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Les carnets de Daniel Bélanger
Les carnets de Daniel Bélanger
March 2008 - Messages
29 mars 2008, 7:47
Rouyn, 29 Mars
Après une soirée fabuleuse au théâtre du Cuivre, après un verre ou deux ( ou trois...) au Cabaret de la Dernière Chance, je me lève sur un soleil extraordinaire et dois revenir à Montréal. Je déjeune tranquillement à l'hôtel quand, tout à coup, les musiciens et les techniciens arrivent avec cet air qu'ont les prisonniers d'extra-terrestres libérés les uns après les autres, posant sur leur visage le masque de l'étonnement. Mais disciplinés, déterminés, c'est avec les yeux de ceux qui ne les ont pas beaucoup fermé qu'ils vont, valises bouclées, partir pour ce long voyage à destination de Montréal. Avant, ils demandent leurs oeufs en suppositoires, leur bacon en patch et du jus d'orange en intraveineuse. Je me lève, saluant ces joyeux lurons de digne façon, leur souhaitant par acquis de conscience bonne route, leur suggérant prudence et courtoisie au volant de leur mignonne fourgonnette ( vitres électriques, freins à disques, un monstre de sophistication). Oui je quitte ce pays de grands espaces, plus près des étoiles qu'un astronaute de son manger mou, la gorge autour du moton. À bientôt Abitibi et merci. Mille mercis.
28 mars 2008, 1:10
Val d'Or, 27 mars
Des vinyles en matinée à Amos. Deux Yello, un Cabaret Voltaire, un vieux Cristophe. La grand route jusqu'à Val d'Or, plein bleu dans les yeux. J'apprécie chaque instant. Le printemps est là, malgré le froid. Le soleil ne ment pas. Les heures passent et voilà: je suis dans ma loge très tôt. Plus tôt qu'à l'habitude, trois bonnes heures avant le début du spectacle. Je chat, j'écris, je navigue, je rigole sur internet. Je joue pour la première fois depuis des lustres, seul sur scène. Pas un chat en salle, personne. Le grand vide. J'adore autant que lorsque plein. J'ai toujours aimé. Jamais été intimidé, jamais. Les coulisses, idem. C'est chez-moi. 20h00 a sonné.Le public s'installe et sera chouette tout au long de la soirée. Je me pose de sérieuses questions sur la durée de la première partie: une heure quinze ce soir... c'est trop long, ça me gène. Je ne veux rien prouver à personne mais c'est comme ça. Il y a beaucoup d'improvisation, on s'en amuse et on se fait prendre au jeu. Jeu, jouer. JOUER. Pourquoi s'en priver?
27 mars 2008, 7:20
AMOS, 26 MARS
Seul en voiture. Beau temps, beau chemin. Atteindre Amos. Quatre roues, six roues, dix roues, slush, lave-vitre et essuie-glace. Sapins, lacs, ponts petits et gros. De la musique: The kills, B'52s, Reggiani, Suicide, Elliott Smith. Gnarls Barkley. De l'eau, beaucoup de bouteilles. En tête, des souvenirs et des projets. Puis le soir, je chante. Nous jouons mieux que jamais. Tout fonctionne et puis s'en vont. Loges, manteaux et bottes. J'ouvre la porte: dehors encore, dehors encore la neige tombe. Comme disait Desproges: mais cela n'aura donc de cesse? Et comme dit mon pote Cyril: ne me dites pas que ce n'est pas vrai. Et moi je dis: atteindre ensuite Val d'Or.
16 mars 2008, 9:47
MÉTROPOLIS, 15 MARS, MONTRÉAL
Je suis un peu "lendemain de veille"... j'ai pourtant pas bu, enfin pas tant que ça...non c'est le buzz que j'ai toujours au lendemain d'un spectacle au Métropolis. De la scène on reçoit si fortement l'énergie du public...Hier on chantait, scandait, hurlait, tapochait, se dandinait...ça nourrit quelques fantasmes égocentriques. C'est le plaisir de jouer sans trop se soucier de ses partitions puisqu'elles sont assimilées parfaitement. Le plaisir aussi de jouer avec des virtuoses. J'ai pris des photos ( pas très bonnes...) de vous, ce que je vois derrière mon micro... vous reconnaissez-vous?
