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Presque suspect, tout ce bonheur
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Sauf pour de douteuses publicités cherchant à me convaincre de l'immense joie qui m'inondera en me procurant le produit ou service annoncé, je ne me rappelle pas avoir à autant de reprises vu l'idée de bonheur martelée jusqu'à outrance que dans le texte ci-haut de Karine Bellerive. On trébuche dans cette redondance, au point de ressentir quelques doutes. À beurrer aussi épais, on se demande si la chose dont il est question a vraiment un mérite quelconque...
Voilà d'ailleurs ce qui caractérise le plus ces Correspondances d'Eastman, ainsi que je le commentais ici même il y a un moment déjà: le doute. Écrire des lettres adressées à la poste restante? Mais à qui, pourquoi, à propos de quoi? Tout cela ne s'est nullement clarifié avec cette nouvelle chronique qui veut à la place nous servir du bonheur à la pelle. Mais, avant de se mettre en frais d'écrire n'importe quoi à n'importe qui, aussi délirant que puisse être le bonheur en cause, il faudrait peut-être commencer par savoir écrire. Parce que de ce côté, le bonheur est loin d'être évident. Mais savoir écrire ne semble pas être au programme. Possiblement pour ne pas gâcher par une aussi fastidieuse activité autant de bonheur.
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Une perte de temps
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C'est triste à dire mais, cette lettre de Victor Malka à ses amis musulmans, c'est du temps perdu. Autant s'écrire entre illettrés lorsque le dialecte des uns diffère de celui des autres. Et ce n'est pas parce que la lettre est adressée à l'intelligentsia musulmane que celle-ci passera comme... une lettre à la poste. Car cette intelligentsia doit constamment surveiller ses arrières, éviter même l'apparence d'une opinion s'écartant le moindrement des dogmes officiels, bref cette élite doit d'abord se préoccuper de sa propre survie avant de s'intéresser à un éventuel rapprochement avec un vieil ennemi.
Par ailleurs, Victor Malka parle de l'amélioration dans les relations judéo-chrétiennes, le vieux contentieux s'étalant sur deux milles ans s'étant de beaucoup adouci. Voilà qui est réconfortant, mais le problème judéo-arabe est une toute autre paire de manches. Un immense désert d'incompréhension, de rancune, de hargne divise les parties, ou plutôt les belligérants, pour désigner celles-ci plus justement.
Victor Malka a donc du temps à perdre. Il écrit des mots dont le sens échappe souvent à des destinataires ne pouvant risquer ouvertement de le lire. Vraiment, beaucoup de temps à perdre. Dommage que ce soit trop rarement le cas en ce qui concerne ses voisins.
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Ce n'est pas exactement à la porte...
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La Gaspésie, c'est loin - à moins bien sûr d'habiter la région. Mais, si l'on part de l'Outaouais ou de Montréal, ça fait une "méchante trotte", comme disait ma mère. C'est d'ailleurs avec mes parents, en famille, les trois enfants soupirant d'ennui cordés sur le banc arrière d'une Ford Galaxie 500 qu'on en a fait le tour voici 40 ans déjà. Long et pénible.
Aujourd'hui, que je sache, c'est toujours aussi loin et c'est toujours aussi long d'en faire le tour sur ces routes à la fois panoramiques et dangereuses, sinueuses et allant par monts et par vaux, et où au moindre dépassement on joue presque son sort comme sur un coup de dés. Et le temps est pluvieux, frais et venteux. La mer est glaciale et, à part l'artisanat local et un trou dans un rocher dont on se fait assez curieusement une grande fierté, il n'y a pas grand-chose. Plutôt maigrelet comme compensation pour un aussi fatigant périple.
Mais, cela dit, je vous encourage malgré tout à y aller au moins une fois. C'est en quelque sorte un passage obligé ici que d'aller faire le tour de la Gaspésie, comme faire un chemin de croix pour un chrétien. Au moins, vous saurez de quoi on parle en regardant les nouvelles ou la météo. Par contre, évitez à vos enfants deux semaines misérables de route tassés sur le banc arrière de l'auto et, plutôt, laissez-les y aller par eux-mêmes quand ils auront 17-18 ans, sur le pouce ou autrement. De cette façon, vos enfants et vous-même en garderez probablement un meilleur souvenir...
