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Les carnets de Daniel Bélanger
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Sudbury 5 juillet en SOLO et MES ADIEUX POUR L'ÉTÉ
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Sudbury, ville mythique d'où proviennent Patrice Desbiens et Jean-Marc Dalpé pour ne nommer que ceux-là...En avion de Montréal à Toronto puis de Toronto à Sudbury, le temps clair m'a fait apprécier chacun des hectares survolés avec dans les oreilles MGMT à plein régime. J'ai voyagé avec Damien Robitaille et Jean-François Lemieux, je ne pouvais être en meilleure compagnie. On était attendu par Julie et sa fille Josée, charmantes résidentes vouées à mieux nous faire connaître le coin. Attentionnées mais discrètes, elles étaient parfaites. Puis cette cheminée au loin...plus haute que la tour du CN de Toronto...fumant et fumant vingt-quatre heures par jour...étrange présence... puis les infos entrent: un jour, le coin avait des allures tellement lunaires que la NASA envoyait ses astronautes pratiquer leurs chorégraphies avant de partir sur la lune... Aujourd'hui il y a des arbres partout mais on sent toujours ce sol noir... Le site du festival n'avait rien de spécial... mais la loge était très rudimentaire: pas de table, pas d'eau, pas de café, pas de jus...En fait, où était la loge?!? Ça n'a pas d'importance, j'ai eu du plaisir pendant le spectacle, c'est tout ce qui compte. J'ai pas envie d'être une vieille chose qui grogne. C'était donc, en principe, mon dernier show de l'été. Je reviens dès le 5 septembre à Magog. Merci de votre fidélité, reposons-nous bien et profitons de l'été.
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Lotbinière, 31 mai, Moulin du portage, Solo
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Merci à Lotbinière, son Moulin du Portage, son public, son accueil , sa bouffe (!), sa chaleur, sa simplicité, ses souvenirs, le B&B La Romaine, aië aë aïe... Une seule tristesse: La Patate Dorée, ce petit greasy spoon sur la 132, niché au bord de la falaise est fermé à tout jamais. Snif, snif et re-snif. On se revoit les 13 et 14 juin à St-Eustache.
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Lotbinière, 30 mai, Moulin du portage, Solo
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Après quelques jours de répit, c'est avec plaisir que je remonte sur les planches du Moulin du Portage. Il faut dire que c'est un endroit exceptionnel (www.moulinduportage.com ), allez jeter un oeil sur le site web vous comprendrez dès lors ce que je veux dire. J'y avais joué en '98 et à peu près rien n'y a changé. On a dû, au 1er étage, réaménager les loges ( trop accueillantes selon la Régie du Logement qui n'acceptait plus qu'on y offre des nuitées) en enlevant des lits et en ajoutant des toilettes pour le public en salle. Ce qui était en fait un loft campagnard est devenu un peu plus organisé et divisé mais l'endroit est si puissant, que celui qui n'a pas connu ce qu'il en était auparavant n'y voit que du feu. On y offre maintenant des repas, ce qu'on ne faisait pas je crois à l'époque. Donc jolie soirée hier soir. J'étais rouillé mais vocalement en forme. La rouille se trouvait dans mes interventions que je fais nombreuses dans ce spectacle solo. J'ai chanté "Rêver mieux" un ton plus bas et avant son tour! le plaisir de jouer seul en scène c'est aussi celui de ne porter préjudice à aucun musicien quand on commet une erreur... je suis au Moulin encore ce soir, devant une belle salle complète encore une fois. Je suis choyé.
