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October 2004 - Messages
28 octobre 2004, 12:00
Les chiffres ont une âme
441

En millions de dollars, c'est la somme qu'engrangerait le gouvernement québécois en exploitant les joueurs compulsifs qui délitent leur vie et leurs épargnes dans les vidéopokers.

Samedi matin, en lisant les résultats de l'étude réalisée par un chercheur montréalais, je me suis écrasé le visage dans les pages du journal. Atterré. 8,3 % des amateurs de vidéopoker seraient dépendants du jeu, et à eux seuls, ils représenteraient 59,1 % des revenus amassés par Loto-Québec avec cette pompe à fric.

Je vous entends déjà me dire: voui, mais Monsieur le chroniqueur, si Loto-Québec ne s'occupait pas de ces machines, ce serait le crime organisé qui en profiterait.

Pourquoi ne pas nous lancer dans la vente de drogue, alors? Tant qu'à y être, le gouvernement pourrait tout aussi bien reprendre cette lucrative entreprise, non? Il y a le Code criminel qui l'en empêche, direz-vous.

Vrai. Mais moralement, n'est-ce pas exactement la même chose? Profiter des plus faibles. Les attirer en faisant miroiter l'improbable, multiplier les points de "vente", diversifier les produits.

On ne parle plus de revenus additionnels pour l'État, ni d'allègement du fardeau fiscal. Ce dont il est question ici, c'est de prédation.

Parlant de drogue, connaissez-vous la différence entre la gimmick des vidéopokers et un pusher qui donne quelques joints aux enfants dans les cours d'école pour les rendre "accros"?

La différence, c'est que des revendeurs qui donnent de la drogue, c'est à la limite de la légende urbaine. Sinon de rares exceptions. Alors que les millions amassés en ruinant la vie des plus faibles que le gouvernement est censé protéger, eux, sont bien réels.

La différence, c'est que les joueurs compulsifs qui se tournent vers le crime organisé pour emprunter de l'argent, ça non plus, ce n'est pas de la fiction. C'est vrai. Ça se produit tous les jours et nous l'encourageons. Tacitement ou pas.

Aussi, ces statistiques alarmantes de vies ruinées par le jeu, même divisées par deux ou par trois pour faire plaisir aux sceptiques, seraient encore une insulte de la part d'un gouvernement qui prouve ici qu'il est parfaitement inhumain.

Car ces chiffres, ce sont des gens. Pas des poissons rouges. Ces chiffres ont une âme, crisse!

///
78,9

C'est le pourcentage d'étudiants en sciences de l'éducation à l'Université Laval ayant échoué au test de français cette année.

Ouch! Ça fait mal, non?

Le résultat est pire encore que celui de l'an dernier qui, lui, était déjà une catastrophe.

Alors on parle de quoi, là? D'un massacre?

À ce problème, je n'ai même plus envie de chercher de coupables. Je ne suis pas en colère, je suis seulement déçu. Découragé.

Reste que là encore, il est question d'âme. La langue, c'est l'âme d'un peuple, non?

Pas étonnant que la grande mode, de nos jours, soit de se la faire percer.

///
3

Pour le troisième album de Fred Fortin, que j'attendais impatiemment.

Et je n'ai pas été déçu. Bien meilleur que son précédent, Planter le décor m'a prouvé une fois de plus que Fortin est la voix de ma génération. Ou sinon, une extension de ma propre voix.

Il y a autre chose que l'humour salace dans ses chansons: il y a une part de vérité à laquelle il touche, libéré de la pudeur qui nous empêche généralement d'exprimer l'horreur ou le bonheur du monde au quotidien.

Il y a ce gars, adorable, tellement ordinaire, chaleureux, imparfait, mais capable de cristalliser des parcelles de vie pour en faire des chansons.

Des chansons qui sont autant de miroirs. Où je vois mon propre désarroi, les mêmes peurs, les mêmes envies et les mêmes coups durs.

Et souvent, les mêmes intentions.

D'ailleurs, son nouvel album s'ouvre sur une pièce que j'aurais voulu écrire: Mélan. C'est une superbe chanson d'amour, une toune où il remercie sa blonde de lui avoir sauvé la vie. De l'avoir gardé sur le bon chemin, d'avoir servi de GPS à son existence dissolue.

Je me répète, j'aurais voulu l'écrire, cette chanson. J'aurais voulu dire, moi aussi, et avec plus de poésie: merci mon amour. Avant, j'étais perdu. Maintenant, je m'ai retrouvé. Et c'est en grande partie grâce à toi.

Le saviez-vous? Les boussoles peuvent avoir un cœur, une âme magnifique, et parfois des seins aussi. Ce qui n'est pas négligeable non plus.

S'cusez-la.

