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January 2005 - Messages
27 janvier 2005, 12:00
Le retardataire
C'est la grande déprime. Fin janvier, froid sibérien. Les étudiants étrangers qui en sont à leur premier hiver chez nous ne quittent plus leur résidence autrement qu'en empruntant les corridors souterrains de l'université. Dans les banlieues, les cordes de bois se délitent avec la fulgurance d'un ski-doo fuyant la police dans les sentiers de Val-Bélair, tandis que les détaillants d'appareils électroniques font des affaires en or avec les cinémas maison et que les marchands de meubles liquident leurs stocks de divans à 36 paiements en 36 mois.

D'où mon étonnement que l'on se préoccupe chaque année du froid dans nos médias lorsque, en réalité, l'ennemi public numéro un serait plutôt son corollaire: l'ennui. Un ennui le plus souvent alimenté par des séries télé parfaitement lénifiantes qui, cette année, devront cependant rivaliser de "soporifisme" - appréciez le néologisme - avec le triste défilé des aspirants à la mairie de Québec. Âpre concurrence, vous admettrez.

Mais réprimez bâillements et soupirs agacés. La chose devrait être excitante, les dossiers chauds ne manquant pas dans la capitale. Soit-elle provinciale, nationale, de la nordicité ou de l'insulte radiophonique.

Qu'on pense seulement aux conflits qui opposent l'administration municipale et ses corps de policiers et de pompiers, aux sérieux défis du développement économique, à l'exode des jeunes, au marasme ambiant, aux innombrables ajustements post-fusions ou aux fêtes du 400e, celui qui échouera sur le siège de Jean-Paul 1er aura toute une marchandise à livrer.

Sauf que voilà, à peine le jeu a-t-il débuté que déjà plane l'odeur fétide de la petite politicaillerie et des entourloupettes. Et ce remugle émane principalement du bureau de Marc Bellemare, ancien ministre de la Justice du désormais parfaitement ridicule gouvernement Charest.

Déjà, on savait Marc Bellemare chétif. À la première contrariété, le voilà qui envoyait promener ses congénères libéraux pour retourner à la pratique privée. Un combat de perdu, et il se désiste. Agaçant, vous dites? Ce n'est rien à côté de sa persistance à ne pas vouloir annoncer officiellement sa candidature à la tête d'un troisième parti, dont le financement irait pourtant déjà bon train, apprenait-on lundi.

Alors, pourquoi laisser planer le doute, Monsieur Bellemare?

Le sondage de la mi-novembre (Crop-Le Soleil) vous plaçant en tête devant plusieurs éventuels candidats ne vous a pas convaincu? Il vous donnait pourtant gagnant, même contre l'indomptable Andrée Boucher. Est-ce d'une autre petite poussée que vous avez besoin? Alors laissez-moi vous la donner tout de suite: cette victoire vous est déjà assurée. Et si vous avez le moindre petit atome d'instinct politique, vous le savez déjà et ne nous faites languir que par sadisme. Ou alors, il s'agit d'une stratégie politique qui consiste à entrer dans la course à la dernière courbe et à devancer ses opposants à bout de souffle. Car rien ne sert de courir...

J'exagère? Ou pire, vous doutez encore? Homme de peu de foi. Regardez vos éventuels opposants. Un Claude Larose plus gris que les pierres de l'hôtel de ville, au charisme frisant le degré zéro; une espèce d'Iznogoud qui a assez peu de chances d'être calife à la place du calife. Il y a aussi un Régis Labeaume fort sympathique, mais qui a tout à prouver et rien à montrer sur le plan politique. Un bon homme d'affaires, peut-être, un ambassadeur hors pair, soit, mais qui représente un pari politique risqué. Puis il y a un Hugo Lépine, qu'on découvrira peut-être avec le temps, mais qui, pour l'instant, ne détient que la juvénile fougue du débutant comme atout. Et les autres? Quels autres?

Mais peut-être est-ce justement la facilité du combat qui vous rebute? Auriez-vous souhaité vous colleter à un homme de la stature de Jean-Paul L'Allier, Monsieur Bellemare? Et moi qui croyais que l'opportunisme était une "valeur" indispensable en politique...