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11 mai, le retour à Montréal
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De bon matin, 7h00, je quitte Rimouski sous un ciel couvert encore une fois et ce n'est qu'autour de Montmagny que le soleil se pointe pour de bon. La route est longue, enfin j'en ai l'impression. J'ai moins de patience que par le passé. Il me semble que je roulerais à 160 km/h si je me laissais aller. Je me souviens de cette mini-tournée en France lorsque je jouais chez les disquaires FNAC, nous roulions de villes en villes à des vitesses hallucinantes, cela toujours à l'intérieur de celles permises par la loi et nous n'en revenions tout simplement pas. J'ose pas pensé ce que ça doit être sur les autoroutes allemandes... Je suis arrivé à Montréal autour de 12h45 sous un soleil de plomb. Ne me parlez plus d'un seul kilomètre à parcourir pour l'instant. J'aime la route et la route m'aime mais j'ai cette vague impression d'avoir mangé trop de chocolat. Plus ou moins deux milles kilomètres en quelques jours devraient me calmer le pilote pour un moment. La tournée est terminée pour l'instant, avec le groupe je veux dire. Elle continue cet automne. Il ne me reste que quelques spectacles en solo d'ici le vingt-trois juin, un autre en Ontario en juillet et ensuite, je tombe en vacances. Sincèrement: comment pourrais-je avoir moins l'impression de tomber en vacances depuis que je n'ai jamais ce sentiment de travailler?
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Rimouski, 10 mai, band
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Un avant-dernier trajet: la vallée de la Matapédia cette fois, de New-Richmond à Rimouski. Un peu long par ailleurs. Je commence à m'impatienter avec ce temps nuageux et brumeux qui me prive de l'horizon. Ce paysage est fabuleux sous le soleil mais aucune chance d'en profiter maintenant. J'écoute à la radio des postes anglos de country et ne m'ennuie pas, surtout quand j'entends Brenda Lee. Je sais que je joue ce soir à guichet fermé, j'en suis heureux. Rimouski me plaît, c'est une ville articulée et jeune qui semble en santé. Ce sera mon premier spectacle dans la nouvelle salle. J'y avais fait le dernier dans l'autre, la vieille. J'ai eu une succulente soirée. J'étais nerveux ( ce qui ne me ressemble pas) et contrairement aux artistes qui souffrent du trac avant leur représentation et qui clament haut et fort que ce trac les sert bien et qu'on est meilleur avec et que blah blah blah blah blah...moi il ne m'est utile à rien d'autre que me congestionner un peu l'artiste. Dès qu'il quitte moi j'arrive. Après la deuxième chanson généralement. Petite bouffe Chez Louis ensuite ( pas le même qu'à New-Richmond) et je me suis régalé d'un saumon délicieux. Et puis dodo car demain c'est : Le Retour.
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New-Richmond, 9 mai, band, hallucinations
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Quel spectacle encore une fois que ce trajet de la 132!...Percé! la légende Percé! le rocher Percé...
C'est très beau, on n'a rien à envier aux petites villes de Nouvelle-Angleterre avec elle...c'est très charmant et je me fout de savoir qu'en été, elle devient cette péripatéticienne prète à tout mais surtout à faire des réserves pour l'hiver et patati et patata... moi j'aime ces villages qui s'animent le temps d'un été fou... et puis j'arrive à New-Richmond, belle salle moderne où le son est hallucinant sur la scène. Je ne trouve aucune comparaison au Québec. Nous avons fait un spectacle extrêmement pointu et nuancé, peut-être le meilleur musicalement. Ce son nous à inspiré, c'est sûr. Après, Louis notre hôte, nous a reçu au crabe et au homard... Houlalala!!! Comment se souvenir longtemps d'un spectacle en particulier? parlez-en à Louis qui, décortiquants les bêtes tout en parlant des actualités locales, nous renseigne sans jamais avoir l'air de le faire, nous donne à manger pattes de crabes par-ci, pinces de homards par-là... c'était hallucinant. Hallucinant de simplicité, de convivialité. Manger, rire, boire puis encore manger, voilà ce qui vous fait aimer ce que vous faîtes. Merci Louis, merci New-Richmond et à très bientôt j'espère.
