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Je me souviens... que c'était ben mieux dans mon temps
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Ça doit être ça, la devise complète du Québec. C'est du moins ce que suggère l'entrevue que Jacques Godbout donne à Michel Vastel dans la dernière édition de L'actualité. Encore un bonze de la génération de la révolution tranquille et du cours classique qui se désole de l'avenir et des jeunes du Québec. À le lire, on a l'impression que la génération des cégeps est une calamité qui se trouvera à liquider la culture québécoise à la pièce, dans le grand pawn-shop post-moderne de l'américanité consommatrice. Encore la même rengaine sur la dénatalité, les églises vides et les immigrants qui ne s'intègreraient pas. Certains, jeunes et moins jeunes, lui répliquent que tout n'est pas si noir, mais une large portion de la population semble cultiver une délectation morbide pour ces sombres prédictions. On carbure à l'inquiétude. Et ce n'est pas d'hier: Mommy, Mommy, Disparaître, Les Invasions barbares. On aime se conter des peurs. Pour dire vrai, moi aussi, il m'arrive de me laisser entraîner par ce pessimisme ambiant. J'imagine un scénario à la Mad Max, où le Québec est une société culturellement morcelée, livrée à l'anglais, à l'arabe et au chinois, et où ne subsistent que quelques bandes de Canadiens français semi-nomades, dépossédés de leurs logements par la hausse des loyers, qui feraient la navette saisonnière en Winnebago entre la Floride et les Laurentides, de terrain de camping en stationnement de Wal-Mart, sortes de Tziganes d'Amérique du Nord, faisant des feux de camp autour desquels ils chanteraient du Plume Latraverse et du Richard Desjardins dans une langue désormais inconnue du reste du monde, survivant à coup de spectacles pittoresques, de trafic de pot et de réparation de skidoos. Cajuns de l'an 2000, comme chantait Faulkner. Mais bon, soyons sérieux. Ça fait combien de fois qu'on est au bord de disparaître? Après la conquête, après la crise, après le référendum. La seule chose vérifiable, c'est que le Québec, celui qui prend la peine d'écrire sur le Québec dans les journaux en tout cas, fait de l'angoisse. Il en a toujours fait. Ce n'est pas que les problèmes que Godbout évoque ne soient pas réels. Le défi de l'intégration des immigrants, par exemple, est d'une importance capitale, mais la défaite, ici, n'est pas dans les faits. Elle est dans le défaitisme. Au lieu de se complaire en jérémiades, qu'on suggère des solutions! Qu'on propose de rétablir la laïcité dans toutes nos institutions (je suis d'accord avec Godbout là-dessus), qu'on ne donne pas congé à un joueur de hockey juif le samedi, pas plus qu'à un musulman le vendredi ou à un catholique le dimanche. Et si on interdit la fumée dans les lieux publics, que ça vaille aussi pour les chichas. Qu'on propose des COFIS turbos, incluant des stages obligatoires en région pour les immigrants, question de diluer un peu les ghettos. Tous des gestes qui, en passant, se coordonneraient beaucoup plus facilement dans un Québec indépendant qui posséderait tous les leviers du pouvoir. Mais ça ne justifie pas qu'on ne fasse rien d'ici là. Ni qu'on déclare avec morgue qu'il est déjà trop tard. On y voit plus clair quand on allège le sujet. Le processus est le même. Une génération de paysans s'est désolée de voir ses fils et ses filles partir pour la Ville, où ils allaient immanquablement perdre leur âme au contact de l'Anglais, de l'Argent et du Péché. Ce fut la génération des cabarets, dont on vient de perdre deux illustres représentants, qui, elle, a déploré la disparition de ces antres festifs, remplacés par les boîtes à chansons, qu'une autre génération pleurera, etc. La roue tourne et on est toujours aussi désolés. La différence, en fait, c'est qu'il se trouve aujourd'hui bien peu de voix pour se moquer du discours de ces prophètes de malheur. Pourtant, viendra un temps où l'on regrettera les cours de philo qu'on donnait dans les Cégeps, la belle époque où il y avait 30 clubs dans la ligue nationale, quand on allait au club vidéo se louer un bon vieux DVD qu'on payait encore avec des cartes en plastique. Dans le temps où les chefs de partis étaient charismatiques comme Jean Charest, André Boisclair et l'impayable Mario Dumont. Dans le temps des pudiques strings, des élégantes casquettes de baseball et des chars partout. Qu'on se rassure. Le Québec porte en lui tellement de nostalgie qu'il en a encore pour des siècles à se désoler de ce qu'il a déjà été.lgoddams qui viennent
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On se calme les nerfs avec le Québecistan...
