Bienvenue sur Voir
ouvrir session
FAQ
devenez membre
www.voir.ca
Claude Perrier
Claude Perrier
January 2006 - Messages
31 janvier 2006, 9:18
Savoir jouer!
Cela fait quelque quarante ans que je joue de la guitare, acoustique, électrique, basse, à l'endroit et à l'envers, et plein d'autres instruments mais, je dois l'avouer, face à ces prodiges de la guitare, je me sens d'une inexcusable nullité... Comment arrive-t-on à maîtriser de la sorte un instrument? "The International Guitar Night" est un événement qui à la fois me fascine et m'effraie. J'ai presque envie de renoncer à jouer rien qu'à penser à quel point je suis loin derrière malgré toute la pratique que j'ai eu... Et puis, non. Je vais continuer, parce que jouer de la guitare, écrire des chansons et les enregistrer, c'est un besoin, depuis le temps que je m'y adonne. Mais, tout de même, pourquoi certains sont-ils à ce point surdoués tandis que moi et tant d'autres, nous n'avons que du "talent"? Pourquoi, hum? Mais, que voulez-vous, "c'est la vie" - comme le veut le consolant dicton. N'empêche...
30 janvier 2006, 5:34
Petit livre mais gros sujet
L'histoire de Jean-François Beauchemin me fait un peu penser au titre du film de James Bond "On ne vit que deux fois", ou encore à ma propre histoire... Quelques jours avant que l'auteur arrive pour son séjour prolongé à l'hôpital, moi j'en sortais. Et, tout comme lui, je ne vois plus les choses exactement de la même manière. Parce qu'une deuxième vie, c'est très différent d'une première. On apprécie davantage chaque petite chose. Ce qui n'avait que peu d'importance avant en a souvent plus à présent. À l'inverse, ce qui était parfois très important l'est devenu beaucoup moins. Tout a en quelque sorte basculé, chaque chose ayant enfin trouvé sa place selon sa véritable valeur. Et voilà ce que Jean-François Beauchemin raconte en 115 pages à peine. C'est court, un tout petit livre, mais un bien gros sujet.
30 janvier 2006, 2:46
Des longueurs?
Évidemment, pour parvenir à noircir 426 pages, il faut soit avoir beaucoup à dire soit voir à allonger la sauce ici et là. Apparemment, Fabien Ménar a opté pour l'allongement plutôt que de s'en tenir à un récit plus concis. Et pourquoi? Faudrait le lui demander, mais je soupçonne que c'est probablement pour arriver à un volumineux - et dès lors impressionnant - bouquin de 426 pages. Remarquez bien que d'autres avant lui se sont prêtés à une telle manoeuvre, et non des moindres, comme Gustave Flaubert ou Honoré de Balzac. D'éminents spécialistes des longueurs, ces deux-là. Et Maurice Leblanc, l'auteur des aventures d'Arsène Lupin, dont je relis ces jours-ci les oeuvres complètes, abonde également dans la même veine. N'empêche qu'il me semble plus agréable pour le lecteur de ne pas devoir sombrer par-ci par-là dans l'ennui de passages fastidieux et superflus. À moins que le livre en question n'en soit qu'un de chevet, ayant pour but de nous endormir. Et encore. Mais je vous laisse avant de moi-même ne plus avoir rien à dire et malgré tout continuer à le dire...
30 janvier 2006, 12:21
Égoïsme effréné, tout simplement
Mais où donc s'en va Maxime-Olivier Moutier avec son "individualisme" qu'il présente comme étant le mal du siècle? Ce n'est pas l'individualisme qui s'avère le problème fondamental, c'est l'égoïsme. Tout bêtement, tout simplement. L'attitude qui prévaut de plus en plus souvent en est une de je-m'en-foutisme, après moi le déluge. Je, me, moi. Je me sers et que les autres aillent au diable, qu'ils se débrouillent. A certains égards, l'égoïsme se confond avec l'individualisme, bien sûr. Mais tandis que l'individualiste n'est pas nécessairement un égoïste, ce dernier s'avère toujours un individualiste. Ainsi, l'individualiste peut penser a lui-même et aux autres. Il peut prendre ses responsabilités. Ce dont l'égoïste se montre foncièrement incapable. Ce n'est pas l'individualiste qui refuse de s'engager, c'est l'égoïste. Non, j'estime que Maxime-Olivier Moutier dérape un peu en rejetant le blâme sur l'individualisme, même s'il cerne de près le problème. Il est proche, mais il n'a pas mis le doigt sur le vrai bobo. Par contre, l'auteur papa ne devrait pas tarder a comprendre parce que des enfants, il n'y a pas plus égoïstes que ça. Et les amener a pouvoir se débrouiller seuls, sans piétiner les autres, c'est tout un défi. Extirper le mauvais égoïsme pour ne garder que le bon individualisme. Bon amusement, mon vieux...