///
1

Pour la grossière erreur de français dans la section précédente de cette chronique et que j'ai laissée là pour l'effet de style, mais aussi à titre didactique, à l'intention des étudiants en sciences de l'éducation.

Le premier d'entre eux qui la trouve, je lui envoie l'adresse d'un site Internet qui propose des diplômes factices pour beaucoup moins cher qu'une session à l'université.

Bonne chance.

21 octobre 2004, 12:00
De l'anti-américanisme
Vous n'aimez pas les États-Unis? Pire encore, vous croyez que c'est un pays magnifique, mais qu'il est peuplé d'imbéciles?

L'Allemagne sans Allemands, c'est mieux aussi, non? Et la France sans Français, tant qu'à faire? Mais là, j'ai l'impression de vous prendre par les sentiments. Les plus bas. Je vous dis ça comme ça, mais moi, un Québec sans Québécois, je ne cracherais pas là-dessus non plus... Pas vous?

Blague à part, le monde n'est pas un Club Med où les corps offerts en pâture n'auraient d'autre patrie que celle de l'exotisme sexuel. Encore moins une agora de penseurs à ciel ouvert. Et les cons, si vous n'aviez pas remarqué, y sont partout légion.

L'Amérique sans Américains, c'est une montagne russe sans électricité. C'est un parc d'attractions sans techniciens, sans employés, sans musique, mais surtout, sans public. Autant dire que c'est une nature morte.

Personnellement, j'aime les États-Unis parce qu'on y cultive les pires horreurs, mais surtout leur contraire. Parfois même chez une seule personne.

Comme Dave, sympathique redneck du Massachusetts, amoureux de Québec et descendant d'exilés du textile que j'ai rencontré quelques fois par l'entremise de mon pote Yann. Un type qui peut vous parler d'une chanson de Paul Simon avec émotion, la larme à l'œil, puis du même souffle, vous confier qu'il votera pour Bush aux prochaines élections, régurgitant les idées les plus obscènes de la droite états-unienne.

J'aime donc les États-Unis pour ses terrifiantes horreurs, mais surtout, comme je le disais, parce que ces horreurs produisent toujours leur contraire.

Et leur contraire, c'est Bob Dylan, Paul Auster ou les frères Coen. C'est Don DeLillo, Johnny Cash ou Outkast. C'est Rage against the Machine, Bret Easton Ellis, Francis et Sofia Coppola, les Beastie Boys, Miles Davis, Curtis Mayfield, Charlie Kaufman ou Woody Allen. C'est Ernest Hemingway ou Charles Bukowski. C'est même parfois Clint Eastwood ou James Brown.

Et c'est aussi Philip Roth, auteur de génie qui dissèque l'Amérique pour en exposer les contradictions et auquel on doit entre autres La Tache (dont on a fait un très mauvais film), La Contrevie, Une pastorale américaine (gagnant d'un Pulitzer), et dont on a tout récemment traduit le roman La bête qui meurt et l'essai Parlons travail.

Dans sa toute dernière fiction, intitulée The Plot against America, Roth imagine ce qu'il serait advenu des États-Unis si, lors des élections de 1940, Charles Lindbergh, célèbre aviateur séduit par la mystique aryenne d'Hitler, s'était présenté contre Roosevelt, et l'avait battu. Suit un pacte de non-agression avec l'Allemagne, puis la persécution des Juifs américains... Et aussi, la défaite de l'Europe.

Si l'auteur refuse qu'on y voie un roman à clef lui permettant d'exposer ses propres incertitudes devant les lendemains d'une très probable victoire de George W. Bush le 2 novembre prochain, il est pourtant difficile de faire autrement. "C'est atroce, confiait Roth en entrevue au magazine Nerve à propos du succès actuel des républicains. De toutes mes déceptions politiques à ce jour, c'est la pire. C'est la pire parce qu'on peut, et en même temps on ne peut pas, imaginer les conséquences."

Imaginer. C'est ce que tout le monde fait par les temps qui courent. Calculer les probabilités, les conséquences. Fabuler.

Côté prédictions, et pour revenir aux États-Uniens, l'historien Emmanuel Todd, en entrevue avec Bazzo l'autre matin, disait quant à lui croire que le reste de la population mondiale qui manifeste toujours de la sympathie pour le peuple américain (z'avez vu le sondage, sans doute) risquait cependant de voir dans l'éventuelle élection de Bush un plébiscite qui lui rendrait ce même peuple nettement moins sympathique.

J'irai dans le même sens. Comme eux, j'aime les États-Unis et ceux qui y vivent, dans toute leur splendeur trash et leur démesure. Mais comme eux aussi, je crains qu'ils ne me déçoivent une fois de trop, qu'ils ne trahissent mon affection. Puis, comme Roth, je n'ose imaginer le pire, alors qu'en même temps, la lucidité commande qu'on l'envisage.