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Ce qui suit pourrait vous choquer
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À quoi bon toujours ressasser les mêmes événements pénibles, à continuellement ramener à la surface des visions d'enfer qui gagneraient bien davantage à se faire à jamais discrètes? Cela a-t-il déjà eu pour effet de nous rendre meilleurs ou plus sages? Cela nous a-t-il - ne fut-ce qu'une fois - empêchés de récidiver? Dieppe, dont le raid anglo-canadien du 19 août 1942 fut repoussé par les Allemands, fut enfin libérée deux ans plus tard par l'armée canadienne, le 2 septembre 1944. Un épisode horrible qui appartient dorénavant à l'Histoire.
Mais voilà qu'on s'obstine à ne pas vouloir laisser reposer en paix les vieux fantômes qui hantent encore le champ de bataille. Bertrand Carrière voudrait nous coller à nouveau le nez sur une horreur passée. Pourquoi? Cela ramènera-t-il ceux qui sont tombés, prendrons-nous subitement la bonne résolution de ranger définitivement nos armes? Ce qui appartient à l'Histoire, et tout particulièrement lorsque ce n'est pas reluisant , devrait y rester. On a suffisamment d'atrocités courantes sans avoir besoin d'en ressortir du passé, sans que cela nous aide en quoi que ce soit. Choquant ce refus de rabâcher, vous croyez? Peut-être. Mais surtout, il me semble, lucide.
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Pourquoi des subventions?
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Soyez indulgent et patient avec le Martien que je suis et qui ose débarquer un moment dans un monde lui étant complètement étranger. Toute cette chicane au sujet de subventions pour ceci mais pas pour cela, d'argumentations qui vont et viennent tels des boomerangs, de grosses ou de petites enveloppes, de culture, de performance, de box-office et tout le reste dont je ne me doute même pas, tout cet invraisemblable imbroglio m'apparaît comme étant totalement déplacé. Pour quelle bonne raison l'État devrait-il financer la production cinématographique?
Pour ma part, je travaille depuis toujours à mon compte. Personne ne me finance et l'idée d'aller pleurer sur l'épaule d'un quelconque ministre ne m'est jamais venue. Si un projet ne fonctionne pas comme prévu, je casque mais, si ça roule bien, je gagne. Et je considère cela comme étant tout à fait normal. Donc il me semble que si un projet de film démontre si peu de potentiel qu'il ne pourra jamais être réalisé sans une juteuse subvention, on n'y perdra pas grand-chose à s'en passer. Et d'ailleurs, s'il faut pour toutes sortes de raisons valables, culturelles, nationales et tutti quanti encourager le cinéma local, vaudrait probablement mieux accorder aux productions réalisées une fiscalité favorable au moment des recettes que de distribuer les dollars avant le premier tour de manivelle.
Certains avanceront peut-être que, n'eut été d'un programme de subventions, un tel aujourd'hui très connu n'aurait jamais pu percer. Permettez-moi d'en douter. Si le un tel en question vaut vraiment quelque chose, il aurait de toute façon fait son chemin. En fait, il aurait possiblement mieux et plus rapidement réussi car moins de sous-doués subventionnés auraient obstrué le décor. Et une politique de fiscalité plus avantageuse au moment des recettes aurait grandement favorisé son développement. Enfin, je dis sans doute n'importe quoi, pauvre petit Martien que je suis dans ce monde m'étant complètement étranger...
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Le pied marin
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Avoir le pied marin, ce n'est pas donné à tous. Notre auteur ici, Hubert Mingarelli, s'en est pour sa part assez bien tiré, à ce qu'il semble. D'une expérience en mer que plusieurs auraient trouvée éprouvante, il en sort un intéressant premier recueil de nouvelles. D'où cette question: les voyages devant selon l'adage populaire former la jeunesse, ceux en mer formeraient-ils tout particulièrement les auteurs?
Parce que, dès les premiers mots du compte rendu ci-haut, cela m'a rappelé Baudelaire, la similarité de l'expérience vécue par le poète alors qu'en juin 1841 (alors âgé de vingt ans), celui-ci s'était embarqué à Bordeaux sur le Paquebot-des-Mers-du-Sud, pour n'y revenir qu'en février 1842, avec ce commentaire quelque peu précurseur relativement à ce qui allait suivre: "Je crois que je reviens avec la sagesse en poche".