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O.K., je vais arrêter de niaiser avec la puck, je vais la jouer transparent. Ça fait une semaine que je cherche un moyen d'aborder le sujet qui me tracasse mais je ne sais pas comment. C'est cette histoire de Québecistan qu'a évoquée Barbara Kay dans le National Post, ainsi que la lettre de l'ambassadeur israélien au Canada, Alan Baker, qui reprochait à Gilles Duceppe d'avoir participé à une marche où l'on brandissait des drapeaux du Hezbollah. Comme bien des Québécois, mon sang bout quand un scribouillard en mal de sensations fortes nous assimile, directement ou indirectement, à des fascistes et des antisémites. Y'en a marre! Et je ne peux pas faire autrement que d'y voir non pas une réelle inquiétude mais une manipulation de la culpabilité à des fins politiques. Comment expliquer que l'ambassadeur israélien ait parlé de Duceppe mais non de Denis Coderre, qui participait aussi à la marche, si ce n'est dans l'intention de salir les souverainistes? Et au fond, Kay fait la même chose. Ce n'est que l'appartenance au Canada qui retient le Québec de glisser vers le pro-terrorisme... D'abord, on va mettre quelque chose au clair. L'antisémitisme est inacceptable et Israël a le droit d'exister. Trop d'interlocuteurs pro-palestiniens, derrière un écran de fumée de récriminations sur les agissements de l'armée israélienne, cachent en fait un refus de l'existence même d'Israël. C'est important de le rappeler. Israël a donc aussi le droit de se défendre, ce qui n'empêche pas qu'on puisse remettre en question la proportion de ses représailles. Je vais réécrire ce paragraphe chaque fois que j'aborderai une question touchant Israël et les Juifs, question de rassurer les inquiets sur mes valeurs profondes. D'ailleurs, j'ai déjà fait une chronique à la radio où je disais que je ne boirais pas de Mecca-Cola, ce Coke-à-cause qui redistribue une partie de ses revenus à des organisations venant en aide aux enfants palestiniens, parce que son promoteur soutenait la disparition d'Israël. Je n'avais pas reçu de félicitations de l'ambassadeur d'Israël, à l'époque. De fait, les seuls commentaires positifs écrits que j'avais reçus provenaient d'un prof de sciences politiques très canadien-français et, selon toute évidence, souverainiste. Mais au lieu de jeter de l'huile sur le feu en accusant de larges pans de la communauté juive d'être anti-québécois (ça existe aussi!) et d'en étaler des exemples, je vais tenter de dissiper ce qui est peut-être à la source du malentendu. Avec ce qu'ont vécu les Juifs au cours de leur histoire, la moindre des choses est de comprendre qu'ils puissent être méfiants... Oui, il y a eu de l'antisémitisme dans l'histoire du Québec, quoique pas plus qu'ailleurs. Oui, il y a un nationalisme québécois mais il est inclusif et pluraliste. Et si parfois des Canadiens français et des Juifs ont vécu des tensions, ça a eu plus souvent à voir avec la question linguistique qu'avec la religion. La judéité n'est donc pas en cause. Mais voilà, de par son histoire, le Québec a une sensibilité différente du reste de l'Amérique du Nord. À cause de sa position minoritaire, de son passé de colonisé, de son fond catho, le Québec s'identifie aux perdants. Une de ses fibres les plus fortes est la pitié. Il prend pour ceux qui perdent d'habitude. Ma mère a de la misère à suivre un match de sport, surtout une finale, parce qu'elle sera toujours triste pour les perdants. Le Québec est comme ça. Largement, en tout cas. Des winners qui écrasent tout, ça vient moins nous chercher qu'une Sylvie Fréchette victime d'injustice. Et ce qu'on a vu dans le conflit entre Israël et le Hezbollah, ce sont des tirs de roquettes, bien sûr, mais surtout Beyrouth dévasté, des milliers de victimes civiles, des camps de fortune pour les réfugiés, des pénuries. Israël a sans doute peur, et avec raison. Mais c'est le Liban, plus précisément les civils libanais, qui fait pitié. Je reprendrai la simpliste et pourtant éclairante logique présentée dans le désopilant film Team America, World Police (attention, avertissement de langage vulgaire). Dans le monde, il y a des "dicks", des "pussies" et des "assholes". Pour traduire rapidement, des "graines", un peu simplistes et brutales mais courageuses, des "minous" pleins de bonnes intentions mais naïfs et un peu moumounes, et des trous de cul, qui s'amusent à foutre la merde partout. Le monde anglophone en général est composé de "dicks". Et présentement, Israël aussi. Au Québec, nous sommes des "pussies". Arrêtons de nous en faire accroire, c'est ça. Les terroristes, eux, c'est clair, sont des "assholes". Et quand vous en venez à ne plus faire la différence entre un minou et un trou de cul, ça prouve que votre "dick" est vraiment trop excité...
