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Impertinences
22 juin 2006, 12:00

La maniacodépression souverainiste

La série finale de la coupe Stanley mettant aux prises les Oilers d'Edmonton et les Hurricanes de la Caroline nous aura fait passer par une montagne russe d'émotions - et de prédictions. À 2-0 Caroline, c'en était fait des Oilers, les journalistes couvrant la série nous rapportaient le doute décelable dans le coin de l'oeil des joueurs d'Edmonton: c'était fini pour eux. Sauf que ça ne s'est pas passé comme ça...

Et quand les Oilers ont égalisé la série, là, c'était différent. Le momentum avait viré capot et c'était maintenant les Hurricanes qui allaient assurément se faire battre... Sauf que...

Le seul dossier où l'on a vu autant de revirements dernièrement, c'est la perspective de l'indépendance du Québec. Il n'y a pas si longtemps, on était en plein scandale des commandites, et l'indépendance semblait sur le point d'arriver comme tombe un fruit mûr. En novembre, le Parti Québécois se donnait un nouveau chef qui avait le vent dans les voiles. Boisclair incarnait la jeunesse, le renouveau tant attendu. Aux élections fédérales, en janvier, le Bloc se lançait dans la course en envisageant de récolter 50 % des votes au Québec. Ça sentait la coupe...

Sauf que... Non seulement le Bloc a-t-il perdu quelques pourcentages de votes, mais c'est, contre toute attente, le Parti conservateur qui y allait d'une percée lui permettant de former un gouvernement minoritaire qui a maintenant toutes les allures d'un gouvernement majoritaire tant les partis de l'opposition ne sont pas prêts à se lancer dans de nouvelles élections. L'électorat non plus d'ailleurs. Beau risque, prise 2 ou coup de barre passager?

L'effet du scandale des commandites est loin et les Libéraux ne sont plus au pouvoir. Les chemises qu'il y avait à déchirer ont toutes déjà été déchirées. Le "mystère de Québec" semble se consolider. On se demande si le Bloc est encore pertinent à Ottawa. Duceppe est sur la défensive. Derrière le sourire, le chef péquiste a l'air de se chercher. Les vieux combattants de l'indépendance, ne se sentant plus désirés, quittent le navire. Et ça grouille à gauche avec la formation de Québec Solidaire. De plus, on apprend d'un côté que l'homosexualité d'André Boisclair ne passe pas en région, et de l'autre, que plusieurs dans la communauté gaie lui reprochent de ne pas assez s'affirmer en tant qu'homosexuel. Damned if you do, damned if you don't... Les chicanes internes reviennent. Boisclair a de plus en plus l'air d'une duchesse de carnaval sur un char allégorique avec un flat.

Et là, on assiste à ce phénomène tellement fréquent, tellement répétitif à travers notre histoire que, si on réussissait à y harnacher une centrale électrique, on aurait une énergie renouvelable à peu de frais. C'est le découragement des indépendantistes. Suivi, on l'oublie toujours, par une reprise de confiance fiévreuse. Les indépendantistes québécois sont des maniacodépressifs. Un jour, c'est dans la poche, c'est le début d'un temps nouveau, la veille du grand soir, et puis pouf, c'est l'étiolement des forces, la fermeture définitive de la fenêtre d'opportunité, la résignation, voire l'assimilation lente et inexorable dans l'américanité anglophone.

Présentement, tout est noir. À entendre parler plusieurs souverainistes, Boisclair et sa gang de jeunes apparatchiks téteux vont précipiter la disparition du Parti Québécois. Le Bloc ne saurait lui survivre. Faute d'espoir de victoire, une bonne part de l'électorat souverainiste baisse pavillon. Ils ne veulent plus de référendum, ils ont trop peur de le perdre. Et, ne se sentant plus la force d'y croire, ils remettent en cause la légitimité de leur rêve (ce qui ne se fait étrangement jamais quand il semble sur le point de se réaliser...).

Pourtant, le premier devoir des indépendantistes, c'est d'y croire encore. Sûrement que bien des fans des Hurricanes se sont dit que c'était fini après que leur équipe eut perdu le sixième match 4 à 0. Qu'est-ce que ça leur a donné? En fait, peu importe qui ils appuyaient, les fans qui auront cru en leur équipe même quand elle semblait finie auront eu pas mal plus de fun au bout du compte...

Ce n'est pas tant d'un nouveau grand chef historique que les forces indépendantistes ont besoin. C'est plutôt d'une dose de lithium...

Là-dessus, bonne Saint-Jean!

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Jérôme April a dit :

Le monde est fou!

Je me sens comme un souverainiste sur le lithium, justement. Je regarde les intentions de vote pour la souveraineté qui suivent les mêmes tendances qu'un cardiogramme et je me dit qu'il y a un sacré problème avec la population québécoise.

D'un côté, il y a les souverainistes purs et durs (environ 20%). De l'autre, il y a les fédéralistes purs et durs (environ 20%). Ce 40% de la population ne changera jamais d'idée : même si on apprenait que les 9 autres provinces projettent de nous enfermer dans des camps de concentration ou que le Québec deviendrait aussi pauvre que l'Éthiopie en cas de séparation, il n'y aurait pas de changement chez cette portion de la population.