J'ignore si Hubert Mingarelli a pu en dire autant mais, chose certaine, d'autres avant lui se sont tapés la "galère" (Baudelaire s'était embarqué à contrecoeur) et ont su mettre à profit leur expérience. Un bon recueil, donc, pour cet "écrivain voyageur" comme le qualifie Éric Paquin, parvenu à garder le pied marin 182 pages durant.
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Bigre alors!
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Voici apparemment un bédéiste qui ne compte pas y aller avec l'envers du stylo, ou le dos de la cuillère si vous préférez, et qui dès la première salve place ses pions stratégiquement sur l'échiquier. Car ce premier titre de David Turgeon s'avère bien davantage qu'une première parution d'un nouvel auteur. Il s'agit, et c'est là un point capital, du tome 1 "d'une bande dessinée prometteuse qui devrait en compter trois", ainsi que le signale Éric Paquin.
Voilà ce que j'appelle du marketing! Voilà ce que je considère prendre le taureau par les cornes, avant même que l'animal n'en ait! Manifestement, le nouveau venu nous indique qu'il a de la suite dans les idées, ce qui ne saurait être qu'une excellente disposition pour un auteur. Éric Paquin nous en dit d'ailleurs le plus grand bien lorsqu'il écrit que c'est "bien ficelé, avec des enchaînements réglés au quart de tour et des dialogues pleins de verve".
Enfin, le tout semble fort bien mené grâce à un travail de qualité de toutes parts pour cette nouvelle initiative des Éditions Fitchre! Voilà donc qui augure favorablement. Alors, vivement les tomes suivants!
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Erreur historique
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À l'évocation du nom de Christophe Colomb (en esp. Cristobal Colon), celui d'Amerigo Vespucci se présente aussitôt à mon esprit, comme si les deux étaient indissociables l'un de l'autre. Et ils le sont vraiment, en raison d'une erreur historique d'un géographe et cartographe allemand (inconnu, lui), un certain Martin Waldseemüller, qui attribua dans sa Cosmographie (1507), le nom d'Americi Terra au Nouveau Monde, accordant ainsi le mérite de la découverte du continent américain à Vespucci. Une erreur qu'il a par la suite rectifié mais qui a malgré tout perduré.
Et voici Georges-Hébert Germain qui s'amène avec la réédition de son livre déjà paru il y a quinze ans, espérant de la sorte capitaliser un peu sur le 500e anniversaire de la mort d'un grand découvreur, déchu et ayant terminé sa vie dans la misère. L'auteur fait un portrait romancé d'un personnage s'avérant possiblement celui ayant été le plus lourdement floué par l'Histoire. Pensez-y un peu, vous découvrez un immense nouveau monde, et c'est à un autre qu'on en accole le crédit! Quelle déveine! Compte tenu du manque de pot le caractérisant depuis des siècles, Christophe Colomb s'en tire-t-il mieux avec ce "Naufrage sur les côtes du Paradis"? À vous, cette fois, de le... découvrir.
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La marmite sur le rond arrière
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Avec deux soirées Grand Bouillonnement, la marmite aux clapotis émergents qui réchauffe sur le rond arrière, sur le "back burner" comme disent les anglophones, sera ramenée sur un rond avant, le temps de vérifier si la cuisson va bien. Quel bouquet emplira alors l'air du Lion d'Or les 27 et 28 juillet prochains? L'agréable fumet d'un ragoût invitant ou l'odeur suspecte d'une quelconque ratatouille? Sans doute un amalgame des deux.
Chose certaine, que ce soit bon ou pas, la diversité des genres sera au menu. Le chroniqueur Olivier Robillard Laveaux mentionne ainsi du tango, du country lo-fi (étrange classification...), et évidemment du rock décliné en catégories variées tant rock-pop, rock-blues-country (pour ne rien oublier ou presque...) ou rock planant.
Et on en saura davantage sur l'un ou l'autre de ces marmitons quand, comme l'écrit le chroniqueur, "un de ces groupes obtiendra un succès sur le plan des ventes d'albums". D'ici là, l'heure est au peaufinage de recettes et, sans doute également, à se pratiquer relativement à l'art de bien vendre sa salade - spécial du jour et sélections à la carte inclus... Un petit appéritif en attendant?