13 mars 2008, 11:57
VIEUX CLOCHER DE SHERBROOKE, SOLO, 13 MARS
J'ai entendu des mouches voler pendant que je chantais. C'est un beau cadeau. Belles réactions spontanées à la fin des chansons, j'ai vraiment apprécié. En résumé, un public chaleureux. C'est drôle: avec son seul pouvoir d'applaudir ou pas, un public peut exprimer son appréciation directement et à la seconde près, peut nuancer ses applaudissements, plus forts quand il aime, moins quand il aime moins et pas du tout quand il ne ressent rien. C'est comme ça que je fais en spectateur et j'imagine que les autres en font tout autant. Ce sont les seules nuances auxquelles je tienne au fond. Les uniques qui vaillent et les plus précieuses, indispensables à l'auteur-compositeur que je suis. C'est LA RÉPONSE.
9 mars 2008, 8:06
Beloeil, 8 mars, premier soir...
WOW... de la neige, encore de la neige et plus de neige encore... sorties de route, rafales, infarctus...on s'en souviendra non? Faites tomber cette neige sur Paris ou sur New York et l'aide humanitaire ne tarde pas à venir, les salles de nouvelles du monde entier se précipitent. Nous on trouve ça rigolo!!! " Hé ben ce sont-là nos hivers québécois, faut faire avec non ?" je veux bien mais je crois que le gars de la météo y va un peu fort. Ce soir, on y était tous: Coco arrivait de la rive-sud alors elle n'avait pas très long à rouler. Gilles, Dan et Jean-Serbe arrivaient de Montrèal dans la même voiture, Marie-Christine venait seule. Je m'inquiétais pour elle, c'était vraiment vilain sur la 20 et elle est peu expérimentée. Elle est arrivée tôt finalement. Justin était déjà là à mon arrivée. Ouf! Tous sains et saufs. On jouait à guichet fermé...quelques spectateurs n'ont pas réussi à se rendre de toute évidence. Des îlots de sièges vides décoraient tristement le parterre. Cela ne nous a pas empêché, de toute évidence, d'y aller à fond la caisse. Nous nous sommes amusés comme des enfants. Le public semblait ravis. J'espère que tous sont revenus chez-eux sans problème... Beloeil encore dimanche, suite et fin...
7 mars 2008, 7:50
STE-MARTINE SOLO
Salle sympathique ( qui le sera encore plus avec des loges convenables promises bientôt à ce qu'on m'a dit) et public attentif, très cool. Un soulard tout en bas de la scène m'embête et embête ses voisins ( donc toute la salle, c'est petit) en me réclamant dès le départ et tout au long du spectacle par ailleurs: " APIOM! APIOM!" pour prendre finalement une pause en criant: " Télévision!" . Je me suis empressé de lui répondre que je l'avais chanté une heure plus tôt...on fait quoi avec des gens ivres qui vous aiment? on fait comme avec ses cousins: on les surveille du coin de l'oeil qu'ils ne commettent l'irréparable et puis quand tout va bien, on espère qu'ils n'aient pas trop altéré l'ambiance du party ni le plaisir des autres invités...mais on se demande surtout ceci: pourquoi servait-on encore à boire à ce pauvre bougre?
2 mars 2008, 11:58
BROSSARD, MARS LE PREMIER
Petite salle d'école polyvalente, sympathique comme tout. La scène est très haute, le plafond un peu bas ce qui donne un effet cinémascope intéressant. On a eu un problème d'éclairage, on envoie ça au garage cette semaine. Quand je vous lis, il semble que vous ayez des envies de vous lever et de danser et je crois comprendre que vous croyez que ça me ferait plaisir!!! Ne vous en faites pas pour moi: restez assis si ça vous chante, levez-vous si ça vous danse mais faites surtout ce que vous voulez! Alors, STE-MARTINE mercredi en solo. À mercredi alors.
1 mars 2008, 12:39
TERREBONNE, 29 FÉVRIER, 2e SOIR...
Comme la veille, respectueuse, attentive, sensible... Une salle synchronisée avec elle-même s'assure de ne jamais tomber dans la vulgarité et mieux, devient une entité généreuse. Après, je m'arrime à elle et nous dansons ensemble. Nous échangeons ce que nous savons faire, chacun de notre côté, nous donnons à l'autre sans calcul, sans compter. Merci Terrebonne et à très, très vite...
Daniel Bélanger
Daniel Bélanger
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