Tout d'abord, je partage votre opinion sur l'exposition de Michel de Broin. Un travail intelligent, habilement ficelé et qui fait ressortir de nombreux enjeux soulevés par la paranoia post 11 septembre.
D'ailleurs, tout le corpus d'oeuvres de Michel de Broin est excellent.
Par contre, je ne comprend votre aversion pour le doute que laisse planer De Broin sur les véritables auteurs de l'attentat. En en croire votre article, ainsi que de nombreux autres dont celui de Linda Dematteo dans le numero 61 de la revue Esse, simplement douter de la version officielle est un acte irrationnel de folie paranoiaque. Selon vous, ce serait un acte de déni qui oriente le débat vers des faits improuvables plutôt que sur les conséquences sociales réelles de ces évènements affreux. Les sceptiques de la version officielle ',entrent dans le pattern', de la paranoia. Il serait de la plus grande immaturité de tout de suite chercher à porter le blâme (ou une partie de celui-ci) sur un groupe obscur de ''méchants'' au sein du gouvernement, ce qui aurait pour conséquence d'éviter une analyse approfondie de la médiatisation et de l'exploitation de la peur ainsi que de la démagogie médiatique qui en découle. Dès que l'on appose l'étiquette ''théorie de complot'' à une version probable des faits, celle-ci perd toute sa crédibilité. Un peu lorsqu'on applique le mot ''gaugauche'' à une opinion: elle devient tout de suite purement émotionnelle, irrationnelle, un classique hippie qui ne s'applique qu'au monde des rêves et à mettre immédiatement au rancart.
À ceci je répond: la version officielle du 11 septembre n'est-elle pas elle-même une théorie de complot d'un obscur groupe nommé Al-Quaida contre l'empire américain? N'est-il pas tout-à-fait sein et rationnel de douter de la version officielle? Est-ce un fait digne des x-files que certains gouvernements mentent à leur population? Sant croire à une version plus qu'à une autre, je soutient que le doute est infiniement plus sage que l'acceptation pur et simple de la version officielle. En ce sens, Michel de Broin à fait un coup de maître en dénoncant à la fois cette peur fantôme qui ronge les sociétées occidentales mais aussi cette crédulité caractérise la population en général quand aux explications des attentats. De plus, les gens qui discréditent les théories de complot se basent généralement sur les sites internet populaires, les vidéos YouTube et les livres bon marchés, jamais sur une analyse des faits en eux-mêmes. Je met au défi quiconque d'étudier SÉRIEUSEMENT le phénomène en commencant par exemple avec la commission d'enquête sur le 11 septembre ou en lisant certaines analyses que des intellectuels crédibles font de ces évènements, tel David Ray Griffin pour n'en nommer qu'un. Croire est irrationnel, douter, non. Et ce doute n'est en aucun cas un passe-droit pour éviter la réflexion sur l'utilisation de la peur et la réaction populaire générée par ce type d'évènements et sa médiatisation. Ce ne sont que deux sujets différents et totalement compatibles. En ce sens, l' affichage des pages sur l'opération Northwoods est un élément-clé de l'exposition. Sans avoir nécéssairement pour but de dire clairement que le gouvernement américain est impliqué à un niveau ou à un autre, je crois que De Broin à simplement essayé de brouiller les cartes en démontrant que peu importe ou on se situe dans le débat et dans nos opinions, il sera toujours possible de s'appuyer sur des faits réels et palpables (comme justement le fait que le gouvernement américain aie déja discuté la possibilité d'attaquer ses propres navires et bâtiments pour justifier une intervention militaire contre Cuba) pour faire avencer le débat mais sans jamais pourtant avoir la possibilité de les utiliser comme preuve. Or même ces éléments deviennent comme le réacteur fantôme, des éléments hypothétiques qui pour nous, sont plus de l'ordre de l'affect que de la raison. Et il est probablement vrai jamais une preuve tangible et irrévocable ne pourra venir appuyer les tenants de la théorie du complot (américain). Oui, on restera toujours dans les nuages. Et dans les nuages, on doute, on n'a pas de certitudes et oui, ce manque de certitudes alimente cette atmosphère de paranoia. Est-ce alors malsain? Ce qui est malsain c'est l'utilisation intéressée de cette paranoia ainsi que les attitudes extrêmes et déplacées que cela peut générer.
Mais bon, peut-être ne suis-je qu'un hurluberlu qui doute...