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Antidote
5 mars 2008, 1:59

Al Gore et les zinzins

Les subprimes, ce sont les fameux prêts à taux d'intérêt élevés consentis à des gens qui n'en avaient vraiment pas les moyens. Même si le gros bon sens commandait le contraire, nos zinzins, les fonds mutuels et fonds de pension, se sont empressés de financer les banques qui les octroyaient à travers l'achat de papier commercial. Depuis août dernier, ce papier ne se traite plus. Pourtant, nos grands financiers nous disent que cette crise est terminée. Ce n'est pas l'avis d'Al Gore, qui disait la semaine dernière à New York dans une conférence destinée au club sélect des plus gros zinzins que la crise était loin d'être finie, que c'était encore le temps pour eux d'agir comme des héros plutôt que des zéros. Il est temps de changer leur façon de voir l'investissement. Pour Gore, il faut prendre en compte la responsabilité sociale (notamment celle de ne pas jouer au shylock) et la responsabilité environnementale des entreprises quand on gère un portefeuille.

On nous a annoncé récemment que grâce à une entente entre nos gros zinzins, la crise du subprime achevait. Le problème, c'est que les seuls qui embarquent, ce sont ceux qui y étaient déjà. Avec cette entente, chaque investisseur reste pris avec les mêmes créances douteuses. La seule différence, c'est l'échéance. Au lieu d'arriver à l'échéance tous les trois mois, ces titres auront la durée de vie de l'hypothèque sous-jacente. Est-ce que les maisons reprises faute de paiements hypothécaires pourront être revendues à un prix suffisant? C'est ce qu'il faudrait qu'il arrive pour que nos investisseurs ne s'en sortent pas trop amochés. Pourtant, ce n'est pas demain la veille que le problème d'endettement majeur des familles américaines se réglera. De toute façon, c'est le marché qui aura le dernier mot. Les poursuites des grandes entreprises québécoises contre la Banque Nationale nous laissent plutôt penser que le problème de confiance existe encore. Jean Coutu et Transat sont en beau joual vert de s'être fait passer du papier commercial avec du subprime comme étant un papier presque aussi sûr que des bons du trésor. Ils n'ont pas changé d'idée malgré l'entente des zinzins, au contraire...

La meilleure occasion de se refaire est donnée aux zinzins par la nouvelle donne politique américaine. Il ne reste que trois candidats en lice à la présidence américaine et tous ont pris position en faveur d'une bourse du carbone. Il y a d'ailleurs 13 projets de loi sur ce sujet actuellement à l'étude dans les deux chambres fédérales américaines. D'ici un an, un prix sera associé pour chaque tonne de carbone émise par les entreprises américaines. La plus grosse pétrolière dans le monde émet 140 millions de tonnes de C02 par année. À 40 $ la tonne, ça fait une charge annuelle de 6 milliards $ pour Exxon. Les économistes de New Carbon Finance prévoient que le marché des crédits de carbone atteindra 1000 milliards $ d'ici 2020, soit deux fois le marché européen. Dans ce marché, il y aura des perdants et des gagnants. C'est de ça que parle Al Gore quand il fait le parallèle entre la crise des subprimes et celle des changements climatiques!

Comme la Banque Nationale, nos autres zinzins québécois se sont particulièrement calés dans la crise des subprimes. Auront-ils appris de cette erreur? Je ne suis pas sûr. Habituellement, une mauvaise décision ne vient pas seule. Prenez la CIBC qui est à plein dans les subprimes alors qu'elle vient à peine de se relever de son implication dans Enron, qui lui a couté 2,4 milliards $ l'an dernier. J'espère que je me trompe et que nos zinzins québécois seront désormais plus visionnaires.

Investisseurs, soyez prudents. D'ici un an, la pollution aura un prix. C'est le temps de faire les bons choix. D'autant plus qu'Al Gore nous a annoncé qu'il sera en croisade non partisane durant la campagne présidentielle.

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Jean-Michel Simoneau a dit :

re: Al Gore et les zinzins

PENSONS-Y...

Les prix de l'essence grimpent en flèche. Il ne reste que pour 41 ans d'approvisionnement en pétrole. Le climat se réchauffe.

Et si, l'été, tous les Montréalais suffisamment en forme prenaient l'habitude d’aller travailler en vélo? Ça ferait plus d'argent dans nos poches plutôt que dans celles des pétrolières, moins de pollution... Et en bonus, on serait pas mal plus en santé!

Bonne nouvelle : ce sera bientôt de plus en plus facile! Félicitons la Ville de Montréal, qui investit dans les pistes cyclables et deviendra bientôt la première ville en Amérique du Nord à offrir un service de vélos en libre-service!

Pour en savoir plus, encourager l'idée et vous bidonner, visitez le blogue

www.avelocitoyens.com

Allez voir, apporter vos idées... Plus on est de fous, mieux on vit!

À vélo citoyens!

# 26 mai 2008, 11:24