Au milieu, il y a peut-être un autre 20% de chaque côté qui est plus modéré et qui pourrait changer d'avis en cas de force majeure (je crois que c'est là-dedans que je me retrouve). et au centre de tout cela, il y a ce fichu de 20% qui n'arrête pas de suivre le vent, tel une girouette sur le toit d'une maison, et qui fait la joie des maisons de sondages. Grâce à cet infâme 20%, Léger Marketing publie un sondage sur la souveraineté à chaque mois et il est toujours différent du précédent. Ces chers indécis sont incapables de se fixer et sont énormément influencés par les médias. Ils écoutent donc les analystes affirmer que Boiclair n'est pas un bon représentant pour le PQ, alors que le pauvre homme n'a même pas participé à un seul débat! Tout le monde s'attend à le voir se faire découper en morceaux contre le super débateur Jean Charest... Sauf qu'il faut se rappeler que Charest est peut-être un excellent attaquant, mais que sa défensive n'a jamais été testée... De toutes façons, le 20% qui fait et défait les gouvernements a le temps de changer encore d'idée jusqu'aux prochaines élections. Peut-être que le prochain Premier Ministre du Québec sera Arnold Schwarzenegger, qui sait...

# 22 juin 2006, 11:37

Serge Lefrançois a dit :

Plus le saut est considérable, plus la chute fait peur

Quand on parle d'indépendance, on ne parle pas d'un Big Mac chez Mac Do, malgré qu'ils rapportent beaucoup à leur propriétaire. L'indépendance éveille des craintes et des joies, comme la maladie bipolaire. Dépendamment pour qui et pour quoi, l'enjeu demeure de taille. Changer des siècles d'histoire, séparer ce qui lie les deux océans, s'affirmer comme nation, nécessite une longue réflexion et des représentants sérieux pour bien mener la galère.

Duceppe ne porte plus de chapeau en public, Boisclair semble vivre une baisse de libido et le champ de bataille politique n'est pas plus animé qu'à l'habitude. Les élections provinciales semblent reportées, le terrain neutre permettra un bel été pour se reposer.

L'indépendance n'est plus une affaire de coeur et d'identité, elle est devenue teintée de préoccupations économiques. Peu de chiffres alimente le débat et pourtant, l'éloquence de ces derniers pourrait changer le paysage considérablement. Combien en coûte-t-il pour vivre au Québec? Existe-t-il une meilleure solution? La politique semble tellement au-dessus de la réalité, que seules les images comptent. Les politiciens ne gèrent pas leur argent également, on peut ainsi mieux l'oublier.

# 22 juin 2006, 15:44

Sylvain Pichette a dit :

Déçu du PQ

Comme beaucoup de souverainistes, je suis déçu du virage à droite qu'a effectué, il y a plusieurs années, le Parti Québécois. Et je ne crois pas qu'André Boisclair tente de le ramener à gauche, ni même au centre. Il semble même que tous les partis politiques, malgré qu'ils soient élus par la population, s'assurent de ne plaire qu'aus dirigeants d'entreprises, surtout les grandes, les très grandes et les multinationales. Malgré qu'elle est plus âgée que le chef élu apr les membres, je crois que le choix de Pauline Marois aurait été plus profitable au Parti Québécois. Peut-être aurait-elle pu en améliorer l'image auprès d'ex-membres qui risquent de voter pour Québec Solidaire.

# 22 juin 2006, 15:48

Jean Turcotte a dit :

Comme un fan de sport...

Une question: lors du septième match, le décisif, est-ce que les fans de la Caroline et ceux d'Edmonton y croyaient? Personnellement, je serais d'avis que oui. Mais ce ne sont pas les fans qui suent sur la patinoire en plein mois de juin, et une seule a gagné. Dans le merveilleux monde du sport et celui de la politique, qui l'est autant, les comparaisons boitent. Tout mettre dans le panier de la "foi" risque ce que l'on sait... Toutefois, vous faites une analyse intéressante de la situation à la veille de la Fête Nationale qui cette année, ne l'oublions pas, tombe en même temps que le Grand Prix de Montréal de la formule 1. Encore du sport! Le problème que vous diagnostiquez chez les indépendantistes serait de l'ordre de la maniacodépression (le fameux "up and down") et vous leur suggérez de s'en remettre au lithium. Est-ce que le fait que les indépendantistes soient un peu comme les sondages, actifs ou frileux selon les résultats, doit nous indiquer que l'idée de l'indépendance politique du Québec avance ou stagne? Je ne le crois pas tout comme je ne crois que l'on doive obligatoirement déposer à l'agenda d'un parti politique toute la complexité de la question nationale. Il existe actuellement une césure flagrante opposant la classe politique et la population. Les idées politiques sont devenues des idées de parti que l'on mesure et calibre selon les allées et venues de l'opinion publique. Les chefs sont ceux qui répondent à un moment précis aux attentes de la population. La participation citoyenne, perçue comme l'éclosion d'une gauche qui n'attendait que le moment propice avant de sortir de l'anonymat. À partir de cela, il est difficile d'espérer maintenir dans la population une conscience politique et quasi héroïque de la voir s'engager plus en profondeur et plus loin que le simple achat d'une carte de membre. Notre participation démocratique ressemble au sport: c'est l'affaire d'une élite et nous, les fans, y assistons bêtement et les regardons... gagner!

# 22 juin 2006, 15:52

Réjean Asselin a dit :

Voter sans danger !

Mr. Parenteau , le problème de maniaco-dépression des indépendentistes est srictement lié a celui des éternels insécures qui valses depuis des décénies et qui sont incapable de choisir DÉFÉNITIVEMENT leurs camps !

Les mous , les Canadiens Francais Québécois nationaliste et automiste ( ??? ) sont trop nombreux au Québec pour que ce peuple fasse le choix final de sa destinée. Nous avons au Québec des fédéralistes convaincus qu'un Québec indépendant est une calamité , que ce peuple est incapable de se prendre en main . Il y a les indépendantistes convaincus du contraire , que nous avons tout les outils nécessaires pour réaliser ce projet . Ce qui est a mes yeux l'aboutissement normal de l'émancipation d'un peuple et de sa maturité. Le problème se situe " au mileu " , les gens qui votent pour le PQ au provincial et pour Harper au fédéral , et ces mêmes personnes qui voteront pour Charest au provincial et le Bloc au fédéral. Autrement dit toujours voter sans " danger " de réellement faire le seul et vrai changement qui s'impose depuis des lustres , la souverainneté.

