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Antidote
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April 2008 - Messages
30 avril 2008, 1:24
Éclairant!
Le 2 avril dernier, François Parenteau s'interrogeait dans ces pages sur l'utilisation du fluorescent compact, et notamment sur les projets (Australie, États-Unis, Canada) de bannir la bonne vieille ampoule incandescente à la suite de la parution d'un article sur cette question dans les médias québécois.

En effet, des chercheurs de l'Université de Toronto ayant comparé le fluorescent compact à l'ampoule traditionnelle sont arrivés à la conclusion que comme les fluocompacts sont plus efficaces, notamment parce qu'ils convertissent plus d'énergie en lumière (et donc génèrent moins de perte de chaleur), leur utilisation mènerait à une augmentation de la consommation d'énergie pour le chauffage...

Les "vertus" de chauffage de l'ampoule incandescente pourraient, à la limite, avoir leur utilité l'hiver mais qu'en est-il de l'été? Est-ce que l'on veut vraiment plus de chauffage de la part de notre éclairage alors que la température extérieure atteint 25 oC, 30 oC, 35 oC? Et c'est sans compter le réchauffement planétaire qui nous donne des hivers de plus en plus doux et des étés de plus en plus chauds. Cela veut donc dire que nous avons besoin de moins de chauffage l'hiver et de plus en plus de climatisation l'été (je ne l'encourage pas, c'est simplement un fait).

Ma question aux chercheurs est la suivante: "Est-ce que l'on doit continuer à encourager les gens à utiliser des ampoules incandescentes l'été, de façon à augmenter leur facture de climatisation?"

De plus, l'un des chercheurs de l'Université de Toronto déclarait que le problème pour le Québec est qu'une partie de l'énergie de chauffage provient de combustibles fossiles (mazout et gaz naturel) sans mentionner que 70 % du chauffage résidentiel est hydroélectrique!

Lorsqu'il est question d'efficacité énergétique, on parle souvent de "la bonne énergie à la bonne place".

Permettez-moi d'illustrer: j'ai une cuisinière au gaz naturel à la maison. Croyez-vous que je devrais me servir de cette cuisinière pour le chauffage ou encore pour l'éclairage de la maison? Poser la question, c'est y répondre.

Le principe de "la bonne énergie à la bonne place" veut que l'on utilise le bon type d'appareil ou de technologie pour répondre à des besoins spécifiques. Donc, si nous cherchons à éclairer, utilisons le meilleur type d'éclairage possible. Idem pour le chauffage, la cuisson, etc.

Au-delà de cette question, plusieurs études ont été menées sur l'utilisation du fluocompact versus l'ampoule incandescente et la plupart d'entre elles arrivent à des conclusions semblables: d'un point de vue environnemental et énergétique, le fluocompact l'emporte largement sur l'ampoule, et cela pour plusieurs raisons.

Les fluocompacts utilisent 75 % moins d'énergie et durent 10 fois plus longtemps. L'achat d'un fluocompact est équivalent à l'achat de 8 ampoules incandescentes. Des études américaines précisent que si chaque résidence remplaçait seulement une ampoule par un fluocompact, on pourrait économiser suffisamment d'énergie pour éclairer 3 millions de résidences et réduire les émissions de GES de l'équivalent de 800 000 voitures.

Nous avons également pu voir dans les médias québécois des questions soulevées sur la présence de mercure dans les fluocompacts, une substance toxique que l'on ne retrouve pas dans les ampoules incandescentes. Toutefois, plusieurs reportages ont négligé de mentionner que plusieurs formes de production d'électricité génèrent beaucoup de mercure, comme le charbon, qui représente plus de 50 % de la production électrique aux États-Unis mais qui est également très utilisé en Ontario, au Nouveau-Brunswick, en Alberta, etc. Or, le mercure relâché dans l'environnement pour produire l'électricité nécessaire aux ampoules incandescentes est supérieur à celui provenant de l'utilisation des compacts.

Vous pourriez toujours me répondre: "C'est bien beau, mais nous n'utilisons pas de charbon au Québec", et vous auriez raison de le faire. Je vous répondrai toutefois que l'hydroélectricité produit également du mercure (du méthylmercure, pour être plus précis) lié à l'inondation de grandes superficies. Il n'existe cependant aucune étude précise à ce jour sur les fluocompacts dans le contexte énergétique québécois (du moins, pas que je sache).