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Gaspé, 8 mai, band
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Avec cette vue imprenable de ma chambre sur la baie de Gaspé, je suis tombé sous le charme, raide. Il y avait bien longtemps que je n'y avais mis les pieds et c'est sous la pluie, toujours et encore, je suis malgré cela tombé en pâmoison. Ce trajet depuis St-Anne-des-Monts sur la 132, longeant falaises, bordant la mer, traversant villages et villages laisse pantois. À un moment, comme des monstres sortis tout droit des séries japonaise, apparaissent enfin ces éoliennes géantes avec qui luttera Ultraman. Est-ce beau? est-ce laid? la question n'est pas là, c'est seulement spectaculaire. Est-ce bruyant? un peu oui. Je connais un Carl Bastien qui, malade des maneiges de toutes sortes, serait ravis de faire un tour d"hélice, attaché à une pale, cheveux au vent ( lui en resterait-il?) les poches dans le yeux. Le concert s'est bien déroulé, devant un public heureux. Après le spectacle avait lieu un petit lunch au Brise-Bise ( une institution! ) à l'invitation de
l'organisation du spectacle. Sympathique, pour vrai. Demain: New-Richmond.
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En route pour Gaspé, 7 mai, band
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Parti de bon matin ( pas du tout, 11h00..) pour Ste-Anne-des-Monts qui serait ma première étape avant Gaspé, nous étions quelques amis de la troupe et moi ( parlons un peu 50's ) invités à mordre dans un T-bone à Trois-Pistoles, chez notre ami Olivier ( technicien au son de scène) et sa charmante amie de coeur Geneviève. Après un repas copieux, après digestifs, cigars et un enlevant billard, après bain de pied et massage capillaire, nous reprenions la route de plus belle
sous la pluie hélas. Prit place à mes côtés Mathieu, le directeur de tournée, m'accompagnant dans mes rêveries et surtout me frappant quelques fois judicieusement sur la tête à l'aide d'un objet contondant afin de tenir éveillé du moins, jusqu'à mont lit frais et humide: Ste-Anne-des-monts, nous voici ! Au terme d'une nuit réparatrice, le dos estampillé de la télécommande et la joue copie conforme à mon oreillér froissée, je me suis levé le teint mat. Qu'à cela ne tienne, j'ai saisi mes cliques, mes claques et suis parti, vaillant, vers cette ville mythique: Gaspé.
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Rougemont, 4 mai, solo
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Un théâtre d'été cette fois. Premier spectacle de la saison, ils l'ont ouvert jeudi ou vendredi dernier. Petit coup de ballet, époussetage et push-push. Les coccinelles étaient ravies de sortir enfin de ce long sommeil hivernal: il y en avait partout, la folie. Il n'y a rien comme chanter une chanson triste avec des coccinelles qui vous rodent autour de la tête, qui montent et descendent dans les faisceaux de lumière! mais c'était bien. Je n'étais, tout compte fait, pas tout à fais en solo! Le public m'a semblé constitué que de fans, moins de curieux et de sceptiques: pas d'air bête dans ma face, le luxe!! À l'entracte, tout plein de personnes partaient vite entendre le score du canadien dans leur voiture! Je me souviendrai que j'ai perdu la série contre Philadelphie à Rougemont. On se fait les souvenirs qu'on peut... départ pour la Gaspésie le week-end prochain: Gaspé, New-Richmond puis Rimouski. On bouffera du homard sans doute. Je préfère les palourdes, c'est plus léger...
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Valleyfield, 3 mai, band
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Affluence exaspérante sur la 20. J'ai quitté Montréal à 15h00 pour être sûr de mon coup. Balance de son à 17h00. Mathieu m'avait prévenu: armez-vous de patience: construction, déviation et en plus, début de week-end... je suis arrivé à destination à 16h45... On a fait un bon spectacle je crois. On sent que l'été arrive, on sent la pause, les gars parlent de party de fin de tournée. Ça nous fait jouer différemment, pas mieux, pas pire, juste de façon différente. Une sorte de "pé-peine" de gars. Un spectateur prenait beaucoup de photos pendant le spectacle, beaucoup beaucoup même. Jusqu'à ce que je me rende compte qu'il filmait le show... Merde!!!!!! Ça m'a turlupiné et puis entre deux chansons je lui ai dit: " Excusez-moi , j'ai pas de problème avec les photos, mais les vidéos..." j'ai plus revu la caméra. Ça m'a mis en colère en fait mais je me suis calmé rapidement. Une telle ovation à la fin, un tel témoignage d'appréciation, ça te calme un gars, pas à peu près.