Ce sont ces indécis qui détiennent la solution . Je ne suis pas pessimiste pour autant et j'espère que les jeunes finiront pas faire la différence. En attendant la ST-Jean va se dérouler comme d'habitude , beaucoup de drapeau , beaucoup d'émotion et le lendemain on passe a autre chose !!!

# 23 juin 2006, 12:15

Alexandre Gauthier a dit :

La «baloune» pète une fois de plus

D'une popularité accrue à une déchéance complète, l'option souverainiste a certes su traverser de nombreux remous sans toutefois complètement disparaître. Dans une région comme l'Outaouais, fortement fédéraliste, la tendance populaire de l'option se faisait sentir tout autant. Un député bloquiste a même été élu dans Gatineau, ce qui est une première bien entendu.

Il faut toutefois se questionner sur l'option souverainiste et tenter de comprendre pourquoi les forces indépendantistes s'effritent-elles toujours autant. Est-ce une question de représentant ou de momentum ? Je crois que la réponse se situe un peu là-dedans. D'abord, le bloc et le parti québécois, formés par des gens de toute idéologie, ne peut parvenir à la parfaite harmonie précisément parce que l'opposition entre la gauche et la droite y est trop présente. On a qu'à penser au projet d'arrêt graduel du financement des écoles privées suggéré par Carol Bouchard, mais décrié par Sylvain Simard.

Le manque de cohésion des forces souverainistes n'aide pas à faire passer le message. Ce ne sont pas tous les souverainistes qui adhèrent aux propos de Boisclair, ou d'autres représentants populaires comme Falardeau ou Raymond Villeneuve.

Puis, il y a une question de momentum. Les Québécois ont tendance à suivre la mode électorale. La percée du Parti Conservateur au Québec correspond précisément à une mode, tout comme la qusi élection de l'ADQ aux dernières élections.

Les électeurs québécois ont l'opinion fragile et fort changeante. Il faut continuer à parler de la souveraineté, reconvaincre les électeurs et surtout redonner à l'option une série de valeurs qui en émanerait. Peut-être que Québec solidaire est sur la bonne voie ?

# 23 juin 2006, 12:20

Claude Perrier a dit :

Le vrai problème

Si la psychose maniacodépressive était la seule affection qui afflige les indépendantistes, qui vient se jouer de leur humeur tel le vent d'une girouette, ce serait évidemment déplaisant mais, somme toute, rien qui sorte particulièrement de l'ordinaire de tout le monde. Nous sommes en effet tous sujets à des hauts et des bas. Une bonne nouvelle, un rayon de soleil, et le moral remonte sans attendre. L'état pathologique préoccupant, le vrai problème, se situe ailleurs.

Je me risque à tenter une analogie, un peu boîteuse probablement, pour illustrer la chose. C'est un peu comme si l'on s'acharnait à vouloir construire un bateau pour pouvoir ensuite prendre l'autoroute. Un beau bateau, avec des mâts hauts comme ça, et une voilure digne des plus beaux galions. Et regardez tous ces fiers artisans qui mettent la main à la pâte! On sent leur fébrilité rien qu'à l'idée de pouvoir un jour - enfin! - hisser les voiles et entonner en choeur de vaillants hymnes de voyage! Et on s'enthousiasme, et on s'encourage - et personne ne voit plus le pavé...

Un magnifique bateau sur le pavé. Oups! Voyez-vous, cher monsieur Parenteau, je tiens absolument à ce que le Québec conserve et développe sa culture distincte, à ce que le français non seulement continue à se parler ici mais qu'il progresse. Je n'ai aucune envie à ce qu'on s'américanise davantage. Pas plus qu'on se canadianise. Mais c'est notre appartenance au Canada qui garantit notre survie. Aujourd'hui, le français est obligatoire dans l'étiquetage, d'un océan à l'autre. Entre nous, je doute que ça plaise à Vancouver ou à Calgary... Mais, qu'on en vienne à se séparer et le petit marché que nous constituons ne pourra pas longtemps faire la fine bouche. L'anglais déferlerait alors sur nous à gros torrents. Nous n'aurions plus cette digue canadienne, si embêtante, mais si essentielle. Là est le vrai problème: ce que veulent les indépendantistes est bon - mais le véhicule tout à fait contre-indiqué.

# 23 juin 2006, 12:31

Richard Marenger a dit :

lithium un jour lithium toujours

Vous avez raison mon cher Parenteau et si j'étais un peu paranoiaque j'oserais vous demander pourquoi vous parlez de moi dans votre chronique . Et oui je suis un souverainiste qui se demande si un jour le grand rêve que nous caressons depuis 1970 va un jour se réaliser , car comme plusieurs j'y crois de moins en moins et les évènements sont là pour nous donner raison .

C'est vrai que le scandale des commandites aurait du rayer le Parti Libéral de la carte . Et non , Paul Martin , Denis Coderre , Jean Lapierre et Stéphane Dion sont encore là tandis que Gilles Duceppe ne parle pas trop fort et que certains remettent en cause la pertinence du Bloc à Orrawa , comme si les libéraux ou conservateurs pouvaient défendre le Québec .

Qui est le québécois le plus détesté ? Jean Charest bien sûr . Pourtant André Boisclair au lieu de profiter du vent qui pourrait souffler dans la bonne direction , se fait toujours aussi timide au point où j'ai même peur à une réélection libérale vu que Stephen Harper va tout faire pour faciliter la réélection d'un ancien conservateur et montrer au reste du Canada qu'il est le seul capable de mettre au pas ces 'maudits séparatistes' .

