Que dirions-nous si l'État chinois se comportait envers des Occidentaux comme il agit envers ses propres citoyens? Jamais nous ne tolérerions de tels comportements. Force est de constater que la communauté internationale fait fi du premier article de la Déclaration universelle des droits de l'homme: "Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits..." Les Tibétains, les Ouigours, les Mongols, les disciples du Fa Lun Gong, les syndicalistes, les libres-penseurs et autres "opposants" au régime totalitaire chinois peuvent bien souffrir, l'Occident regarde ailleurs, du côté de la business, des "bonnes affaires."
Loin de l'œil des touristes éblouis par les merveilles de Chine et des gens d'affaires parfois bien intentionnés se cache un système qui méprise la liberté d'expression et l'ensemble des droits humains. Derrière le "miracle chinois" existe un capitalisme carnivore que nous alimentons avec tout le "Made in China" que nous consommons. Les entreprises canadiennes qui font des affaires en Chine ont beau se frotter les mains, les conséquences de notre amnésie internationale nous rattraperont un jour ou l'autre.
CONTRÔLE DES MÉDIAS
Si l'on se contente de regarder les violations des droits humains en Chine à la pièce, on peut sans doute se dire que ce n'est "pas si pire". De toute façon, il est tellement difficile d'obtenir de l'information à ce sujet dans ce pays que "ce que l'on ne sait pas n'existe pas", déplore Reporters sans frontières. C'est bien pour cela que la liberté de presse n'existe pas en Chine, que le régime en place a demandé à Google de mettre des filtres à son moteur de recherche afin d'empêcher sa propre population d'avoir accès à des informations indépendantes. Même le site Internet de Radio-Canada a subi la censure en Chine.
VIOLATION DES DROITS HUMAINS
A-t-on oublié le massacre de la place Tienanmen en 1989? Plusieurs milliers de manifestants ont été tués, et combien d'autres torturés, emprisonnés, harcelés? Le même régime est toujours en place.
On parle de la répression actuelle au Tibet, de 80 personnes récemment tuées selon les chiffres officiels. A-t-on oublié que depuis que ce pays a été envahi par l'armée chinoise en 1950, un million deux cent mille Tibétains ont disparu dans les camps de travail et les prisons, ont été exécutés, torturés à mort, ou n'ont pas survécu aux famines? Il vaut la peine de revoir le documentaire Ce qu'il reste de nous pour se le rappeler. Que dire de l'oppression des autres minorités dans ce grand pays, des cent millions de Chinois qui pratiquent le Fa Lun Gong? Ce que l'on ne sait pas ne nous dérange pas.
En 2001, lorsque le Comité olympique international (CIO) a attribué l'organisation des jeux de 2008 à la Chine, celle-ci s'était engagée à se démocratiser. Sept ans se sont écoulés depuis. Selon Amnistie internationale et Reporters sans frontières, la situation ne s'est pas améliorée, elle n'a été que maquillée. Le travail forcé, la torture, les détentions arbitraires et les procès inéquitables sont répandus à travers tout le pays.
En 2007, un rapport publié par deux avocats spécialisés en droits humains (David Matas et David Kilgour) confirmait que l'armée chinoise était impliquée dans le marché du prélèvement d'organes sur des Chinois pratiquant le Fa Lun Gong et d'autres prisonniers politiques. Ainsi, même la peine de mort est lucrative en Chine.
INDUSTRIE MILITAIRE
Il est aussi intéressant de savoir que la Chine n'est pas seulement le chef de file dans la fabrication de jouets pour les enfants, mais aussi dans l'équipement militaire. Comme le rapporte Amnistie internationale, elle est en train de devenir l'un des plus importants exportateurs d'armes de la planète. Elle est la seule grande puissance exportatrice d'armes à ne pas avoir signé d'accord multilatéral visant à éviter que ces armes aboutissent dans les mains de tortionnaires, comme c'est le cas au Darfour. Sans compter que la Chine, qui dispose d'un droit de veto au Conseil de sécurité des Nations Unies, transfère des technologies dans le domaine du nucléaire ou des missiles à longue portée.
Doit-on attendre que leurs armes économiques, politiques et militaires se pointent contre nous pour exiger que ce pays respecte les droits de la personne? Il est grand temps d'établir une distinction entre le régime chinois et le peuple chinois qui, lui, doit être soutenu. Les Jeux olympiques de Pékin sont une occasion d'envoyer un message clair à un État voyou avant qu'il ne soit trop tard.