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Higelin, version luxe
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Si le dernier Higelin est un bon petit disque revigorant, son édition de luxe est renversante. Il s'agit d'un livre/cd comprenant photos, dessins et textes de Dupuy & Berberian et Anne-Lise Broyer. Ça se passe en Alsace, dans la ferme du co-réalisateur Rodolphe Burger, pendant l'enregistrement de Coup de foudre. Le décor épate par sa beauté, il y a de la tendresse dans la façon de raconter et montrer le quotidien des musiciens, leur environnement. En 64 pages!
De quoi donner envie de se repasser l'opus ou, mieux, de prendre l'avion direction Europe.
P.-S. Aux lecteurs qui s'étonnent de ne plus me lire ici ou dans Voir, je dirais patience, je reviendrai plus régulièrement bientôt. Je travaille actuellement ailleurs (c'est un secret) sur un projet tellement intéressant que je ne pourrai pas m'empêcher de vous en faire part le moment venu (quand ça ne sera plus un secret). Alors on criera au conflit d'intérêt et, pour une fois, vous aurez bien raison.
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Mano Solo RIP
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Ben, voilà, Mano Solo vient de mourir, à 46 ans, des suites de plusieurs anévrismes. Il a chanté la mort, le sida pendant longtemps, ça le rattrape. Il est l'auteur d'une trilogie essentielle dans la chanson française, ses trois premiers albums, urgents, noirs et romantiques: La marmaille nue; Les années sombres et Je sais pas trop. 1993 à 1997, quelques années pour faire sa marque. Ensuite, ce sera autre chose... Lors de son passage au Spectrum pour son premier album, il chantait assis sur un tabouret et ne faisait pas d'entracte. Ça avait été un des spectacles les plus tristes et drôles à la fois, tant Mano Solo savait manier l'autodérision et le pathos. À la fin, il était sorti de scène avec un «Salut, Montréal!» qui sonnait déjà comme un adieu tant il était affaibli. Mais il est revenu quelques années plus tard, dansant et sautillant cette fois-ci.
Pour toutes tes chansons puissantes, merci l'artiste. Et bon vent.
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Palmarès 2009
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D'abord merci aux lecteurs qui m'ont envoyé leur propre palmarès. Ça prouve à quel point les goûts sont diversifiés. Merci également pour les agneaux reçus. Au Voir, nous comptons - dès février 2010 - ouvrir un zoo.
Voici, en guise de prolongement au bilan paru cette semaine dans le journal, mes différentes catégories. J'ai mis des hyperliens directement sur le nom des artistes, pour que ça aille plus vite. C'est plus de trouble pour moi, mais ça vous permet d'être plus paresseux et, en hiver, la paresse, c'est toujours ça de gagné.
Albums
1) Martin Léon, Moon grill
2) Florian Mona, éponyme
3) Luc De Larochellière, Un toi dans ma tête
4) Stéphanie Lapointe, Donne-moi quelque chose qui ne finit pas
5) Émilie Proulx, La lenteur alentour
6) Claire Pelletier, Six
7) Marianne Dissard, L’entredeux
8) Bruno Maman, Faire l’amour
9) Clarika, Moi en mieux
10) Dumas, Traces
Meilleure importation
Xavier Plumas, La gueule du cougouar
Surprise
Fred Pellerin, Silence
Découverte
Osmosaïc
Rééditions
Beau Dommage
Ultime rock progressif
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Votre palmarès 2009
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Si vous passez par ce blogue d'ici le 24 décembre, date à laquelle Voir publiera les palmarès des meilleurs disques de l'année, j'aimerais connaître le vôtre. Quels sont vos meilleurs disques francophones de 2009? J'ai demandé à mon chef de section de faire le palmarès du heavy métal plutôt que le franco, il n'a pas voulu. Je me demande encore pourquoi. Vous pouvez également, si le coeur vous en dit, essayer de deviner mes choix... Il est beau mon agneau non? J'adore la viande d'agneau. Pour Noël, n'hésitez pas à m'en envoyer au journal. Ça fait toujours plaisir, recevoir un agneau par la poste.
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Le cas Dumas
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Encore une belle surprise pour la fin de l'année. Le nouveau disque de Dumas (Traces) est franchement réussi. Et c'est un vieil admirateur du chanteur qui le dit. J'avais adoré Le cours des jours ainsi que Ferme la radio et Les Aimants. Mon premier article dans Voir, c'était pour sacrer ces deux derniers CD comme disques de l'année. Puis j'ai décroché. Fixer le temps? Bof. Quatre «mini-albums» en un an? Énervant. Je les écoutais comme un devoir de journaliste. Je ne pense pas être le seul à m'être dit plusieurs fois: «ENCORE un nouveau Dumas???!!!», ponctué de quelques jurons que l'Église désapprouve mais qui soulagent le Québécois moyen. Et là Traces, qui reprend pourtant 11 chansons (sur les 13 qu'il contient) qui figuraient déjà sur les quatre mini-albums (sympathiques, mais pas renversants)... Pourquoi cette foudre qui assaille de nouveau?