Pour être d'humeur égale . un maniaco-dépressif doit prendre son lithium à tous les jours . il en est de même pour nous qui rêvons d'avoir un jour notre passeport avec la fleur de lys . C'est bien beau de chanter Québécois nous sommes québécois le 24 juin , mais il faut aussi y croire pour les 364 autres jours de l'année .

# 23 juin 2006, 12:37

Clermont Corneau a dit :

Les déceptions s'accumulent !

Malheureusement je suis devenu un souverainiste sans parti ! Tant d'illusion perdue , tant de déception et d'amertume envers ceux qui étaient censés nous mener à la victoire , tant d'égo trip dans un parti qu'on pensait au dessus de la mêlée , tant de bitcheries et de trahison à l'interne . A qui faire confiance maintenant ? A un Gilles Duceppe qui a manqué de courage en refusant de se présenter à la tête du Parti Québécois comme l'a fait Lucien Bouchard avant lui . Naturellement ce fut un flop monumental pour la souveraineté son avènement . En plus de refuser une autoroute à 4 voies dans le Parc des Laurentides sous les recommandations de Jacques Brassard ,que l'on peut comparer à la grenouille devenue plus grosse que le boeuf, il s'est mis à dos une région qui l'adulait en réussissant presque à fermer l'hopital de sa ville natale .

Maintenant est-ce qu'André Boisclair fera mieux ? Voyons donc , lui aussi a manqué de couilles en restant à l'arrière plan de la scène politique en refusant de se présenter aux élections partielles et de venir combattre à l'Assemblée Nationale . Son semblant de charisme pâlit à vue d'oeil !

Qui peut prendre la relève ? Je ne vois pas . Dommage parce qu'on va mourir avec une idéologie qui n'aboutira jamais . Peut-être que d'autres générations feront mieux que nous !

# 23 juin 2006, 12:42

Marc Audet a dit :

Allons, un peu de réalisme politique

Ceux qui font porter le chapeau du débat de la souveraineté des Québécois sur la tête d'un seul personnage ou sur les rebords de son chapeau qui ne saurait recouvrir que la présence d'une seule idée dans sa tête font, volontairement ou non, le jeu de tous les adversaires de cette souveraineté populaire. Le vote en faveur d'un parti qui veut pousser plus loin dans sa réalisation cette souveraineté pour tous les Québécois n'est que le geste premier qui enclenchera un processus de négociation dont personne ne peut prédire absolument les aboutissements. Décider à l'avance de ce scénario en lui prêtant des aspects de catastrophes ou de saut irréfléchi dans le désordre revient à se faire délibérément ou non le défenseur du statu quo, un statu quo de plus en plus intolérable compte tenu des institutions dont le Québec s'est doté tout au long de son processus d'affirmation qui l'autorisent maintenant à revendiquer le statut politique qui convient à la société distincte qu'il forme déjà. Les Catalans ne se sont pas fait tirer l'oreille quand il s'est agit de s'affirmer et de revendiquer un statut politique permettant de protéger et d'épanouir leur langue originale dans le contexte ibérique. Ils ne se sont pas dit au départ que l'état dans lequel ils vivaient depuis longtemps volerait en éclats du fait de cette décision. Cessons donc de remuer des ombres à ce sujet en ce qui nous concerne pour envisager un vote lucide et serein en faveur d'une souveraineté qui demeure notre seule porte de sortie en français sur l'avenir. Les hauts et les bas de la maladie maniaco-dépressive, laissons les aux adversaires de la souveraineté. Pour notre part, contentons-nous d'envisager sereinement l'avenir.

# 23 juin 2006, 12:58

Carol Minville a dit :

C'est une question d'appétit!

Le sport et la politique ont des points en commun.  Mais celui qu'on relève le moins c'est que dans tous les deux, plus il y a de l'argent en jeux plus il y a de la corruption. On le voie avec le ballon rond qui va jusqu'à la corruption d'arbitre ou encore avec les magouilles de l'italien Berlusconi et son équipe. On le voie avec le PQ qui doit se défendre d'avoir été impliqué dans le scandale des commandites avec Jean Breault.

De plus l'élection d'une équipe gagnante dépendra souvent des sommes d'argents en jeux. Les équipes les mieux nantis s'achètent les meilleurs joueurs. Les parties politiques les plus riches se payent des faiseurs d'images qui orientera l'inconsistance et la superficialité des votes indécis et ainsi s'assure de la victoire.

Un autre point commun est probablement la lassitude que laisse au supporteur les équipes qui déçoivent.  Déçu du PQ qui ne parvient pas en s'en tenir à la lettre de sont existence et déçu de la politique en général qui n'entend plus sa population et fonctionne par décret et bâillon.

Alors:

Laissez moi vous dire que moi aussi je veux mon lithium, mon viagra, n'importe quoi qui fasse bandé mon optimisme Catalan afin de me libérer. Je sais que je suis bipolaire mais une éloquente sinistrose a le pas sur mes envies.  Je me cherche un charisme qui dirige mes états d'âme, qui donne de la résolution à mes appétits.

Mais voilà:

Le menu politique que m'offre le PQ est vague: ha l'éducation! ha l'économie! Heu! l'indépendance? La soupe qu'il me sert est indigeste: toujours à droite. Son plat de résistance est sans contenance: un Québec économique avant tout, quel différence avec les libéraux? Les entremets sont sans substances: la gestion au cas par cas sans philosophie politique. Le tout est laxatif et purgatif: il se dit pour le peuple et socialiste mais brade les biens collectifs au privé, pareil aux libéraux.

Donnez moi de l'appétit, un menu substantiel, car mon problème est diététique.

