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25 juin 2008, 1:41

Invitons-nous à la fête!

En fondant Québec, il y a quatre siècles, Samuel de Champlain faisait bien plus que créer une ville sur le cap Diamant: il ancrait la présence francophone en Amérique et entreprenait l'écriture d'une histoire qui n'est pas près de s'éteindre. Il inaugurait une lignée d'illustres fondateurs, venus de partout en Europe, qui incluait, bien sûr, les Laviolette et les de Maisonneuve, mais aussi les Peter Stuyvesant (New York), les John Winthrop (Boston) et les Jean-Baptiste Le Moyne (La Nouvelle-Orléans), pour n'en nommer que quelques-uns.

Bref, c'est à l'intérieur des murs de Québec que naissait, d'une certaine manière, la vie urbaine en Amérique du Nord et que commençaient à prendre forme les moteurs économiques d'aujourd'hui.

Dans ce contexte, il ne fait aucun doute dans mon esprit que le 400e anniversaire de la ville de Québec nous offre aussi à nous, Montréalais, bien des raisons de célébrer. À mes yeux, il s'agit de rien de moins que l'événement de l'année 2008, sans oublier que la fête n'est qu'à 250 kilomètres de chez nous!

Ainsi, les Montréalais sont non seulement invités à célébrer et à redécouvrir leur capitale, mais ils sont aussi - et surtout - conviés à s'approprier une partie de la fête. Tout cela pour dire que le 400e et les célébrations qui l'entourent ne sont pas seulement l'affaire de Québec, mais de tout le Québec.

Depuis le début de l'année, on a fait grand cas dans nos médias des péripéties encourues par les responsables de l'organisation des fêtes du 400e. À mon avis, il est bien dommage que de tels problèmes portent ombrage à l'envergure de l'événement. Aussi, on peut regretter que la promotion de la fête elle-même n'ait pas pris davantage de place dans l'espace médiatique montréalais et que l'effervescence de la fête ne se soit pas complètement rendue jusqu'à nous.

Qu'à cela ne tienne! Le 400e, c'est aussi un peu notre fête et, dans ce contexte, il n'y a pas 36 solutions: on fait nos valises et on s'invite! C'est d'ailleurs dans cet esprit, celui de prendre l'initiative et de joindre la fête, que j'ai lancé une première invitation, à l'autre bout de la 20, au maire de Québec, Régis Labeaume. C'était la première fois, en 400 ans d'histoire de Québec et en près de 200 ans d'histoire de la Chambre, que le maire de la capitale venait à notre tribune. C'est tout dire du caractère exceptionnel et - puisque c'est le thème! - historique de cette visite.

En venant à notre tribune pour discuter des célébrations du 400e, mais également de la complémentarité entre la capitale et la métropole, de leur potentiel et de leur capacité à travailler ensemble encore davantage, le maire Labeaume, accompagné du maire Gérald Tremblay, a répondu à l'appel. Et à voir défiler dans les bulletins de nouvelles les images des deux maires s'entendant comme larrons en foire, je me suis dit que cela avait vraiment valu la peine de créer l'événement et de provoquer les rencontres.

Ce faisant, nous avons pu en profiter pour rappeler aux Montréalais qu'ils sont effectivement conviés à être parties prenantes du quadricentenaire de leur capitale. J'ose espérer que nous avons pu ainsi amorcer un mouvement et créer des circonstances favorables pour nous permettre d'envisager avec enthousiasme la suite des choses.

À cet égard, les maires Tremblay et Labeaume ont beaucoup parlé de la notion de complémentarité qui existe entre leurs deux villes. Or, on a beau dire que c'est avant tout la complémentarité qui prévaut entre Montréal et Québec, que l'existence d'une rivalité est une légende urbaine - ou une "légende FM" -, il faut tout de même en faire la démonstration.

Justement, le 400e, c'est ça aussi: l'occasion idéale de prouver clairement que la notion de complémentarité ne figure pas seulement dans les discours et les manuels d'économie, mais qu'elle existe et qu'elle peut s'exprimer dans la fête.

