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Peer Gynt en photos
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Voici deux photos de ce Peer Gynt mis en scène par Peter Zadek avec le mythique Berliner Ensemble, une compagnie fondée par Brecht et son épouse Hélène Weigel en 1949. Depuis sa création en 2004, la production ne cesse d'être représentée.

Peer Gynt Photo: Epaminontas Stiliandis
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Peer Gynt Photo: Epaminontas Stiliandis
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Je suis maintenant de retour au bercail. Montréal est grise et froide. Heureusement, il y a les souvenirs...
Merci de m'avoir suivi.
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Discussions sensibles et savantes
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 Deuxième discussion Photo: Epaminontas Stiliandis
| | Hier, Michel Vaïs a dirigé deux discussions sur le parcours de Robert Lepage. Les membres du premier groupe, essentiellement des acteurs, des producteurs et des metteurs en scène, se sont souvenus du contexte dans lesquels ils avaient « rencontré » Robert Lepage. Le son de cloche des trois producteurs étrangers valait à lui seul le détour.
La causerie suivante réunissait des acteurs, principalement non québécois, et quelques critiques. Yves Jacques a révélé, avec humour et émotion, qu'il avait en quelque sorte l'impression, lorsqu'il remplace Lepage (dans La Face cachée de la lune et maintenant Le Projet Andersen), que le créateur lui prêtait ses jouets, des jouets merveilleux et fragiles qui exigent la plus grande des rigueurs.
| |  Troisième discussion Photo: Epaminontas Stiliandis
| Odile Quirot, du Nouvel Observateur, a expliqué que les premiers spectacles de Lepage avaient été éreintés par la critique française parce qu'ils racontaient des histoires, ce qui était très rare, à l'époque, sur les scènes hexagonales. Robert Cushman, du National Post, a abordé la réception anglo-canadienne de l'oeuvre. Isabelle Porter, du Devoir, a parlé des efforts de Lepage pour stimuler l'activité théâtrale dans la ville de Québec. J'ai pour ma part fait un bref exposé sur la question de l'identité sexuelle dans les spectacles de Lepage. Les échos que j'ai obtenus m'incitent vivement à approfondir cette recherche.
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Comme il s'agit de mon dernier billet, j'en profite pour remercier Michel Vaïs et le secrétariat du prix Europe de m'avoir invité à Thessalonique cette année.
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Cérémonie
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| |  C. Zachopoulos, R. Lepage et N. Tsakiroglou Photo: Epaminontas Stiliandis
| Ce soir, au Theatre of the Society for Macedonian Studies, avait lieu la cérémonie officielle de remise du prix Europe pour le théâtre. Robert Lepage a livré un très beau discours, notamment en expliquant sa vision de l'Europe :
 Robert Lepage Photo: Epaminontas Stiliandis
| | « L'Europe, ce n'est peut-être pas uniquement un continent, un lieu avec des limites géopolitiques, économiques et culturelles, c'est peut-être une idée, une idée moderne, une vision du monde, un désir de rapprochement entre les peuples et les cultures basé sur des valeurs comme l'ouverture et la tolérance. Si les membres du jury ont pu reconnaitre ne serait qu'une seule de ces vertus, une seule de ces qualités dans mon travail, j'en suis profondément honoré et ému. »
| |  Biljana Srbljanovic Photo: Epaminontas Stiliandis
| Biljana Srbljanovic et Alvis Hermanis, les récipiendaires du prix Nouvelles Réalités Théâtrales, étaient eux aussi rayonnants de bonheur. Leurs discours ont été brefs, mais sentis.
 Alvis Hermanis Photo: Epaminontas Stiliandis
| | Concernant Peter Zadek, qui a, je vous le rappelle, refusé de se rendre à Thessalonique pour recevoir son prix, on peut dire que les organisateurs du prix Europe maladroitement géré la situation. À la fin d'une cérémonie déjà longue (les discours étaient nombreux et généralement redondants), Ian Herbert, président de l'Association internationale des critiques de théâtre, a entrepris de lire la lettre où Zadek explique qu'il ne pourra pas assister à la remise. Ce n'était ni la place ni le moment de revenir sur cette histoire. Publier un communiqué de presse quelques jours plus tôt aurait très bien fait l'affaire.
