan est une guerre juste

Une vertu cache souvent un vice déguisé, je suis d'accord. Mais soutenir que l'implication de l'armée canadienne en Afghanistan cache notre lâcheté de ne pas déplaire aux américains et de ne pas risquer de subir une sorte d'embargo économique de leur part, c'est faire à mon avis une erreur d'appréciation. Pour vous paraphraser, est-ce que la conclusion du gouvernement américain doit automatiquement ne pas être la nôtre ?

La position du Canada me semble justifiée. L'intervention en Afghanistan est une guerre juste sanctionnée par l'ONU. C'est à cet endroit que se trouvait la base de l'organisation terroriste qui a réalisé l'attaque du 11 septembre. Cet acte ne visait pas que les États-Unis, mais l'occident et ses valeurs. Les terroristes l'ont eux-mêmes affirmé.

Ne rien faire équivalait à attendre le prochain attentat. D'ailleurs, si l'administration Clinton avait réagi aux actes terroristes commis sous son rêgne, les évènements du 11 septembre ne seraient probablement jamais survenus. C'est un peu la même erreur que celle qui a été commise au début des années 1930 alors qu'une intervention contre Hitler avant qu'il s'organise aurait évité la 2e guerre mondiale.

Il n'y a rien de servile à participer à cet effort qui nous concerne aussi à titre de démocratie occidentale. Le fait que le Canada n'ait pas participé à la guerre en Irak montre bien son indépendance. Penser de plus que les États-Unis nous bouderaient économiquement est une idée farfelue: ils se pénaliseraient eux-mêmes car les échanges commerciaux leur sont aussi profitables.

Par ailleurs, vous estimez qu'un Québec souverain fumerait du pot en toute légalité, n'entretiendrait pas d'armée et chercherait activement à remplacer le pétrole (à l'encontre d'un complot des pétrolières ?). Vous semblez sous-entendre que le Québec est fait d'une fibre morale supérieure à celle des autres pays. Votre description d'un Québec souverain ressemble plutôt à celle d'un pré-adolescent irresponsable.

# 15 sept. 2006, 11:18

Carol Minville a dit :

Convictions intéressées

Enfin monsieur faut-il croire que la lâcheté peut être parfois du courage? Qu'elle peut être favorable dans certaine situation? Tout bien comprit la lâcheté est humaine et dicté par l'intérêt. Oui l'intérêt comme en économie, comme Pareto, c'est d'obtenir le plus au moindre coût. Avoir le courage de ses convictions c'est encore chercher sont intérêt, même si c'est la gloire au détriment de la richesse.

Interpréter une opinion publique, comme par exemple notre opposition à la guerre, peut être fallacieux lorsqu'elle est reporté sur des convictions individuelles. L'intérêt public et la conduite de l'État ne vont pas toujours dans le même sens car cela dépend des forces en présences qui influencent sa direction. Malheureusement, le plus souvent ce sont les forces économiques et le confort qui dictent la conduite de l'État et cela sans tenir compte des convictions de l'opinion publique. Sans préjuger des incohérences de l'opinions ni non plus de sa volatilité, on trouve envers le politique un cynisme qui est révélateur d'un manque de confiance envers l'élite dirigeante.  

Le Canada avec Harper a prit le parti de la guerre en Afghanistan. Personne ne veut la guerre et nous y somme malgré tout. Y comprendre notre intérêt ne se fera pas sans invective ni vocifération. La propagande dont on nous abreuve, à propos des guerres, nous est présenté le plus souvent sous un couvert idéologique tel la liberté, l'aide, la compassion. Mais l'opinion, de plus en plus informé, y trouve trop souvent des intérêts qui alimente ces guerres par pur égoïsme. Ils est dès lors facile de comprendre le cynisme et le peu de crédibilité accordé à la propagande de guerre. Alors on va continuer de se demander qu'est ce qu'on fait dans cette guerre contre les Talibans?

Courage ou lâcheté non intérêt mais lesquelles?

# 15 sept. 2006, 11:25

Marc-André Raymond a dit :

L'oeuf ou la poule : le vice ou la qualité?

La façon dont on pose une question est souvent tributaire de notre opinon à propos de celle-ci. Or, dire qu'à la base de toutes la qualités se cache un défaut veut dire qu'à la naissance nous ne sommes que défauts et que nos qualités se forgent par la suite. Et pourquoi cette théorie plus que celle où nos défauts se développent en lien avec nos qualités? Et si quelqu'un qui ne savait pas se battre parce qu'il est justement un pacifiste convaincu? C'est le dilemme de l'oeuf ou la poule!