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Un grand défaut
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La peinture, à la différence d'autres formes d'art, est accablée de manière intrinsèque par un grand défaut, une tare incontournable qui limite nécessairement son appréciation par le plus grand nombre. Tout comme c'est le cas pour la sculpture, d'ailleurs. De quoi s'agit-il? De l'unicité de la création. Tandis qu'un auteur pourra faire imprimer autant d'exemplaires d'une oeuvre sans que celle-ci y perde même un infime chouïa (merci, monsieur Dickner...) en qualité, ainsi que le cinéaste ou le compositeur le pourront de leur côté également, le peintre n'aura jamais rien d'autre que son tableau, sa création originale elle-même.
Tout ceci pour dire que si un peintre de valeur, en l'occurence Alfred Pellan, semble ne pas avoir obtenu toute la reconnaissance à laquelle il aurait dû pouvoir légitimement prétendre, cela tient pour beaucoup, à mon avis, à la nature de ses créations artistiques. Des originaux ne pouvant véritablement être appréciés à leur pleine valeur que de visu. On retorquera peut-être que d'autres dans la même galère (Borduas, Riopelle, Ferron) sont pourtant parvenus à éclipser Pellan. Mais cela pourrait bien tenir davantage à un meilleur "réseau" ayant fait la promotion de leurs oeuvres qu'à la supériorité de celles-ci. Enfin, cela me semble une explication plausible.
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Mission impossible...
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Votre mission, si vous l'acceptez, consistera à réussir ce qui ne réussit jamais. Vous devrez, dans un laps de temps restreint, maîtriser un médium dont vous ne connaissez pas vraiment le fonctionnement, en association avec des collaborateurs que vous ne connaissez pas davantage. Si vous décidez d'accepter cette mission, alors c'est que vous êtes encore plus cinglés qu'on ne se l'était imaginé - et vous vous autodétruirez dans les secondes qui suivent.
Peut-être Gilbert Rozon avait-il une dent, ne fut-ce qu'une toute petite, contre la sélection particulière d'humoristes et de bédéistes dont il est ici question. Car la mission impossible qu'il a mise sur pied tenait bien plus du projet casse-cou que du projet "louable", comme l'écrit le chroniqueur ci-haut. À vue d'oeil comme à vue de nez, le projet suscite déjà une saine méfiance, un doute quant à la possibilité d'y trouver autre chose qu'un champ de navets bien dodus. Et, derrière un gros melon d'eau ayant été placé en façade, c'est semble-t-il exactement ce qu'on y trouve.
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Enfin! Une approche intelligente!
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Bien sûr que l'écologie est une question de la plus haute importance, et terriblement urgente, avec ça. Mais qu'est-ce que l'approche moralisatrice et culpabilisante peut avoir un effet rebutant sur la cause, lui nuire bien davantage que l'aider! L'approche prêchi-prêcha de ce collectif à l'appellation douteuse ATSA (Action Terroriste Socialement Acceptable - quelle crétinerie du plus mauvais goût!), par exemple, qui pérore en distribuant allègrement de fausses contraventions, est loin d'être la meilleure manière de sensibiliser intelligemment des gens intelligents à une cause intelligente.
Tandis qu'un livre ne nous assimilant pas de facto à des attardés, qui présente avec discernement les défis écologiques du moment, ce livre que nous ont préparé ces trois profs de l'UQAM, quelle bouffée d'air frais par cette canicule suffoquante et polluée! Enfin, quelqu'un a compris que ce n'était pas en nous considérant comme des imbéciles irresponsables qu'on ferait le mieux avancer les choses. Et, en plus, il s'agit d'une approche captivante, qui suscite notre curiosité.
Alors, que tous les ayatollahs rigides et sermoneurs de l'écologie retournent à leurs cavernes, à pied ou à vélo, et y demeurent. On se tirera d'affaire beaucoup mieux avec des gens sensés comme Christian Messier, Luc-Alain Giraldeau et Beatrix Beisner. Beaucoup mieux, n'importe quand.