| |  Peer Gynt Source: www.ruhrtriennale.de
| Heureusement, la comédienne allemande Angela Winkler, qui attendait derrière le rideau que la cérémonie se termine pour commencer à jouer, a fini par s'imposer. Elle a fait ça malhabilement, émotivement, en osant contrevenir à l'étiquette, mais son message a passé. En proposant aux officiels de mettre fin aux bavardages, elle a rappelé à toute l'assemblée le sens même du prix Europe : célébrer le théâtre! Et en ce qui concerne Peter Zadek, je peux vous dire, même si je n'en ai vu que les trois premiers actes, que sa relecture du Peer Gynt d'Ibsen, défendu avec ferveur par une éclatante distribution, compensait largement son absence.
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Aux quatre coins du monde
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| |  The Rake's Progress Source: www.lamediatheque.be
| Plusieurs des spectacles mis en scène par Robert Lepage sont actuellement sur les routes ou sur le point de l'être. The Rake's Progress, l'opéra de Stravinski créé il y a peu au Théâtre royal de la Monnaie à Bruxelles, parcourt les hauts lieux de l'art lyrique; Kà continue d'enchanter les visiteurs de Las Vegas et Yves Jacques a endossé Le Projet Andersen. Il sera d'ailleurs au Théâtre du Nouveau Monde en octobre 2007. On parle aussi d'une reprise de l'exceptionnelle Damnation de Faust. L'opéra de Gounod pourrait prendre l'affiche du Metropolitan Opera de New York en 2008 ou 2009.
 Yves Jacques dans Le Projet Andersen Source: www.tnm.qc.ca Photo: Jean-François Gratton
| | Cela dit, de fort beaux projets sont dans l'air. Le metteur en scène a révélé qu'il travaillait avec l'ex-danseuse étoile française Sylvie Guillem et le chorégraphe britannique Russell Maliphant sur un spectacle de danse inspiré du kabuki. Dans cette création, qui devrait voir le jour d'ici deux ou trois ans, Robert Lepage compte... danser!
| |  The Rake's Progress Source: www.lamediatheque.be
| En 2008, probablement dans le cadre des célébrations du 400e anniversaire de la ville de Québec, la compagnie Ex Machina dévoilera Le Dragon bleu, une suite à La Trilogie des dragons. Cette fois, la bête mythologique, cachée sous la terre, symbolise l'hiver. Au sein de la distribution : Marie Michaud, Robert Lepage et un autre comédien. Rappelons que l'ambitieux projet de mettre en scène la Tétralogie de Wagner est toujours sur la table.
Ayant essuyé trois refus de la part de Téléfilm Canada, pour son projet d'adaptation cinématographique de La Trilogie des dragons, Robert Lepage affirme qu'il en a fini avec le cinéma : « En ce moment, le cinéma est une industrie, ce n'est plus un art. D'ici à ce qu'il redevienne un art, je ne crois pas que j'en ferai. »
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Un avant-goût de Lipsynch
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Voici quelques photos des extraits de Lipsynch présentés hier par Robert Lepage, Rebecca Blankenship, Nuria Garcia, Hans Piesbergen et John Cobb. Créé en Grande-Bretagne en février dernier, Lipsynch est un spectacle choral à neuf voix coproduit par Ex Machina, le Théâtre Sans Frontières (Newcastle, Grande-Bretagne) et Cabildo Insular (Tenerife, Espagne). Il sera présenté en première nord-américaine lors du prochain Festival TransAmériques, du 1er au 7 juin. Sur le site du Festival, on en parle comme d'une « symphonie au coeur de laquelle chaque histoire, chaque personnage et chaque voix se présente tel un instrument avec sa musique et sa tonalité propres ». Cette fois, Lepage et son équipe ont choisi d'aborder toutes les façons de donner ou de perdre la voix, la parole ou le langage. Les courts extraits que j'ai pu voir sont des plus prometteurs.

Lipsynch Photo: Epaminontas Stiliandis
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Lipsynch Photo: Epaminontas Stiliandis
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Lipsynch Photo: Epaminontas Stiliandis
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Sur les rives de Thessalonique
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Quelques mots sur la ville de Thessalonique, enchanteresse toile de fond de mon séjour beaucoup plus théâtral que touristique.