Pour ce qui est de la guerre que le Canada mène au Moyen-Orient, je ne que déplorer le fait que le débat mené au Parlement ne se soit pas rendu au niveau de la population. J'ai l'impression de m'avoir fait imposer une activité militaire de longue durée sans avoir eu le droit de me positionner clairement sur le rôle que je voulais que mon pays adopte et dans quels paramètres. Il fallait déloger les Talibans, certes. Mais, je souhaiterais simplement que l'on exerce une réelle démocratie chez nous avant de l'imposer à d'autres.

Nous agissons en Afghanistan avec l'approbation de d'autres alors que d'autres alliés agissent au Darfour et au Liban.

J'exige que nos gouvernements nous représentent vraiment ainsi nous ne critiquerons plus leurs choix puisque ceux-ci seront NOS choix collectifs.

# 15 sept. 2006, 14:56

David Bellemare a dit :

La liberté de choix

À moins que tout soit décidé d'avance par le gars d'en haut. Ce que l'on fait ou ne fait pas, tout ça aura des conséquences, des répercussions.

C'est vrai individuellement et c'est vrai collectivement !!!

L'armée n'est pas là pour les mêmes raisons que dans le passé. mais en bout de ligne, l'armée n'a jamais été là pour jouer à la pétanque avec l'ennemi !!!

Jean Chrétien que j'ai tant détesté (j'avais fais l'erreur de voter pour lui quand il s'est présenté pour le poste de Premier ministre la première fois) avait envoyé promener Bush et avait décidé de ne pas envoyé l'armée en Irak. J'ai jamais été fier d'être canadien mais cette journée là, je suis passé proche d'être fier. Courage ou pas courage, il avait pris une bonne décision.

Si quelqu'un pense que de faire plaisir aux Américains va être bon pour notre économie, j'ai des petites nouvelles : FORD (une entreprise Américaine) supprimera 14 000 emplois, soit le tiers de ses salariés, d'ici la fin de 2008. Ce chiffre comprend les 4000 postes déjà éliminés cette année. Et le Canada perd encore de nombreux emplois bien rémunérés !!!

On ne peut nier que l'on est amis, les Américains et nous (au Québec comme au Canada) mais on ne peut nier que les Américains sont venus ici et sont repartis avec nos équipes sportives (Ottawa et Montréal au baseball, Québec et Winnipeg au hockey)...

Et plusieurs trouvent que c'est tout à fait normal... Pourtant, nous avons la liberté de choisir, de prendre notre courage à deux mains et de dire haut et fort, à qui de droit : on a pas envie de légaliser la marijuana, on a envie d'un meilleur contrôle des armes à feu, on a envie de construire plus de prisons, on a pas envie de perdre nos emplois, on a pas envie d'avoir moins de liberté parce que les criminels ont trop de libertés...

Si vous êtes vraiment contre la guerre, je vous suggère de voter NPD ou BLOC Q. ou d' arrêter de «chialer» contre la guerre parce que vous ne semblez pas avoir le courage de vos idées.

# 16 sept. 2006, 08:56

Guy Michaud a dit :

Le courage, hmmm

Dans ce cas ci c'est un peu comme le voisin qui rentre chez vous pour vous faire cesser de battre votre femme. Donc je dis oui pour le courrage. Il ne s'agit pas de développer le culte du courrage mais ni celui du laisser faire.

# 16 sept. 2006, 15:21

François Couture a dit :


Bonjour!

Je trouve votre billet, très "impertinent", car il décrit très bien les contradictions dans lesquelles un être humain normallement constitué est obligé de faire face quand il est question de survie individuelle.

Déjà, au réveil, il doit faire face à une quantité impressionnante de nouvelles plutôt déprimantes et malgré tout, aller travailler et être "dynamique", pour conserver sa job.

Ça prends une bonne dose de courage pour répéter ce geste cinq fois par semaine, tout en continuant de s'occuper de ces enfants, de sa blonde...

Dans le même temps, en parlant toujours d'un humain normalement constituer, il doit faire constamment des ronds de jambes face à ses supérieurs s'il ne veut pas perdre sa job...

D'un point de vue social, je pense que tous les gouvernements sont, eux aussi dans la situation du rond de jambe face aux actionnaires majoritaires des grosses compagnies industrielles qui menacent de s'implanter ailleurs s'ils n'ont pas leurs crédits d'impôts...

Et pour ce faire, autant du point de vue individuel que social, ça implique une bonne dose de lâcheté, car qui veut bien réélire un gouvernement qui fait perdre des jobs...