Soyons francs, vous et moi, nous le savons, vous n'avez qu'à vous pencher pour ramasser ce poste. Aussi, votre désir de faire durer le suspense risque de rapidement tomber sur les rognons de tous ceux et celles qui, contrairement à vous, osent faire le saut dans le vide sidéral de la politique municipale, sans attendre que le tapis se déroule devant eux. Cela s'appelle du courage. Vous connaissez?

Et si le doute subsiste toujours, si jamais la crainte d'être battu vous empêche de dormir la nuit, si elle taraude votre ego chromé d'avocat émérite, j'ai un conseil pour vous, Monsieur. Une assurance tous risques. Un passeport pour la victoire.

Faites comme ceux qui ont repris le comté de Vanier que vous avez laissé vacant, investissez seulement quelques milliers de dollars dans un beau package d'infopubs à CHOI, et vos derniers relents d'incertitude fondront comme neige au soleil.

Mais qu'est-ce que je disais au départ? Ah oui. Fin janvier, froid sibérien. C'est la grande déprime.

Patience, chers lecteurs, ça ne fait que commencer.

20 janvier 2005, 12:00
Le magicien d'Oz
Au Québec, patrie du consensus mou et du 50-50, rarement les décisions d'un gouvernement font-elles l'unanimité. Soit-il libéral ou péquiste. Aussi doit-on saluer l'exploit du ministre de l'Éducation Pierre Reid qui, en annonçant la semaine dernière le financement à 100 % des écoles privées de confession juive, y est enfin parvenu.

Bravo M. Reid! Toutes nos félicitations pour ce refus unanime de la population québécoise à avaler vos détestables couleuvres.

Bravo pour cette décision qui, si on en croit les réactions épidermiques qu'elle suscite, permettra d'alimenter un peu l'antisémitisme, donnant enfin raison aux paranoïaques qui, dès l'incendie criminel de l'École de Talmud Torah, prétendaient déjà voir une montée de la haine du Juif chez le Québécois moyen.

On sait maintenant que tout cela n'est que poudre aux yeux. Dix millions en moins dans les poches des contribuables pour trois quarts de million dans la caisse du parti et hop! la fin de nos beaux principes de société.

Comme leçon d'opportunisme, mais aussi comme exemple d'un gâchis parfait, je cherche, mais je ne trouve pas mieux. Félicitations encore M. le Ministre pour ce recul de la laïcité de nos institutions au profit d'une infime minorité, bravo pour ce nouveau paradigme de la connerie politique qui alimente quant à lui le mépris que l'on peut entretenir, à juste raison cette fois, pour la classe dirigeante.

Mais attention, ce n'est pas tout.

Lundi, vous prononciez enfin votre fameuse politique des cégeps. Je dis "enfin", parce que ce document était fort attendu. Dans l'inquiétude et l'impatience, devrais-je ajouter, puisque vous aviez laissé brûler les braises de la disparition des cégeps ou de leur refonte pendant plusieurs mois, gardant tout le monde en haleine devant l'éventuel désastre. Mais voilà, quelques occultes changements plus tard, accouchant du fantôme d'une réforme, vous voudriez être reçu en sauveur, tel un grand démocrate à l'écoute de la population? Comme si nous avions oublié que le héros des pompiers est aussi le pyromane?

Le ridicule ne tue peut-être pas l'homme, mais sa carrière politique, elle?

Devant tant de bêtises (n'oublions pas le dossier cahoteux des prêts et bourses), on en vient à s'interroger sur la cruauté des jeux de coulisses auxquels s'adonnent les libéraux: serez-vous, Monsieur Reid, le grand sacrifié à l'autel des réformes du gouvernement Charest? Et comment vous en vouloir personnellement quand la ligne du parti est à l'avenant? Faire régner la peur et l'incertitude pour mieux apparaître en sauveurs en faisant du surplace. Promettre le pire pour que le statu quo ou les changements les plus minimes aient l'air d'une bénédiction. Faire toujours plus de sauvetage d'image, et toujours moins de politique.