Est-ce à dire que le fluocompact l'emporte toujours sur l'ampoule incandescente... Pas nécessairement, mais de façon générale, c'est une valeur plutôt sûre.

J'aimerais donc revenir sur le questionnement existentiel de l'ami Parenteau (et de toute autre personne torturée par cette question): allez-y gaiement, achetez et installez des fluocompacts, notre petite planète ne s'en portera qu'un peu mieux.


23 avril 2008, 1:51
Porteurs d'eau
 "Y ont dit qu'y avaient eu un téléphone de Denver pis que, pour eux autres, la consigne, c'était de fermer Québec." C'est comme ça qu'une travailleuse mise à pied résumait la situation juste après avoir appris la fermeture de l'usine de fabrication des sandales en caoutchouc Crocs. C'est aussi un maudit bon résumé de comment ça marche quand les décisions se prennent ailleurs et que ton boss d'ici n'est pas le vrai boss.

Les commentaires du grand patron de Rio Tinto, M. Albanese, sont aussi révélateurs de la façon dont ça se passe quand les décisions se prennent à l'étranger: "Le Québec est trop loin pour produire de la valeur ajoutée." Autrement dit, donnez-nous l'électricité pour que les actionnaires fassent leur argent à produire des lingots d'aluminium. Pour ce qui est de le transformer, on ira ailleurs parce que le Québec, c'est trop loin.

Trop loin de quoi? Jacynthe Côté, présidente de Rio Tinto Alcan Métal primaire, nous disait pourtant, la semaine dernière lors d'un dîner-conférence, que les trains et les avions constituaient deux des trois marchés cibles de la compagnie. À ce que je sache, le Québec n'est pas trop mal positionné dans ces deux domaines.

Sommes-nous juste bons à brader nos ressources naturelles? Sommes-nous encore des porteurs d'eau? On n'est plus en 1950. Maintenant, on n'est plus obligé de subir. Grâce à la nationalisation de l'électricité, on a les moyens de négocier. Pourquoi consentir des blocs d'électricité à rabais à des multinationales s'il n'y a pas d'investissement dans la véritable création de valeur?

Exiger une deuxième transformation en retour d'avantages financiers. Encore faut-il le vouloir et y croire. "On s'engage à favoriser la deuxième transformation des matières premières... bla, bla, bla..." C'est le genre de discours que l'on attend de tous les politiciens. Pourtant, j'ai eu la surprise de ne rien lire de tout ça dans le dernier énoncé économique de Jean Charest.

Mais en regardant de plus près le contenu des ententes qu'a signées son gouvernement avec Rio Tinto et Alcoa, je comprends que Jean Charest ne parle plus de deuxième et troisième transformation. En fait, dans ces contrats, on offre de l'électricité à rabais pour 35 ans sans exigence de deuxième transformation et sans même de plancher d'emplois. Un beau chèque de 140 millions $ par année aux alumineries. Plus l'entreprise produira efficacement ses lingots, moins il y aura de jobs et plus la subvention par emploi sera élevée...

Pendant ce temps, l'État de New York a négocié un plancher d'emplois en ayant encore moins d'avantages à offrir. Les alumineries auront pas mal plus intérêt à y investir en transformation pour créer les emplois qu'elles ont promis. Bernard Landry, lui, avait obtenu d'Alouette en 2002 un engagement à créer 1000 emplois dans la seconde et troisième transformation en échange d'un bloc d'énergie à bas prix.

Il faudrait aller encore plus loin qu'exiger la deuxième transformation. On devrait percevoir des redevances sur nos matières premières, de façon à investir massivement dans la recherche qui nous permettra de vraiment diversifier notre économie. Prenez par exemple la Norvège, consciente du fait que le pétrole ne sera pas toujours aussi payant: elle se constitue un fonds pour l'innovation de 7 milliards $. C'est plus de deux fois le budget annuel de la recherche universitaire au Québec pour une population deux fois plus petite.

Comme pour l'or, l'aluminium dépend de la présence ou non d'une ressource naturelle. Ce n'est pas comme les manufactures qui peuvent produire n'importe où. Il faut qu'on se serve du gros bout du bâton quand on l'a.