Sur ce, convergeons fièrement vers la capitale et souhaitons-nous bonne fête!

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Jules-Hubert Beaulieu a dit :

re: Invitons-nous à la fête!

Quelle incohérence du discours "québécois" que celui de la fondation de Québec il y a 400 ans... a-t-on oublié volontairement, arbitrairement ou inconsciemment le passage de Cartier 74 ans plus tôt, dans le seul but de mettre un chiffre "rond" à la fête?!?

Tout ce tralala est d'autant plus incohérent du fait que nombres de navires (surtout des pêcheurs des côtes atlantiques de l'Europe) longeaient déjà depuis plusieurs années, avant le passage de Cartier, ces mêmes rivages... et que dire des Giovannis da Verrazzano (navigateur italien engagé par la France de François 1er) et Cabotto (navigateur italien engagé par l'Angleterre d'Henri VII), que les livres d'histoire du Québec tendent à oublier...

Non, on se borne trop facilement à la "permanence française", au début de la "colonie de Kanada" qui devint l'une des "provinces" de la Nouvelle-France avec l'Acadie dont la fondation remonte à 1605 avec l'édification de Port-Royal... il faut se rappeler un fait: la fondation de la ville de Québec, réalisée par le biais de l'érection de l'Habitation, est inspirée par la "prétentiosité française" qui caractérise d'ailleurs toutes les actions du Cardinal de Richelieu... prélat "plus catholique que le pape lui-même" et prétendant au poste de prélat suprême de la "Sainte Église Catholique de Rome"...

Heureusement, les héritiers de cette philosophie "missionnariste" furent essentiellement établis au sein de la ville de Québec (qui en langue innu est une formule d'accueil qui veut dire: débarquez!), malgré quelques incursions en territoire autochtone... la majorité des "colons" à vivre extra-murs devenant rapidement des "habitants", ces gens de souche française maintenant "habitués" (adaptés) aux réalités de la terre d'adoption... "habitants" aussi, du fait qu'ils adoptèrent de nombreuses coutumes et habitudes de vie proches de celles des premières nations déjà établies sur le territoire depuis des lunes...

C'est d'ailleurs dans ce mouvement qu'est née Montréal, bien que l'érection d'un fort fut organisée par les tenants de la même pensée "missionnariste" des fondateurs de l'Habitation... les colons établis à Montréal comprirent vite que le site en est un de passage, un carrefour des courants fluviaux et aériens, un lieu stratégique tant pour les échanges culturels que commerciaux... la preuve: la signature de la Grande Paix de 1701...

Dans le cadre de la "défense du territoire de la Nouvelle-France et de la Colonie de Kanada" (1759-1760), il est d'ailleurs important de souligner le fait d'avoir établi sa capitale à Québec... erreur stratégique qui démontre à quel point les Français n'avaient pas su apprendre des erreurs du passé: l'occupation anglaise de Calais en est l'exemple parfait... il faut dire que la ville de Québec est sise à l'embouchure de "l'estuaire du Saint-Laurent", autrement dit: au fond d'une baie et non pas le long d'un fleuve... d'où son surnom de "Gibraltar d'Amérique du Nord"...

Il est aussi un autre indicateur de la "prétentiosité" de nombreux habitants de la ville de Québec: combien de fois les "organisateurs" d'événements d'envergure (les Grands Voiliers de 1984, les Médiévales de 1993) ont agi à l'exemple de la "grenouille qui voulait se faire plus grosse que le boeuf"? nombre de fois... ce phénomène c'est aussi quelque peu implanté dans la métropole... et ailleurs: à voir la Céline qui disait vouloir être plus/aussi "BIG" que M.Jackson...

En voulant ainsi faire, ils perpétuent en fait la philosophie de Richelieu qui voulait tout simplement "être plus catholique que le Pape"... preuve que les "travers" font parfois la vie dure aux vertus...

# 28 juin 2008, 14:42

Marie-Michèle Dejean a dit :

re: Invitons-nous à la fête!