Du silence du ministre Couillard dans le dossier du méga-hôpital du CHUM, qui sent fort la stratégie de survie, au mutisme qui traduit l'incapacité du ministre Chagnon à agir dans le cas de Kanesatake, rarement a-t-on vu un gouvernement faire preuve d'une telle prétention ("Nous sommes prêts"?) et d'une telle arrogance pour ensuite s'écraser, se défiler. Allumer des feux et se replier pour les éteindre, dire une chose pour ensuite faire son contraire. Et s'en féliciter.

En fait, si le premier mandat du gouvernement de Jean Charest était un conte, ce serait sans doute celui du Magicien d'Oz. Sur la route de briques jaunes du pouvoir, une fois leur passage payé à la compagnie qui en assure la gestion en PPP, le premier ministre se lancerait à la recherche d'un cerveau, le ministre Couillard d'un cœur et le ministre Chagnon d'un peu de courage.

Et Pierre Reid? Il ferait claquer les talons de ses petits souliers rouges pour retourner au plus vite à Sherbrooke, son Kansas à lui.

ooo

En terminant, juste un truc, rapidement. Encore à propos de Dieu et des catastrophes naturelles. J'écoutais Marie-France Bazzo la semaine dernière qui, avec ses invités, cherchait un "sens" à donner au tsunami. Je m'y attendais un peu, mais j'ai tout de même sursauté quand l'animatrice a évoqué une sorte de revanche de la Nature, de représailles pour ce que nous lui faisons subir.

Wôô les moteurs! D'un point de vue purement symbolique, peut-être, mais cette mystique de l'écologie est aussi vaine et aussi fausse que de prétendre que la punition divine existe. Allah, Krishna ou Gaïa, quelle différence? Aucune. La Terre n'a pas plus de conscience qu'un géranium ou que Dave Hilton. Chercher un "sens écologique" dans les catastrophes, imaginer la Terre qui se ferait justice, c'est chercher du sens dans une tempête de neige.

Et qu'est-ce que vous ririez de moi si je vous disais que les tempêtes de neige, c'est la Terre qui ferme les écoles parce qu'il n'y a pas assez de cours d'écologie!

13 janvier 2005, 12:00
Dieu is back
Avez-vous remarqué que, ces temps-ci, Dieu est partout?Normal, me direz-vous, c'est là qu'il est censé être: partout. Mais ce n'est pas ce que je voulais dire. Dieu est partout dans l'espace médiatique. Comme si après des années de déni, de rejet, longtemps la victime d'un athéisme furieux, il faisait un grand retour. Un peu comme Michèle Richard, mais en nettement plus flamboyant, et avec, c'est tout à son honneur, beaucoup plus de choses intéressantes à raconter sur Lui.

Prenez le tsunami. Outre les prévisibles propos des extrémistes ("Dieu a frappé les plages de la débauche, du nudisme et de la prostitution", ce qui annonce le pire pour Québec et qui explique peut-être les déboires de Saint-Raymond...), on faisait grand cas de la déclaration de l'archevêque de Canterbury, dont la foi a un instant vacillé, le temps de se demander: mais où était donc Dieu en ce 26 décembre maudit? Eh bien, il semble qu'il était occupé du côté des rescapés canadiens du cataclysme, et de celui du boxeur Stéphane Ouellet, puisque ceux-là faisaient tous leur profession de foi dans les journaux ou à la télé, presque au même moment.

Un peu plus tôt l'an dernier, Dieu faisait la une du Time Magazine: des scientifiques s'y demandaient s'il existe un gène de la foi. C'est dans cette lancée que le Nouvel Observateur consacrait son édition du 23 décembre à "Dieu et la science: le nouveau choc". Un dossier passionnant.

Passionnant parce que la science s'est faite Dieu. Aussi parce que, devant les échecs de cette dernière à expliquer certains phénomènes, dont le vide, Dieu serait peut-être sur le point de reprendre la place - vide, ha! - qu'il a laissée à la science et, plus tristement, aux charlatans des cristaux, du cosmos, de Raël et consorts.