# 23 juin 2006, 18:12

Alex Cattaneo a dit :

En attendant un projet concret

Si la souveraineté du Québec génère si peu d'enthousiasme, c'est que ceux qui en font la promotion semblent avoir oublier que l'indépendance ne doit pas être vu comme un but mais bien comme un début. Les membres du PQ et du Bloc se préoccuppent de stratégie référendaire et électorale, mais personne ne dit mot sur le projet en tant que tel. Les québécois ne sont pas assez naïfs pour donner leur appui à une option si mal incarnée, une véritable coquille vide qui tristement repose sur un antagonisme francophone-anglophone plutôt que sur une volonté de créer une société meilleure. Depuis le dernier référendum, personne n'a mis sur la table des arguments convaincants en faveur de la souveraineté. Comment peut-on militer pour une cause pendant dix ans sans arriver à pondre la moindre nouvelle idée? La démarche des péquistes tient plus de la ferveur religieuse que la construction rationnelle. De plus, Bloquistes et Péquistes sont engoncés dans le paradigme du bouc émissaire. C'est toujours la faute des fédéralistes, des libéraux, de Stephen Harper, des anglophones. En politique fédérale comme provinciale, personne n'assume quoi que ce soit. C'est toujours la faute de nos adversaires. On pourrait au moins nous suggérer une alternative plausible, faire preuve d'un peu d'imagination. Est-ce trop demander?

Le jour où l'on proposera aux citoyens québécois un projet véritable et crédible qui s'adresse à tous les habitants du territoire (francophone, anglophone, allophone et amérindiens), qui est vidé de tout antagonisme culturel et qui repose sur une vision à long terme, les électeurs ne seront pas si difficile à convaincre. En attendant, le PQ et le Bloc devront se contenter d'un appui artificiel qui dépend plus des bourdes de leurs adversaires que de la ferveur que leur discour suscite.

# 23 juin 2006, 18:20

Andrée Proulx a dit :

La chaise musicale

Notre paysage politique ressemble aussi à une partie de chaise musicale. Malgré la justesse de la métaphore sportive qui dépeint de façon éloquente la traditionnelle propension des électeurs québécois à se laisser dominer par l'air du temps, je crois que les Québécois oublient qu'ils forment un peuple et que ceux-ci n'hésitent pas à jouer à la chaise musicale pour se divertir de prendre une décision concernant leur destin politique.

Qui donc commande ces sondages à la c** ? Une mascarade qui n'est rien d'autre que le reflet partisan des médias inquiets de la menace que fait planer sur leurs intérêts corporatifs l'impopularité du Parti libéral du Québec.

Si les électeurs qui forment le noyau dur d'indécis aiment tant jouer à la chaise musicale, il n'est pas étonnant de voir le Québec toujours assis entre deux chaises.

# 23 juin 2006, 18:22

Philippe Leblanc a dit :

Partie serrée

Certes, il n'est guère le moment de déclencher des élections au Québec, surtout avec le PQ qui s'est retrouvé dans l'eau chaude cette semaine avec Groupaction qui leur aurait fait parvenir des commandites.

Ça va mal pour l'indépendance, surtout avec la création du nouveau parti Québec Solidaire, qui va, tel le RIN à l'époque, scinder les votes indépendantistes en deux, ce qui réduit davantage les chances d'avoir, de un, un parlement davantage indépendantiste que libéral. Comme si les prochaines élections s'annonçaient tel une course à 4 au lieu de 2... Mais bon, le moral collectif sera certainement à la hausse si le Québec élit un premier ministre qui ne se mets pas les pieds dans les plats tel Jean Charest, qui s'est mis le Québec à dos durant les 4 années de son pénible mandat.

Si le PQ avait le vent dans les voiles il y a quelques mois, les événements ont tournés et ils sont dans la tempête, directement. Les nombreuses débarques du gouvernement Charest se multipliant, le PQ trouvera sans doute un moyen de faire tourner le momentum en son avantage, pour aller compter en avantage numérique et enlever la victoire aux libéraux.

# 24 juin 2006, 16:54

Philippe Boudreau a dit :

Erreur de diagnostic

Ce qui va mal, ce n'est pas l'option mais le parti qui la défend. L'idée de l'émancipation politique du peuple québécois est toujours vivante, saine et parfaitement légitime. C'est le PQ qui est en crise, comme le suggère d'ailleurs Gérard Bouchard dans Le Devoir du 17 juin: «le Parti québécois, qui était jusqu'ici le véhicule politique du projet, vient de se diviser, avec les conséquences dramatiques qu'on peut entrevoir sur l'issue des prochaines élections».

Le PQ a perdu son monopole sur la question nationale. Il n'est plus propriétaire de l'option. On le voit avec l'arrivée de Québec solidaire, mais aussi à travers d'autres signes: les désertions qui affligent le PQ, l'initiative du député Jean-Pierre Charbonneau qui souhaite un débat large et pluriel sur les perspectives au plan constitutionnel, le Bloc qui définit sa propre ligne de conduite et se ménage une niche bien à lui (appuyant Harper de temps à autres)...

Bien sûr l'arrivée de Boisclair à la tête du parti contribue au recul du PQ. En allant chercher 40000 nouveaux membres, il a réussi son OPA sur le Parti québécois, tout en suscitant de vives déceptions chez moult nationalistes de la première heure. Sans parler de sa réaction à la loi spéciale du 15 décembre décrétant les conditions de travail dans le secteur public (Loi 142): en disant ne pas vouloir fédérer tous les mécontents du gouvernement Charest ni rouvrir ce dossier advenant l'élection du PQ, il s'est instantanément mis à dos un demi million de personnes!

Mais c'est un mal pour un bien. D'abord, la démarcation gauche/droite a rarement été aussi évidente depuis que Boisclair a été élu chef. Ensuite, le leadership sur la question nationale est désormais devenu une affaire collégiale qui n'appartient plus en propre à un parti - encore moins à un chef.