Thessalonique Photo: Christian Saint-Pierre
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Bien sûr, il y a la modeste condition des uns qui côtoie honteusement l'opulence des autres, la misère qu'on cache du mieux que l'on peut et la richesse que l'on affiche avec une ardeur inexplicable. Et que dire de la cigarette, toujours autorisée dans les lieux publics?

Thessalonique Photo: Christian Saint-Pierre
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Mais, en contrepartie, il y a la mer, turquoise, offerte à tous et à perte de vue. En marchant jusqu'au Royal Theatre, je vois les vagues qui lèchent avec acharnement le muret de béton, les énormes paquebots stationnés au loin, l'immensité du ciel qui rencontre celle de la mer. Je vois des amoureux, baignés de soleil, qui se bécotent sur le bord des flots et des rouliplanchistes qui exécutent leurs prouesses sous la colossale statue d'Alexandre le Grand.

Thessalonique Photo: Christian Saint-Pierre
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En fait, je vois le quotidien des Thessaloniciens, un bourdonnement rassurant que je devrai bientôt, à mon corps défendant, quitter.
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Le visionnaire venu du Québec
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| |  Michel Vaïs, Don Rubin et Ludovic Fouquet Photo: Epaminontas Stiliandis
| Aujourd'hui se tenait la première des deux journées consacrées à Robert Lepage. En matinée, Michel Vaïs, secrétaire général de l'Association internationale des critiques de théâtre et rédacteur en chef de la revue Jeu, a supervisé une discussion intitulée «Robert Lepage : le visionnaire venu du Québec». Autour de lui étaient réuni des spécialistes du théâtre de Lepage.
 K. Fricker, M. Vaïs, D. Rubin et L. Fouquet Photo: Epaminontas Stiliandis
| | Ludovic Fouquet, professeur, metteur en scène et critique français, a parlé du conteur et de l'écran; Karen Fricker, chercheuse au Trinity College de Dublin, du rapport entre l'oeuvre et le public; Chantal Hébert, professeure à l'Université Laval, du rôle actif que joue le spectateur au contact des spectacles de Lepage, tandis que Don Rubin, coprésident de la Canadian Theatre Critics Association, a procédé à une lecture politique de certaines productions. Les échanges se sont poursuivis hors de la salle, de façon plus informelle, mais tout aussi riche. Il y avait là une multitude de points de vue sur le théâtre de Lepage, autant de manières de recevoir l'oeuvre que de pays (États-Unis, Irlande, Croatie, France, Canada, Québec, Slovaquie, Brésil...), un prisme des plus éclairants.
| |  Robert Lepage Photo: Epaminontas Stiliandis
| En après-midi, Robert Lepage a présenté, avec Rebecca Blankenship, Nuria Garcia, Hans Piesbergen et John Cobb, des extraits de Lipsynch, mais aussi de La Face cachée de la lune et du Projet Andersen. Au terme de cette petite heure de magie et d'émerveillement, les spectateurs ont applaudi l'homme de théâtre et ses acteurs durant de longues minutes. La salle semblait ravie et en même temps frustrée de devoir quitter si tôt un univers aussi envoutant.
 Michel Vaïs et Robert Lepage Photo: Epaminontas Stiliandis
| | Après la présentation, Michel Vaïs s'est entretenu durant une bonne heure avec Lepage. Le metteur en scène a répondu avec beaucoup de générosité aux questions de son interlocuteur comme à celles de la foule. Pour des oreilles québécoises, il n'y avait pas là grand-chose de nouveau, mais pour le public européen rassemblé ces jours-ci à Thessalonique, les échanges - un mélange équilibré de considérations générales et particulières - ont été, j'en suis certain, des plus éclairants.