25 janvier 2006, 8:15
Respirer par le nez
Voici un jeune auteur qui vient mettre le doigt sur le bobo du siècle, cette course folle qui nous mène rapidement nulle part et nous laisse tout pantelant à la fin de journées qu'on ne voit passer. Silence! On tourne... en rond! Le paysage défile sous nos yeux, toujours le même, et on ne veut même plus le voir. Le quotidien n'est plus rien d'autre que le passage du temps. Et c'est à ce quotidien croulant dans la banalité que Martin Page a choisi de s'attaquer, dans le but de le rendre un peu plus "respirable", comme l'écrit Tristan Malavoy-Racine. Mais la banalité a de solides assises et seul un traitement-choc pourra parvenir à en secouer le joug. Qu'à cela ne tienne, notre auteur y ira résolument d'un "coup dans la gueule", comme il le dit sans détour. Et Martin Page s'affirme ainsi comme notre sonneur de clairon contemporain, celui qui vient sonner le réveil des somnambules qui foncent de tous côtés. Avec un message simple mais vital: il serait grandement temps de commencer à respirer par le nez! Bonne idée.
24 janvier 2006, 7:44
Du micro au stylo...
Cela me peine vraiment d'apprendre que cette bande dessinée de Paul Toutant et Loupi ne passe pas la rampe. Parce que je me rappelle de Paul Toutant alors qu'il faisait des reportages souvent bien pittoresques, toujours intéressants, à Radio-Canada. Et je n'ai pas oublié sa dernière émission lors de laquelle toute l'équipe du téléjournal lui a fait une petite fête surprise. De l'émotion plein la voix, Paul Toutant nous avait alors annoncé qu'il entendait se consacrer à des projets lui tenant à coeur. Mais avait-il parlé d'écrire, ça je ne sais plus. On ne se doute pas toujours dans quoi on s'embarque et, du micro au stylo, cela peut être comme le jour et la nuit. Mais un premier flop - si c'en est effectivement un - n'exclut pas qu'on se relève, qu'on réévalue plus attentivement la situation, et qu'on reparte enfin dans la bonne direction. Et c'est ce que je souhaite à Paul Toutant. La prochaine fois, il saura mieux s'y prendre et ce sera alors pour nous un plaisir de l'accueillir à nouveau. Allez, mon vieux, on efface tout et on recommence!
23 janvier 2006, 10:32
Plus que la somme des... particules?
Avec ses 506 pages, cette somme apparemment intelligible portant sur nos connaissances scientifiques s'inscrit dans la lignée des ouvrages de Carl Sagan ou de Hubert Reeves. Mais qui dit "connaissances" ne dit pas nécessairement "vérités". Les modèles cosmologiques des Grecs anciens, même s'ils ont tenu le coup des siècles durant, n'ont plus tenu la route quand on a enfin réalisé que la terre était ronde. Certains se sont bien sûr obstinés pendant un trop long moment, mais ont éventuellement dû se rendre à l'évidence. Cet ouvrage du docteur Singh a par ailleurs de fascinant qu'il confirme que la réalité est souvent plus étrange que la fiction. La réalité telle qu'on la conçoit actuellement, car on s'est souvent trompé à son égard, se fiant naïvement aux apparences. La terre est plate et le soleil tourne autour, par exemple. En cela, ce livre va probablement au delà de son sujet en dressant également un portrait de qui nous sommes. Il y a ce qui existe vraiment, d'une part, et l'interprétation que nous en faisons, d'autre part. Un livre fort intéressant et utile.
21 janvier 2006, 3:51
Un nouveau "best of"...