Merci de m'avoir lu

# 16 sept. 2006, 15:45

Venise Landry a dit :

Le courage de son honnêteté

Il y a la franchise, et il y a l'honnêteté. Un jour, j'en ai fait une différence bien nette. La franchise est ne pas camoufler la vérité, quand on nous y confronte. L'honnêteté est s'avouer, tout d'abord à soi-même, et ensuite aux autres, sa vérité. Cette vérité tissée à même une fibre solide, la lucidité. J'irais jusqu'à dire que sans honnêteté, rarement on fréquente les chemin menant à la lucidité.

En ce sens, j'admire l'honnêteté de cet homme (reportage du 11 sept.) qui ne se rabats pas sur la panique ambiante pour excuser son geste, qui avoue honnêtement qu'il s'est choisi, lui. L'honnêteté démasque les mauvaises raisons et dessine un portrait lucide d'un événement.

Celui qui n'a rien, (niveau matériel) aurait donc moins peur de se faire voler, que celui qui se blinde dans une richesse dûrement gagné. Celui qui n'aime pas conduire, ou n'a pas les moyens de rouler une voiture, endosserait plus facilement l'option transport en commun.

Si l'on est honnête, l'on s'entends là-dessus.

Remarquez, je n'ai pas encore parler de courage. Pourquoi ? Parce que, pour moi, le courage, c'est lire cette phrase : D'après ce qu'on sait, il y a fort à parier qu'un Québec vraiment libre ... cogiter à l'hypothétique : "d'après ce qu'on sait, il y a fort à parier", et continuer tout de même à opter pour l'indépendance.

Parier, veut dire gager. Et dans une gageure - il faut à peine d'honnêteté pour l'avouer !

il y a du risque.

Et, le courage, c'est prendre des risques.

# 16 sept. 2006, 15:49

Lise Bourassa a dit :

Le courage d'avoir son opinion!

Monsieur : « Parenteau», vous abordez courageusement, cette semaine un sujet fort complexe, car il n'y a pas : «une réponse universelle»! En ce sens, que chaque individu, possède sa définition. Ah bien sûr, il y en aura toujours, qui détiendra le monopole, absolu de la «vérité»! Ce sont ces mêmes, individus, qui ont besoin de se valoriser, au détriment des autres! Or, c'est un fait que : «le courage. C'est drôle, le mot fait un peu vieillot». Et pour causes! Nous vivons dans un monde de facilité, où le courage devient synonyme d'efforts, de faire des choix, des tentatives, d'expérimenter, au risque de casser : «la gueule»! Mais, qui en a vraiment envie? Et bien entendu, quoi que l'on puisse argumenter, pourra se prouver par son contraire. Toujours, le même pattern : «dénigrer par la facilité/ lâcheté». Certes, la tentation est moins grand, de suivre le courant de penser, du plus fort! On se fond dans la masse, aucun risque, et aucune initiative! Cette manière, de voir les choses s'étend comme une tache d'huile. Il suffira d'avoir un opinion, différente, je ne dis même pas contraire, que telle une allumette lancée, le feu dévorera, toute possibilité de récidive. Ce qui équivaut, à un règne de dictature de la pensée, tout en réduisant l'être humain au silence! Mais, le ridicule ne tue pas! Heureusement!!! Posséder du courage, n'étant une valeur innée, elle se développe! Et cela dans n'importe quel domaine, civique, politique ou simplement publique! D'où avoir le courage, d'émettre son opinion sans lâcheté!

# 18 sept. 2006, 10:11

Claire-Gervaise Talbot a dit :

Je pense qu'il faut avoir du respect pour nos défenseurs directs du pays, nos soldats, comme pour ses autres composants!

Oui,on a les qualités de nos défauts et on a les défauts de nos qualités. Notre qualité est par-fois juste dans notre oil et parfois,juste dans l'oeil de l'autre.Même chose pour nos défauts. Les seuls qui savent si ce sont de vraies qualités ou de vrais défauts sont les personnes concernées. Ce qui revient à dire que tout est dans l'intention. Sachant cela,c'est quand même la réalisation de la qualité qui est le plus sublime.Et commettre des actes de bravou-