Je me pose donc la question: et si ce pays perdait pied et basculait dans la folie, pourrais-je le lui pardonner?

"Who cares about what you feel?" répondrait sans doute Dave, me défiant du haut de cette arrogance toute états-unienne qui me fascine et m'horripile à la fois.

Et sans doute que je me dirais que c'est pas grave. Que malgré cela, je l'aime pareil.

Pour l'instant.

14 octobre 2004, 12:00
L'interrupteur
Ça a commencé par un gros préjugé. Mais aussi par une idée. Celle que le roman est le condensé de l'expérience humaine, qu'en le mettant de côté, on se fie trop sur la télé pour nous raconter notre histoire, puis celle des autres, qui nous permettrait de ne pas recommencer les mêmes conneries trop souvent. Ou de comprendre que nous ne sommes pas les premiers à les faire.

Le préjugé, lui? Il s'alimente du fait que les élèves de première année de lycée (environ 15 ans) en France abordent des pans entiers de la culture littéraire que nous n'effleurons pas avant le cégep. Ou même jamais. Il se base sur notre éternel retard, sur notre aversion institutionnalisée pour la culture, pour ce qui apparaît comme inutile pour les futurs travailleurs.

C'est un préjugé qui cherche des coupables et qui veut que les profs qui devraient transmettre la passion de la lecture ne lisent plus eux-mêmes. Qu'ils s'en moquent.

Mais ce qui a commencé par un préjugé et un désagréable complexe du colonisé s'est mué en prise de conscience.

Ou plutôt, il a bifurqué.

Claude Simard, le doyen de la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université Laval, même s'il n'attendait pas mon appel, m'attendait pourtant avec une brique et un fanal.

S'il se souvenait du papier assassin que j'ai écrit à propos des étudiants de sa faculté (L'École des nuls, février 2003), il n'en a d'abord rien dit, se contentant de me soumettre une implacable thèse: les nouveaux enseignants sont les héritiers de notre système d'éducation. Ils sont aussi le miroir de notre société. Et surtout, a-t-il insisté: cessons de dévaloriser la profession!

Sauf que c'est plus fort que moi, Monsieur Simard. Dans mon esprit plutôt étroit, un prof devrait être une sorte de mutant, quelque part entre sœur Marguerite, qui m'enseignait en deuxième année, le père de Marcel Pagnol, fier et strict, et Alain Roy, un gars franchement sympathique, mais ferme, qui est presque parvenu à me faire aimer les mathématiques.

Dans le meilleur des mondes, je voudrais des profs assez pédagogues pour comprendre que la pédagogie n'est pas une finalité, et ainsi montrer aux élèves que la littérature peut vous vriller l'estomac comme un épisode de Jackass, peut être aussi tendre qu'une mère, mais pas nécessairement plus complexe que le dernier volet de la série du jeu vidéo Final Fantasy.

Mais on ne peut pas aller à l'envers de tout un climat social, m'a rappelé le doyen Simard.

Par climat social, il entendait sans doute les parents. Ces imbéciles heureux qui veulent voir leurs enfants réussir à tout prix. Même à celui de voir une société adopter la pointe de tarte et le nuage gris comme système de notation.

Et si les chiffres leur font peur, imaginez les mots.

En fait, les profs, s'ils en veulent, méritent tout mon respect. Surtout parce que je n'aurais pas le courage de faire leur job au salaire et dans les conditions de misère qu'on leur impose. Parce que je ne pourrais souffrir la rigidité syndicale qui n'est pas de nature à encourager le dépassement, alors encore moins à assurer une amélioration d'un système qui mériterait qu'on contrôle la qualité de l'enseignement (en plus d'y injecter des moyens, du personnel, du matériel). Et puis je me ferais sans doute virer après quelques jours pour avoir pété la gueule d'un p'tit con de 17 ans qui m'aurait menacé comme il menace sa mère, sa sœur, son père et ses amis.

Le problème, pour revenir à mon idée de départ, c'est que malgré tout l'optimisme et la lucidité qui habitent Claude Simard, je n'ai pas trouvé l'ombre d'une piste pour nous sortir de ce bourbier idéologique que constitue la place de la culture dans l'éducation.

Contrairement à cet homme qui, lui, garde espoir et tente de jeter des ponts de part et d'autre d'un fossé qui s'élargit chaque jour, je ne vois rien d'autre qu'une grande noirceur où des profs avancent à tâtons au bord du précipice, souvent bien malgré eux, puisqu'ils sont eux-mêmes les fruits de cette éducation approximative.

Et inutile de chercher un interrupteur pour éclairer leur parcours, ou au moins, celui de ceux qui suivront. Le ministère de l'Éducation et les parents d'élèves ont sans doute la main plaquée dessus.