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Idéaliste béat et déconnecté
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Quand on a avec soi des alliés et des conseillers aussi alertes qu'un éminent linguiste tel Claude Hagège, on n'a pas besoin de détracteurs. Quelques déjantés trimballant avec eux un prestige suranné suffisent amplement pour nuire à une cause, et de façon bien plus efficace et insidieuse de surcroît. L'anglais au début du primaire serait donc le loup introduit dans la bergerie? Je maîtrisais autant l'anglais que le français avant même de mettre les pieds à l'école à l'âge de cinq ans. Et il me semble que mon français n'en ait pas trop souffert...
Et la loi 101, qu'est-ce qu'elle peut avoir le dos large, celle-là! Selon l'image déformante apparaissant au bout de sa lorgnette, c'est ce qui maintient en vie notre identité particulière ou ce qui piétine les droits des autres. À votre guise, mais vous êtes-vous jamais demandé ce qui permet le maintien de cette loi 101? Imaginons un instant un gros bol, un aquarium gardant une bonne température ambiante pour ses pensionnaires. Si cet aquarium était dehors sur le balcon, le mauvais temps aurait vite raison de ces belles conditions ambiantes. Parce que ce n'est pas l'aquarium qui protège le plus, mais bien la maison chauffée à l'intérieur de laquelle se trouve l'aquarium.
La loi 101 est, dans une grande mesure et ne nous en déplaise, bien davantage la mouche du coche que le vaillant rempart que certains imaginent, dont Claude Hagège fait manifestement partie. Que l'on sorte cet aquarium de la maison canadienne dans laquelle il se trouve et, très bientôt, il ne restera plus rien à protéger. La langue française résiste en Amérique du Nord grâce au soutien, sans doute souvent bien involontaire, de la grande famille anglo-canadienne. Enfin, on pourrait opter pour le chinois langue seconde au primaire plutôt que l'anglais, sauf qu'essayer de se faire comprendre en chinois en Espagne ou en Italie pourra s'avérer un peu plus ardu qu'avec l'anglais. De temps à autre, il faut faire preuve d'esprit pratique, non?
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À l'assaut!
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Certains se font presque une mission de poursuivre l'objet de leur fantaisie partout, et jusque dans ses derniers retranchements. C'est ce que fait Jean-Philippe Tastet depuis un bon moment et qui vient cette fois de dénicher dans le Vieux-Montréal Les Remparts, un établissement qui abrite quelques tables pour fins gourmets. Quelques tables tant pour les touristes que pour les gastronomes locaux. Avec un nouveau chef qui se tire d'affaire à merveille.
Par contre, au goût du chroniqueur, tout ne serait pas aussi heureux autour des fourneaux "dans ce coin de Montréal"... Évidemment, je n'ai pas le palais aussi raffiné qu'un critique culinaire chevronné mais, en ce qui me concerne, je n'ai jamais eu à me plaindre des tables du Vieux-Montréal - et j'en ai plusieurs fois fait le tour au cours des années. Enfin, le service "encore un peu approximatif" noté me convient tout à fait, bien davantage qu'un service guindé. Après tout, une sortie au restaurant constitue un moment de relaxation, un moment pour décompresser, alors mollo et sans stress, c'est l'idéal!
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Roman déboussolant
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Alors que la tendance est aux livres pratiques, qui expliquent ceci ou cela en deux temps, trois mouvements, voici un auteur dans sa bulle, à contre-courant. Le roman ainsi présenté ne se situe pas dans son propos, mais davantage dans les phrases qui se suivent, dans les mots qui constituent ces phrases. Le roman ici n'est qu'un prétexte pour aligner, 298 pages durant, du vocabulaire. Une longue enfilade comme celle ci-haut relevée par Benoit Jutras, "reconnue par lui, rassurée, comprise, entendue, appréciée, soutenue, aimée". Ou encore cette autre, "inamicale, presque recluse, laborieuse, parralèle". Alouette!
Un roman qui se lit finalement comme un dictionnaire, à la différence que les mots n'y apparaissent pas selon l'ordre alphabétique. Ce qui explique peut-être pourquoi cet auteur est perçu comme un écrivain pour écrivains. Cette confrérie se régale en effet de bons mots et de gros dictionnaires, précisément le menu que sert Pascal Quignard. Quant au roman lui-même, aucune importance. Il aurait pu être question de tout autre chose. Ce qui importe dans le cas présent, ce sont les phrases et les mots qui composent ces phrases.
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