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Taxons les envahisseurs
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Télé-Québec a demandé récemment au CRTC la permission d'augmenter le temps alloué à la publicité dans ses émissions. Encore une fois. Comme son financement gouvernemental s'est fait rétrécir au fil des ans encore plus que la taille des sous-vêtements féminins, il faut trouver des revenus ailleurs...
Et tout ça se passe sans que personne ne s'offusque. Il y aura plus de pauses, c'est tout. Le bon peuple téléphage ne s'en plaint pas et, chez les gens de culture, de toutes façons, on ne regarde pas la télé. Mais ce temps de publicité qu'on augmente allègrement depuis des années, il ne vient pas de nulle part. C'est à nous tous, téléspectateurs, qu'on le vole.
Je me suis loué dernièrement une saison complète des Simpsons, dont j'avais manqué quelques épisodes. J'en ai profité pour écouter les commentaires du créateur de la série, Matt Groening, ainsi que du réalisateur et du scénariste des épisodes. À un moment, Groening explique que, souvent, les moments les plus drôles et les plus mémorables de certaines histoires, c'était justement ceux qui ne servaient pas vraiment le récit, les digressions absurdes, les histoires tertiaires qui reviennent par surprise, les intros tarabiscotées. Mais que, comme le temps alloué à la pub a augmenté (il semble que même le père de la série de dessins animés la plus populaire de l'histoire n'aie aucun contrôle là-dessus) la marge de manoeuvre des auteurs se trouvait réduite et les épisodes en venaient à perdre leur rythme. Je comprenais enfin pourquoi plusieurs épisodes des plus récentes saisons de cette série-culte me laissaient un peu sur ma faim. Une petite minute de grignotée ici et là et toute l'histoire semble précipitée, trop chargée, bousculée.
Certains cyniques me diront que si on considère la piètre qualité de notre télé, voir des émissions stupides interrompues par des pubs stupides est un moindre mal. Et si, justement, ces interruptions continuelles faisaient partie de ce qui empêche notre télé de s'améliorer? Qu'on le veuille ou non, cette machine à images est un des plus importants vecteur de culture. On devrait se soucier du paysage qu'elle forme, de son impact sur les esprits.
Le problème, c'est que si on ne fait que réduire le temps alloué à la publicité, les télédiffuseurs vont crier famine. Pourtant, en multipliant ce temps, on en a réduit la valeur. Le cycle est exponentiel. Il faut donc combler ce manque à gagner.
Les entreprises qui investissent en publicité peuvent déduire ces dépenses de leurs impôts. C'est absurde. On a toutes les misères du monde à aller chercher l'argent là où il est, chez ces corporations dont les profits fracassent des records année après année. Il y a toujours cette menace qui plane: "Vous voulez qu'on paie plus d'impôts? On va déménager!" Mais voilà, ils ne peuvent pas déménager la demande. Les consommateurs québécois n'iront tout de même pas regarder la télé en Chine.
Le temps des citoyens-auditeurs devrait être considéré comme une ressource naturelle. Et nationale. Ceux qui ont accès à ce "temps de cerveau disponible" dixit Patrick Le Lay, de TF1 en France, devraient payer une redevance qui pourrait servir à la culture, entre autres. Comme la redevance sur l'eau. N'importe quel artiste et artisan qui fait aussi des annonces vous le dira, la pub a tellement de moyens que c'en est indécent. Quand des troupes de théâtre et des cinéastes font des miracles avec des bouts de chandelles, la moindre pub de Bell bénéficie de budgets princiers. Allons chercher l'argent là où il est.