Je suis confiant que la trajectoire d'émancipation nationale du peuple québécois va se poursuivre inexorablement et connaître un jour son aboutissement, peu importe les déboires actuels du PQ.

# 24 juin 2006, 17:01

Jean-Guy Thibault a dit :

Le beau et dépresif risque prise 13 !

C'est le Québec à la dérive avec le faux et superficiel messie qu'est Boisclair!

Les Québécois de plus en plus aveuglés par un autre faux messie qu'est Harper!

Les Québécois vivent un roman savon à la USA avec un dénommé charest!

Les Québécois de Montréal, c'est l'anglisisation et l'assimilation galopante!

Les Québécois de Québec (la ville) c'est l'amnésie totale!

Les Québécois ont pour devise "Je me souviens" de rien!

Les Québécois souffrent d'obnubilation chronique!

Les Québécois vont se réveiller un jour, mais il sera -peut-être- trop tard !

C'est pour quand, l'identité, la fierté, et la dignité ???

BONNE FÊTE, Nationale quand même !!!

# 24 juin 2006, 17:05

Marc Charette a dit :

Maniaco-dépression et personnalité contradictoire

Non seulement les indépendantistes ont-ils la peur au ventre et le vire-capot à portée de main en tout temps quand il en vient au référendum, ils ont aussi la gachette facile quand vient le temps de choisir un leader politique. Lévesque les a placés sur la 'map'? On se hâte de lui montrer la sortie quand on le sent amollir. Idem pour Parizeau. Idem pour Landry. Bouchard s'est lui-même indiqué la porte de sortie mais les supporteurs péquistes n'auraient pas attendu longtemps à le faire pour lui. Pourtant, ces mêmes indésirables deviennent par la suite les héros souhaités. On se pâme pour Bouchard. On se demande même si on n'a pas été trop sévère face à Marois. On s'intéresse à nos leaders qu'une fois tassés.

Pourtant, s'il y a un parti politique qui devrait se chercher un remplaçant et vite, c'est bien le parti libéral. Pourtant, même si on nous glisse du Couillard à l'occasion, on sent que le changement n'est pas pour demain et qu'on n'assassinera pas Charest sur la place publique au sein même de son parti. Les péquistes ont des leçons à tirer. À vouloir tout de suite ce qui se bâtit à petit pas, on ne fait que se rendre à la gratification immédiate. Quand on change de leaders à la moindre embûche, non seulement fait-on un maniaco-dépressif de soi-même, on fait aussi de soi un perpétuel insatisfait. Et l'insatisfaction chronique, ce n'est jamais vraiment sexy. Ni vraiment vendeur.

# 24 juin 2006, 17:10

Marc Tougas a dit :

On se calme le pompon (souverainiste)

Peut-être justement, que la souveraineté va devenir une réalité la journée où ce ne sera plus une question d'émotivité (et c'est pourquoi la meilleure qui aurait pu nous arriver, c'aurait été un référendum commandé par... Robert Bourassa!). Peut-être qu'un jour que tout le monde sera tellement d'accord avec la souveraineté que ca passera comme une lettre à la poste. Un peu comme le droit à l'avortement. Même si le débat fait toujours rage aux Etats-Unis et peut-être au Canada anglais, je ne pense pas qu'il y ait grand-monde au Québec qui ose se dire contre le droit de la femme de faire son choix personnel. Et pourtant, n'y a-t-il pas sujet plus chargé d'émotion?

Imaginez si le Québec se sépare dans l'émotion. Les négociations avec le reste du Canada vont se faire dans le bordel, comme un divorce avec une épouse cocue. Où chacun cherche à nuire à l'autre pour simplement se venger et le (la) faire... suer.

Mais imaginez si le Québec se sépare sans émotion, simplement parce que c'est l'évidence même. Quand le Canada va nous demander pourquoi nous sommes fâchés, nous allons simplement répondre: 'Hein? Nous ne sommes pas fâchés. Pas fâchés du tout.' Alors il n'y aura pas de surenchère hystérique.

Mais ca ne veut pas dire qu'il ne faille pas faire appel au rêve. Si le mouvement souverainiste a perdu des plumes, c'est qu'il fait trop appel à la raison, pas assez au rêve. Il faut faire rêve les gens. Mais sereinement...

# 24 juin 2006, 17:19

Daniel Valiquette a dit :

Déplacez-vous d'un seul centimètre et vous verrez le monde d'un tout autre oeil.

C'est je crois la leçon que nous sert notre nouvel ami Harper. Il n'aura suffit que d'un nouvel élan comme c'est souvent le cas dans notre monde. Nous n'y croyons plus, mais voilà le renouveau... à un point tel que rien n'y changera. Les libéraux peuvent retourner à l'école faire leur classe concernant la nouvelle politique canadienne. Et pour le Québec, souhaitons en autant. Que le bambin souverainiste qui a fait un "Tanguy" de lui-même cesse ses gérémiades et qu'il se remette au travail afin d'offrir à son peuple un réel renouveau. N'ayons pas peur d'une renaissance. Le mot d'ordre devrait être "oser". Moi-même souverainiste, je ne peux plus "gober" le discours de nos classe nationalistes. Lévesque, s'il était vivant encore, ronflerait d'ennui à la vue de ce que nous tentons. Et il ne pourrait, lui non plus prendre le discours indigeste de ce partie pourtant si exigeant pour ses dirigeants. Le serait-il inutilement ? Alors, au partie québécois tassez-vous que je regarde le soleil que vous me cachez depuis trop longtemps déjà. Faites comme la classe économique dirigeante, et aller faire vos devoirs avant de nous présenter un quelconque projet. Mirabel, le stade olympique, le casino....on connait !

