Vous connaissez (depuis le temps...) mon aversion innée, qui refait immanquablement surface, lorsque confronté aux flaflas et chichis du monde parallèle superficiel qui longe le monde réel dans lequel nous vivons. Le contact avec la culture-gadget m'indispose malgré moi. Cela me dépasse qu'il s'en trouve pour se complaire et même s'extasier à la vue du futile, de l'inutile, voire du débile pourvu que la chose scintille et qu'on y ait accolé l'irrésistible étiquette "nouvelle tendance".
Peut-être ne suis-je vraiment qu'un dinosaure égaré au XXIe siècle, un pépère attardé allant à contre-courant, incapable de comprendre la fébrilité de ces hordes enthousiastes qui campent des jours durant aux portes de commerces lorsqu'un bidule dernier cri - à prix excessif - s'apprête à être mis en vente pour la première fois.
Et voilà que pépère-dinosaure apprend qu'il s'agit ici d'un complot organisé, que les propagateurs et marchands de flaflas et de toc ont recours à des éclaireurs et éclaireuses qui sillonnent les repaires branchés de ce monde parallèle que je préfère éviter, que l'offensive du superficiel se déploie à l'échelle mondiale. Une affaire menée rondement que cette recherche de la Toison d'or contemporaire, d'ailleurs. Beaucoup de sous à empocher à dénicher le truc flamboyant destiné à faire se vider les goussets mille lieues à la ronde - quoique pour un temps très limité. Jusqu'à la révélation de la prochaine tendance, celle déjà décelée dans les cahiers glacés vendus à prix forts par les façonneurs de lendemains...