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Locusts (Sauterelles)
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Hier soir, toujous au Theatre of the Society for Macedonian Studies, on présentait Locusts, la plus récente pièce de Biljana Srbljanovic. À propos de sa pièce, l'auteure écrit :
« Les sauterelles sont des insectes délicieux, paisibles : mais parfois, sans raison apparente, elles décident de se regrouper, et causent d'énormes dommages. En une demi-heure elles peuvent ravager un champ immense. C'était pour moi une métaphore des personnages que je décris dans ma pièce. En tant qu'individus, ils sont sympathiques. Mais gare à vous s'ils se regroupent. »
Produite en 2005 par le Nouveau Théâtre Yougouslave, une compagnie qui a créé plusieurs pièces de la dramaturge serbe de réputation internationale, dans une mise en scène de Dejan Mijac, la pièce a été traduite en français sous le titre de Sauterelles, et créée en 2006, au Théâtre national de Bordeaux, dans une mise en scène de Dominique Pitoiset. La pièce présente une galerie de personnage aux prises avec le vieillissement, celui du corps aussi bien que de l'esprit. On y rencontre des êtres déçus, des êtres qui doutent de leurs choix ou, pire, qui croient avoir raté leurs vies. Les répliques sont aigres-douces, d'un humour caustique. Voici le résumé qu'on trouve dans les premières pages de la pièce publiée aux éditions de L'Arche :
« Après la dictature du Parti communiste, après la purification ethnique, après les bombardements de l'OTAN : dans le Belgrade d'aujourd'hui. Onze personnages distordus et grotesques luttent pour survivre dans une société de l'après-chaos. Biljana Srbljanovic décrit les conséquences du chaos sur les individus dans leur vie de tous les jours. S'y déroule une guerre d'un nouveau genre : entre les générations. Les vieux ont peur de mourir, les jeunes peur de vieillir. Des fils infrangibles les enchaînent les uns aux autres. Tous ont soif de pouvoir. Et tous sont vieux. Surtout les plus jeunes. Les pires. »
La mise en scène de Dejan Mijac est sobre, l'utilisation du plateau tournant est simple et efficace, les projections d'espaces verts sont très belles et le jeu des acteurs, jeunes et vieux, est particulièrement dynamique. Voici quelques photos prises lors de la représentation d'hier soir.

Locusts (Sauterelles) Photo: Epaminontas Stiliandis
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Locusts (Sauterelles) Photo: Epaminontas Stiliandis
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Locusts (Sauterelles) Photo: Epaminontas Stiliandis
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Nouvelles réalités
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 Peter Zadek Photo: Roswitha Hecke
| | Les rumeurs vont bon train en ce qui concerne les raisons qui ont incité l'Allemand Peter Zadek à refuser de se rendre à Thessalonique pour recevoir son prix. Certains parlent d'un surplus de travail occasionné par le remplacement imprévu d'un acteur dans le spectacle que le metteur en scène répète actuellement. D'autres disent que l'octogénaire aurait peur de prendre l'avion, qu'il ne l'aurait même jamais pris. Quoi qu'il en soit, tout porte à croire que Robert Lepage sera le seul récipiendaire du 11e prix Europe. On ne va surtout pas s'en plaindre puisque les activités concernant le directeur d'Ex Machina sont maintenant réparties sur deux jours.
| |  Robert Lepage Photo: Sophie Grenier
| Depuis 1986, le Prix Europe a été attribué à Ariane Mnouchkine, Peter Brook, Giorgio Strehler, Heiner Müller, Robert Wilson, Luca Ronconi, Pina Bausch, Lev Dodin, Michel Piccoli et Harold Pinter. Robert Lepage est donc le deuxième Nord-Américain à recevoir le prix. Cela dit, le créateur québécois est le premier lauréat dont la base de travail n'est pas située en Europe. À Thessalonique, ces jours-ci, on se plait à dire que Lepage est le plus européen des metteurs en scène canadiens.
 Alvis Hermanis Photo: Epaminontas Stiliandis
| | La journée d'hier était entièrement consacrée aux deux récipiendaires du 9e prix Nouvelles Réalités Théâtrales: le Letton Alvis Hermanis et la Serbe Biljana Srbljanovic. En matinée, une rencontre était organisée sur le parcours d'Hermanis, directeur du Nouveau Théâtre de Riga. Au cours des 10 dernières années, l'homme a profondément renouvelé la pratique théâtrale de son pays, la Lettonie, un état de l'ex-URSS membre de l'Union européenne depuis 2004. Dans les discussions menées par l'Allemande Brigitte Fürle, le mot «outsider» a été prononcé à plusieurs reprises. C'est que le metteur en scène a fait table rase du théâtre politique, narratif et illustratif en vogue dans son pays. Hommages aux souvenirs et à la mémoire, ses spectacles s'immiscent dans l'espace privé, scrutent la vie intime et quotidienne des personnages. Cette vie est selon lui beaucoup plus révélatrice, beaucoup plus intéressante que ces rôles que l'on joue en public ou encore que ces situations extrêmes ou le théâtre contemporain a l'habitude de placer ses personnages.