On réduit le temps alloué à la pub au quart de ce qu'il est présentement, on le taxe pour en multiplier le prix par six, on redonne aux réseaux exactement ce qu'ils recevaient avant et l'État garde le reste. La télé reçoit le même financement, l'État trouve une source de revenu, le public se fait moins assommer, les concepteurs publicitaires trippent parce qu'ils devront séduire par la qualité et l'originalité de leurs concepts plutôt que par le bombardement, et les créateurs d'émissions arrêtent de se casser la tête pour aller tout le temps à la pause et prennent le temps de développer leurs histoires.
On les verrait quand même, les annonces. Mais elles arrêteraient de nous envahir. Me semble que ça se fait. Si on a arrêté la cigarette dans les lieux publics au nom de notre santé physique, on peut diminuer le temps que la publicité nous enfume l'esprit. Au nom de notre santé mentale...
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J'applaudis Stéphane Dion
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Avec tout ce qui se passe au Proche-Orient, savez-vous qu'il y a une course à la direction au Parti libéral du Canada? Absolument. Même que Stéphane Dion en fait partie, je vous le rappelle. Et, si on oublie un peu sa "face à claques", il faut admettre qu'il est jusqu'à maintenant un des candidats les plus articulés. Entre autres, sur le rôle que devrait jouer l'armée canadienne dans les conflits internationaux. Dans une lettre parue dans Le Devoir le 11 août dernier, M. Dion explique que, selon lui, il faut se garder de deux naïvetés quant au rôle de l'armée du Canada. La première est que "puisque la préservation de la paix est la vocation de nos soldats, ceux-ci ne doivent jamais utiliser leurs armes (...)". Mais aussi: "La naïveté inverse est de surestimer la force armée en tant qu'instrument pour répandre la justice et la démocratie dans le monde." Selon cette grille d'analyse, le Canada a eu raison de participer à l'intervention en Bosnie parce qu'elle avait de bonnes chances de mettre fin à la violence et de permettre un progrès politique dans ce pays. Même chose pour l'Afghanistan. Mais pas en Irak, parce que, selon lui, il était prévisible que l'intervention militaire ferait diminuer les chances de la démocratie dans ce pays et dans l'ensemble du Moyen-Orient. Le seul candidat québécois de cette course rappelle aussi que le Canada a eu raison de mettre en garde ses amis américains contre les dangers de leur entreprise et de ne pas y participer. "Pour nous, ajoute-t-il, les États-Unis sont un allié et non un modèle, distinction qui échappe à notre premier ministre actuel." Belle précision. Plus loin, Stéphane Dion explique: "Les Canadiens doivent continuer à venir en aide à des populations en danger, là où leur présence est souhaitée et où ils ont des chances raisonnables de faire diminuer la violence. Ils ne doivent pas refuser les engagements qui comportent la nécessité d'utiliser les armes et le risque de subir des pertes. Mais ils doivent s'abstenir de participer aux entreprises qui ont pour effet d'augmenter la violence plutôt que de la faire reculer." Encore ici, c'est bien envoyé. Tout ça est rationnel, logique, humaniste sans pécher par excès d'idéalisme, pragmatique, très "valeurs canadiennes". Sur ce conflit que se passe à des milliers de kilomètres de chez nous, je donne un 10/10 à M. Dion. Ce n'est pas du pacifisme à tout prix mais c'est à des lieues de l'attitude de bully des États-Unis de Bush. Je suis quand même loin de souhaiter que le père du plan B accède à la direction du Parti libéral du Canada mais je garderai précieusement cette lettre en mémoire. C'est bien le même Stéphane Dion qui, pour faire reculer l'appui à l'indépendance, a soutenu les partitionnistes du West Island et qui, tout en évoquant un "chaos" qu'il nourrissait en fait par ses propres propos, a sous-entendu que l'armée canadienne pourrait être appelée à intervenir pour protéger le droit de citoyens canadiens à rester Canadiens? Les références à cette stratégie sont bien floues mais une chose est sûre, c'est que jamais cette approche inquiétante n'a été formellement démentie. On a préféré à l'époque jouer le jeu dangereux de laisser planer le doute pour faire peur aux souverainistes. Et la peur de la violence, c'est déjà la violence. Or, si selon M. Dion l'armée canadienne doit "s'abstenir de participer aux entreprises qui ont pour effet d'augmenter la violence plutôt que de la faire reculer", il me semble clair que ça élimine d'office toute potentielle intervention de l'armée canadienne dans un Québec qui aurait démocratiquement choisi l'indépendance. Je sais bien, avec Boisclair qui triomphe sans gloire aux partielles avec un taux de participation digne d'un 5 à 7 le dimanche, elle a l'air bien loin, l'indépendance. N'empêche. C'est un bluff de plus qui vient de tomber. Et c'est à l'avantage autant des Québécois indépendantistes que de tous les Canadiens. Merci, M. Dion. Dans un Québec indépendant, je soutiendrai votre candidature comme ministre de la Défense...