Les cordes? Une pop excitante qui rappelle Jaune / Soleil de Ferland? Mystère. En tout cas, l'envie - pressante - de le refaire jouer. Qui sait s'il ne finira pas dans le palmarès des meilleurs opus de 2009?
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Cabrel capturé
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En France, ils sont chanceux. Ils ont pris Francis Cabrel et ils l'ont mis sur un DVD. Ça ne fait de mal à personne et son public peut se régaler à le revoir sur scène, lors de sa dernière tournée. Ça s'appelle simplement La tournée des roses & des orties et aucune date de sortie n'est encore prévue au Québec. Ça ne serait pas la première fois qu'on ignore notre pays dans les enregistrements vidéos de Cabrel. En fait, un seul de ses DVD est disponible ici! Si on considère la grande qualité de son répertoire passé et récent, c'est vachement dommage.
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Chapeau à Fred Pellerin!
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Eh bien en voilà une bonne nouvelle! Fred Pellerin vient d'obtenir un disque d'or (40 000 exemplaires vendus) pour Silence, son premier album solo sorti il y a une semaine! Grosse surprise en écoutant cet opus magnifique. Pellerin ne conte plus, il chante sobrement en s'accompagnant d'une guitare en bois. La pochette est superbe, ça respire le silence. Jusqu'à présent, la plus belle surprise de 2009. On n'attendait pas le conteur dans un registre folk, dans un répertoire gossé à la main par lui (trois chansons) ou d'autres (David Portelance, Vigneault, etc.). Sa reprise de Serge Reggiani (Le petit garçon qui devient La petite fille) dépasse largement la version originale. Franchement, on s'incline devant tant de pudeur et de beauté. Et on se remet encore une fois le disque, dans son salon, sa cuisine ou son iPod.
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Beautés du journalisme
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Quand même, parfois, le journalisme est un beau métier. Découvrir avant tout le monde des artistes, des oeuvres. Pouvoir échanger avec eux, dialoguer sur la musique... Dans une autre vie, j'avais un blogue sur les téléséries, en pleine ferveur pour la géniale Minuit, le soir. J'ai beaucoup d'admiration pour son auteur principal, Pierre-Yves Bernard (photo). Or, il y a quelques semaines, j'ai fait une entrevue avec Damien Robitaille pour la une d'aujourd'hui à Québec (et une version abrégée à Montréal). C'était la troisième fois, je crois, que je faisais Robitaille. Par contre, le metteur en scène de son nouveau spectacle était là, et c'était Pierre-Yves Bernard. Une belle rencontre dans un bar montréalais, en plein après-midi. J'ai apprécié l'humour des deux comparses, leur manière de se renvoyer la balle.
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Un nouveau Plume?
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Avec un peu de retard, voici un petit mot sur la dernière réédition de Plume Latraverse. L'an passé, il a fait paraître dans la plus stricte confidentialité «Chansons nouvelles - revisitées», une réimpression de son album de 1994. En quoi est-ce «revisitées»? Il faut acheter le CD pour le savoir car aucune info claire ne circule sur le net, sauf erreur. Il s'agit tout simplement d'une remastérisation faite en 2008. Difficile de dire si ça valait vraiment la peine, l'opus original n'était pas si vieux. Chose certaine, on peut retrouver avec plaisir de bonnes chansons comme Quelle histoire! ou 1837. Ça vaut toujours mieux qu'un duo «comique» qui cherche à l'imiter pathétiquement...
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Biolay castré?
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C'est proprement scandaleux. Êtes-vous allés récemment chez le disquaire? On propose pour environ 24 $ le nouvel album de Benjamin Biolay, La superbe, en version double CD, comme en France. Un prix tout à fait correct pour une importation, d'un très grand artiste français. Biolay a trié, parmi des dizaines de chansons, celles qu'il voulait absolument mettre pour créer une oeuvre riche, variée, personnelle. En tout, il reste 23 morceaux. Qu'il ait réussi ou non sa sélection, c'est une autre histoire... Au public de juger. Mais encore faut-il qu'on lui en donne la possibilité. Or, si je me fie à ce que je viens d'entendre à Radio-Canada, la version québécoise du nouveau Biolay sera vendue (autour de janvier 2010) en CD simple. Comment son étiquette (Naïve) peut-elle se permettre de mépriser à ce point le public québécois? Comment peut-elle se permettre de charcuter une oeuvre, castrer un tel créateur? On espère vivement que c'est une fausse rumeur. Parce que si tel était le cas et qu'on vendait ici une oeuvre tronquée, ça ouvrirait la porte au piratage. En ces temps de crise du disque, on ne peut pas dire que ce serait une bonne chose...