S'il nous avait quitté depuis la Révolution tranquille, Dieu n'a évidemment jamais délaissé nos voisins du sud. Il y mène tout de même une surprenante offensive depuis quelques années, non seulement en politique, mais aussi à l'école, où les créationnistes vont probablement remporter un combat qu'ils devraient pourtant perdre: le droit de cesser d'enseigner la théorie de l'évolution au profit de la création de la Terre en sept jours par Dieu. Le droit de renier des faits scientifiquement prouvés au profit du folklore religieux. C'est là que Dieu devient un peu chiant.

Et là où il devient carrément insupportable, c'est lorsqu'il sert le fanatisme, sous le nom d'Allah, de God ou de Yahvé. Remarquez, les idées sont toujours mal servies par les fanatiques. Que ce soit celles de Dieu ou d'un autre. J'en veux donc surtout aux intégristes qui s'en réclament pour matérialiser leur désir de pureté dans un monde parfaitement impur.

Dieu est partout, vous disais-je. À la télé, à la radio, dans les journaux (La Presse lui consacrait même son édition du samedi il y a quelques semaines), mais aussi, parfois, dans ma boîte de courriel, à l'étroit entre des réclames de fausses Rolex et d'élargissement du pénis.

Il se manifeste le plus souvent chez certains lecteurs que la rigueur théologique ou la ferveur m'interdisent de défier, surtout parce que mon rejet de Dieu a quelque chose d'aussi paresseux que son acceptation par un certain Pascal.

Pascal disait en gros qu'il préférait prendre le risque de croire en Dieu. Tsé, d'un coup qu'il existe, une fois mort, j'aurai l'air moins con, croyait-il. Moi, c'est exactement l'inverse. Je prends le pari de ne pas y croire. Tsé, d'un coup qu'il n'existe pas, j'aurai l'air moins con.

Mais si je devais y croire, si on m'y forçait, je le verrais volontiers dans les voix frémissantes de Bob Dylan et Nina Simone, dans le piano de Nick Cave ou la trompette de Miles Davis. Je le verrais dans la création pure, dans cet incroyable vaudou qui permet aux humains de façonner de la beauté.

Je le verrais peut-être se cacher derrière le hasard aussi, pour ne pas être reconnu. J'aime assez cette idée, très poétique.

Mais chose certaine, il n'est pas dans la crosse de monseigneur Ouellet ou dans l'intolérance des dévots pro-vie. Non plus chez ceux qui massacrent et manipulent en son nom. Et pas plus dans la guitare du Français en perfecto qui se prend pour le Dick Rivers de l'évangélisation à la télé la fin de semaine.

Lui, sa guitare, j'ai plutôt envie de la lui casser sur la tête.

Parce que je comprends bien le retour de Dieu en ces temps troubles. Je le préfère encore aux singeries des gourous de sectes et autres triturateurs d'âmes éplorées, même si je me surprends à défendre une chose en laquelle je ne crois pas.

C'est juste que mon amour du prochain à moi, il est sélectif. Et surtout, il est allergique à la bullshit et aux clowns.

6 janvier 2005, 12:00
Salut Bonhomme!
Il a finalement frappé, le Front de libération de Bonhomme Carnaval!

Excités par la propagande syndicale, convaincus de leur indigne statut, parfaitement dégoûtés d'être exploités 15 jours par an, les bonhommes dans le Bonhomme ont, dans un étonnant coup d'éclat, détaché leur ceinture fléchée, jeté les mitaines et claqué la porte.

Snif!

Plus tôt le mois dernier, de nombreux commentateurs s'étaient empressés de décrier la démarche d'accréditation syndicale que l'équipe de personnificateurs et d'accompagnateurs de Bonhomme avait déposée, arguant simplement de l'imbécillité profonde de la chose ou de la dérive des grands empires syndicaux.