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Rien
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J'apprends à bloguer au fur et à mesure. Je constate que mes collègues blogueurs profitent souvent de leur tribune pour faire connaître ce qui les fait tripper culturellement. Je profiterai donc de la mienne pour dire un gros merci à Mononc' Serge pour son dernier album "Le Serge blanc d'Amérique", plus précisément pour sa chanson "Rien", véritable ode athée, voire nihiliste. On ne peut pas (encore?) l'entendre sur son site mais on y trouve la partition et les paroles:
www.mononc.com
"Dans la maison qui sommeille rien
Chez le gardien de nuit qui veille rien
Et la gorge qui se noue
Quand on pense qu''au fond de nous
Et qu'au bout de tout il n'y a rien"
C'est downer mais c'est tellement simple et lucide que, quelque part, ça fait du bien à entendre...
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Retour sur les gais "out"
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À la lecture de quelques commentaires reçus au sujet de ma chronique sur les Outgames (très constructifs et civilisés, c'est à souligner), j'admet que mon analyse de la situation est très montréalocentriste. J'assume. J'ose seulement espérer que la tolérance affichée sur le Plateau préfigure ce qui sera bientôt répandu dans tout le Québec.
Mais pourquoi, alors, à chaque fois que la communauté gaie organise un évènement, une manifestation, elle le fait à Montréal, là où, de leur avis même, il y a beaucoup moins de problèmes? C'est spectaculaire, les médias sont tout près (les boutiques et les bars aussi...), mais est-ce que c'est la façon la plus efficace de faire avancer la cause là où elle a du retard?
Ne jouons pas à l'autruche, l'ouverture d'esprit à la réalité homosexuelle n'est pas répartie également sur le territoire québécois. Loin des grands centres, les préjugés ont la vie dure. Même les sondages le démontrent, notamment en ce qui a trait à la popularité d'André Boisclair.
On rejette plus facilement ce qu'on ne connaît pas. Alors pourquoi ne pas faire connaissance? Une idée comme ça: pourquoi pas un festival rural? Un petit "gai-dehors" à Dolbeau ou Kamouraska, histoire que les gais, lesbiennes et transgenres aillent à la rencontre de cette part de la population qui sont moins en contact avec cette réalité...
Un festival western? Un "Priscilla, reine du champ de blé d'Inde", des concours de traite de vaches avec des gais et des lesbiennes qui font équipe avec des locaux? Me semble qu'en plus de faire avancer la cause, ça donnerait un maudit bon show!
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OUT!