16 avril 2008, 1:33
Amnésie internationale

Que dirions-nous si l'État chinois se comportait envers des Occidentaux comme il agit envers ses propres citoyens? Jamais nous ne tolérerions de tels comportements. Force est de constater que la communauté internationale fait fi du premier article de la Déclaration universelle des droits de l'homme: "Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits..." Les Tibétains, les Ouigours, les Mongols, les disciples du Fa Lun Gong, les syndicalistes, les libres-penseurs et autres "opposants" au régime totalitaire chinois peuvent bien souffrir, l'Occident regarde ailleurs, du côté de la business, des "bonnes affaires."

Loin de l'œil des touristes éblouis par les merveilles de Chine et des gens d'affaires parfois bien intentionnés se cache un système qui méprise la liberté d'expression et l'ensemble des droits humains. Derrière le "miracle chinois" existe un capitalisme carnivore que nous alimentons avec tout le "Made in China" que nous consommons. Les entreprises canadiennes qui font des affaires en Chine ont beau se frotter les mains, les conséquences de notre amnésie internationale nous rattraperont un jour ou l'autre.

CONTRÔLE DES MÉDIAS

Si l'on se contente de regarder les violations des droits humains en Chine à la pièce, on peut sans doute se dire que ce n'est "pas si pire". De toute façon, il est tellement difficile d'obtenir de l'information à ce sujet dans ce pays que "ce que l'on ne sait pas n'existe pas", déplore Reporters sans frontières. C'est bien pour cela que la liberté de presse n'existe pas en Chine, que le régime en place a demandé à Google de mettre des filtres à son moteur de recherche afin d'empêcher sa propre population d'avoir accès à des informations indépendantes. Même le site Internet de Radio-Canada a subi la censure en Chine.

VIOLATION DES DROITS HUMAINS

A-t-on oublié le massacre de la place Tienanmen en 1989? Plusieurs milliers de manifestants ont été tués, et combien d'autres torturés, emprisonnés, harcelés? Le même régime est toujours en place.

On parle de la répression actuelle au Tibet, de 80 personnes récemment tuées selon les chiffres officiels. A-t-on oublié que depuis que ce pays a été envahi par l'armée chinoise en 1950, un million deux cent mille Tibétains ont disparu dans les camps de travail et les prisons, ont été exécutés, torturés à mort, ou n'ont pas survécu aux famines? Il vaut la peine de revoir le documentaire Ce qu'il reste de nous pour se le rappeler. Que dire de l'oppression des autres minorités dans ce grand pays, des cent millions de Chinois qui pratiquent le Fa Lun Gong? Ce que l'on ne sait pas ne nous dérange pas.

En 2001, lorsque le Comité olympique international (CIO) a attribué l'organisation des jeux de 2008 à la Chine, celle-ci s'était engagée à se démocratiser. Sept ans se sont écoulés depuis. Selon Amnistie internationale et Reporters sans frontières, la situation ne s'est pas améliorée, elle n'a été que maquillée. Le travail forcé, la torture, les détentions arbitraires et les procès inéquitables sont répandus à travers tout le pays.

En 2007, un rapport publié par deux avocats spécialisés en droits humains (David Matas et David Kilgour) confirmait que l'armée chinoise était impliquée dans le marché du prélèvement d'organes sur des Chinois pratiquant le Fa Lun Gong et d'autres prisonniers politiques. Ainsi, même la peine de mort est lucrative en Chine.

INDUSTRIE MILITAIRE

Il est aussi intéressant de savoir que la Chine n'est pas seulement le chef de file dans la fabrication de jouets pour les enfants, mais aussi dans l'équipement militaire. Comme le rapporte Amnistie internationale, elle est en train de devenir l'un des plus importants exportateurs d'armes de la planète. Elle est la seule grande puissance exportatrice d'armes à ne pas avoir signé d'accord multilatéral visant à éviter que ces armes aboutissent dans les mains de tortionnaires, comme c'est le cas au Darfour. Sans compter que la Chine, qui dispose d'un droit de veto au Conseil de sécurité des Nations Unies, transfère des technologies dans le domaine du nucléaire ou des missiles à longue portée.

Doit-on attendre que leurs armes économiques, politiques et militaires se pointent contre nous pour exiger que ce pays respecte les droits de la personne? Il est grand temps d'établir une distinction entre le régime chinois et le peuple chinois qui, lui, doit être soutenu. Les Jeux olympiques de Pékin sont une occasion d'envoyer un message clair à un État voyou avant qu'il ne soit trop tard.