re,par exemple,DEVRAIENT être toujours vus,par les autres,comme tels. Il ne faut pas piétiner les bonnes valeurs longtemps établies.Avons-nous besoin de ça dans la société libérale actuelle?Nous avons suffisamment fait,dans certaines sphères,assez de dommages en voulant amender des lois qui étaient remplies de gros bon sens,tant et si bien que,sou-vent,quelques années plus tard,nous y revenions!Ce qui fait dire à bien des gens,à ce moment-là: «Plus ça change,plus c'est pareil!». Bien sûr! Il n'y a pas trois façons de faire: ou c'est le bien,ou c'est le mal. Non,M.Parenteau,le mot courage ne fait pas vieillot.Il vous suffit de dire cela pour que certains laissent tomber le geste.Que nos soldats aillent à la guerre,cela devient un jour,"normal" de penser qu'ils partiront,puisque la formation leur a été donnée pour en arriver malheureusement,là.Je les trouve courageux! J'ai été l'épouse d'un militaire et je vous avoue que j'ai longtemps prié pour que la guerre n'arrive pas. Ce serait arrivé qu'il m'aurait bien fallu l'accepter car en mariant mon aviateur,d'emblée,je le comprenais.Mon caporal en chef est maintenant retraité et je vous dis bien franchement,

que,s'il était plus jeune et était toujours enrôlé,il aurait été obligé d'écouter son gouverne-ment. Les Etats-Unis ont toujours profité (dans tous les sens du mot) de ses alliés.Tous les pays le font;la vraie question à se pose,est: envoie-t-on plus,à la guerre,de Canadiens que d'Américains,tous prorata calculés?Et envoie-t-on plus de Québécois que de Canadiens

# 18 sept. 2006, 10:43

Pierre-Luc Lamarre a dit :

Se tenir debout

Je ne crois pas qu'on devrait se laisser intimider par les américains, nous prenons nos propres décisions qu'ils soient d'accord ou non. Et de toute façon ils sont entrain de s'isoler de plus en plus du reste du monde, ils ont donc, autant besoin de nous que nous avons besoin d'eux.

Dans chaque action ont peut trouver des défauts, mais lorsqu'on suit ça raison, ce n'est jamais une mauvaise décision.

# 19 sept. 2006, 08:00

Marc Audet a dit :

Les composantes du gris

Rien n'est jamais tout noir ou tout blanc en matières humaines, mais il faut savoir choisir son camp et son type de courage, lequel sera plus ou moins gris selon les personnes en cause. Malgré que certains possèdent au départ plus de courage que d'autres, c'est souvent la situation qui fait le larron et tel qui fût héros dans l'une d'elle sera tantôt lâche dans une autre. La Rochefoucault, cet aristocrate déçu par la perte de prestige de sa caste, s'en prenait à la nature humaine pour compenser ses propres frustrations, nature qui devait lui sembler bien imparfaite quand elle était le fait de bourgeois ou pire encore, de paysans.

C'est donc la situation globale, géopolitique, qu'il faut considérer dans le cas de l'Afghanistan. Ce n'est pas un théâtre pour la démonstration du courage, de ceux qui se font tuer dans un camp comme dans l'autre, mais pour la manifestation des intérêts de ceux au nom desquels ils sont commandés. On nous décrit cette guerre comme étant la solution finale pour l'éradication du mal personnifiés par les Talibans et pour l'implantation en territoire conquis des vertus éternelles de la démocratie en passant sous silence que cette démocratie en Afghanistan a beaucoup à voir avec un régime de seigneurs de la guerre vivant du commerce de l'opium et que les régimes totalitaires n'existent pas qu'en Afghanistan. Il ne faut donc pas beaucoup de courage pour exiger que le Canada se désengage de ce territoire pour une guerre engagée sous de faux prétextes et qui ne sera pas gagnée puisqu'elle alimente la foi de ceux qui sont convaincus de l'intégrité des Talibans dont les vertus sont rehaussées par cet appui occidental à des régimes corrompus.  

Nous n'aurons d'ailleurs même pas à pâtir de ce désaveu à l'endroit de l'administration américaine actuelle qui n'en a plus pour très longtemps encore et dont la prochaine aura vite fait de se tirer de ce bourbier.  

# 20 sept. 2006, 18:19

Marie-Andrée Leduc a dit :

Courage vs lâcheté

Tout dépend du point de vue. Prenons l'exemple d'un suicidaire.

Certaines personnes diront qu'il faut être lâche pour se suicider alors que d'autre croient tout le contraire, qu'il faut du courage pour passer à l'acte. Le suicidaire lui dira qu'il faut beaucoup de courage pour continuer à vivre.

Chaque qualité cache un défaut ou comme un de mes ex disait souvent, c'est le défaut de la qualité (être radin plutôt que seulement économe ou workholic plutôt que travaillant).

Le courage est une denrée rare. Ce n'est pas pour rien que l'Assemblée nationale décerne annuellement des médailles de bravoure...

# 13 oct. 2006, 17:03


François Parenteau
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