Dans Long Life et Fathers, les deux spectacles qu'il présente à Thessalonique, le metteur en scène s'intéresse aux personnes âgées, plus précisément à la manière dont les changements socio-politiques récents bouleversent leurs vies. L'homme est d'une grande lucidité, sa démarche est clairement balisée et ses objectifs sont clairs. Quel bonheur d'entendre un artiste à ce point conscient des raisons pour lesquelles il fait ce métier! Après avoir commenté quelques séquences vidéos des répétitions de son prochain spectacle, The Sound of Silence, une création inspirée des chansons de Simon and Garfunkel, le metteur en scène a lancé cet inspirant appel : « Le théâtre doit rendre les gens plus émotifs. Il faut rire et pleurer! Ce sera bientôt le seul argument permettant d'entraîner les spectateurs hors de chez eux. »
| |  Biljana Srbljanovic
| L'après-midi était consacré à la dramaturge serbe Biljana Srbljanovic. André Wilms, comédien français, et Nikitas Tsakiroglou, comédien et directeur artistique grec, ont d'abord lu des extraits de pièces. Puis, Ivan Medenica, critique de théâtre serbe, a supervisé une rencontre avec quelques spécialistes. Les discussions ont largement fait valoir le caractère à la fois local et universel du théâtre de Srbljanovic. En effet, traduites dans une vingtaine de langues, les pièces «sociologiques» de Biljana Srbljanovic, drôles et désespérées à la fois, abordant avec tranchant les questions de l'exil et de l'illusion occidentale, semblent toucher les spectateurs des quatre coins de la planète. Au Québec, Theodor Cristian Popescu a mis en scène Histoires de famille, le texte le plus connu de l'auteure (soixante-dix versions dans le monde) et le Serbe Dragan Milinkovic a dirigé des acteurs québécois dans Amerika, suite, une production du Groupe de la Veillée.
 André Wilms Photo: Epaminontas Stiliandis
| | Après la discussion, Ivan Medenica s'est entretenu durant une bonne heure avec la dramaturge. S'exprimant dans un excellent français - elle habite Paris depuis un peu plus de trois ans -, Biljana Srbljanovic est vive, drôle et spontanée. Politiquement et socialement engagée, elle est néanmoins pétrie de doutes, tiraillée par ses propres contradictions. Au cours de l'entrevue, elle est allée jusqu'à avouer qu'écrire du théâtre était une épreuve. Chaque fois, elle se promet qu'elle ne s'imposera plus cette souffrance. Heureusement pour nous, elle n'a pas encore baissé les bras. Elle travaille en ce moment à une pièce intitulée Barbelo, un texte sur l'injustice sociale dont André Wilms nous a lu, en primeur, les douze premières pages.
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Long Life en photos
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Quelques photos de Long Life prises lors de la représentation d'hier soir...

Long Life
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Long Life
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Long Life
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Long Life
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Coup de théâtre
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Avant d'aller dormir, je vous raconte ma première demi-journée à Thessalonique. Après un bref passage à l'hôtel, à peine le temps de déposer mon bagage, je me rends, avec quelques compatriotes québécois, au Royal Theatre. On y procède au lancement de la 11e édition du prix Europe pour le théâtre.
 Theatre of the Society for Macedonian Studies Source: www.ntng.gr
| | Une fois les discours officiels terminés, Alessandro Martinez, secrétaire général du prix Europe, l'air grave, fait une annonce : le metteur en scène allemand Peter Zadek, lauréat du 11e prix Europe, ex aequo avec Robert Lepage, ne viendra pas en Grèce, comme prévu, chercher sa récompense! La raison : des répétitions accaparantes. Or, il s'agit d'un véritable coup de théâtre. À ce sujet, les règlements du prix Europe sont clairs : pour recevoir le prix et la bourse qui l'accompagne (dans ce cas-ci 30 000 euros, puisque Zadek et Lepage se partagent les 60 000 euros usuels), il faut impérativement être présent à la cérémonie qui aura lieu le 29 avril. J'en saurai surement plus demain, mais, une chose est certaine, ce changement de dernière minute devrait donner encore plus d'importance aux événements entourant la remise du prix Europe à Robert Lepage.