# 24 juin 2006, 17:22

Yves Lévesque a dit :

Mauvaise analogie

Votre analogie est mauvaise, très mauvaise, M. Parenteau. Dans le sport, il y ceux qui jouent, et il y a les gérants d'estrade.

En tant qu'ex-membre d'une équipe nationale, permettez-moi de faire une analogie sportive, de la part de quelqu'un qui a déjà joué, lui.

Il y a maintenant plusieurs années de cela, je me préparais à jouer en Coupe du Monde dans ma discipline. Nous étions à quelques jours du départ, et quelques partisans sont venus me dire: "On espère que tu vas nous ramener une médaille!"

"Et pourquoi je vous en ramènerais une, de médaille?" leur répondis-je. "Vous croyez que ça pousse dans les arbres? Vous étiez où, vous autres, quand je m'entraînais pendant toutes ces années, quand je soignais mes blessures, quand je me remettais de mes erreurs? Vous n'avez que la critique aux lèvres, quand on échoue, et vous n'avez jamais joué de votre vie! Si vous en voulez une, vous n'avez qu'à aller en chercher une, de médaille!"

Évidemment, l'analogie sportive a ses limites, et je les connais. Par exemple, il n'est pas donné à tout le monde d'avoir les gènes, ou la chance de pouvoir jouer à haut niveau. Un gérant d'estrade, dans ce cas, ne peut faire partie de l'équipe pour une foule de raisons. La morale lui recommande, cependant, de respecter celui qui fait l'effort de jouer... Ce qui, quand on écoute les lignes ouvertes, est loin d'être la norme, vous en conviendrez!

En politique, cependant, nul besoin d'un VO2 MAX et d'une vision supérieure; il suffit de s'informer, de participer. Tout le monde peut, a le devoir, de jouer. C'est pourquoi je suis toujours renversé quand je vois des gens, dans notre société, se placer volontairement dans les estrades pour se mettre à chialer, à critiquer, sans rien faire! C'est impardonnable, inexcusable, odieux et malhonnête!

Mon respect va à ceux qui s'impliquent, dans les groupes de pression ou les partis politiques; les autres, les gérants d'estrade volontaires, je vous méprise, tous autant que vous êtes!

# 25 juin 2006, 17:23

Yvon Savoie a dit :

Une identité qui se cherche

L'ambivalence des Québécois est légendaire. Certes, "le beau risque" n'a pas livré ses fruits, mais les référendums de 80 et 95 ne les ont pas livrés non plus. Déjà plus de 10 ans où nous rations par une faible marge notre rendez-vous ave l'Histoire. Par la suite, la déclaration sur «l'argent et le vote ethnique" de Parizeau engendra un profond malaise "chez tous les Québécois épris de démocratie". Il en a résulté 10 ans de débats sur la conception du nationalisme qui devait prévaloir au Québec : le débat porta essentiellement sur l'ethnicisme de la nation québécoise. Ainsi, les théoriciens du nationalisme québécois prirent leurs distances avec le nationalisme culturel. Pourtant le fruit d'un grand sociologue culturaliste, le regretté Fernand Dumont, le nationalisme culturel devient alors suspect. Les Gérard Bouchard, Claude Bariteau et Michel Seymour optent tous pour une conception civique de la nation. Certains, dont Serge Cantin, défendent avec vigueur la conception dumontienne de la nation, alors que Jacques Beauchemin nous donne, avec l'Histoire en trop, un ouvrage tout en nuance qui réhabilite certainement les travaux de Dumont, tout en considérant l'inévitable caractère civique de la nation québécoise. Pourtant, malgré les nombreux efforts des intellectuels pour la conceptualiser, elle se cherche encore cette nation.

Est-elle maniaco-dépressive ? J'en doute. Elle souffre cependant de la grande ambivalence des Québécois. L'identité québécoise ne me semble pas affirmée, mais réactive. En effet, les appuis marqués à la souveraineté surviennent généralement suite à un échec de réconciliation avec le Canada (Meech, Chalotton, Plan B, etc.). Pourtant, bon an mal an, environ 40 % de Québécois se disent souverainistes.

Manifestement, cela ne semble pas suffisant pour donner un État indépendant à cette nation qui semble confortable dans le confort de l'indifférence que lui voue ses voisins "canadians".

# 26 juin 2006, 10:33

Sylvie Bourgon a dit :

Attention,manipuler avec soin...

Si le comportement des indépendantistes est cyclothymique (up and down) c'est surtout parce que nous sommes une belle famille de dysfonctionnels.Psychologiquement parlant, nous en avons tout les traits:besoin d'approbation,difficulté à rompre avec notre passé de colonisés,peur d'explorer l'inconnu,gêne à proclamer notre indépendance et pour terminer, je dirais que nous sommes les spécialistes de la tergirversation (avance/recul) et les champions des tracasseries inutiles au détriment de l'essentiel.Nous nous battons pour la reconnaissance tout en étant incapables de nous reconnaître nous-mêmes.Au lieu de viser un avenir radieux,nous nous complaisons à contempler nos bobos et à lécher nos plaies.Dès que quelqu'un ose mettre nos réalisations en doute,soit nous montons aux barricades avec colère et esprit de revanche,soit nous nous renfermons sur nous-mêmes avec culpabilité comme si nous étions réellement des "pas bons".Si parmi nous,il y en a un qui réussit à surnager,il devient aussitôt suspect (Céline Dion/Tremblay/Lepage).Il a sûrement vendu son âme au diable et ses archives à Ottawa...Nous nous déchirons entre nous pour des vétilles au lieu de "focuser" sur un ennemi commun et celui-ci,loin d'être celui que tout le monde désigne i.e Charest,c'est tout simplement nous.