Il y a quelques années, on avait eu droit à "La bibliothèque idéale" de Bernard Pivot, le presque mythique animateur de l'émission littéraire "Apostrophe". Un guide des meilleurs livres de tous les temps tel que l'estimait Bernard Pivot, un Français. Cette fois, on nous arrive avec "La discothèque idéale" de Philippe Manoeuvre. Une sélection des albums de rock les plus marquants. Philippe Manoeuvre, un Français. Ici même dans Voir, il était récemment question d'une brique de près de mille pages portant sur les faits marquants des 25 premières années du rock, rédigée par deux journalistes, deux... Français. Dites donc, les cousins de l'Hexagone, serait-ce une spécialité par chez vous de faire le tri de ceci ou de cela pour ensuite nous en faire un compte rendu? On le dirait. Remarquez bien que, en ce qui concerne tout particulièrement la musique rock, nos cousins d'outre-atlantique sont beaucoup plus doués pour en parler que pour en créer... Alors, ce livre de Philippe Manoeuvre pourrait bien s'avérer très intéressant - et plein de beaux souvenirs pour l'éternel adolescent des années soixante que je suis à jamais demeuré... Oh Yeah!
21 janvier 2006, 3:03
It takes a thief?
Dans les années soixante, une populaire émission à la télé - It takes a thief - mettait en vedette Robert Wagner dans le rôle d'un habile voleur, appelé Alexander Munday si je me rappelle bien, lequel voleur était obligé d'exercer ses talents pour le gouvernement américain, sous peine d'être renvoyé derrière les barreaux. Presque la trame de ce roman de Donald Westlake, il semble, non? D'ailleurs, si cet auteur est à ce point prolifique que son éditeur peine à suivre son rythme, il aurait peut-être davantage de succès en suivant la piste de son inspiration... Mais, en fin de compte, qu'importe d'où origine une idée. Celle-ci n'est qu'une infime partie du travail créatif. Bien développer son sujet est la véritable marque d'un bon auteur. Et quand, de temps à autre, on trouve une idée complètement originale, bravo! En pratique, presque tout n'est que du recyclage et un bon recycleur vaut toujours mieux qu'un minable original. Ce "Motus et bouche cousue" a des effluves de déjà-vu. Mais, possiblement, revu et amélioré?
20 janvier 2006, 5:18
À tout seigneur tout honneur
Ainsi, David Bowie se verra décerner un Grammy pour l'ensemble de sa carrière. Ponctuée de points forts et de passages à vide, celle-ci remonte déjà à plusieurs décennies. Comme le temps passe! Et pourtant, il n'accuse aucunement son âge, le monsieur. Nous aimerions bien connaître son secret... Y aurait-il une petite affaire à la Oscar Wilde genre Dorian Gray derrière tout ça? Hum... Et Cream recevra par la même occasion un trophée pour... pour... attendez un peu je remonte voir pour quoi... Non, on ne le précise pas. Probablement pour leur solide carrière eux aussi. Trois musiciens hors pair, soit Ginger Baker, Jack Bruce et, le plus connu, Eric Clapton. Hautement mérité cette fois encore. Et Richard Pryor, cet humoriste hilarant que mentionne Jackson Browne dans une chanson faisant référence aux longues heures passées sur l'autobus de tournée: "we got Richard Pryor on the video"... Un Grammy à titre posthume dans son cas, car il nous a tout récemment quitté après plusieurs années de maladie. Dommage, il aurait sûrement apprécié et probablement lancé quelques bons mots!
19 janvier 2006, 3:11
Le Neil Young français
Ces jours où je sombre malgré moi dans un état mélancolique, dans cette léthargie qui alourdit mes pas, rien ne convient mieux à mon humeur triste que d'entendre Francis Cabrel. Ses textes sont toujours fascinants, touchants de petites et éternelles vérités, et son jeu de guitare, le son de ses accords, une beauté et une élégance sublimes. Le chantre est unique en son genre, la plus proche comparaison que je puisse en faire étant peut-être de le qualifier de Neil Young français. Cet artiste à la fois discret et chaleureux est un poète. Nullement ostentatoire mais plutôt d'une simplicité désarmante, il est l'ami que tous voudraient avoir à leurs côtés dans les moments de morosité. Subtilement, imperceptiblement, il parvient à dissiper la grisaille qui nous accable. Ses mélodies nous revigorent en douceur et nous voilà alors prêts à reprendre notre chemin. Ce DVD de Francis Cabrel s'avère sûrement le meilleur cadeau que l'on puisse se faire en cette saison morne et froide. Le cadeau de la vie.
17 janvier 2006, 3:23
Pareil, pas pareil?