9 avril 2008, 2:49
L'immigration: encore et toujours!
À l'occasion de ma toute première chronique Antidote, j'avais choisi de traiter de l'enjeu de l'immigration. À peine six mois se sont-ils écoulés depuis la parution de ce texte que je ressens le besoin d'en parler à nouveau.

Deux statistiques me viennent automatiquement en tête dès que l'on prononce les mots démographie, main-d'œuvre (habituellement précédé de "pénurie"), population et, bien sûr, immigration.

La première, c'est 100 %, comme dans 100 % de la croissance nette de la main-d'œuvre à Montréal sera bientôt attribuable à l'immigration internationale. Autrement dit, quelque part entre 2010 et 2015, nous ne pourrons accroître le nombre de travailleurs dans la région métropolitaine que par l'arrivée d'immigrants.

La deuxième, c'est 80 %, comme dans 80 % des immigrants qu'accueille le Québec s'installent dans la région métropolitaine de Montréal.

À eux seuls, ces deux pourcentages démontrent sans équivoque l'importance de l'immigration pour l'avenir de notre économie et la situation unique dans laquelle se retrouve Montréal par rapport au reste du Québec. C'est une situation qui comporte à la fois des avantages indéniables mais également des défis d'intégration d'une ampleur remarquable.

Voilà qui met les choses en perspective. En fait, je crois que le simple bénéfice de répéter pédagogiquement ces statistiques aurait largement justifié cette deuxième chronique sur le sujet - quoique ce ne sera pas nécessaire: la vraie raison de cette chronique est que le gouvernement est en train de bouger dans ce dossier et qu'il bouge dans le bon sens.

Depuis plus de trois ans, la nécessité d'attirer, de former et de retenir chez nous des étudiants étrangers est l'un de mes principaux chevaux de bataille. La Chambre de commerce a d'ailleurs publié une étude qui a fait ressortir que 1) Montréal attire en proportion moins d'immigrants que les autres grandes villes canadiennes, mais que 2) notre métropole se distingue parce qu'elle accueille de nombreux étudiants étrangers et 3) un nombre impressionnant d'entre eux - le tiers! - font le choix de demeurer dans notre ville, une fois leur diplôme obtenu.

Pour comprendre toute la portée de ces faits, il faut savoir qu'au moment de l'étude, aucun effort délibéré n'était déployé pour profiter du passage à Montréal de ces quelque 17 000 jeunes talentueux pour tenter de les convaincre d'y demeurer à long terme. Au contraire, parce qu'ils ne suivaient pas la filière habituelle, ceux qui désiraient "immigrer" à partir d'une université montréalaise étaient assujettis à un processus administratif souvent plus lourd, qui les obligeait notamment à sortir du pays pour faire leur demande d'immigration, pour revenir par la suite après une période d'attente assez longue pour dissuader même les plus courageux!

Cela vient enfin de changer. Parmi les "Mesures pour renforcer l'action du Québec en matière d'intégration en emploi des immigrants" qu'annonçait Yolande James, ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, on retrouve une disposition qui vise justement à accélérer la transition du statut d'étudiant à celui de résident permanent. Voilà qui contribuera à l'atteinte d'un objectif qui m'est si cher: faire passer de un sur trois à deux sur trois et même, pourquoi pas, à trois sur trois la proportion d'étudiants qui demeureront à Montréal après leurs études!

Il n'y a pas que la mesure concernant les étudiants étrangers qui est rafraîchissante dans la stratégie présentée par madame James. Il est également encourageant de constater que l'on est en train d'arrimer le "discours économique" sur l'immigration - c'est-à-dire son importance incontournable pour la prospérité du Québec - à la manière dont nous gérons ce programme. En effet, si l'immigration, en plus de répondre à des besoins essentiels humains et sociaux, répond aussi à des besoins économiques, il n'y a rien de plus logique que d'impliquer davantage les forces économiques dans le processus - autrement dit, d'impliquer davantage les entreprises.

Nul n'est mieux placé que le gestionnaire d'une entreprise pour connaître ses besoins en main-d'œuvre. S'il est tout à fait indiqué que le gouvernement appuie les entreprises et les encourage à recourir à l'immigration pour combler certains de leurs besoins, il est tout aussi logique d'inviter les entreprises à être présentes dès les premières étapes du processus de sélection des immigrants. C'est ce que propose la ministre James, notamment à travers un mécanisme de "speed dating" ou de rencontres express entre employeurs et immigrants potentiels.