Tant que nous n'aurons pas compris cet état de choses,nous persisterons à mettre des bâtons dans les roues de notre beau projet et celui-ci restera du domaine du rêve.Nous devons apprendre à nous donner les moyens de nos ambitions en dépassant ce comporte-ment infantile et destructeur...

# 26 juin 2006, 10:43

Christian Boisvert a dit :

L'art de gâcher la sauce!

Bien sûr, le parti indépendantiste, c'est le Parti Québécois! Mais, mon Dieu que ses partisans ne l'ont pas! On dit de ce parti qu'il est très difficile à gouverner. D'ailleurs, c'est un peu comme le Canadien de Montréal (restons dans les analogies hockeyestes!!!). Combien d'excellents leaders ont été sacrifiés parce qu'ils ne parlaient pas assez de souverainetés, ne déclenchaient pas à tous vents des référendums??

Et pourtant, à mon avis, c'est ça qui a fait mourir la flamme indépendantiste. Le peuple en général est fatigué d'en entendre parler. Et même si nous sommes tous convaincus qu'un jour, l'indépendance se fera, il faut se demander si nous ne serions pas mieux de mettre le tout à couver à feu doux pour les 10 prochaines années, le temps que les circonstances soient plus favorables! D'ailleurs, ça pourrait être plus court!

On connait peu Harper! Et surtout, sa position minoritaire l'oblige à faire des acrobaties. Mais soyons clair: le jour où cet homme et son parti seront portés au pouvoir avec une forte majorité, vous verrez l'iceberg au complet et non pas seulement la pointe! Ça, ça veut dire la fin de Kyoto, du contrôle des armes à feu, un rapprochement de l'administration Bush, un durcissement de la chose judiciaire et une importance accrue de l'armée. Or beaucoup de ces points sont contre les valeurs québécoises. À ce moment nous pourrons raviver l'option d'indépendance.

Mais non! Au lieu de ça, les membres du parti continuent à gâcher la sauce en remettant sur la sellette, continuellement, leur pauvre "coach". Et lorsqu'ils l'auront bien usé, villipendé et sacrifiés sur l'autel du parti, alors ils en choisiront un autre... et l'option indépendatiste aura encore reculé un peu plus.

# 26 juin 2006, 10:58

Hélène Beaulieu a dit :

Qu'est-ce qu'ils veulent, ces Québécois???

En effet, il existe une maniaco-dépression souverainiste au Québec. Aux Etats-Unis tout comme au Canada un faible pourcentage des citoyens se déplacent pour aller voter. Se pourrait-il que la qualité de vie que l'on y retrouve explique ce désintérêt envers la politique? Au Québec le référendum de 1995 a été perdu selon Jacques Parizeau à cause de l'argent, des votes ethniques et des citoyens de la région de Québec qui se sont déplacés en moins grand nombre que les anglophones pour voter. Il y aurait peut-être là matière à réflexion. Se pourrait-il que la mentalité des francophones de la région de Montréal diffère de celle de la région de Québec? N'est-il pas utopique donc propice à la maniaco-dépression que d'entretenir un rêve de souveraineté basé sur une "réalité" francophone aussi divisée? Le Montenegro indépendant (58% sur 86%) vient d'adhérer à l'union européenne, union qui n'a pas encore fait concensus quant à sa constitution. La fédération canadienne est souvent citée comme référence dans les pourparlers. Le fait francais fait partie intégrante du Canada. Un Québec séparé serait-il aussi démocrate qu'un Canada qui accepte de composer avec une opposition séparatiste? Pas sûre! Toutes les écoles de pensée se devraient d'être considérées en démocratie. La pensée unique est improductive et mène droit au "Lithium".

# 28 juin 2006, 10:59

Lise Bourassa a dit :

L'identité, d'un peuple : à-venir!

Le dualisme, que vit les gens de la «Belle Province Du Québec », n'est pas un problème d'aujourd'hui! Sous le régime de Monsieur Jean Lesage, le slogan était : «Maître chez-nous», qui on le sait, a été reprit, plus tard. Puis, le jour d'Espoir! La possibilité, de devenir chez-soi! «Le Québec aux Québécois.», de Monsieur René Lévesques! Le rêve, à vite tourné au cauchemar, après le référendum : «Si, je vous ai bien, compris, vous me dites, à la prochaine fois!» Depuis, l'identité d'un peuple «À-VENIR», semble, de l'ordre de l'utopie! Surtout, après un deuxième référendum! Il y a eu, ce que l'on appelle : «les vires capots»! Et, nous voici à vivre, de scandale en scandale! Il faut croire, en une idéologie politique! De grâce, cessez d'attendre le «Messie», pour régler, la problématique. L'être humain, n'a peut-être, pas le charisme, la personnalité, ou le feu sacré, que les souverainistes attendaient! Il ne faut pas oublier, que le peuple doit voter, pour «L'Idéologie Du Partie», et non pas pour l'homme représenté! Ce n'est surtout pas, un concours de beauté! Et, je ne doute pas, de l'intelligence du peuple non plus! Or, s'installe, les «up and down»! Les fameux hauts, bas, d'une même collectivité! Mais, de là à croire, que tous les Québécois, souffrent, de «bipolarités»? Permettez-nous, de douter? Tôt ou tard, ce jour, de Gloire arrivera! La conscientisation, du peuple est en fonction pour, son ultime but : «L'indépendance»! Une simple question de temps! Ce qui est une goutte d'eau dans l'éternité! Le verrons-nous, ou pas? L'assimilation, la récupération, etc. Pour l'Avenir, de nos enfants, pour un Futur pays pour nos enfants, nous n'avons pas, le droit de nous laisser, manipuler, par la «maniacodépression souverainiste»...

# 28 juin 2006, 16:03

Ben Sauriol a dit :

Une belle fable, un rêve optimi