À vrai dire, je ne me rappelle plus de ce jeu de devinette que l'on jouait quand j'étais encore bien jeune. Pareil? Pas pareil? Mais le nom de ce jeu me revient instinctivement quand je vois un singe. D'ailleurs, la série de films sur "La planète des singes" vient accréditer cette idée que ces primates nous ressemblent beaucoup. Nous sommes une branche de la même famille qui a évolué différemment. Et pas toujours pour le mieux, hélas... Ce que Jean Baulu nous présente avec ce livre plein de singes ne peut donc que nous rejoindre fortement, tout naturellement. Charles Darwin nous a d'ailleurs, depuis longtemps déjà, préparé à reconnaître que les singes sont nos cousins. Si seulement ceux-ci pouvaient parler, qu'est-ce qu'on pourrait se raconter comme histoires! Et une bonne blague de singe, ça ressemblerait à quoi? Peut-être se rient-ils à l'occasion de nous en se remémorant que l'un des leurs est allé faire un tour dans l'espace avant nous. Depuis, nous ne faisons que les singer... Oui, vraiment, ce livre de Jean Baulu mérite qu'on s'y intéresse. Il nous concerne indiscutablement.
13 janvier 2006, 3:30
Pas sûr...
Franchement, vous aimez ce que Robert Lepage nous sort de temps à autre? Moi, je ne sais pas vraiment, je ne suis pas sûr. Ce que j'ai vu de lui m'a paru trop déconnecté de la réalité, trop loin du plausible, trop... je ne sais pas comment exprimer mon impression, mais il en résulte que je n'aime finalement pas tellement ce qu'il fait. En fait, il me semble que le bonhomme vit sur une autre planète, ou dans un univers différent du nôtre. Ses productions ne nous touchent pas. Il y a comme une distance entre lui et nous. Il n'est pas convivial, quoi. Le voilà qui veut remettre son chapeau d'acteur? Sera-t-il aussi "froid" ainsi qu'il l'est ailleurs? Vraiment, je ne compte pas me précipiter pour m'en rendre compte. Alors, vous connaissez ce Robert Lepage "internationnalement reconnu" comme l'écrit Stéphane Despatie? Et vous appréciez? Tant mieux pour vous. Moi, je ne suis pas sûr...
9 janvier 2006, 11:54
De l'inutilité à l'inéluctable
Qu'est-ce que c'est que cette chimère de vouloir tout contrôler, ces notions d'urbanisme sensoriel et d'urbanisme organique? Est-ce que cela permet d'éliminer le mauvais goût, de respirer un air meilleur, de rendre la ville moins oppressante? Probablement pas. La ville ne sera jamais rien d'autre qu'un mal nécessaire. Si on veut un environnement plaisant, c'est ailleurs qu'il faut chercher. Non, vraiment, cette exposition "Sensations urbaines" ne me dit rien qui vaille et me semble même frôler l'inutilité. Quant à "Empire" du photographe John Gossage (entre nous, quel nom!), cela paraît avoir le mérite de nous mettre sous le nez l'inéluctable, de nous rappeler que tout finit par s'effacer. All things must pass, n'est-ce pas? Mais ce qui me préoccupe, ce n'est pas que les choses changent avec le temps, c'est plutôt ce qui prendra la relève. Cet empire américain qui craque et s'effrite risque de faire place à beaucoup moins reluisant, à un monde où de dangereux bornés seront aux commandes. Bush, ce n'est rien. Vous avez vu le nouveau président iranien? Ça c'est un cas. Et d'autres dans le genre menacent également. Ça promet...
6 janvier 2006, 9:51
Toujours sur la brèche!
À l'instar du bon scout, Marc Labrèche est toujours prêt. De temps à autre, une petite pause, question de débusquer le nouveau projet pouvant susciter son intérêt, et on se jette à nouveau dans l'arène. Amuseur public? C'est ainsi que Steve Proulx nous le présente et non sans raison car, avec son rôle dans "La petite vie" et l'animation de "La fin du monde est à sept heures", il a fait son possible pour nous dérider. Maintenant, il ajoute une dimension plus socialement engagée à son penchant souvent burlesque en faisant la lumière sur des questions touchant à la consommation. De l'apparemment incompatible qui coule pourtant comme de la belle eau de source... Les sceptiques seront confondus, comme disait jadis le capitaine Bonhomme. Reste toutefois à voir comment les personnes et entreprises dans sa mire réagiront si l'amuseur ne les amusent pas. C'est le risque que court cette nouvelle émission, les injonctions et les poursuites pouvant soit diluer et affadir le contenu, soit carrément obliger à couper court à tout. Et voilà notre amuseur sur la corde raide... Bonne chance, cré funambule!
Page suivante »