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Les Outgamestm sont terminés. Le bilan dira que les assistances ont été très ordinaires mais qu'on ne s'attendait pas à beaucoup plus. C'était avant tout un événement de participation. L'organisation a été impeccable, et la ville et ses citoyens, très accueillants. Bravo pour nous, nous sommes les champions de la tolérance! Bravo, oui, bon... Sauf que ces Outgames(tm) et la très généreuse couverture médiatique dont ils ont bénéficié semblent aussi avoir provoqué une espèce de trop-plein dans la population. Pas de réaction haineuse ou de ressac réactionnaire, juste une espèce de lassitude généralisée. Je ne sais pas pour vous mais dans mon entourage, jamais je n'avais entendu autant de déclarations du genre: "Ben oui, bravo, vous êtes tapettes, gouines ou j'sais pas quoi mais y'a autre chose dans la vie!" Moi aussi, j'avoue. Il n'est pas question de leur retirer des droits mais, à Montréal du moins, l'impression qui se dégage, c'est: "Coudon, ça va pas si mal que ça, vos affaires! Vous êtes en forme, vous vous éclatez encore plus que nous autres les hétéros, vous avez de l'argent en masse à dépenser, y'a peut-être des causes plus urgentes à défendre." Les Québécois adorent Michel Tremblay. Ils ont massivement vu et apprécié C.R.A.Z.Y. Ils ont élu André Boisclair à la tête du Parti Québécois. Ils appuient largement le mariage gai même si Mgr Ouellet proteste du haut de sa chaire. Ils aiment Clémence et Dany Turcotte. On peut-tu passer un été sans continuellement entendre parler de vous autres? Les temps ont bien changé. Et tant mieux. Je m'en suis rendu compte alors que j'étais en train de manger sur une terrasse, à Montréal. Un couple gai arrive et s'installe à la table à côté de moi. Clairement une rencontre toute fraîche, sans doute faite à ces fameux Outgames(tm). Ils sont tout en bécots et en pognage de mains. Rien de scandaleux, très cute, attentionnés, souriants. Un Québécois francophone aux pommettes rondes et un grand anglo anguleux qui parle français avec un charmant accent. L'air athlétique tous les deux. Je connais des homosexuels mais il ne m'est pas arrivé souvent d'en voir se bécoter juste à côté de moi. Et, je ne peux pas mentir, je me sentais bizarre. Si je dînais tous les jours à côté d'un couple gai, sans doute que ça ne me ferait plus rien. Pas que ça m'écoeure, ce n'est pas ça. Mais ça surprend encore. Je ne les regardais pas, je lisais mon journal. Mais je me suis demandé si je n'aurais pas dû les regarder un peu, leur dire un petit bonjour. Tout à coup qu'ils pensent que si je reste plongé dans mon journal, c'est parce que je suis un p'tit straight borné qui ne veut pas les voir? Et puis, si je les regardais, c'était la même chose. Ils me faisaient ressentir mon devoir d'ouverture d'esprit. En fait, ce n'est pas eux. C'est l'époque, les Outgames(tm), le Québec et sa précieuse réputation de tolérance qui me faisaient ressentir ça. Eux, ils s'en foutaient, visiblement, et ils avaient bien raison. Je n'ai pas tardé à m'en foutre moi aussi, ayant été absorbé par la lecture des nouvelles du Proche-Orient dans mon journal. Mais pendant une fraction de seconde, c'est moi qui me suis soucié de ce que deux gais pouvaient penser de moi. C'est moi qui avais peur de déranger ou de choquer. Mais ça n'a pas duré très longtemps et la vie a continué. C'est une grande victoire pour les homosexuels et pour tous les humains, peu importe avec qui ils baisent. Sauf que toute minorité qui défend ses droits se butera tôt ou tard aux limites de la société majoritaire. C'est vrai pour les Québécois dans le Canada. C'est vrai pour les gais, lesbiennes, bisexuel(le)s et transgenres. Et on commence à la sentir, cette réaction. Oui, il y a encore des obstacles et des préjugés. Mais plein de gens dans la vie mènent des combats de tous les jours et ne pourront jamais rêver de la tribune que les gais ont réussi à obtenir. Les handicapés, les dépressifs, les laids, les gros... Et puis, comme ils se réclament à juste titre du droit à la différence, ça ne ferait pas de tort si, de temps en temps, on voyait des gais se battre pour d'autres différences que la leur. D'ailleurs, au début de ces Jeux, le nom de l'événement me faisait tiquer par son anglitude triomphante. Je me disais qu'ils n'avaient aucune considération pour la différence québécoise. Mais en fin de compte, je trouve que c'est le plus approprié. Parce que cet été, pour la première fois, j'ai eu l'impression que les gais étaient out. Les shows clinquants, les paillettes, les corps parfaits et exhibés, les butchs et leurs blondes... On a déjà vu. On ne vous hait pas mais on s'en sacre un peu... Les fifs sont out! Et vous savez quoi? C'est une des plus belles preuves de leur intégration.
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Ressemblance étonnante
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Un peu de léger pour compenser...
Depuis le temps que le petit Jeremy est entré dans nos vies, je me disais qu'il me faisait penser à quelqu'un mais je n'arrivais pas à identifier qui. Puis, j'ai flashé: c'est Bill Gates!