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Richmond, 26 avril, solo
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Manquer d'essence... Parti avec tout juste un quart/réservoir ( à l'exemple de Madame Distasio qui dit "un quart/tasse") de Montréal, me disant que je ferais le plein plus tard, j'allais, innocent, bon temps bon chemin, vers cette belle destination: Richmond. Prenant la 20 E et puis la 55 à Drummondville ( je sais, il y a chemin plus court) je commence à connaître des sueurs froides à L'Avenir où je m'arrête in-extremis pour faire le plein... la station ferme à midi, il est 16h45... Pour m'informer, j'arrête une charmante jeune femme qui m'indique que la prochaine station la plus proche est effectivement à Richmond, à 19 km... elle me souhaite bonne chance et je me dirige scrupuleusement vers Richmond qui, dès lors, me semble être à l'autre bout du monde. Commence une lutte infernale contre la combustion de combustible. J'ai cette intuition qu'il ne me reste plus qu'un dé à coudre de sans-plomb et de ce fait, je roule à roue de souris. Je suis parfois chanceux et ferme le moteur du haut d'une côte longue de deux ou trois km, me laissant aller au neutre accompagné du chant des oiseaux, du meuh d'une vache, mon cou baigné d'une brise nauséabonde des terres engraissées avoisinantes. Quel spectacle! J'ai cette impression de vol plané où le silence vous fait roi du monde. L'angoisse revient aussitôt avec cette route qui remonte et sur combien de mètres remonte-t-elle et y aura-t-il enfin apparence de Richmond et tatati et tatata... non, encore un kilomètre en descente et je referme encore mon moteur affamé... au compteur, je ne vois que trois ou quatre kilomètres parcourus... évidemment : pas de moteur en marche, pas de compteur en marche... je suis con, je ne suis pas con, je n'ai aucun réflexe sur la mécanique, je n'y connais rien... Arrive enfin au loin, ce vieux couvent où je joue, majestueux sur la rivière St-François et je cri victoire! victoire! victoire! J'ai l'air d'un vrai fou.
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Waterloo, 25 avril, SOLO
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Vroum vroum vroum jusqu'à Waterloo, petite ambiance de la Nouvelle-Angleterre, on sent que c'est très vieux comme village. La salle se trouve encore dans une ancienne église. J'y étais il y a dix ans en solo et on me dit que tout y a été rénové: scène plus grande, débarquadaire amélioré enfin bref, remise à jour pour les besoins du jour. Personnel sympathique. Je n'ai pas d'éclairagiste dans cette tournée puisque dans chaque salle se trouve quelqu'un habilité à le faire. Mathieu doit donc donner mes directives à chacun de ceux-ci: pas trop de fumée, les spots à au moins 12 centimètres de ma tête (!) et pas plus chaud qu'à "broil"... Se trouvent partout des éclairagistes plus que bien, d'autres moins, d'autres encore indifférents et encore encore d'autres têtus. Mathieu négocie sans le faire et de façon délicate: soyez attentifs à ces directives sans quoi Daniel risque une sévère hospitalisation. Délicat je vous dit. Une belle soirée à Waterloo.
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Ste-Geneviève, 18 avril, Ouest de Montréal, solo no 2
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Quand on fait deux spectacles de suite au même endroit, malgré l'expérience, on entame toujours le deuxième soir avec le souvenir de celui de la veille. Or si la veille s'est terminée tout le monde tout nu, on recommence le lendemain en pensant que tout le monde va être tout nu dès le début. Ai-je besoin de dire que c'est une erreur?!? On oublie qu'il faut recommencer à neuf avec des gens neufs. C'est idiot non? En première partie donc, après le choc de devoir recommencer à zéro, je me suis placé. En deuxième partie, j'étais fluide. On me demande parfois pourquoi faire un entracte, c'est simple: les salles peuvent ainsi vendre de la bière et arrondir leur fin de mois. Je préfère de loin faire mon spectacle d'une seule pièce. Bon j'ai une semaine de libre jusqu'à mon prochain spectacle... composer de nouvelles chansons peut-être? Pas facile au printemps, plein soleil sur terrasse... pendant que j'y pense, avez-vous des questions?!?