Mais qu'en savent-ils réellement? Et si Bonhomme était le cas le moins documenté, le plus secret et plus odieux exemple d'exploitation ouvrière de toute l'histoire du Québec?

Pensez-y. A-t-on seulement idée du sort réservé à ceux qui vivent derrière le visage des mascottes? Peut-on imaginer le degré de stress d'un Bonhomme en pleine parade, secoué par un tir d'artillerie composé de bouteilles de bière et de balles de neige traçantes? Un Bonhomme trimballé sans cesse d'un bout à l'autre de la ville pour serrer des mains, ses interprètes exposés à de nombreuses maladies contagieuses, terminant leur contrat avec un hand shake elbow, la guedille au nez. L'aine étirée d'avoir trop levé la patte, ils finissent leur quinzaine d'un harassant boulot à moitié sourds de l'abrutissant concert des trompettes en plastoc, exaspérés du harcèlement des enfants hyperactifs et des insultes proférées par la myriade de cobayes de la plus récente recette du caribou. Et que dire de l'odeur du costume qui vous colle à la peau, des mois après la fonte du palais de glace...

Admettez, connaissant ces conditions honteuses, que le Carnaval n'a que peu à envier aux sweat shops du monde entier.

Si au moins restaient quelques duchesses pour faire oublier ces nombreux tracas. Le désir ayant, comme on le sait, d'incroyables propriétés qui permettraient notamment d'altérer la conscience, imaginez ce que le saillant postérieur d'une duchesse aurait pu avoir comme influence sur les relations de travail entre les interprètes de Bonhomme et leur employeur.

Mais bon, trêve de bêtises et de grossières fabulations, malgré de difficiles négociations entre les parties, les bonhommes dans Bonhomme ont quitté, et déjà le Carnaval est à la recherche de remplaçants. Le président de l'événement avait l'air plutôt embarrassé, en conférence de presse, d'avoir à souligner que l'organisation est à la recherche de candidats, soulignant qu'un certain physique est requis pour le poste... Bon, pour une fois que l'obésité pourrait constituer un facteur de discrimination positive à l'emploi, on ne va pas s'en plaindre, mais comme me le faisait remarquer un confrère: bonsoir la magie!

D'autant que depuis des lustres, l'organisation entretient un véritable mystère autour du personnage, faisant tout en son pouvoir pour protéger l'image de Bonhomme, s'insurgeant contre le traitement que lui faisaient subir les gars de Taquinons la planète - souvenez-vous des nombreux coups de poêle à la gueule -, protégeant farouchement sa réputation lors de la publication d'une fiction dans laquelle un criminel se dissimulait sous les traits du frissonnant bibendum. Sans oublier cette exécrable règle de conduite qu'on imposait à tous les employés de l'organisation qui, lorsqu'on les questionnait à propos des interprètes de Bonhomme, avaient l'insupportable habitude de vous répondre comme s'ils s'adressaient à un enfant de cinq ans qui poserait des questions sur le père Noël, vous disant que la mascotte est bien vivante et qu'elle est faite de neige et de glace...

Hélas, cette fois-ci, le Bonhomme a lui-même assassiné son image à deux reprises en moins d'un mois. Un véritable hara-kiri de marketing. On découvrait - sans surprise, mais dans une médiatisation sans précédent - que plusieurs personnes se dissimulent à tour de rôle sous le costume, que ces personnes ne sont pas toujours aussi heureuses que l'indécrottable sourire du Bonhomme pourrait le laisser croire, et qu'elles seraient même enclines, entre deux "Joyeux Carnaval" caverneux, à lancer un désormais presque aussi classique "So, so, so, solidarité". Too bad pour le mystère.

Pas de quoi en faire un plat, dites-vous? Parfaitement d'accord. La chose est triviale, parfaitement stupide.

Mais avouez donc qu'avec ces nouvelles accablantes qui nous parviennent en ce début d'année, c'est fou comme la petite connerie à l'échelle locale a le don de nous réchauffer le cœur.

Ce n'est pas notre faute: comme ceux qui se cachent sous Bonhomme, nous sommes humains, et donc un peu tatas nous aussi.

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