Étonnant, non?
| |  Jeremy Gates : Le petit Jeremy ressemble beaucoup à Bill Gates version enfant... Source: François Parenteau Photo: Domaine public
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Le terrorisme est contagieux
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Dur retour à l'actualité. Ça pète au Liban. Au Canada, Harper suit bêtement la ligne bushienne sans même faire l'effort d'un semblant de compassion envers les victimes civiles du côté libanais. Et on constate, comme le faisait Richard Martineau dans sa chronique de cette semaine (le 3 Août), que les deux camps du conflit sont en train de s'implanter ici dans les esprits, qu'il n'y a plus moyen de faire de nuances ou de trouver des torts chez tous les acteurs de cette guerre qui n'en finit plus de recommencer. Il faut être sans équivoque dans un camp ou dans l'autre. Dans celui des Israéliens si vous avez envie d'être ami avec les USA, dans celui des Libanais (en prenant soin bien rapidement de dire que vous n'approuvez pas non plus l'action du Hezbollah, tout de même) si vous voulez ne pas vous chicaner avec vos amis de gauche.
Voilà mon camp à moi. D'abord, Israël a le droit d'exister. Trop d'interlocuteurs pro-Palestiniens, derrière un écran de fumée de récréminations sur les agissements de Tsahal, cachent en fait un refus de l'existence même d'Israël alors, c'est important de le rappeler. Israël a aussi le droit de se défendre. En ce sens, arrêtons de joueur aux vierges offensées, l'idée d'un mur pour séparer les Israéliens des Palestiniens m'apparaissait même comme une des solutions les moins pires. Le problème c'est que le tracé de celui qui a été construit tient plus de la provocation que de la recherche d'une solution juste.
Sauf qu'on ne viendra pas me faire croire qu'Israël ne cherche qu'à détruire les combattants du Hezbollah avec ses bombardements. L'armée israélienne ne vise probablement pas délibérément les civils libanais au sein desquels le Hezbollah se cache mais on peut dire qu'ils n'ont pas fait très attention. Israël semble en fait espérer écoeurer à coups de bombes le peuple libanais du Hezbollah. Ce qu'on bombarde, ce n'est pas le Hezbollah. C'est le lien entre cette organisation à plusieurs faces avec la population civile. Vous appuyez, comprenez ou tolérez dans votre voisinage des milices du Hezbollah ? Vous avez couru après.
Ce n'est pourtant pas si simple (en plus de ne pas marcher). Et le silence de Harper sur la démesure de la réplique israélienne dit au monde que nous sommes d'accord avec cette approche. Pourtant, ça ressemble pas mal à du terrorisme.
Merde. C'est contagieux.
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"C't'une belle riviére..." (À la mémoire de Richard Adams)
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Je reviens à Montréal, aux nouvelles, à la guerre au Liban, aux Outgames, à tout ce qui grouille et grenouille dans l'actualité. J'y reviendrai, en fait, mais pas tout de suite... Parce que j'ai d'abord envie de vous raconter une histoire de tournée, une histoire de fantôme gaspésien. Une histoire vraie qui prend sa source en 1994. J'étais alors parmi les 16 finalistes pour participer à La Course Destination Monde. C'était la troisième fois, et ce serait la bonne. Mais d'abord, il fallait réaliser nos reportages de sélection. Chacun pigeait une région au hasard. J'ai pigé la Gaspésie. Une amie gaspésienne me suggère alors un sujet en or: Richard Adams. C'est un guide de pêche au saumon sur la rivière Matapédia. Un personnage. Une sorte de dandy rural qui porte toujours un chapeau et une cravate avec ses chemises carreautées et ses bottes de pêche. Le bonhomme a plus de 80 ans et revient à l'ouvrage après une opération. Toujours de bonne humeur, connu de tous dans la région, Richard est un anglophone qui s'exprime très bien en français mais avec un accent un peu rigolo qui me fait penser à Larry Robinson. C'est le guide préféré des grands pêcheurs américains fortunés qui viennent taquiner le saumon sur la Matapédia. Il a déjà pêché avec Jimmy Carter. Il paraît qu'il