Bonjour Isabelle Hudon

Le sixième paragraphe me plaît.  L'idée de s'inviter est géniale.  Toutefois il manque une chose pour donner du piquant à cet élan.  Il faudrait que le maire de la Ville de Montréal organise un moyen de transport spécial pour permettre aux familles à faible revenu et défavorisées de se rendre à Québec pour visiter la ville et ses monuments.  Pour l'hébergement, moyenant une somme modique, les défavorisés pourraient dormir une ou deux nuits dans les gymnases ou les sous-sol d'église.  Encore mieux, des familles de vrais Québécois pourraient devenir des familles d'accueil de courte durée pour accompagner certaines familles monoparentales d'autres nationalités pour une ou deux nuits.  Ces familles peuvent mettre leur court à la disposition de ceux et celles qui apporteraient leur tente.

# 24 juil. 2008, 10:28

Lucille St-Pierre a dit :

re: Invitons-nous à la fête!

J'abondes dans le sens de Mme Dejean,  pour l'hébergementv qui n'est  pas a la portée de toutes les bourses et son idée de familles d'acceuil  ou celle des gymnases pour recevoir  est SUPER...

Apres tout  les ados font beaucoup de voyages avec leur école, en étant hébergé dans des familles et ca fonctionne très bien, et souvent ca ouvre des horizons, après des échanges étudiants ma fille s'est dirigée ensuite au Collège en Tourisme. Même les adultes, qui participeraient a un tel échange pourraient retirer  de cette aventure, une belle expérience.

Moi, qui suis de Trois-Rivières, c'est quand même plus près, alors un aller retour se fait tres bien par contre pour les gens qui ne sont un peu plus éloignés bien sur l'idée de passer une nuit a Québec est bien, afin de continuer a visiter le lendemain, pour les grands comme pour les petits c'est toujours une découverte,

Et cette année un peu comme le dis une chanson de Michel Fugain

:" C'est la Fête"  et participer c'est mieux que regarder la parade passer...

# 28 juil. 2008, 03:55

Pierre Samuel a dit :

re: Invitons-nous à la fête!

C'est "la fête", bien d'accord, c'est même un "méga-party"! Cependant, pour ce qui est du "sens", peu importe, l'orientation politique de tout un chacun, faudrait quand même pas charrier! Sans "embarquer dans le bateau" des Pierre Curzi, Luc Archambault et cie., personne, à date, ne s'enfarge dans les fleurs du tapis pour insister... Il en va de même pour Messieurs Tremblay et Labeaume qui "s'entendent comme larrons en foire" pour la galerie! Bravo pour le "show"!!!

# 31 juil. 2008, 14:21

Jean-Claude Pomerleau a dit :

re: Invitons-nous à la fête!

Le grand absent de la fête c'est l'état du Québec. Car enfin que s'est il passé en 1608 et qui soit en lien avec 2008 (400 ans). En 1608 Champlain a établi l'Habitation de Québec qui est la cellule souche de l'état du Québec. Le fil conducteur de ces 400 ans d'histoire est celui de l'édification de cet état (d'embryonnaire à état optimal, à venir). C'est sur les assises de cet état que l'on peut garantir l'existence du seul peuple français en Amérique.

Voilà exactement ce que les petits notables du village veulent nous faire oublier (ils vivent de la rente du statu quo).

C'était d'ailleurs le mandat de Crossette communication de changer notre devise pour : "Je me souviens ... de rien". Il a bien rempli ce mandat et en récompense  Crossete a été gratifier d'un contrat de 75 millions du gouvernement pour les 4 prochaines années.

Pour ceux qui ne l'on pas compris, depuis 400 ans tout tourne autour de l'état: Sa naissance (1608) , sa déstructuration et son annexion par un autre état (1759) (1763) (1774) ; et cette longue lutte pour en reprendre son contrôle par la majorité francophone (1837-38) (1980) 1995). Le reste n'est que littérature et révisionisme historique.

# 07 août 2008, 18:07