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Gainsbourg, le film
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J'en ai déjà parlé ici, mais ça me fait plaisir d'y revenir. La bande-annonce du film Gainsbourg (vie héroïque) vient de surgir des entrailles de youtube. À voir en cliquant ici. Prometteur, non? L'immense bédéiste Joann Sfar en est le réalisateur.
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Chapeau à Kisling
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Chaque fois, le même coup de coeur. Jérémie Kisling n'est pas seulement suisse, il est aussi très attachant. Ses chansons font sourire, apaisent et enchantent. Tendres, moqueuses ou mélancoliques. Hier soir, au Lion d'or, Kisling était en solo. Mais ô la bonne surprise! sans ordinateur pour bidouiller de faux sons. Juste sa guitare électrique, son harmonica et son piano. Les chansons du nouvel album, Antimatière, étaient encore plus belles dans ce dénuement. Kisling, simple, drôle et émouvant, a encore prouvé qu'il est un maillon important de la scène actuelle francophone. Vivement son retour. Le public, visiblement sous le charme lui aussi, ne s'est pas fait prier pour l'applaudir.
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Fraîcheur
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Mais non, je ne parle pas du froid qui s'abat sur nous, voyons. Vous croyez vraiment que j'écrirais un billet météo ici? En ce haut lieu de la culture? Non. Je viens de faire une belle découverte et je ne voudrais pas que les amateurs de chanson française ratent ça. C'est un groupe franco-belge, de passage pour le Coup de coeur francophone, du 5 au 9 novembre: Suarez. À Montréal, Suarez joue en doublé avec Jérémie Kisling, et ça tombe rudement bien: une même fraîcheur souffle sur leurs chansons. Une belle pop acoustique et légère. Les quelques morceaux entendus m'ont ravi. Le premier CD du groupe formé d'un Belge et de trois Malgaches sort chez nous le 10 novembre. Pour un avant-goût, allez sur le site...
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L'oreille de Delerm
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Vincent Delerm est sans doute un des chanteurs français les plus intéressants de sa génération. Dommage que ses albums soient à peine disponibles ici. Le 16 novembre, il sort en France un DVD-livre de sa dernière tournée: images, photos et textes. Voici qui semble très prometteur, même si je doute que ça se rende jusqu'à nous. Sa maison de disques, Tôt ou Tard, ne semble pas prête à faire des efforts de promotion pour ses artistes au Québec. À part Fersen, point de salut.
Dans le communiqué pour Delerm, on peut lire ceci. Son univers s'y trouve bien représenté:
Top 10 des phrases entendues après concert dans le hall:1. Je vous avais vu avec Jeanne Cherhal. 2.Ça va finir dans une chanson ça ! (À propos de n’importe quoi, un feutre qui ne marche pas, un gobelet qui se renverse, une écharpe qui traîne par terre.) 3. Fanny Ardant vous l’avez rencontrée ? 4. Je vais être franc avec vous, je ne connaissais pas avant de venir. 5. C’est vous qui choisissez la première partie ? 6. Si je vous envoie des textes à la maison de disques vous les aurez ? 7. On a cru qu’on allait voir Souchon apparaître et puis non. 8. Bravo pour Stéphane Guillon. 9. C’est la première fois de ma vie que je demande un autographe. 10. En fait vous êtes drôle. |
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Rock?
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Si vous êtes comme moi et que vous préférez votre rock sérieux et mûr plutôt que juvénile et déconnant, allez jeter une oreille sur Semtazone dont je parle aujourd'hui dans la page Disques:
Une décennie et une poignée d'albums plus tard, les Français de Semtazone quittent l'ombre des Têtes Raides. Fini, la fanfare un peu bancale. Pour notre plus grand bonheur, ils entrent dans un rock plus sombre et littéraire qui resplendit, qui tranche. Également, avec Alles is durven, on accorde davantage de place à la chanteuse, dont on apprécie la voix chaude. Les textes font étape à Bagdad, Berlin, Londres, et le tissu des guitares électriques envoûte. Semtazone reprend là où Les Hurleurs avaient fini en 2002, plus près des Tindersticks ou de Thiéfaine que de La Tordue. (3 étoiles et demie)
Semtazone est en tournée chez nous du 23 octobre au premier novembre. Le 24 à la SAT de Montréal. Mais aussi à Ottawa (un autre pays, je sais), Québec, Trois-Rivières et Tadoussac.
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