est riche à craquer même s'il vit simplement, dans un camp de pêche. Il est une telle référence dans le domaine qu'une fondation pour la survie du saumon atlantique porte d'ailleurs son nom. Richard a de plus toujours été célibataire. Mais ce n'est pas faute d'apprécier les femmes, le gentleman laissant souvent voir qu'il n'est pas insensible au charme... Mais pas de liaison connue. Sans en avoir aucune preuve, plusieurs croient qu'il a vécu un coup de foudre impossible avec une riche étrangère et qu'il en est resté là. Mais on ne sait pas... C'est vrai qu'il a tout d'un Cyrano de la pêche à la mouche. Après l'avoir rencontré, je suis allé le filmer au petit matin, alors qu'il prenait son petit-déjeuner. Il m'explique son rituel. D'abord, il va remplir sa gamelle à la rivière. Puis, il y fait bouillir ses patates. Et, quand c'est le temps, il y met un oeuf qu'il fera cuire à la coque. Dans la même eau. Parce qu'il ne faut pas gaspiller l'eau et que "les petates, c'est pas poéson"... Puis on s'assoit le long de la rivière. D'instinct, il ne me fait pas face. Il s'installe de profil. Je vois la Matapédia qui scintille derrière lui. Après quelques questions, j'aborde le sujet tabou: "Toujours célibataire, Richard?"... "À v'nir jusqu'astheure", me répond-il du haut de ses 82 ans. "Il reste du temps encore... un peu...", ajoute-t-il, pensif. Puis, après un silence, mal à l'aise, il se tourne vers la caméra et me lance joyeusement: "C't'une belle riviére!"... LA réplique. Je lui parle des femmes et il me parle de la rivière. Pour changer de sujet. Ou peut-être était-ce que pour lui, c'était le même sujet. J'en ai encore des frissons quand j'en parle... Ce printemps, j'ai appris avec tristesse le décès de Richard Adams le 3 mars 2006, à l'âge de 96 ans. Et cet été, alors que j'étais en tournée avec Les Zapartistes en Gaspésie, entre Saint-Fabien et New Richmond, nous sommes passés le long de la Matapédia. J'ai revu le camp de pêche de Glenn Emma où je l'avais filmé. Ça m'a rappelé des souvenirs. J'en ai d'ailleurs profité pour raconter l'histoire de mon entrevue avec lui à quelques collègues. Le spectacle a très bien été. Après, au bar de l'hôtel, on s'improvise une partie de poker entre amis. C'est devenu un loisir assez fréquent dans la gang. Le Texas hold'em. Pour ceux qui ne connaissent pas, ce serait trop long d'en expliquer toutes les règles ici mais, pour les fins de l'histoire, il est important de savoir que les joueurs ont chacun deux cartes en main et que cinq cartes communes sont tournées sur la table. Le "pot" va à celui qui fait lâcher tout le monde en misant plus ou, si des joueurs "câllent", à celui qui a la meilleure main de cinq cartes. D'abord, on en tourne trois (le "flop"), puis on peut miser, on dévoile une quatrième carte suivie d'une autre ronde de mises, et enfin, une cinquième carte. Je ne suis pas un grand joueur, je suis plutôt dilettante au poker. Mais ce soir-là, j'ai gagné de nombreuses mains grâce à la dernière carte. Mais surtout la finale. En main, j'avais un as et un 8. Le "flop" nous donne un as, un 8 et une dame. J'avais donc deux paires, dont une d'as... Je décide d'y aller à fond et je ne suis pas le seul. Tout le monde se retrouve "all in". On se montre donc nos cartes et c'est là que je vois que Patenaude a lui aussi un as mais qu'il a en plus une dame. Ses deux paires sont plus fortes que les miennes! Il n'y a qu'une carte dans tout le jeu qui puisse me faire gagner. Un 8. N'importe quelle autre combinaison: je perds tout. La quatrième carte commune ne me donne rien et à Patenaude non plus. Puis, Christian tourne la dernière carte... Un 8. Exactement la carte qu'il me fallait. Ça me donne une "full house" et je ramasse le "pot". Wow! Et c'est là que ça m'a frappé. En termes de poker, cette dernière carte, celle qui peut faire pencher la balance en faveur d'un joueur ou d'un autre, a un nom particulier. On l'appelle la rivière... "C't'une belle riviére..." Salut Richard! Comme c'est gentil d'être venu me dire bonjour...
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