7 octobre 2004, 12:00
Mon âme pour une piastre
Dans le minuscule village de Frigiliana, sur la côte sud de l'Espagne, les dimanches revêtent encore un caractère sacré.

Lové au creux des collines qui font face à la Méditerranée, ce hameau tout blanc cède peut-être de plus en plus de terrain aux Européens du Nord qui y achètent de modestes demeures familiales à un prix qui, lui, n'a rien de modeste, mais il n'est pas encore rompu aux habitudes des grandes villes. Encore moins à celles de l'Amérique.

En ces journées de farniente où les seuls sons qu'il est donné d'y entendre sont le claquement des sabots des mulets sur les pavés ancestraux, les bonnes femmes qui crient après leurs enfants et le bourdonnement lointain de quelque mobylette, pas question d'y faire des achats. Même le Super Sol (une sorte de Loblaws, en aussi déprimant), à mi-chemin entre le village et la mer, demeure fermé toute la journée.

Autre pays, autres mœurs.

Quand j'en suis revenu, après un trop court séjour de 10 jours, on était dimanche, justement. C'était il y a deux ans.

Vol splendide entre Toronto et Québec - détour obligé -, avec vue sur la palette chromatique des forêts d'automne du Parc de la Mauricie, puis celles du comté de Portneuf, nous descendons dans la rosée du matin qui avait bien failli se changer en givre, dans le soleil levant d'une journée naissante qui vous réconcilie presque avec le retour à la réalité.

Les valises défaites, ayant tourné en rond une bonne douzaine de fois dans l'appartement, fatigué de lire, tiraillé par l'envie d'aller courir pour me remettre du voyage, je décide de sortir m'acheter une paire de chaussures de course dont j'ai vraiment besoin, comme me l'ont confirmé mes joggings quotidiens aux alentours du village, et les terribles douleurs qui s'ensuivaient.

Dix heures le matin, donc, je pars. La seule fois de ma vie où je souhaite acheter autre chose qu'un café, des journaux ou de la bouffe avant midi, et me voilà qui me pète le nez sur la porte à Place Laurier.

- C'était pas ouvert, que je dis à ma femme en revenant chez moi, penaud.

- Je te l'avais dit.

- Oui, mais j'étais sûr qu'ils ouvraient plus tôt maintenant, même le dimanche.

- Ils en parlent, mais c'est pas encore fait. Je te l'avais dit ça aussi; c'est quoi, tu me croyais pas?

Je fréquente tellement peu les centres d'achats que je croyais le pas déjà franchi. L'ouverture quasi constante des lieux de consommation était pour moi chose faite depuis longtemps, ça m'apparaissait d'une telle normalité pour notre société qu'il ne pouvait en être autrement.

Et pourtant, ça ne s'est fait qu'il y a quelques jours.

Paraît même qu'ils étaient une poignée d'employés réfractaires à manifester contre ces nouvelles heures d'ouverture dans le stationnement de Place Sainte-Foy, dimanche dernier.

Une manif bien inutile, si vous voulez mon avis. On ne peut pas combattre une force qui nous échappe: celle du marché, de la libre entreprise, mais surtout ce besoin d'acheter pour se sentir vivant.

Remarquez, je me contrecrisse des heures d'ouverture des centres commerciaux. Que les entreprises étendent leurs heures d'affaires, c'est pas mes oignons. Puis qu'on envahisse déjà les boutiques chaque jour de la semaine et qu'on en redemande un peu plus ne m'émeut pas davantage. Trop prévisible, pas scandaleux une seule seconde.

C'est seulement un glissement social. Pas une hécatombe. Un égarement collectif. Dieu est mort, vive les bebelles! On ne va plus à l'église, on se rencontre donc au centre commercial: c'est dans l'ordre des choses.

Mais même en l'absence du divin, les dimanches matin n'auraient-ils pas pu demeurer un tout petit peu sacrés? La grand-messe étant célébrée à la semaine longue, pourrait-on prendre un break en dehors du commercial et de l'emmerde monumentale des boutiques?

Non? Alors tant pis.

Plutôt que de lire les journaux, on ira au centre d'achats. Plutôt que de profiter d'une superbe matinée à dévaler le Mont-Sainte-Anne à vélo ou en skis, on magasinera. Plutôt que de laisser le temps s'égrener comme le font encore les peuples qui n'ont pas cédé à notre folie, on fera du shopping.

Et pendant que certains chercheront encore un sens à la vie dans un roman, dans le sport ou dans l'indicible éclat des yeux de leurs enfants au petit matin, d'autres arpenteront les allées d'une boutique "à une piastre" pour voir s'ils ne s'y trouveraient pas une âme à bon marché, fabriquée en Chine, qu'ils pourraient foutre dans un sac en plastique et rapporter à la maison.

Ainsi soit-il.

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