Au bout du compte, tout le monde y gagne: l'immigrant, qui pourra entreprendre sa démarche d'intégration avec l'assurance d'avoir accès au marché du travail; l'entreprise, qui trouve une solution supplémentaire à ses besoins de main-d'œuvre; et le Québec, parce que l'immigration est LA voie de la réussite pour notre avenir.


3 avril 2008, 4:55
Coach wannabe

La Ligue de hockey junior majeur du Québec devra interdire les bagarres, à la demande de la ministre Courchesne. Il était temps. Cette crise autour de l'agression barbare menée par le fils de Patrick Roy devrait toutefois nous conduire à une réorganisation majeure du sport: le ramener à l'école.
Pour le hockey, le soccer, le base-ball et plusieurs autres sports, nos jeunes sont inscrits dans des équipes sous la houlette des villes. Mais les villes sont mal outillées pour bien s'en occuper. Elles n'ont pas de professeurs d'éducation physique qualifiés pour former et superviser les entraîneurs. En plus d'être mal supervisés, la plupart des entraîneurs des équipes des villes sont des parents qui ne sont pas des athlètes de haut niveau. Y a trop de "coach du Canadien wannabes" sans supervision! Ce genre d'encadrement déficient n'est rien pour éviter des débordements de langage.

Il existe pourtant une super solution de remplacement sur laquelle nous pourrions appuyer le développement du sport: la structure scolaire. Nos jeunes sont tous à l'école. Il s'agirait donc de faire en sorte qu'ils portent les couleurs de leur école. Les villes continueraient d'être impliquées en coordonnant les ligues et en fournissant les arénas et les parcs, mais la responsabilité officielle d'encadrer les équipes serait celle d'un professeur d'éducation physique équipé pour le faire.

Les écoles offrent aussi d'autres avantages évidents comme lieu de développement du sport. D'abord, la possibilité de mieux arrimer la pratique du sport à la poursuite des études. Par exemple, les jeunes peuvent s'entraîner dans la période du service de garde, entre 16 h et 18 h. N'ayant pas accès aux jeunes dans les services de garde, les villes sont souvent limitées à un horaire de fin de semaine.

Autre avantage, un signal clair est donné aux jeunes que leur réussite scolaire est incontournable pour la poursuite de leur sport. Même si la Ligue de hockey junior majeur fait de gros efforts pour inciter ses joueurs à continuer leurs études, il n'en reste pas moins que pour ces joueurs, les études ne sont plus au centre de leur vie. À 70 matchs par année, comment voulez-vous qu'un jeune de 16 ans soit sérieux dans la poursuite de ses études? Chez nos voisins du sud, le hockey collégial et universitaire ne prévoit que 40 matchs par année.

L'organisation sportive basée sur les villes ne favorise pas une pyramide suffisamment large à la base pour construire un sport d'élite de qualité. Prenons l'exemple du soccer à Montréal. En ce moment, même s'il y a souvent plus de six écoles primaires par quartier, il n'y a qu'un seul club de soccer. Ce ne sont souvent que quelques joueurs par école qui vont jouer la fin de semaine pour le club de leur quartier. Avec la forte demande en soccer que l'on connaît actuellement, on pourrait sûrement organiser une équipe dans chaque école.

Les clubs de quartier à courte vue s'y opposent trop souvent, désirant pouvoir continuer à recruter les deux ou trois meilleurs de chaque école. Mais à 10 ans, le classement ne veut rien dire. Au contraire, on doit laisser les meilleurs s'entraîner avec les autres pour développer un plus grand bassin de joueurs. On récoltera une meilleure crème à partir d'un bassin de plusieurs milliers de jeunes.

Notre structure sportive basée sur les "coach du Canadien wannabes" est complètement nulle. Dans les sports individuels, où la performance est souvent le résultat du développement d'un talent grâce à l'appui exceptionnel des parents, nous arrivons encore à gagner des médailles. Mais il ne faut pas se surprendre que, outre le hockey, nous ayons de la difficulté à gagner des médailles dans les sports d'équipe, où la victoire est le produit d'un système de développement.