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Ste-Geneviève, 17 avril, Ouest de Montréal, solo
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La salle Pauline-Julien est jolie, sur le bord de la rivière des Prairies. C'est tellement bucolique.
C'est mon ancien patelin en fait. Le CEGEP GÉRALD-GODIN était auparavant un centre de désintoxication si je ne m'abuse. Le temps a passé là comme ailleurs mais c'est joliment moderne et vieux à la fois. Il y avait trois semaines que je n'avais donné de spectacle en solo. Je suis toujours un peu rouillé dans ces conditions. Mais tout a baigné. Mes parents étaient dans la salle, de retour d'une Floride hivernale. Ça fait étrange ça aussi. Alors les anecdotes que je raconte, les souvenirs évoqués du West-Island de mon passé prennent une saveur différente puisque tout le monde sait d'emblée de quoi il est question. C'est presque une fête de famille! Je blague beaucoup entre les chansons sauf pour la présentation de DIT TOUT SANS RIEN DIRE où je me fais plus sérieux. Hier, une fille semblait ne pas faire la différence et rigolait à tout ce que je disais au sujet de la maladie mentale. Pourtant, je démarquais bien l'humour du sérieux mais elle me trouvait très drôle... C'était bizarre, ça faisait comme si on était elle et moi à rigoler sur le sujet et que personne ne trouvait ça drôle! Aïe! Les shows prennent parfois de ces twists... et puis les abonnés, les plus septiques toujours et encore dans les premières rangées...un petit garçon trouvait ça long hier,10 ans pas plus et semblait vraiment avoir hâte de quitter, c'était attendrissant. À la fin de Spoutnik, je lui ai offert mon pick de guitare pour lui donner un peu de courage, cela a fonctionné: il est resté enjoué jusqu'à la fin du spectacle. C'était une belle soirée, un public alerte et très très présent. Merci Ste-Geneviève, ce soir on remet ça encore une fois.
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LONGUEUIL, 12 AVRIL, BAND
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Étrange... belle foule... tout allait bien mais quelque chose me turlupinait... et puis j'ai vu: une Mamie qui se plaint à papi que la musique est forte en se bouchant les oreilles. Ils sont en face de moi, première rangée, droit dans ma face. Sans doute des abonnés... ils m'essaient pour voir s'ils ne m'aimeraient pas! ils détestent de toute évidence: ils ne rient pas, n'applaudissent pas, ne me regardent pas... "If looks could kill, they probably will..." Papi fait à mamie un gros zéro avec ses doigts et ce n'est pas le zéro des boites à pizza... dans ma face, dans la première rangée. J'essaie de rester concentré. Pas facile parce que j'ai un fou-rire presque incontrôlable. Je regarde mes potes musiciens, ils voient aussi! Ça nous fait rigoler. " On a payé, on reste!" se disent sans doute mamie et papi. Quelle tristesse. Je ne les ai pas revu en deuxième partie. Je ne suis pas sûr qu'ils aiment quoi que ce soit en fait. Je les imagine aller manger chez le grec pour se consoler. Je les vois demander un doggy bag pour la toute petite pointe de pizza restante et pas à leur goût au fond de l'assiette... et je me vois, moi sur la boite à pizza, avec mon chapeau de chef, leur profilant à mon tour un joli zéro. Mais leurs places ne sont pas restées vides très longtemps: ironiquement un charmant couple du même âge s'y est installé, heureux et lumineux, tout mamie et tout papi.... Je savais bien que ce n'était pas une affaire d'âge...
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