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Manquer d'essence... Parti avec tout juste un quart/réservoir ( à l'exemple de Madame Distasio qui dit "un quart/tasse") de Montréal, me disant que je ferais le plein plus tard, j'allais, innocent, bon temps bon chemin, vers cette belle destination: Richmond. Prenant la 20 E et puis la 55 à Drummondville ( je sais, il y a chemin plus court) je commence à connaître des sueurs froides à L'Avenir où je m'arrête in-extremis pour faire le plein... la station ferme à midi, il est 16h45... Pour m'informer, j'arrête une charmante jeune femme qui m'indique que la prochaine station la plus proche est effectivement à Richmond, à 19 km... elle me souhaite bonne chance et je me dirige scrupuleusement vers Richmond qui, dès lors, me semble être à l'autre bout du monde. Commence une lutte infernale contre la combustion de combustible. J'ai cette intuition qu'il ne me reste plus qu'un dé à coudre de sans-plomb et de ce fait, je roule à roue de souris. Je suis parfois chanceux et ferme le moteur du haut d'une côte longue de deux ou trois km, me laissant aller au neutre accompagné du chant des oiseaux, du meuh d'une vache, mon cou baigné d'une brise nauséabonde des terres engraissées avoisinantes. Quel spectacle! J'ai cette impression de vol plané où le silence vous fait roi du monde. L'angoisse revient aussitôt avec cette route qui remonte et sur combien de mètres remonte-t-elle et y aura-t-il enfin apparence de Richmond et tatati et tatata... non, encore un kilomètre en descente et je referme encore mon moteur affamé... au compteur, je ne vois que trois ou quatre kilomètres parcourus... évidemment : pas de moteur en marche, pas de compteur en marche... je suis con, je ne suis pas con, je n'ai aucun réflexe sur la mécanique, je n'y connais rien... Arrive enfin au loin, ce vieux couvent où je joue, majestueux sur la rivière St-François et je cri victoire! victoire! victoire! J'ai l'air d'un vrai fou.
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