 Qui a besoin des prix? Photo: Epaminontas Stiliandis
| | Juste après cette annonce, quelques membres de l'Association internationale des critiques de théâtre (AICT) se sont prononcés sur la question suivante : « Qui a besoin des prix? » Sous la direction de Ian Herbert, président de l'AICT, les orateurs venus des quatre coins du monde ont fait valoir le bien-fondé des prix en théâtre et la nécessité de les décerner avec la plus grande des rigueurs.
Après le repas, on présentait, dans le superbe Theatre of the Society for Macedonian Studies, Long Life, un spectacle conçu et dirigé par Alvis Hermanis, le Letton qui partage cette année le prix Nouvelles Réalités Théâtrales avec Biljana Srbljanovic.| |  Theatre of the Society for Macedonian Studies Source: www.ntng.gr
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Voici comment on décrit Long Life, un spectacle qui a aussi été présenté au Carrefour international de théâtre de Québec en 2006, sur le site du Théâtre National de Strasbourg :
«Dans un étroit couloir horizontal, cinq jeunes acteurs se métamorphosent en vieillards dans un spectacle sans paroles. Le temps et l'espace, la pensée et les émotions sont compressés dans cet appartement communautaire de l'ancienne URSS : cinq chambres et un quotidien cocasse [.] où les odeurs ont le goût du troisième âge. Leur existence est affairée : faire sa toilette, vider le pot de chambre, s'habiller pour la promenade. de chaque geste surgit l'indice d'une histoire, d'un caractère, d'une vie. Nous sommes ici les voyeurs amusés de la fragilité tendre et tragique d'une humanité de vétérans aux corps juvéniles, mis à l'écart par un système soviétique titillé par les sirènes du capitalisme.»
La description est très juste. L'objet fascine, hypnotise. Ses rouages s'agitent comme ceux d'une boîte à musique. Les acteurs sont prodigieux. Cela dit, 1h40 de spectacle, presque muet, ce n'est peut-être pas l'idéal pour un critique assommé par le décalage horaire.
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Depuis le temps que j'en rêve
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| |  La Grèce Source: www.quid.fr
| Cette fois, c'est bien vrai. Ma petite valise est bouclée et je suis prêt à partir. Jeudi, vers 15h (heure locale), mon avion se posera à Thessalonique (ou Salonique), métropole économique et culturelle de la Grèce du Nord.
À bord de l'appareil, il y aura moi, trépignant à l'idée de fouler le berceau de la civilisation occidentale, de poser, enfin, le pied dans le pays où la tragédie a vu le jour, où les sombres destins d'Antigone et Médée ont été forgés, où Sophocle et Euripide ont soigneusement choisi leurs mots, des mots qui n'ont jamais cessé, depuis qu'ils ont été proférés pour la première fois, de retentir aux quatre coins de la planète.
Le hasard a voulu que ce soit par Thessalonique, et non par Athènes, que je rencontre la Grèce. On dit que le hasard fait bien les choses et j'ai tendance à le croire. Avec son port imposant et ses quelques 900 000 habitants, Thessalonique est la deuxième plus grande ville du pays. En 1912, après plus de quatre siècles de domination turque, Thessalonique redevient grecque. C'est le début d'une ère nouvelle, la première d'une série de transformations majeures. La cité ottomane, cernée par d'antiques murailles, évolue alors progressivement vers la métropole moderne que l'on connaît aujourd'hui.
 Royal Theatre Source: www.ntng.gr
| | À Thessalonique, dans les différentes salles du Théâtre national de la Grèce du Nord, du 26 au 29 avril, on remettra le 11e prix Europe, la plus importante reconnaissance européenne dans le domaine théâtral, au Québécois Robert Lepage et à l'Allemand Peter Zadek, deux metteurs en scène dont la réputation et le talent dépassent largement les frontières de leurs pays d'origine. Le prix Nouvelles Réalités Théâtrales sera quant à lui attribué à la dramaturge serbe Biljana Srbljanovic et à l'homme de théâtre letton Alvis Hermanis, deux jeunes créateurs en pleine ascension.
Professionnels du théâtre, critiques, journalistes, professeurs et directeurs artistiques du monde entier assisteront à ce prestigieux événement. Au programme, discussions, démonstrations, spectacles, lectures et projections, toujours à propos des quatre lauréats. De ces quatre journées, je compte bien vous livrer les plus beaux moments. Soyez au rendez-vous!
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